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Guy Laflèche

Guy Laflèche

Professeur retraité de l'U. de Montréal

Tableau de bord

  • Premier article le 27/07/2017
  • Modérateur depuis le 07/05/2022
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Ses articles classés par : ordre chronologique









Derniers commentaires



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 3 janvier 20:28

    @Et hop !

    Merci beaucoup de vos précisions sur Philippe Descola. Je réorganise donc ma liste de lectures de ses oeuvres, en commençant par Avec les chasseurs-cueilleurs (assez récent, 2013), sûrement proche encore du début de ses travaux en Amazonie.

    Je vous donne des nouvelles de mes lectures de son oeuvre, du moins si nous pouvons échanger personnellement (par exemple avec un courrier électronique de vous sur gmail), car nos messages deviennent, de Lahontan à Descola, de plus en plus spécialisés et peu appropriés sur AgoraVox.

    Sans compter qu’on est à mille lieues de notre point de départ, le comportement aberrant de l’Indigenous Language Digital Archives du Myaamia Center de l’University of Miami. Vous l’avez probablement oublié, mais pas moi.

    Alors au revoir, peut-être, __gl>



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 2 janvier 22:58

    @Et hop !

    Bonjour Ethop !

    Votre message de décembre dernier où vous compariez ma situation avec celle de... Galilée, était vraiment amusant. Ce sont donc des collègues jaloux qui ont forcé l’Inquisition à exiger que l’astronome renie ses théories, tout comme le pape ou la papesse de l’ILDA n’est nullement responsable de l’interdiction qui m’est faite d’utiliser ses bases de données. J’espère qu’on ne va pas me forcer à abjurer l’idée que le dictionnaire de Trinity College est de Jacques Gravier. D’ailleurs, c’est précisément ce que vous me suggériez : oui, oui, je le jure, ce dictionnaire est du copiste Jacques Largillier ! Alors, est-ce que je peux maintenant obtenir le mot de passe qui me permettra d’utiliser votre dictionnaire électronique du Pinet-LARGILLIER-LeBoullenger ? Oui, monsieur, on vous pardonne, voici la clé.

    Dans le message où vous défendez l’expression de « moine défroqué » appliquée à Nicolas Gueudeville, ou bien vous m’avez mal compris ou je me suis mal exprimé. Bien sûr que le moine bénédictin a quitté sa communauté, bien sûr qu’il a apostasié son catholicisme, vous n’avez pas besoin de m’expliquer cela, puisque c’est évident (et c’est exactement ce que j’ai écrit). Ce que je vous reprochais, et vous reproche toujours, c’est d’utiliser l’expression hors propos, pour caractériser un rédacteur qui réécrit l’oeuvre de Lahontan. Ce travail (alimentaire, mais d’excellente qualité) n’a absolument aucun rapport avec sa situation civile ou religieuse  et les « spécialistes » de Lahontan au Québec (où vous aviez pigé l’expression) ne manquent jamais d’en qualifier Gueudeville, plus mécréant encore que Lahontan.

    Réal Ouellet a fait une maladie de la publication de l’édition revue de 1704 « attribuée » à Lahontan, et « reniée » par lui, aux éditions Élysée de Montréal (alors qu’il se proposait de diriger ce qui est devenue son édition encyclopédique de l’Oeuvre complète), comme si c’était un crime. Cette réédition d’un ouvrage populaire est très importante et Réal Ouellet ne l’a jamais étudiée. Nicolas Gueudeville ne mérite pas d’être méprisé.

    Les fautes d’analyses de Réal Ouellet sur Lahontan sont très nombreuses. Vous en relevez quelques-unes et c’est bien.

    Question chamanisme, votre message me fait un beau cadeau, car je ne connais rien de l’oeuvre de Philippe Descola. La cause en est qu’il travaille d’abord à partir des autochtones de l’Amazonie, bien loin de mon champ de recherche, la Nouvelle-France. Mais ce n’est pas du tout une excuse. Je me promets de le lire et je commencerai par l’ouvrage que vous me suggérez. Vraiment un grand merci.

    En ce qui concerne mon analyse du chamanisme des Amérindiens de Nouvelle-France, je dois tout aux relations des jésuites. Je les ai toutes lues, une à une. C’est un total de soixante livres sur la Nouvelle-France (sans compter leurs ouvrages de piété et leurs correspondances, que je connais également). C’est à la suite de ces lectures que j’ai caractérisé les pratiques magiques du chamanisme d’Amérique du Nord. Je ne connais pas le classement de Descola, mais pour ma part je crois que le chamanisme d’Amérique se distingue radicalement de l’animisme africain, qui pourrait à première vue lui être comparable, Le chaman amérindien et le sorcier africain font à peu près la même chose pour les mêmes raisons. Et ils sont tous les deux craints... et pour cela très respectés.

    Or, jamais les Amérindiens n’animent les forces ou les événements naturels. Les pratiques individuelles ou celles collectives dirigées par les chamans sont strictement des opérations magiques. A remarquer qu’elles sont très souvent efficaces, même si les missionnaires s’en moquent (lorsqu’ils ne les trouvent pas diaboliques !, ce qui est amusant), Elles sont surtout efficaces dans le domaine de la médecine, pas mal moins, bien entendu, dans la réalisation des désirs, des espérances guerrières en particulier.

    C’est vraiment une question fascinante et j’ai hâte de voir comment Philippe Descola présente les pratiques des Amazoniens.

    En tout cas, merci de m’avoir encore ramené à mon Lahontan, __gl>-



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 31 décembre 2025 22:32

    Bonjour aux prochains lecteurs de mon petit article amusant.

    Comme je viens de répondre à une demande de renseignement factuelle, ce trente décembre 2025, je m’offre un cadeau du jour de l’an 2026. Car il est bien connu que les plus beaux cadeaux que l’on puisse se faire sont ceux que l’on offre. J’en donne deux.

    Le premier à mon journal citoyen AgoraVox. Oui, l’article qu’on lit ci-dessus avait été rédigé pour le Devoir, le « journal de Montréal », à l’occasion du 375e anniversaire de la fondation de Montréal. Le journal l’a refusé sans raison  non  parce que j’étais ostracisé au journal, comme je le suis toujours (le journal a refusé de rendre compte de mes trois derniers livres, de sorte que ses lecteurs, où se trouvent en principe les miens, n’en connaissent rien, ce qui est évidemment criminel de la part de journalistes). Mais AgoraVox a publié honnêtement, sans discrimination aucune, quelques autres articles refusés par ce « journal de Montréal », de sorte que je n’y adresse plus aucune de mes rédactions. Et c’est ainsi que je suis devenu un lecteur assidu de mon journal citoyen. Je connais maintenant assez bien ses rédacteurs et ses commentateurs. C’est un plaisir de lire l’article qui m’attire de tel rédacteur et de lire ensuite les commentaires de ceux qui vont tout faire pour le discréditer, à commencer par se moquer de son nom, comme si l’on était à AgoraVox dans la cour d’un lycée. Amusant, mais aussi souvent instructif : il m’est arrivé quelquefois de lire des livres que je n’aurais jamais connus sans l’un de ces commentaires.

    Donc, grand merci à ceux qui ont fondé, qui dirigent et tous ceux qui participent à mon journal citoyen.

    Mais la vérité est que mes remerciements sont intéressés. En effet, c’est sur AgoraVox, et nulle part ailleurs, que la réalisatrice Annabel Loyola a pu prendre connaissance de l’article ci-dessus. Elle avait déjà réalisé deux documentaires sur la fondation de Montréal. Elle préparait le troisième volet de ce qui est maintenant sa trilogie sur les origines de la ville. Elle a demandé à me rencontrer, m’a interviewé et même filmé ! Et c’est ainsi que, grâce à AgoraVox, et un peu aussi à la réalisatrice, je me suis retrouvé en grand plan au cinéma. A l’Impérial, le plus beau cinéma de Montréal, c’était pour moi très impressionnant. Le film s’appelle « La ville d’un rêve » qui est de toute beauté et qui a reçu tous les éloges (je n’y suis pas pour grand-chose, mais ma réalisatrice et plusieurs spectateurs me disent que mon intervention passionnée sur Jeanne Mance et Dollier de Casson, l’interprète de ses mémoires, y est bienvenue). Pour moi, le plus extraordinaire est d’entendre Jeanne Mance (lue et interprétée par Pascale Bussières) prononcer en son nom les paroles que Dollier de Casson rapportait d’elle (à la troisième personne, évidemment), puisqu’il s’agit de l’incarnation artistique de ce que je peux appeler ma découverte, le fait que l’Histoire de Dollier soit en fait les Mémoires de Mance.

    Voilà. Je suis heureux de faire aujourd’hui ce que j’aurais dû faire depuis longtemps, ce double remerciement.

    Bien sincèrement, __gl>-



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 30 décembre 2025 23:10

    @Et hop !

    Cher ami,  je suis beaucoup plus heureux de répondre à votre commentaire sur Lahontan que d’en venir à mes déboires avec l’ILDA. D’autant que vous présentez très rigoureusement la réécriture des trois tomes de l’ouvrage de Lahontan, en deux tomes, qui auront beaucoup plus de succès que l’original. La cause en est toute simple, la réécriture est une correction de l’original, voire une mise au net.

    En revanche, je vous reproche de reprendre l’expression méprisante des spécialistes de Lahontan pour désigner Gueudeville comme un « moine défroqué ». En fait, Gueudeville s’est tout simplement détourné de la communauté religieuse où il a été durant de nombreuses années, tout simplement par déception ; il a eu le courage de quitter et la France et la religion catholique, se tournant vers le protestantisme, en épousant une Française chassée par la révocation de l’édit de Nantes. Pour faire vivre sa famille, il devient un fameux polygraphe, publiant des milliers de pages journalistiques encyclopédiques. Sauf erreur, il commence sa carrière éditoriale en réécrivant les trois livres de Lahontan.

    Cela dit, sa réécriture est une excellente analyse critique de l’oeuvre, même s’il la trahit allègrement, comme vous le dites.

    Mais il faut revenir à l’oeuvre géniale de Lahontan. Comme je l’ai beaucoup étudiée, je peux vous proposer une bonne clé de lecture. Bien sûr vous connaissez déjà la réponse à la question de savoir ce qu’il peut y avoir de vrai dans ses Dialogues : cela tient en quatre lettres, r-i-e-n ! Mais le plus extraordinaire, c’est que les historiens, ethnologues et littéraires se posent la même question sur plusieurs parties de son oeuvre. Par exemple, de très nombreux historiens ont étudié le plus sérieusement du monde son affabulation de l’exploration de la Rivière Longue (alors que Gueudeville a été assez allumé pour comprendre de quoi il s’agissait, en démultipliant comme vous le dites la fiction).

    Mais l’intérêt de son oeuvre n’est pas dans ses inventions, mais dans la question de la véracité de toute l’oeuvre en regard de la Nouvelle-France, notamment de ses Amérindiens.. En effet, à lire l’oeuvre de part en part, on se trouve avec une symphonie du vrai et du faux, du totalement, partiellement ou approximativement vrai ou faux. Généralement, les lecteurs prennent l’oeuvre au premier degré ou lise le tout comme pure fabulation. Or, ce n’est pas la bonne façon d’évaluer l’oeuvre.

    Par exemple, sa dénonciation de la Nouvelle-France, comme une colonie théocratique, gérée par les jésuites, est parfaitement juste. Puis on passe, ici et là, à ce sui est plus ou moins juste. Mais on trouve dans l’oeuvre plusieurs coups de génie, dont le plus extraordinaire est l’invention pure et simple d’une religion aux Amérindiens qui n’en n’ont jamais eue, ni connue, avant l’arrivée des Européens, surtout des missionnaires, évidemment. Or, ce qu’on ne sait généralement pas, c’est que Lahontan a été le premier (en 1702-1703) à produire une telle création.

    Les Amérindiens connaissent uniquement et rigoureusement les pratiques magiques très efficaces du chamanisme, qui n’ont absolument aucun rapport avec quelque religion ou quelque spiritualité que ce soit. L’affabulation de Lahontan vise évidemment les religions chrétiennes : voyez, dit-il, la belle, simple et naturelle RELIGION du Grand Esprit que pratiquent les Indiens. Cette pure invention passe tout de suite dans l’Encyclopédie, mais très vite et jusqu’à nos jours dans les travaux « scientifiques » des ethnologues et des anthropologues. Et ce n’est pas tout : les Amérindiens eux-mêmes vont non seulement s’inventer des religions et des spiritualités ancestrales (parfois sur la base des pratiques magiques préhistoriques), ils... vont même les pratiquer !

    Évidemment, toutes ces affabulations ne viennent pas de Lahontan, mais le coup de génie est d’avoir été le premier (et cela est incontestable) à pratiquer avec brio cette invention. Et surtout de l’avoir articulée sur le « Grand Esprit » (ce qui est resté et s’est développé jusqu’à nos jours).

    C’est un grand plaisir pour moi de vous faire part de ma lecture de Lahontan. Si vous décidez de le lire ou de le relire mot à mot, il faut le faire dans l’édition encyclopédique de Réal Ouellet (OEuvres complètes, Presses de l’Université de Montréal).

    Bonne fête du Jour de l’An, nous sommes à l’avant-veille, __gl>-



  • Guy Laflèche Guy Laflèche 30 décembre 2025 21:47

    @Et hop !

    Revenir à 1980, cela me rajeunirait, mais vous m’en demandez trop. Je ne peux pas raisonnablement refaire (longuement) ce qu’une équipe de nombreux chercheurs a déjà réalisé durant plusieurs années, soit le dictionnaire électronique que j’ai déjà utilisé. Pour mon travail en cours, j’aurais besoin du dictionnaire Pinet-Gravier-LeBoullenger durant deux semaines environ. Mais le travail ne se limiterait pas, évidemment, à chercher les occurrences d’un mot, mais à lancer de nombreux dépouillements statistiques, comme à trouver rapidement telle ou telle entrée ou, pire, une occurrence d’un vocable dans les exemples et commentaires des dictionnaires qui font plusieurs centaines de pages.

    A la réception du message de l’ILDA, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une simple question administrative. Mais avec le temps qui passe et qu’arrivera bientôt l’envoi de mon livre à la composition et à l’impression, je suis inquiet, et je me demande comme vous s’il n’y aurait pas de la malveillance derrière ce refus. Cela pourrait venir d’un chercheur, administrateur de l’ILDA, qui est fort mécontent que je désigne le dictionnaire manuscrit de Trinity College (Hartford, Connecticut, USA) comme le dictionnaire du Jésuite Jacques Gravier. Il oblige tous ceux qui travaillent avec lui à le désigner comme le « dictionnaire de Jacques Largillier », du nom de son copiste, alors que je fais la preuve hors de tout doute dans mon prochain livre (chapitre 9, section 2) que le dictionnaire est de Jacques Gravier.

    Cela dit, je serais surpris qu’un chercheur utilise sa position administrative, comme membre du conseil d’administration de l’ILDA, pour nuire au travail de recherche d’un collègue qui n’est pas de son avis (sur un sujet somme toute assez secondaire), alors qu’il ne connaît rien de ma démonstration rigoureuse.

    Merci tout de même de jeter un petit doute sur mes convictions. Je vais réfléchir à cette improbable probabilité.

    Cordialement, avec un vif merci, __gl>

    P.S. Relisant votre message, je me demande maintenant s’il ne s’agirait pas en effet d’une question de privilège (je ne trouve pas le mot juste) : peut-être que l’ILDA voit d’un mauvais oeil un Montréalais venir jouer dans leurs plates-bandes à Miami ?

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