Merci pour cette compilation très complémentaire, voici quelques suggestions qui peuvent sans doute s’intégrer dans votre vision :
- Le préalable requis pour n’importe quelle action : sortir de l’UE (quand Orban décide de nommer deux administrateurs supplémentaires à la Banque Centrale hongroise, l’UE projette de lui retirer son droit de vote : ceci est éclairant)
- L’arrimage de la monnaie à un étalon stable, or ou polymetallique, afin de garantir sur un long terme la stabilité monétaire (Dr Fekete)
- Renforcer les fonds propres des banques par la création monétaire, et empêcher la circulation inflationniste de cette monnaie en contraignant les banques à un taux de couverture des prêts à 100% (Irving Fischer)
- L’obligation, pour contracter des futures, de gager intégralement les sommes couvertes (Lordon) de façon à limiter ces instruments à la pure couverture des risques en excluant la spéculation. Ne pas avoir peur d’une fuite des cerveaux financiers : ils gangrèneront d’autres cieux.
- Développer et soutenir les systèmes d’échange locaux (SEL) ,les sociétés coopératives (one man, one vote) et certains types de micro-crédit (plutôt version ’Cigales’ que version ’France-Actif’) pour désensibiliser partiellement le pays réel des turbulences monétaires.
- Assainir le calcul du PIB pour prendre en compte qu’une marée noire, par exemple, lorsqu’elle nécessite des dépenses, ne « produit » rien de positif (Amartia Sen)
Toutes les propositions de réduction de coût de l’emploi depuis 1984 passent par la réduction des charges... patronales. La prise en charge des cotisations salariales a-t’elle été modélisée par Terra Nova, et les outils de mesure d’impact existent-ils ? Les avez-vous créés en deux jours ?
Avez-vous pris en compte le récent rapport des économistes de la banque UBS, qui concluent (confirmant au passage l’argument légaliste d’Asselineau sur toute tentative de négociation avec l’UE autre que la sortie pure et simple au moyen de l’art.50) que la sortie d’un seul Etat de l’€ aboutirait à une volonté de plusieurs Etats, voire d’une majorité d’Etats, de suivre le mouvement ? Pourquoi une monnais si isolée, si faible, aurai-elle un pouvoir d’attraction supérieur à l’€ selon UBS ?
Avez-vous pris en compte que la note anglaise n’est pas dégradée malgré une situation objective pire que la France, au seul motif que l’Angleterre maîtrise mieux sa monnaie ?
Avez-vous pris en compte mathématiquement la distorsion de concurrence que représente, pour les USA, le droit de seigneuriage et l’absence d’Etalon-Or ? Avez-vous compris que c’est la raison pour laquelle les USA n’ont pas souffert de hausse de taux d’intérêts lors de la perte du triple A, et que cette protection disparaît le jour où une seule monnaie s’arrime à l’or ?
Bref, avez-vous, en deux jours, construit des outils capables de comprendre la nature du changement proposé, le tsunami qu’il entraînerait dans les relations diplomatiques, et la possibilité de reconstruire des partenariats économiques externes équitables ?
Je crains que ces aspects ne vous effleurent pas l’esprit, et qu’en conséquence, vous ne tentiez ici de mesurer une intensité électrique avec un compas.
En attendant que vous démontriez le contraire, le scénario de science-fiction proposé par le FN a au moins le mérite de s’opposer au scénario gore que laisseraient nous imposer François et Nicolas Papandréou.
Félicitations à l’auteur : dès le titre vous gagnez ceci A découper au burin sur votre écran.
C’est évidemment maladroit d’utiliser des banques d’images importées pour illustrer son propos, d’autres ont commis le même péché. Péché véniel, au demeurant.
L’approche choisie ici ne semble pas permettre de juger de l’efficacité ou de l’inefficacité du programme de Marine Le Pen.
Qu’est-ce qu’ une idéologie néo-nazie ? Un « lebensraum » racialiste comme l’UE, la surveillance des citoyens (Hadopi-Video« protection »), l’Etat-Policier limité à sa fonction régalienne, à disposition comme service de sécurité des grandes firmes, présence d’une propagande (Novlangue-éléments de langage), désinformation officielle (perte du AAA, grave ou pas ?), utilisation par l’Etat des moyens de communication publics). Vous confondez cela avec la tendance de nombreux jeunes (comme William d’Angleterre) à surfer avec l’interdit et le sulfureux ; une photo et des attitudes potaches, malgré le mauvais goût que cela implique, cela ne vaut pas un Think Tank ’notre Europe’, par exemple.
A l’inverse, vous pourriez analyser l’impact des dérapages contrôlés sur la substance des autres partis : ’le bruit et l’odeur’ (Chirac), ’il faudrait plus de white, de blancos’ (M.Valls), ’Il faudrait les remettre dans des barques’ (C.Brunel), ’L’homme africain n’est pas rentré suffisamment dans l’histoire’ etc etc etc... Tout cela ne provient pas du FN..
Passons au plan économique.
Najwa El Haite balaie le programme FN par le spectre d’une inflation à 2 chiffres ; elle est élue PS, une opposante qui discrédite sans prospectives ni d’analyses. Qu’en est-il de nos niveaux de vie si nous poursuivons les tendances actuelles 5 ans ? Imaginons une forte austérité : est-ce que maintenant la prospective est meilleure ? L’inflation, pour les produits de base, n’est-elle pas déjà à deux chiffres comparé à l’étalon universel (standard or ou polymétallique) ?
Voici ce que dit Mathieu Plane, économiste l’OFCE (votre lien) "Sortir de l’euro de manière concertée ne serait pas
possible. Il faudrait que tous les pays soient d’accord, alors qu’ils
ont des intérêts différents. Une sortie unilatérale, elle, provoquerait
par effet de domino une crise financière terrible. La sortie de la
France serait, de facto, la fin de l’euro. Les pays fragiles
exploseraient. On a des créances énormes – publiques et privées – sur
des pays comme l’Espagne et l’Italie, et elles ne pourraient donc pas
être toutes remboursées ; des banques françaises feraient faillite"
Si la France quitte l’€, ce n’est pas a France qui est
en faillite mais les autres pays. Quel aveu ! La
France pourrait bien avoir des ralliements de dernière minute pour suivre l’exemple salutaire. Concerter
la sortie avec d’autres pays européens volontaires devient envisageable. Autre aveu : les pays d’Europe ont des intérêts (et non des égoïsmes) non similaires.
Il y a beaucoup à dire sur les insuffisances du programme FN. Voici quelques encouragements à reprendre la réflexion et à la porter sur le fond : une contradiction poussée, étayée, scientifique du programme du FN manque cruellement. Par l’émulation, le crash-test et la stimulation, on verrait alors quelles idées ressortent plus pertinentes. Vous en conviendrez, le programme actuel du FN (tout autant que celui de l’ump ou du PS d’ailleurs) mérite ce traitement afin de séparer le bon grain de l’ivraie.