Bel exploit de parler longuement du « coût réel » du bœuf sans jamais mentionner l’acteur qui capte l’essentiel de la valeur : la grande distribution.
Le cœur du problème n’est pas le bœuf « subventionné », mais la captation de valeur par la grande distribution.
Les aides publiques permettent aux éleveurs de vendre à des prix d’achat trop bas pour couvrir leurs coûts. Sans subventions, ces prix devraient augmenter ou la production s’effondrerait.
En comblant cet écart, l’argent public ne protège pas seulement les éleveurs : il permet surtout à la grande distribution de s’approvisionner à bas prix, d’afficher des tarifs attractifs et de préserver ses marges.
Autrement dit, on ne subventionne pas un marché défaillant, on rend viable un rapport de force déséquilibré. Tant qu’on n’interroge pas la formation des prix et le pouvoir de la distribution, le débat reste incomplet.