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jack mandon

jack mandon

Travaux de psychologie des profondeurs et graphologie judiciaire, Institut jungien, A. Teillard, Paris
Diagnostic expérimental des pulsions selon Szondi, recherches, applications, conseil et orientation.
Diplômé en psychologie, j'ai présenté 6 mémoires dont voici l'énoncé :
La roue de médecine : Théâtre de nos archétypes, fondement ancestral,
La mythologie personnelle : Activation de notre histoire contemporaine,
La rencontre avec l'ombre : Le miroir et la rencontre avec nous même,
Le pardon : Acte libérateur vers la métamorphose,
Les mémoires du corps : Empreintes du temps dans notre chair,
Transpersonnelle au quotidien : Alchimie de la réalité et de l'imaginaire.
Dans l'exercice de mon métier, j'ai cultivé et utilisé les outils suivants :
Analyse transactionnelle, transpersonnelle, P.N.L., rêve éveillé, visualisation, éducation des choix, hypnose, sophrologie, graphologie, symbolisme zodiacal.
Dans les secteurs relatifs à l'intime, le confidentiel, le matrimonial, le professionnel, le social, la réinsertion, l'enseignement, le culturel.
La rédaction d'un article me ramène toujours à l'humain, à la poésie, au culturel, je n'apprécie pas"l'esprit de critique" toujours entaché de problèmes bien subjectifs projetés à tout va sur tout ce qui bouge. En revanche, l'esprit critique,dans la nuance, plus pédagogique retient mon attention, car il s'adresse à la partie adulte de notre psyché et incline à la réflexion, voir, à la méditation.
Dans cette période de ma vie, je privilégie l'exercice physique varié et soutenu en partage avec des échanges de qualité, mon intérêt pour la nature est grandissant.
 
 

Tableau de bord

  • Premier article le 04/04/2008
  • Modérateur depuis le 18/04/2008
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Derniers commentaires



  • jack mandon jack mandon 7 novembre 2009 09:48

    @ Cher Olivier,

    Ma version de Van Gogh,

    Vincent Van Gogh 1853-1890, un homme de phosphore et de sang

    Zundert, les cris d’un nouveau-né retentissent. Premières plaintes humaines qui prendront un jour les formes torturées, lumineuses et sombres d’un mal de vivre envoûtant.

    Famille traditionaliste, le père pasteur est apprécié de ses ouailles, la maman effacée, mais très présente écrit fort agréablement, dessine et pratique l’aquarelle.

    Est-ce la fatalité ou le hasard qui place sous les yeux de Vincent une pierre tombale dont l’épitaphe porte son nom. Dans ce petit jardin de famille, un enfant sombre s’interroge.

    Quelques mois avant sa naissance, un autre Vincent est mort en couche. Au cœur de cette famille nombreuse hollandaise, les enfants naissent et meurent selon les voies du seigneur. Les rêveries solitaires de Vincent se mêlent déjà aux murmures de la mort.

    Dans la période formatrice du caractère de l’enfant, l’identification obsédante au terme des jours d’un mystérieux disparu est bien lourd à porter. Dans la solitude d’un être hypersensible, les sentiments les plus forts se fixent sournoisement. Plus tard, les spécialistes en charge de Vincent, évoqueront un complexe psychologique, un sentiment de culpabilité indéracinable, graduellement accentué, ainsi qu’une impulsion à se mettre en valeur par le sacrifice le plus total.

    Que n’aurait-il pas fait cet excentrique roux, arpentant les chemins de campagne pour reconquérir, comme s’il remplaçait un autre, une identité perdue.

    A un âge ou les gosses s’agitent autour des jupes de leur mère, le petit Vincent s’isole dans la nature et s’imprègne déjà des grands ciels contrastés et lumineux du plat pays.

    Sa scolarité est discrète. Son regard bleu intense scrute la forme et la perspective, son premier dessin Ferme et hangar pour charrette se révèle intéressant.

    Plus tard, le voici marchand de tableaux chez Goupil à La Haye, puis à Londres.

    Après un réveil amoureux parsemé d’infortune, tour à tour aide-enseignant en Angleterre, prédicateur méthodiste, étudiant en théologie, le voici prédicateur, avec tous les excès de sa nature enflammée.

    C’est un tempérament complexe, ou se mêle la bonté, la douceur, la tolérance et la tendance à l’explosion, à la colère et à la jalousie. Il est animé d’une compassion envahissante. Il porte en lui une immense capacité de prendre part à ce qui touche autrui dans un puissant désir de justice et d’éthique.

    Il existe en lui une espèce de bipolarité, cela a pour effet de distiller l’angoisse et de mobiliser les affects brutaux et leur décharge subite. La prédication dans le pays minier du Borinage achève de mettre en lumière sa personnalité douloureuse et chaotique. Cette période est artistiquement fructueuse, elle décrit les scènes émouvantes et rudes de la condition ouvrière. L’époque est particulièrement sensibilisée aux idées humanitaires socialisantes.

    Evangéliste prédicateur congédié, Vincent commence sa folle errance de visionnaire à travers le plat pays, soutenu par son frère Théo, son modèle et son ami de toujours.

    La dualité de son tempérament est une entrave à l’affirmation picturale. La perfection technique est souvent sacrifiée à l’extériorisation des tensions internes. La vie affective connaît les mêmes difficultés et enfonce Vincent dans le labyrinthe de la solitude. Les premiers travaux et recherches picturales de l’artiste, après un bref contact avec le peintre Anton Mauve, remontent à l’époque de La Haye. L’introduction de la peinture à l’huile marque un tournant décisif au plan technique.

    Après un retour au foyer parental, Vincent prend conscience que malgré les prévenances de ses parents il demeure incompris. Son père meurt, c’est pour lui l’occasion d’une brutale libération artistique, son premier chef-d’œuvre Les Mangeurs de pommes de terre. Ce tableau sombre et pathétique crie la condition paysanne. De retour à Anvers, il parfait sa connaissance de Rubens, le clair-obscur, et retrouve Théo à Paris. Il travaille à l’atelier Cormon où il fait la connaissance de sa famille étoilée, Toulouse-Lautrec, Emile Bernard, les pointillistes Signac et Seurat, les impressionnistes Pissaro, Gauguin et Guillemin. Chez le père Tanguy, il se passionne pour les estampes japonaises.

    Arles, la lumière et la limpidité du ciel de Provence. A mi-chemin entre le vagabond et le prophète, cet homme de phosphore et de sang connaît les périodes les plus prolifiques de sa folle destinée. Pourchassé par le soleil, il embrase la Provence. Pyromane innocent, il consomme et consume la campagne à la manière d’un volcan roulant sa lave. Sous l’impulsion de son pinceau, la nature craque, se fend, crépite, devient une immense fournaise dans laquelle, comme un diable égaré, il s’agite éperdu. Sous un ciel lourd et étouffant, il n’entend pas les obsédantes plaintes qui remontent de ses entrailles agonisantes.

    Un répit, enfin le croit-il, la visite d’un autre rude phénomène, l’anarchiste de Pont-Aven, le futur dévoreur d’espace exotique, Gauguin. Même combat, même énergie plutonienne, même goût pour l’absinthe, même course vers l’inaccessible étoile aux allures de walkyrie, mêmes tourments physiques et métaphysiques... et pourtant, et surtout, l’explosion la décompensation et la mutilation de l’oreille.

    S’imprime plus violemment dans ses toiles, ce penchant pour la volute incandescente, cette propension à multiplier les brasiers dans tous les tons de l’arc-en-ciel... palette prolifique d’un dieu celtique à la conquête des vergers arlésiens, des paysages des Saintes-Maries de la mer, des oliviers et des blés de Saint-Rémy-de-Provence... mêmes tourments, mêmes souffrances de l’enfantement.

    Dans les moments intimistes, Vincent se passionne pour les gens, les petites gens, qu’il fait trôner comme des rois dans ses toiles vives et contrastées.

    Dans les périodes sombres de retrait et de solitude, c’est-à-dire dans la permanence de la quête, il se retrouve face à lui-même. Dans cet isolement autistique, il bascule dans la toile. Comme la phalène fascinée par la lumière, il vacille et chute, de l’autre côté de la vie... le temps universel qui se moque du temps. C’est le rituel du visionnaire épileptique, un des secrets de Vincent, l’autoportrait vrai.

    Il nous délivre alors, avec rigueur et sincérité, l’ange déchu portant le monde, avec le regard bleu et pénétrant, l’authentique regard lucide et fou du sage visionnaire... viennent les tourbillons, les volutes fatales génératrices de cyclone dévastateur... le réveil dans le temps humain entouré de misérables hères, l’internement à l’asile de Saint-Rémy.

    Là, par une nuit bleue et limpide d’avril, du fond de sa cellule, l’artiste prophétique immortalise un tableau cosmique dans une nuit tourbillonnante de mille feux.

    Plus tard, dans un dernier sursaut d’inspiration, il reprend la route de l’Île-de-France. Auvers-sur-Oise, le Dr Gachet l’attend. C’est un original et inconditionnel de Vincent. Dans le Mercure de France, Albert Aurier, le critique d’art, publie le premier article sur l’artiste. A Bruxelles, la première toile du peintre, La Vigne rouge est vendue 400 francs.

    Dans cette Île-de-France chère aux peintres de la fin du XIXe siècle, il rencontre un univers paisible et verdoyant, mais celui de son esprit est apocalyptique.

    La petite église gothique d’Auvers, ultime rappel de son enfance sage, le plein ciel de la plaine d’un bleu vitrail, la sombre traversée tumultueuse et bruyante des corbeaux, le ciel alourdi soudain, l’or des blés mûrs crépitant, le rouge vermillon du sang de la terre... le choc !... Vincent, couché dans son plus beau tableau... crépuscule d’un Dieu.

    Dans une mansarde, l’acte paisible, le premier, le dernier, comme un animal abandonné, sage comme l’image de la confiance et de l’amour, Vincent notre ami, foudroyé dans son plus bel orage... et l’orage s’éloigne apaisé.



  • jack mandon jack mandon 7 novembre 2009 09:44

    @ Olivier

    Bien sur nous sommes en phase !
    Mais pugnaces l’un et l’autre...comme des anciens !
    Moi aussi, j’aime la vérité, mais de cette façon...

    .Il était une fois

    En ces temps de panique généralisée, nous sentons la puissance titanesque du collectif. C’est un monstre composite aux multiples têtes , aux appétits féroces et gargantuesques. Il est naturel qu’il prenne la forme de l’apocalyspe, amplifié et vomi par tous les orifices des médias de la terre Gaïa. Et pourtant, quelque part, comme sur une autre planète, chacun dans sa différence peut encore entendre l’appel de la vie tout au fond de lui, comme l’enfant « écoute la mer » en plaquant un coquillage sur son oreille. Je vous invite à la balade, au cheminement initiatique dans le monde parallèle de la découverte et de la redécouverte. Partons sur les traces de saint-ex, et de son petit compagnon étoilé. Je vous propose un conte philosophique, venu du bout du monde, quelque part entre l’empire du milieu, et celui du soleil levant. Emergé d’une contrée mystérieuse et luxuriante, aux senteurs naïves d’estampe, entre nature et culture, l’Eden de la conscience...

    « La princesse et le magicien

    Il était une fois une jeune princesse qui croyait en tout, à l’exception de trois choses.

     Elle ne croyait pas aux princes, elle ne croyait pas aux îles, elle ne croyait pas en Dieu.
    Son père, le roi, lui avait dit que tout cela n’existait pas.
    Un jour, la princesse s’enfuit de son château et partit pour le pays voisin. Là, à sa grande satisfaction, de la côte où elle se trouvait, elle vit des îles, et sur ces îles, d’étranges et troublantes créatures qu’elle hésitait à nommer. Alors qu’elle était à la recherche d’un bateau, un homme vêtu d’une grande robe s’approcha d’elle sur la grève.
    "Est-ce que ces îles sont réelles ? Demanda la jeune princesse.
    _Bien sûr que ce sont des îles réelles, répondit l’homme vêtu de la robe.
    _Et ces créatures étranges et troublantes ?
    _Ce sont tous d’authentiques princes bien réels.
    _Alors, Dieu doit exister ! s’écria la jeune princesse.
    _Je suis Dieu, répliqua l’homme vêtu de la robe en s’inclinant pour saluer.
    La jeune femme retourna chez elle aussi rapidement qu’elle put.
    _Ainsi, te voilà de retour ? dit le roi son père.
    J’ai vu des îles, j’ai vu des princes, j’ai vu Dieu, lui dit la princesse d’un ton plein de reproches. Le roi demeura impassible.
    _Il n’y a pas d’îles réelles, pas plus que de princes où de vrai Dieu.
    _Je les ai vu !
    _Dieu était vêtu d’une grande robe ?
    _Est-ce que ses manches étaient retroussées ?
    La princesse se souvint qu’elles l’étaient. Le roi sourit.
    _C’est la tenue d’un magicien. Tu as été trompée.
    A ces mots, la princesse repartit dans le pays voisin, revint sur la même plage où, de nouveau, elle trouva l’homme vêtu de sa longue robe.
    _Mon père le roi m’a dit qui vous êtes, dit la princesse avec indignation. Vous m’avez trompé la première fois, mais vous ne m’aurez pas cette fois-ci. Maintenant je sais que ces îles que l’on voit ne sont pas réelles et ces princes non plus, car vous êtes un magicien.
    L’homme de la plage sourit.
    _C’est toi qui as été trompé, ma fille. Dans le royaume de ton père il y a de nombreuses îles et de nombreux princes, mais tu es sous l’influence d’un sort qu’il t’a jeté, et tu ne peux pas les voir.
    Pensive, la princesse retourna chez elle. Quand elle vit son père, elle le regarda dans les yeux.
    _Père, est-ce vrai que vous n’êtes pas un vrai roi, mais seulement un magicien ?
    Le roi retroussa ses manches.
    _Oui, ma fille, je ne suis qu’un magicien.
    _Mais, l’homme, sur l’autre rivage était Dieu ?
    _L’homme de l’autre rivage était un autre magicien !
    _Je dois connaitre la vérité, la vérité qui se cache derrière la magie.
    _Il n’y a pas de vérité derrière la magie, dit le roi.
    Le princesse était désespérée. elle exprima le désir de mettre fin à ses jours.
    Usant de magie, le roi fit apparaitre la mort. Elle se tenait dans l’embrasure de la porte et fit signe à la princesse. La princesse frissonna. Elle se souvint de ces îles superbes bien qu’irréelles, et de ces princes, irréels peut-être mais superbes.
    _Très bien, dit-elle, je crois que j’ai compris la leçon.
    _Tu vois, ma fille, dit le roi, toi aussi maintenant tu es en train de devenir une magicienne. »

    Le seul réel qui vaille, est celui de notre unicité et de notre subjectivité. Il s’éveille à la tombée du nid, au sortir du ventre doux et chaud de la mère, dans la solitude royale du « grand bleu ». Il s’éteint dans la fosse commune du temps, pour tous ceux qui n’ont pas la mémoire d’aimer. Pour les autres, il sommeille lascivement et joyeusement à l’ombre lumineuse des poètes, héros éternels du temps universel.


  • jack mandon jack mandon 7 novembre 2009 09:28

    @ farandole

    Merci.

    Chercher l’harmonie sans fausse illusion.
    A tous les niveaux existentiels, accepter aussi la dégénérescence,
    pas comme une fatalité, mais parce que l’ombre coexiste avec la lumière.
    C’est dans l’ordre des choses, c’est donc aussi cela l’ethnologie.



  • jack mandon jack mandon 6 novembre 2009 19:36

    @ Merci Olivier,

    Votre article est honorable, vos commentaires courtois et respectueux.
    Je ne suis moi même qu’un passionné qui conçoit l’art, pour l’essentiel,
    comme appartenant au temps universel, entre le sacré et le divin, donc,
    je n’apprécie pas que les critiques et historiens, même excellents, interfèrent
    avec des instruments de mesure triviaux du temps linéaire, inadéquats.
    J’ai le souvenir d’un héros soviétique, Gagarine, qui raillait
    « Je suis allé dans l’espace et n’ai pas vu Dieu »
    Comme dirait Pierre Desproges « je pouffe »
    Un technicien, certes courageux, qui sort sa clé à molette quand on lui parle de Dieu.
    En attendant, pour l’essentiel, le débat ne remet rien en cause pour nos deux peintres



  • jack mandon jack mandon 6 novembre 2009 18:45

    @ Antoine Diederick

    Oui, tout à fait. Le passeur est à la fois infiniment présent et suffisamment en retrait pour ne pas interférer sur nos initiatives. La discrétion pédagogique du respect de l’autre.
    Merci de votre passage.

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