@jo1934 Il n’y a aucune logique juridique à permettre le droit de vote aux élections locales à des Européens non français et à l’interdire à des étrangers résidant en France, parfois de longue date, sous prétexte qu’ils ne sont pas français.
Il n’y a aucune logique à prétendre que l’Europe n’est pas une nationalité alors que les traités européens ont accordé ce droit de vote aux élections locales aux Européens qui était à la base liée à la notion même de nationalité.
Autrement dit, il est totalement incohérent de s’insurger parce qu’un Algérien pourrait voter à des élections locales tout en acceptant qu’un Allemand le fasse, de parler de perte de souveraineté dans un cas et pas dans l’autre...
Pour retomber sous vos pattes, vous pourriez me parler de la notion de peuple européen, seulement, vous en avez vous-même nié l’existence...
Je ne vois pas en quoi le droit de vote des étrangers aux élections municipales remet en cause la souveraineté nationale ou européenne...
La citoyenneté, c’est participer à la vie de la cité (ville, village, etc.). La nationalité, c’est participer à la vie de la nation (langue, principes fondateurs, défense du territoire, etc. dont la maîtrise ou le respect sont essentiels pour une naturalisation, ce qui démontre que la nationalité n’est pas une simple histoire de générosité...). C’est la confusion entre ces deux notions qui ruine toute clarté du débat (et je ne vous parle même pas de la confusion entre la nation et la notion surannée de patrie, confusion exploitée, pour l’exemple, par les contempteurs (notamment, M. Fillon) de cette pauvre Eva Joly...)
Ainsi, Maastricht a en réalité créé une forme de nationalité européenne qui s’est dissimulée, pour préserver les susceptibilités nationalistes des pays concernés, sous le terme « citoyenneté ».
Les Européens ont donc déjà une double nationalité qui n’est en rien lésée par cette proposition, puisque le vote aux municipales n’implique pas le vote aux européennes.
Cette proposition préserve donc à la fois la souveraineté nationale et européenne.
Introduire la preuve de l’existence de la divinité n’apporte pas grand chose au débat, vous-même croyez sans aucun doute à de nombreux concepts dont l’existence est toujours problématique (citons, en vrac, la liberté, l’individu, l’être, etc.). Toute philosophie (qu’elle soit classique ou personnelle) est par essence spéculative, c’est-à-dire se résumant à un système de valeurs qu’il est nécessaire de croire sans preuve afin de pouvoir y adhérer.
Le problème avec les systèmes religieux est la fixation de ces valeurs dans des dogmes immuables, ce qui les rend réfractaires à toute forme d’évolution, mais ceci n’empêche pas les religions de véhiculer, encore aujourd’hui, certaines valeurs qui sont encore socialement utiles (notamment la solidarité, ne serait-elle que communautaire...).
Sur le reste de votre message, il y a une inversion du problème un peu dommageable à votre propos : en l’occurrence, ce sont ceux qui n’adhèrent pas à telle ou telle religion qui, dans les cas de blasphèmes, viennent les provoquer, donc la paix que vous demandez à ceux qui ne croient pas, vous ne l’accordez pas à ceux qui croient et qui y aspirent tout autant.
Ceci étant dit, il est bien entendu plus condamnable de foutre le bazar sur une scène de théâtre qui blasphème le Christ ou de cramer les locaux d’un journal qui blasphème Mahomet, bref, d’empêcher qui que ce soit d’exercer son activité sous prétexte que cette dernière est blasphématoire, étant donné que le blasphème, aussi insultant qui puisse être ressenti par le religieux, n’a jamais empêché ce dernier de vivre sa foi.
Je pense plutôt que les diverses religions ciblées devraient utiliser intelligemment la (sur)médiatisation de ce genre d’incidents pour rappeler à tous que le christianisme ne se résume pas à l’Inquisition ou que l’islam ne se résume pas au terrorisme...
Autrement dit, d’utiliser ce genre de provocation pour finalement tenter de faire ce qui l’est bon d’appeler du prosélytisme.
Les diverses hésitations de votre article montrent la principale difficulté de la création d’une loi condamnant le blasphème : la définition pratique, qui ne peut revenir qu’aux religieux, sachant qu’en plus, ce que certaines religions considèrent être blasphématoires, d’autres l’admettent.
Interdire le blasphème, c’est nécessairement réintégrer les églises dans l’Etat, c’est saper le principe de laïcité.
Mais l’interdiction n’est pas l’unique réponse contre ceux qui méprisent telle ou telle religion, il est tout à fait légal et tout à fait conseillé de retourner ce mépris contre eux. En d’autres termes, l’action citoyenne me semble bien plus utile en l’occurrence que l’action judiciaire.
Vous confondez l’outil et le médium, Manuel Atréide. Pour vous donner une bonne comparaison, je ne pense pas que Michel Drucker se soit adressé à un réparateur TV dans le but de devenir un parfait professionnel de la télévision.
Et le problème n’est pas de savoir si le droit s’applique ou non sur Internet mais pourquoi est-ce sur Internet qu’il est le moins respecté. La réponse est simple et n’a pas été pourtant évoquée : parce qu’Internet fonctionne sur une remise en question de toute autorité préétablie, qu’elle soit judiciaire, morale, journalistique, culturelle, scientifique, sociale, etc.
Omnibuzz a très bien présenté le rendez-vous manqué de ce débat entre un Finkielkraut venu se confronter à ce qu’il considérait à tort comme des professionnels d’Internet dans l’espoir de trouver des réponses à ses interrogations et les Schneidermann-Birenbaum qui officient sur un médium dont ils ignorent tant les potentialités qu’ils n’en ont même pas une simple définition.