Pas tout-à-fait, la délinquance est consécutive de l’aubaine qui fut laissée au banditisme d’opérer ses recrutement dans certaines zones d’exclusions.
Il n’y a aucune automaticité logique entre misère et délinquance, sinon, en allant au bout de cette logique, il faudrait enfermer tous les SDF car ils sont tous délinquants selon vous et ne jamais enquêter sur les riches car ils seraient tous à priori dignes de vertu et incapables de vice...
Bref, vous en viendriez à mettre systématiquement en taule les pauvres et épargner systématiquement les riches avec votre « logique ». C’est simplement que ce type de raisonnement sur les origines de la délinquance est faux.
Maintenant un délinquant n’est pas délinquant de nature, il est enfermé dans un système empirique de comportement, donc une sortie de crise reste bien-sûr le meilleur moyen de l’endiguer. Et pour cela, il n’y a qu’une certaine dose protectionnisme, un recouvrement de la souveraineté monétaire aboli par la loi 73-7, bref un retour aux principes constitutionnels républicains tels que pensé par le Conseil national de la résistance en 1945.
Lorsque le pays pourra à nouveau construire un projet de développement qui inspire la jeunesse, montrant une aspiration à la beauté, au bien, alors ces sujets pourront être réglés.
C’est sûr que si il avait été mis à la tête du pays un bandit qui ne jure que par le pognon, ce serait pas gagné, mais heureusement avec notre bien-aimé président...
Zemmour a-t-il affirmé que la délinquance n’était pas conséquence de la misère sociale ?
La délinquance est causée par un manque vertu, et ce manque de vertu n’est pas déterminé par le niveau de richesse : il y a des gens forts peu vertueux qui sont forts riches.
A vrai dire, ayant moi-même travaillé dans de petites cités, je dirais que le problèmes de la délinquance est plutôt une affaire de bandes de jeunes, qui ont été totalement délaissées par la république.
Les bandes qui dérivent ont en général été approchées par des huiles du banditisme historique français, qui surent tirer parti de leur sentiment abandon par la République, pour donner à ces jeunes désoeuvrés une raison d’être dans l’accomplissement des trafics, en tant que simples ouvriers spécialisés du crime.
Il y a donc un double mouvement : - Une crise de la République qui aboutit à laisser une partie de sa jeunesse sans inspiration, ni espoir, c’est-à-dire sans éducation. - Le banditisme qui s’engouffre dans la brèche pour capter des troupes fraîches et au final éduque une partie de la jeunesse en situation de fragilité que la république a délaissé.
Qui disait « Ne laisse pas trainer ton fils » ? NTM
A l’aube de l’an 2000
Pour les jeunes c’est plus le même deal
Pour celui qui traîne, comme pour celui qui file
Tout droit, de tout façon y a plus de boulot
La boucle est bouclée, le système a la tête sous l’eau
Et les jeunes sont saoulés, salis sous le silence
Seule issue la rue même quand elle est en sang
C’est pas un souci pour ceux qui s’y sont préparés, si ça se peut
Certains d’entre eux même s’en sortiront mieux
Mais pour les autres, c’est clair, ça s’ra pas facile
Faut pas s’voiler la face, il suffit pas d’vendre des « kil »
Faut tenir le surin pour le lendemain
S’assurer que les siens aillent bien
Eviter les coups de surin
Afin de garder son bien intact
Son équipe compacte, soudée, écoute de scanner pour garder le contact
Ou décider de bouger, éviter les zones rouges, et
Surtout jamais prendre de congés
C’est ça que tu veux pour ton fils ?
C’est comme ça que tu veux qu’il grandisse ?
J’ai pas de conseil à donner, mais si tu veux pas qu’il glisse
Regarde-le, quand il parle, écoute-le !
Le laisse pas chercher ailleurs, l’amour qu’y devrait y avoir dans tes yeux
Refrain
Laisse pas traîner ton fils
Si tu ne veux pas qu’il glisse
Qu’il te ramène du vice
Laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu’il glisse
Putain, c’est en me disant :« J’ai jamais demandé à t’avoir ! »
C’est avec ces formules, trop saoulées, enfin faut croire
Que mon père a contribué à me lier avec la rue
J’ai eu l’illusion de trouver mieux, j’ai vu
Ce qu’un gamin de quatorze ans, avec le décalage de l’âge
Peut entrevoir, c’était comme un mirage
Plus d’interdit, juste avoir les dents assez longues
Pour croquer la vie, profiter de tout ce qui tombe
La rue a su me prendre car elle me faisait confiance
Chose qui avec mon père était comme de la nuisance
Aucun d’entre nous n’a voulu recoller les morceaux
Toute tentative nous montrait qu’on avait vraiment trop d’ego
Mon père n’était pas chanteur, il aimait les sales rengaines
Surtout celles qui vous tapent comme un grand coup de surin en pleine poitrine
Croyant la jouer fine. Il ne voulait pas, ne cherchait même pas
A ranger ce putain d’orgueil qui tranchait les liens familiaux
Chaque jour un peu plus
J’avais pas l’impression d’être plus coté qu’une caisse à l’argus
Donc j’ai dû renoncer, trouver mes propres complices
Mes partenaires de glisse
Désolé si je m’immisce
Refrain
Que voulais-tu que ton fils apprenne dans la rue ?
Quelles vertus croyais-tu qu’on y enseigne ?
T’as pas vu comment ça pue dehors
Mais comment ça sent la mort ?
Quand tu respires ça, mec, t’es comme mort-né
Tu finis borné
A force de tourner en rond
Ton cerveau te fait défaut, puis fait des fonds
Et c’est vraiment pas bon quand t’en perd le contrôle
Quand pour les yeux des autres, tu joues de mieux en mieux ton orle
Ton orle de « caï-ra », juste pour ne pas
Qu’on te dise : « Voilà tu fais plus partie de la »mille-fa« d’en bas »
C’est dingue mais c’est comme ça
Sache qu’ici-bas, plus qu’ailleurs, la survie est un combat
A base de coups bas, de coups de « tom-ba »
D’esquives et de « Paw ! » de putains de « stom-bas »
Laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu’il glisse
Qu’il te ramène du vice
Non laisse pas traîner ton fils
T’imagine que si les gens commencent à parler librement, en suivant l’exemple Zemmour, tout le système d’auto-censure que certains se sont efforcés de mettre en place, risque de s’effondrer...
Quoi, les gens s’autoriseraient alors à dire ce qu’ils pensent et ce qu’ils savent ? Faut pas déconner...
"Je ne reproche pas à Zemmour d’être allé trop loin, mais, au
contraire, d’être resté en chemin et d’avoir bâclé ses raisonnements"
En fait, le débat est resté stéréotypé, entre Murat qui affirme que certains seraient systématiquement contrôlé 17 fois par jour et Zemmour, par réflexe conditionné, qui justifie les pratiques policières par sa célèbre phrase...
Ce n’est jamais que la n-ième redite de cette contemporaine partition discordante.
Mais comment chacune des parties en présence pourraient-elles affiner leurs catégories de pensées si tout débat est interdit ? N’est-ce pas cette interdiction à priori du débat qui fait que les discours en restent à un combat de stéréotypes ? N’est-il pas fort surprenant de constater que tout débat sur le racisme s’enferme systématiquement en des pugilats stéréotypés ? Cela l’est d’autant plus que le racisme est précisément basé sur l’affirmation de stéréotypes. Ironie de l’histoire, la lutte anti-raciste engendre ainsi une pensée stéréotypée, ce qui est le propre du racisme !
Peut-on être raciste des racistes ? Qu’est-ce que le racisme exactement ?
Extraits du dictionnaire ethymologique de jacqueline Picoche(édition Le Robert)
Citation :
RACISME : inventé au XIXème siècle (pour expliquer des phénomènes
humains en terme) de
RACE XVème siècle. "famille, consirérée dans la continuité des
générations et des caractères« ; XVIIème »groupe ethnique" : Mot
généralement rattaché à ratio « catégorie, espèce », par l’intermédiaire
de formes méridionales (...) : en italien razza XIVème "espèce de
gens« , équivalent de l’ancien provençal rassa XIIème »bande d’individu
qui complotent ensemble« et en dialecte italien septentrionnal rassa
»convention entre membre d’une même famille ou d’un même métier"
Qui Vient du Latin reri, ratus « compter », d’où ratio « calcul », "faculté
de calculer ou de raisonner« , »explication« . A partir du VIème siècle
»catégorie, espèce d’animaux"
Cette histoire du mot montre bien que le racisme est une manière d’expliquer des phénomènes humains (en comptant la diversité) par la
classification des personnes suivant diverses catégories d’humanité. Le racisme est une tendance intellectuelle qui veut croire que pour expliquer le vice de certains, la simple donnée d’une catégorie identitaire suffit.
Or il est clair que les races sont des vues de l’esprit, et qu’elles sont préjugées à priori. L’homme est universel, ce qui explique ses errements sont ou bien son absence de vertu ou bien sa bêtise.
La vertu n’est l’apanage d’aucune catégorie projetée, elle se juge selon les actes ou les propos de l’individu. Souvent le raciste tend autant à adorer par préjugé, c’est-à-dire qu’il préjuge que certains hommes, du fait de leur appartenance à une catégorie, projetée par eux-même comme bonne, auraient toute vertu ; qu’à haïr, c’est-à-dire qu’il préjuge que certains hommes, du fait de leur appartenance à une catégorie, projetée par eux-même comme mauvaise, n’auraient que des vices.
D’où cette inclination, pour les sociétés racistes, à suivre aveuglément un fuhrer, un gourou, un duce, un guide, parallèlement à des comportements de haine raciale.
Ceci que ces catégories soient des classes, des races, des métiers, des bandes, des castes.
Platon, dans son livre « le Menon » à clairement établit que la vertu ne s’enseigne pas, ni ne se transmet par le sang.
Le racisme est une manière de penser, ce qui fait qu’on ne peut voir le raciste comme membre de la race des racistes. En tant que manière de penser, une seule phrase est insuffisante pour déterminer le racisme dans la pensée de quelqu’un, car une manière de penser ne peut être jugé que dans l’articulation des plusieurs expressions. Par ailleurs, il peut arriver à chacun de tenir des propos racistes sur certains sujets, c’est-à-dire de balancer de gros stéréotypes, sans être pour autant un raciste dans l’âme.
C’est là qu’est utile un véritable débat, car il permet de dépasser les stéréotypes pour affiner la pensée. Interdire à priori la discussion avec ceux qui évoquent des stéréotypes, c’est refuser de permettre à la pensée de l’auteur du stéréotype de s’affiner. Ce véritable débat, l’anti-racisme hystérique l’empêche, et donc l’anti-racisme fait le lit du racisme.
Prôner la diversité incline à diverger, ce qui mène à la discorde.
Prôner l’universalité incline à converger, ce qui mène à la concorde.
J’attends toujours que quelqu’un me cite une philosophie du diversel, aussi aboutie que la philosophie de l’universel. M’est avis qu’elle n’aboutira qu’à engendrer l’adversité sociale et communautaire, la division, le divorce, la discorde.
Le fait est que l’anti-racisme agit face au racisme d’une manière typique de la manière de pensée raciste, c’est-à-dire en discriminant à priori tout ceux qui sont préjugés comme faisant partie de la race des racistes. Dans l’incapacité de mener un débat de raison pour affiner la pensée de ce siècle, cette mécanique catégorique, au départ, simple commodité politique, radicalise toutes les positions et confortent ainsi les stéréotypes.
L’anti-racisme est donc un racisme hypocrite, puisqu’il procède de la même mentalité que celle qu’il prétend combattre. C’est la fausse vertu de nos tartuffes contemporains. Il ne suffit pas en effet de se réclamer vertueux pour l’être effectivement.
Comment reprocher à Zemmour de s’arrêter au milieu du gué, puisque précisément il lui est empêché d’aller au bout de sa pensée ?
Ce que je reprocherais à Zemmour, de ce que j’ai entendu de ses propos, c’est sa naïveté sur les bienfaits des empires, et quand vous l’invitez à Venise pour « ouvrir la boîte magique dans laquelle vous attendent quelques-uns des plus vieux secrets des Vénitiens », j’y vois la même naïveté de votre part, car Venise, c’est l’invention de la spéculation bancaire, l’idéologie impériale et son tape-à-l’oeil si caractéristique.
Mais je verrais néanmoins avec plaisir un débat filmé et mis en ligne, prolongé, entre Eric Zemmour et vous, si ce débat sait bien sûr s’élever au-delà des stéréotypes contemporains, donc pas selon la méthode de la guerre de tranchée, non, selon une méthode socratique, car seule cette méthode d’interrogation permet de s’élever au-dessus de nos préjugés empiriques.
Je suis bien entendu disponible pour y participer.