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Guy Laflèche

Guy Laflèche

Professeur retraité de l'U. de Montréal

Tableau de bord

  • Premier article le 27/07/2017
  • Modérateur depuis le 07/05/2022
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Ses articles classés par : ordre chronologique









Derniers commentaires



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 22 février 2018 22:21

    @cathy

    Merci, Byblos, et à vous également, Cathy. Vos rapides échanges m’ont fait comprendre que j’ai mal réagi à la toute première intervention de Cathy : vous ne me proposiez pas du tout, Cathy, une « précision », mais bien une correction. Je m’en rends compte à la lecture de l’article de Simon Mimouni, vraiment passionnant.

    Si j’ai un jour l’occasion de refaire ou de reprendre mon article, je ne manquerai pas d’y faire disparaître les mots Palestine et palestinien.

    Anecdote : la faute me vient d’une innocente plaisanterie de Michel Onfray (Décadence, 2017, p. 196). Dans son analyse des représentations de Jésus sur nos crucifix, il s’amuse à dire qu’en fait, Jésus devait plutôt ressembler au défunt Arafat qu’à ce beau, grand et tout pâle Occidental ! J’ai intériorisé la plaisanterie au point d’imaginer le personnage comme étant un... palestinien !

    Mea maxima culpa ! Merci de m’avoir corrigé, __gl>-

    P. S. Vous êtes un peu des sentinelles d’AgoraVox. Alors à quand un article de vous ? Je ne doute pas qu’il serait passionnant.



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 22 février 2018 17:39

    @Hervé Hum

    Bonjour encore monsieur Hum,

    Ce qui nous sépare, j’en suis absolument certain et vous ne le contesterez certainement pas, c’est l’Océan Atlantique et un fort décalage horaire. Autrement, bien tranquille au café, on n’aurait pas besoin de plus d’un petit demi pour nous ajuster (la pinte suivrait pour fêter la bonne entente !).

    Mon article avait un objectif assez factuel, présenter l’essai de Guillemin sur « L’affaire jésus » aux lecteurs d’un chroniqueur qui en détournait le contenu à ses propres fins. Toutefois, si j’ai un jour l’occasion de le reprendre ou d’en développer la partie qui porte sur les questions qui nous intéressent tous les deux, j’aurai conservé vos interventions pour nuancer mon approche. En fait, je crois que nous avons trois « petites » notions qu’il n’est pas « simple » d’ajuster : le mythe, la légende et la réalité (historique). Si nous étions devant notre demi, j’ajouterais, pour prolonger la discussion et le plaisir, que vous faites intervenir, mine de rien, un quatrième concept, la foi ou la croyance. Cela multiplie tous les éléments, ce qui explique certainement que les sens que vous donnez aux mots « mythe » et « légende » sont beaucoup plus nuancés que les utilisations que j’en ai faites dans mon dernier message, pour les besoin de la cause. A remarquer (et là, je pense que je vais ajouter, garçon ! un autre demi) que les ethno-anthropologues définissent généralement le mythe dans le fait qu’il s’agit d’une histoire que la communauté tient pour vraie, ce qui donne deux sens à la légende, soit ses deux utilisations, (1) courante : c’est une légende, ce n’est pas vrai ; (2) spécifique, et on emploie alors généralement la forme latine : c’est une legenda, soit, excellent exemple, les Évangiles qui proposent la Vie de Jésus à la vénération et à l’imitation (un mythe, pour les croyants, au sens ethnologique défini ici, une légende pour les incroyants, au sens courant).

    En tout cas nos échanges resteront pour moi légendaires ! Bien cordialement, __gl>-



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 21 février 2018 17:38

    @Hervé Hum

    Cher monsieur Hum,

    Merci de votre passionnante réaction. Moi non plus, je ne saurais discuter de tous les points que vous soulevez sans être trop long. Je signale d’abord que la question du « mythe » n’a aucun rapport avec l’essai d’Henri Guillemin. C’est le chroniqueur Cornellier qui introduit la notion et le problème en pigeant le mot « mythiste » (sic) sur l’internet pour l’appliquer incorrectement à Michel Onfray, pour le dénigrer.

    Mon principal objectif était de rendre compte le mieux possible de l’essai de Guillemin, qui servait de prétexte au chroniqueur, qui lui n’en rendait nullement compte, justement. Vous ne trouvez pas machiavélique de faire une critique sévère et impitoyable de l’Église catholique et de rejeter tous, absolument tous ses dogmes du revers de la main et, du même mouvement, de se déclarer non seulement croyant, mais catholique ? C’est pour le moins un paradoxe et qui devait être assez choquant pour les catholiques de stricte obédience. Et je ne pense pas que cette position machiavélique (si vous me permettez encore le mot) ne soit pas voulu. Gillemin a toujours été un combattant, mais dans une profession de foi chrétienne, il ne peut évidemment s’attaquer de front à son Église, bien entendu.

    Pour finir, je voudrais dire que je ne pense pas confondre les notions qui découlent de l’invention du « mythisme ». Je vous dis en quelques mots comment je vois les choses. Je pose que les Évangiles sont des textes légendaires au sens strict (des legenda, dont découleront les Acta sanctorum, les Vies des saints, sur le même modèle et de même nature). A mon avis (mais je dis bien que c’est un avis, pas une preuve, au contraire, une simple déduction logique), ces textes sacrés et légendaires attestent (sans en faire la preuve) de l’existence d’une personne réelle qui a prêché en Judée et qui a été condamné et crucifié à Jérusalem sous Tibère. La question du mythe des Évangiles, dans les Évangiles et de Jésus, est toute autre et multiforme. Je vous en propose trois sens différents : (1) Jésus est un mythe, au sens courant, au sens où il n’a jamais existé et qu’il est donc une pure invention et c’est tout à fait possible : des textes légendaires ne peuvent faire la preuve de l’existence du héros légendaire qu’on a pu imaginer au cours des deux premiers siècles de l’ère commune. (2) Jésus est un mythe au sens radical, c’est-à-dire qu’on a imaginé une créature de Dieu, son fils, envoyé sur terre (après sa création divine) pour sauver les hommes. C’est en ce sens que vous paraissez employer le vocable. Les mythes de dieux et de déesses salvatrices, le Dieu sauveur, sont légion. (3) Mais on peut encore l’utiliser en un troisième sens, celui du symbolique, le sens religieux et mystique de l’interprétation « mythique », et cela commencera certainement avec l’interprétation du mythe des miracles de Jésus, jusqu’à la création de l’eucharistie. En ce sens, l’exégèse chrétienne correspondrait à l’interprétation mythique de textes légendaires (et pour ces exégètes, sacrés).

    Oui, et vous m’en excuserez, je fais mon professeur : votre remarque disant qu’il est « ennuyeux » de voir un professeur confondre mythe et légende est... cruelle ! smiley.

    Je rappelle toutefois que ces questions de mythe et de légende ne sont nullement impliquées par l’essai de Guillemin, sauf par la toute petite phrase citée par le chroniqueur du Devoir. La phrase en question n’est qu’une figure de transition : je vais vous parler maintenant de la Vie de Jésus, et je dois le faire, parce que les Couchaud et les Alfaric disent qu’il n’a jamais existé.

    Un chaleureux merci de votre réaction __gl>- Guy Laflèche

    P. S. Je ne propose nulle critique du livre d’Henri Guillemin, j’ai essayé d’en faire un strict compte rendu.



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 20 février 2018 17:09

    @cathy

    « ... l’entreprise d’Ernest Renan qui tentait d’incarner le personnage (de Jésus) dans l’histoire de la Palestine ».

    Merci de vos précisions Cathy. En employant sans réfléchir le nom de Palestine, j’entendais désigner la région dans son ensemble, telle qu’on la désigne aujourd’hui, puisque l’objectif d’Ernest Renan était d’actualiser la Vie de Jésus. Mais Renan apprécierait sûrement votre précision, car il désirait aussi situer son personnage dans l’histoire. Dans son essai, puisque c’est de lui qu’il est question, Henri Guillemin le désigne comme le Nazaréen.

    Encore merci, — __gl>-



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 29 novembre 2017 01:56


    Orélien Péréol, votre article sur le prétendu style « inclusif » est le quatrième et dernier que je trouve sur AgoraVox à ce sujet, après celui de Sylvain Rakotoarison, Lucchesi Jacques et Gilbert Spagnola (qui a sur la question le style le plus humoristique). C’est à votre article que je réagis, d’abord parce que vous êtes le dernier auteur sur la question, mais ensuite et surtout à cause de son titre, qui est évidemment des plus justes. Mais tous les quatre, vous écrivez la même chose et vous avez parfaitement raison. J’ajoute tout de même mon grain de sel, pour de toutes petites suggestions critiques.

    D’abord, la France retarde un peu. Le même débat sur le sujet sévissait au Québec vers 1985. Je ne sais pas si vous vous rendez compte ! Comme je suis linguiste de formation (et je ne dis cela ni pour me vanter, ni pour me donner d’avance raison, mais pour expliquer ce qui suit), j’ai alors étudié la question, ce qui a donné un article d’une trentaine de pages qui s’intitule justement du nom que j’ai (correctement, je crois) donné au phénomène, et c’est « le style bigenre », soit un épouvantable charabia (en dehors de l’adresse, en effet inclusive, que l’on peut mettre en tête d’une allocution très formelle et officielle, soit le célèbre « Français, Française » du général). L’article est paru dans mon ouvrage intitulé Polémiques (Laval, Singulier, 1992, p. 277-307), que l’on peut consulter en bonne partie gratuitement sur Recherche de Livres de Google.

    Après le nom correct, je crois, du style aberrant en question, mon analyse présente de manière un peu plus précise qu’on ne le fait habituellement la morphologie des genres dans nos langues indo-européenne (les langues des Indiens d’Amériques articulent aussi le genre, mais il s’agit non pas du féminin, mais de l’animé). Le système n’oppose pas, comme on le croit et comme on l’enseigne, le « masculin » et le « féminin ». Ce n’est pas vrai. Il existe un seul et unique genre dans nos langues indo-européennes et c’est... le féminin. Mais il s’agit d’un système binaire que la morphologie utilise de trois façons : (1) la morphologie marque le féminin ; (2) si le genre n’est pas marqué, alors c’est, comme son nom l’indique, le genre non marqué (que l’on peut bien désigner comme le « neutre ») ; (3) et c’est ce genre non marqué que la morphologie du français utilise pour désigner ce que l’école appelle le « masculin ». La langue française, comme l’ensemble des langues indo-européennes, marque le féminin, et le féminin seulement, parce qu’il est considéré comme plus précieux, plus noble, plus remarquable. Les Innus ou les Montagnais, eux, c’est le genre animé qu’is marquent. Mais le système est le même.

    Bref, si l’on parle d’une, deux, trois chattes, on précise le genre ; si l’on parle d’un groupe de chats et de chattes ou de la catégorie, on ne marque pas le genre (« si le chat avait six pattes, ce serait un insecte ») ; enfin, si l’on désigne un chat, c’est que ce n’est pas une chatte, puisqu’on ne marque pas son genre. C’est un système morphologique vraiment économique, très efficace. C’est par ignorance qu’on imagine qu’il peut y avoir là du sexisme, alors que c’est évidemment le contraire qui est vrai, puisque le français privilégie absolument le féminin, c’est le seul genre qui est marqué, le « genre marqué ».

    En revanche, et c’est encore une règle importante, dès que l’on désigne UNE personne ou UN groupe de personnes du genre féminin, la langue française impose absolument qu’on le désigne morphologiquement au féminin. On ne dit pas, dans la logique du français, une « femme médecin », mais... une médecine. Oui, je sais, on sera mort de rire. Pourtant, c’est pour des raisons strictement historiques et sociologiques que l’on ne peut employer le mot que la langue française impose de par sa logique. Vous connaissez peut-être l’anecdote de celui qui attend de voir un médecin (correct) et qu’on lui dit, « mais il vient de sortir, vous ne l’avez pas vu ? ». Réponse : mais non, je n’ai vu qu’une femme passer ! En français, on devrait dire, « mais la médecine, elle vient de sortir, vous ne l’avez pas vue ? ». C’est pas demain la veille qu’on parlera ainsi français. Surtout en France ! si vous me permettez la pointe.

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