C’est un dérapage à la Frêche, elle est en campagne électorale pour l’emporter en Guadeloupe et tous les coups sont permis y compris et surtout les plus bas et démagogiques. C’est dégueulasse mais c’est le contexte qui veut ça, comment voulez-vous que ce soit autrement quand on est entouré de Paillé, Lefebvre, Hortefeux, Morano, Bertrand and co ?
Maintenant, c’est aux guadeloupéens d’être lucides ou d’entrer dans ce jeu lamentable.
Toutefois, j’espère bien qu’une fois élue, y compris comme opposante, elle quittera le gouvernement, parce qu’après ce qu’elle a dit, il y aura de toute évidence conflit d’intérêts. Mais rien n’est moins sûr compte tenu de la confusion des pouvoirs du Sarkozysme.
La crise est certes mondiale, mais il ne faut pas oublier qu’elle a muri pendant près de deux ans aux USA (la chute des cours de l’immobilier débute fin 2006) avant d’éclater en septembre 2008 puis nous atteindre. C’est donc quand même à l’origine une crise de l’économie américaine, mais comme celle-ci pèse 1/4 du PIB mondial il était impossible que nous n’en soyons pas affecté. De plus l’imagination fertile des financiers a généré les fameux dérivés vecteurs des produits toxiques qui sont en réalité de la dette américaine insolvable bien emballée et la puissance de l’informatique et des réseaux boursiers les a propagé massivement au reste du monde.
Il est donc vrai que la solution ne peut être que globale, mais je dis simplement que l’UE telle quelle est constituée est un bateau ivre sans pilote ce qui aggrave sérieusement ses problèmes et freine l’émergence d’une solution qui en plus ne respectera ses intérêts étant donné qu’elle est divisée et n’a pas d’objectif. Etant affaiblie par les dettes publiques et mal gérée, l’UE a été gravement contaminée par la maladie américaine et effectivement la guérison des USA n’aura pas nécessairement le même effet sur l’UE.
Pire encore, l’EU a mis en place des mécanismes internes et externes qui nuisent à ses intérêts particulièrement en temps de crise, et il me semble primordial de remettre les choses à l’endroit à ce niveau pour pouvoir repartir sur des bases saines.
Et pour ceux qui auraient un larme pour les épargnants « spoliés », qu’il sachent que 80% de l’épargne est concentrée sur 20% des épargnants et que ceux-ci cumulent près de 1000 milliards d’euros en assurance vie et en valeurs mobilières, et ça ne leur suffit pas ?
Par rapport non remplacement des fonctionnaires, j’ajouterais qu’on n’aurait fait qu’annuler le déficit budgétaire au bout de 60 ans, mais on n’aurait pas encore commencé à rembourser le premier euro de la dette car pour ça il faut dégager un excédent budgétaire, et là il faut compter 60 ans de plus (en supposant qu’on conserve la moitié des fonctionnaires qu’on avait au départ).
En revanche, sachant que le taux d’épargne des ménages français est de 15% et le revenu médian de 18000 euros/an et qu’il y a 22 millions de ménages, ça nous fait une épargne annuelle globale des ménages de 60 milliards d’euros/an. Couplé avec la diminution des fonctionnaires et un effort des entreprises de 40 milliards d’euros/an (suppression des baisses de charges et des subventions qui ne servent à rien), le problème est réglé en 18 ans en partant d’une dette de 1300 milliards d’euros (la croissance étant affectée à l’augmentation du revenu des fonctionnaires actifs et retraités).
Si en plus on permet à la BCE, en modifiant le traité de Lisbonne, de prêter aux états au même taux qu’aux banques commerciales (c’est énorme et scandaleux : une BCE au service des banques commerciales mais pas des Etats), ça divise par 2 le service de la dette française et cette dernière est remboursée en 15 ans. Et cerise sur le gâteau : les spéculateurs ne peuvent plus nuire aux Etats en jouant avec la dette.
« Il faut noter que le vrai chiffre de l’endettement de la France est de 92,5 %, supérieur à celui des USA.Les 100% seront dépassés en 2011. »
Endettement de l’Etat Français et non de la France, de l’Etat Fédéral américain et non des USA. Et les 110% seront dépassés pour la dette publique US en 2011.
En effet, quand on analyse les dettes des pays, il ne faut pas se limiter à la dette des Etats, il faut élargir le périmètre aux ménages et aux entreprises car ce sont eux qui financent l’Etat. Et là ça change tout, dette globale : USA 410%, France 150% soit près de 3 fois moins.
Ca veut dire qu’en France il suffit d’augmenter les impôts des ménages et des entreprises pour rembourser la dette de l’Etat alors qu’aux USA c’est impossible. Et je signale au passage que ce n’est pas tant la hausse des dépenses qui a provoqué l’endettement public français mais plutôt pour une grande part les cadeaux fiscaux.
Pour illustrer mon propos sur l’importance fondamentale de l’impôt dans l’équation, je prends la « solution » au problème par le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite soit 30000 personnes, qui génère une économie annuelle supplémentaire de 0,6 milliards d’euros selon le ministère du budget. Alors pour annuler un déficit budgétaire de 50 milliards d’euros/an il faudra environ 60 ans (au bout de 40 ans débute la réalisation de l’économie latente sur les retraites) autant dire jamais dès lors que le déficit budgétaire s’auto alimente désormais par le service de la dette et les réductions d’impôts incessantes.
Autant dire que le gouvernement nous enfume avec la diminution du nombre de fonctionnaires, ça n’a pour objet que de gagner du temps par rapport à une augmentation des impôts inévitable et salutaire étant donné que la solution de la planche à billet est interdite par le traité de Lisbonne.