Et pour les fonds de pension qui ont baissé les rentes, ça fait une belle jambe aux pensionnés qui ne s’en sortent pas et qui ne peuvent même pas retrouver de travail qu’on leur dise que c’est transitoire (cinq ans minimum selon les 5% d’économistes qui ont vu venir la crise).
Et les fonds de pensions qui ont fait faillite, c’est transitoire ?
Le système de répartition ne peut pas faire faillite tant que les actifs sont assez nombreux ce qui restera la situation de la France vu sa natalité et il est facile de le réguler en allongeant la durée de cotisation.
Il se trouve aussi que ces 5% d’économistes qui ont vu la crise arriver sont plutôt de sensibilité de gauche et majoritairement hostiles au système par capitalisation.
Dans un Ponzi la tête de la pyramide ne meurt pas tandis que la base s’élargit de façon exponentielle, donc rien à voir avec le système de répartition qui n’a pas ces caractéristiques.
De toute façon, fonctionnellement le système par capitalisation est similaire à la répartition, car ce que beaucoup de gens ignorent à cause de l’ambiguïté trompeuse du mot capitalisation c’est qu’on ne récupère jamais le capital qu’on a mis dans son fonds de pension si on choisit la sortie en rente. Sinon pour le reste, les pensionnés perçoivent une rente tandis que les actifs versent une cotisation comme en répartition.
La vraie différence entre les deux systèmes c’est que : - en répartition on peut calculer par avance ses droits par rapport à ses cotisations, une fois liquidée la retraite est garantie car les régimes sont solidaires les uns des autres, et ils bénéficient du soutien et de l’arbitrage de l’Etat (notamment pour les revalorisations). - en capitalisation on ne connaît le montant de sa pension qu’à compter du jour de la liquidation, mais il n’est pas garanti et peut varier à la baisse en fonction des résultats du fonds, pire si le fonds fait faillite tout est perdu même pour les pensionnés puisqu’il n’y a pas de mutualisation des risques entre fonds ni soutien de l’Etat.
La système par capitalisation offre une illusion de liberté et de contrôle qui sont mis en avant en échange d’un risque bien réel qui est systématiquement escamotés (à la place on nous fait miroiter la hausse des cours de bourse). Pourtant, il suffit de s’intéresser aux informations outre-atlantique et à la bourse aussi pour s’en rendre compte .