Oui, mais là, tu a une vision un peu vieillotte. Le gars dans son garage...
Si l’on prend les nouveaux riches (Bolloré, Arnaud, Pineau), ce sont plutôt des gens qui ont leur entrée dans la finance, ont bénéficié de crédit bon-marché pour racheter des industries, puis les ont optimisé en les dégraissant.
Plus la concurrence augmente, plus le capital se concentre, plus la réglementation devient tatillonne, plus il est difficile d’entreprendre. C’est logique qu’à la fin, il n’y ait plus que l’Etat qui soit en mesure d’avoir la force suffisante pour agir économiquement.
Cette logique économique est auto-bloquante à terme. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui.
haddock : tu caricatures un peu. Je sens une petite rancune, là... Les politiques ont certes tenter de « compenser » la perte d’emplois industriels.
Mais, je ne peux pas être d’accord : fonder une activité prospère en face de la concurrence de multinationales, en proie à l’usure des banques et à la bureaucratie d’état... Rien ne le facilite.
@haddok, il faut admettre qu’il est devenu extrêmement délicat de fonder une activité prospère, quand il y a face à soi des multinationales concentrant un siècle de travail historique, bien souvent faisant travailler des armées de salariés sous-payés et sans protection sociale dans des pays lointains, ayant de plus une telle trésorerie qu’elles peuvent inonder les médias de masse de propagande publicitaire... Face à ça, qui est de taille ?
C’est devenu en fait quasiment mission impossible dans le système actuel, hormis dans quelques niches auxquelles ont accès de rares personnes extrêmement qualifiées dans un domaine très pointu...
Si le système nous rend tous impuissants à faire face aux nécessités de la survie, il ne sert à rien de culpabiliser. Il faut au contraire changer le système pour faciliter la chose.
Il ne s’agit pas d’abolir l’état pour faciliter la libre-entreprise, comme le disent les libéraux, ni de nationaliser pour socialiser la propriété, comme le disent les communistes.
Il s’agit d’utiliser l’état : 1) système protectionniste. 2) nationalisation temporaire 3) privatisation en répartissant la propriété entre artisans libres (nombre de salariés limités, nombre d’établissements limités par artisans).
L’abolition du salariat me semble délicate dans l’immédiat. Mais son reflux me semble nécessaire.
Cela reviendrait peu ou prou à réinstaurer le système économique d’ancien régime. Mes sources sont « le livre des métiers » d’Etienne Boileau.
NB : A l’époque : - les salariés étaient dénommés « valets » - les artisans-patrons étaient dénommés « maîtres »
Généralement, le nombre de valets par établissement était limité à 4. Le nombre d’établissement était limité à 2.
Cela fonctionnait car l’économie était protectionniste. Toute activité locale dans un secteur de métier devait passer par une corporation, qui était l’assemblée de tous les artisans libre (propriétaires) du lieu officiant dans cette activité, laquelle avait le monopole (monos politia = un seul gouvernement en grec) sur les activités du métier (ministerium en latin qui a donné aussi ministère).
A partir du moment où le système cessa d’être protectionniste, que le nombre de valets (salariés) ne fut plus régulé, de même que le nombre d’établissement, il n’y eu plus aucun frein à l’extension démesurée du salariat et à la concentration sans cesse croissante du capital. Dès lors, pour être compétitif, tout le monde dut concentrer un maximum de capital et posséder le plus de salariés possibles...
C’est la Révolution qui, par les lois Allarde et Le Chapelier, a aboli le système des corporations, en saisissant leurs biens de corporation existantes et en interdisant toutes associations ouvrières. Il fallut attendre la loi Waldek-Rousseau pour rétablir des syndicats, mais cette-fois fondés sur la classe commune - syndicats salariés ou patronnaux - plutôt que sur l’activité commune. Cette abolition du système historique a produit le XIXème siècle que l’on connaît : extension du salariat et concentration sans cesse accrue du capital.
La parade historique de l’alliance gauche et gaullisme, qui fut en son temps utile, fut d’utiliser la force de frappe de l’Etat comme instrument de concentration du capital pour être compétitif immédiatement face à la concurrence privée, tout en créant un salariat de droit public pour créer de l’emploi.
Hélas, ce fut largement détourné avec les privatisations, la concentration du capital opérée par l’Etat étant retombée entre les mains de quelques personnes, qui ont ensuite « dégraissés les mammouths » étatiques de leur salariés, créant beaucoup de chômage. Paradoxalement, l’Etat a été un assistant de la concentration du capital pour les déjà-propriétaires de l’économie.
Ce n’est pas acceptable. Donc il faut envisager le problème autrement.
Il est possible d’utiliser, comme historiquement, l’Etat tel un outil de reconstruction d’une économie cohérente, à condition qu’à terme, l’outil productif reconstruit soit redistribué équitablement à tous les salariés (ceux ayant participé à cette reconstruction de l’outil productif) en les installant en tant qu’artisans-maîtres, propriétaires de leur outil de production, mais selon les règles que : - le nombre de salariés-valets d’un homme est limité par la loi - le nombre d’établissement d’un homme est limité par la loi. - les maitres-artisans d’un lieu doivent créer une université (= assemblée) pour gouverner de concert leur activité sans heurts (et veiller à la qualité des productions).
Cela revient à une nationalisation-privatisation, mais dont la partie privatisation est sévèrement encadrée par la loi (une même entité économique ne peut s’approprier toute la structure). Par exemple, Albert Frère n’aurait pu acheter l’intégralité de GDF. Les apparatchiks Russes n’auraient pu s’approprier les pans entiers de l’économie soviétique. La privatisation doit se répartir entre des milliers d’acteurs indépendants.
C’est à la fois de gauche (utiliser l’Etat), mais aussi de droite (une économie fondé sur la propriété). Ce n’est pas de gauche (pas de socialisation des outils de production), mais ce n’est pas de droite (au sens libérale : protectionnisme, pas de concurrence, encadrement du nombre de salarié et d’établissement).
Je ne crois pas à l’actionnariat (qui est aussi une forme de socialisation de la propriété et fait donc gérer une activité par des irresponsables).
Des individus interchangeables en droits ? Quel horreur. Vous voulez construire une société de pions ? Et hop, on change le fils en père ; la mère en père ; l’inconnu par le connu ; Hélas pour vous il y a une certaines vie sociale et donc chacun ayant sa fonction, personne n’est interchangeable.
Le mélange des populations n’est en rien la sauvegarde contre le racisme, c’est au contraire son explosion assurée. Statistiquement, entre personnes aux codes culturels très divergents, il y aura beaucoup plus de conflits qu’entre personnes sur une même longueur d’onde culturelle. Les cités bigarrées en sont la démonstration. Mettez ensemble des personnes qui n’ont aucun liens entre elles ni attachement commun dans un même lieu, vous verrez tout un tas de problèmes surgir.
Les gens aiment plus leurs proches que ceux qui leur sont inconnus. C’est humain. C’est la raison naturelle du communautarisme. « Qui se ressemble s’assemble ». L’homme n’est pas une machine réductible à son estomac. C’est un être sentimental, doté d’une histoire, qui s’attache naturellement à ce qu’il perçoit comme son groupe social et en premier lieu aime ses origines, condition sine qua non de son amour-propre.
Comment peut-on encore nier que le racisme soit une loi naturelle qui s’exprime lorsque les hommes vivent dans certaines conditions ? N’y a-t-il pas eu suffisamment d’exemples historiques qui illustre ce fait ? L’étrangeté de l’autre, si gérée sans « diplomatie », provoque le pugilat.
Pourquoi donc mettre en place les conditions de cette explosion raciste (en favorisant l’immigration), puis faire sonner les trompettes antiracistes pour étouffer les rancoeurs qui découlent de ces conditions ?
C’est très vain. Jamais une moralisation à deux balles n’a pu empêcher durablement l’expression de sentiments consécutifs à une situation sociale. Les sentiments sont premiers. La raison arrive bien après. Une société où la raison s’épanouit est une société stable, où les besoins affectifs des hommes sont assouvis. Les petites routines particulières se complètent et participent du même bien commun. En revanche, dans une société où les gens sont en carence affective, isolés, pleins de ressentiment, la raison subit un tropisme déformant, une raison sans cesse polluée par l’affect qui est ... le racisme.
Les politiques ont nié l’humanité de l’homme : ils l’ont voulu sans histoire, ni racine, ni attache. Ils ont poussé celui-ci à s’éparpiller, à s’isoler dans des lieux où ils ne côtoient que des inconnus, le plus souvent aux moeurs incompréhensibles - quand ils ont une morale...
C’est une faute car l’homme a besoin de sécurité affective. Cela va exploser en racisme généralisé.