« dans ce contexte les Chinois sont les alliés des Européens contre le privilège exclusif du dollar dans le système monétaire international »
Une phrase-clé de votre article, assez novatrice mais cruciale et très juste. Elle démontre que les européens ne sont pas forcément seuls, que ce soit pays ou pays ou à plusieurs, au plan mondial, et qu’ils sont en capacité de jouer leur(s) propre(s) partitions(s)
Vous avez raison, l’Europe est le premier marché mondial, la deuxième
économie mondiale. C’est ce qui rend cette servitude tragi-comique. Je ne vous suis plus quand vous parlez d’impérialistes européens ; l’empire est euro-atlantique. Monnet, Spaak, Schuman, Marjolin... Autant de gens traités comme des employés par le dpt US foreign affairs. Vous supputez que cela n’existe plus de nos jours, et pourtant, avant chaque sommet important, Timothy Geitner vient tel le vice-roi des Indes donner ses consignes. Vous aurez le plus grand mal à citer 1 sujet important sur lequel des pays européens auraient pris une décision frontalement opposée à celle des Etats-Unis, le maximum d’autonomie étant de ne pas envoyer de troupes et de voter une abstention à l’ONU (France, Irak 2003).
Relisons ensemble l’art42.2 du traité de Lisbonne et demandons-nous pourquoi il a été systématiquement demandé à tout pays candidat à l’UE de s’engager préalablement dans l’OTAN.
« Obama : la Grèce doit rester dans l’euro » (La Repubblica), 19-20-21 mai 2012 Eh si ! Tel est le désir des Etats-Unis. Les européens n’ont plus qu’à exprimer le désir plus vite et plus fort possible, pour qu’on sache bien que c’est leur désir à eux. Peut-être. Ou pas.
Nous sommes d’accord sur le décalage entre puissance apparente et puissance réelle, mais vous omettez la présence de représentants des intérêts US à toutes les instances bruxelloises (Monsanto, Boeing, rachat par NYSE de la Bourse de Paris et de la Deutsche Börse...) ; Le noyautage est impressionnant (6 membres du gouvernement Young Leaders de la French-American Foundation dont Hollande)
Renseignez-vous si ce n’est fait sur le marché transatlantique 2015, sur les TABD, les TALD, sur l’asymétrie commerciale, sur l’asymétrie dans l’attribution des visas d’immigration... la liste est longue !
Par ailleurs nous sommes d’accord sur les eurobonds, sur le fait qu’on les aura et sur les conséquences néfastes ; et sur le statut d’expérience-pilote qu’est la Grèce ;
S’il est vrai que la banque suisse UBS en particulier joue une partition plus solo, votre avis sur un éventuel « désarrimage » en gestation par rapport à un dollar m’interpelle : auriez-vous des éléments concrets à l’appui ?
L’Etat Espagnol n’a pas à gaspiller ses maigres deniers (ni les nôtres) avant qu’un liquidateur judiciaire ait fait son boulot intégralement et que les restes de Bankia soient vendus à la découpe, activités spéculatives d’un côté, et dépôts de l’autre.
Le rôle de l’Etat espagnol, c’est organiser la survie solidaire de tous ses citoyens et entreprises qui ont leurs comptes chez Bankia, pendant la période où la banque ne peut exercer : bons d’alimentations, d’énergie, dérivation des prélèvements obligatoires sur un compte d’Etat temporaire, tout le monde doit pouvoir survivre à cette période où les comptes seront bloqués et tout le monde doit savoir que l’Etat ne laisse couler ni les particuliers, ni les entreprises.
En fin de course, l’Etat doit effectivement réinjecter de quoi faire fonctionner les comptes courants, après avoir pris la propriété de cette partie de l’activité pour un € symbolique. Mais seulement en fin de course ; renflouer maintenant, c’est préparer bien pire. Surtout que du point de vue préparation par l’Etat d’une période de survie solidaire... je ne vois pas venir ce qui est nécessaire, en France comme en Espagne.
Vous posez l’hypothèse d’une opposition (avec menace hostile de la part des USA), avec la gentille fable d’une union qui se serait construite en réaction à la puissance américaine. L’histoire contredit ce scénario depuis Yalta jusqu’à l’intervention en Lybie, au point d’apparenter cette version à du révisionnisme.
La bonne nouvelle, c’est que non, nous ne sommes pas dans une confrontation directe ; c’est plus un conflit d’intérêt conjugué à un rapport de forces.
L’option de la vassalité, semble plus cohérente avec les déclarations des présidents américains successifs : ils ont toujours plaidé pour une europe forte et unie... Mais derrière eux et sous leur autorité, pas face à eux. Depuis 2008 en particulier, on sert de vase d’expansion pour leurs problèmes monétaires, et l’outil idéal pour cela, c’est l’euro - et ça n’a rien d’un hasard.