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Krokodilo

Krokodilo

Médecin généraliste à la retraite, je m’intéresse à tous les sujets sur lesquels je n’ai aucune compétence, ce qui me laisse un large champ d’intervention. A l’époque où j’enquêtais sur les OVNI, j’ai percé le grand secret de la zone 51 : les extra-terrestres sont effectivement venus sur Terre, mais ils ont trouvé l’anglais trop difficile et sont repartis. Depuis, je m'intéresse à la question des langues, de la communication internationale et de l’espéranto.

Tableau de bord

  • Premier article le 06/12/2006
  • Modérateur depuis le 09/01/2007
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Ambiance française

  Ambiance française

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Derniers commentaires



  • Krokodilo Krokodilo 1er décembre 2007 11:39

    Quelques remarques sur votre message à Skirlet :

    « Je n’ai pas la prétention de changer le monde, effectivement, et trouve cela déjà assez difficile de s’y adapter. L’entêtement ne me semble pas une vertu non plus. »

    Gandhi trouverait ça contestable ! Sans être un Gandhi, on peut néanmoins suivre la voie de ceux qui tentent de le changer, et pacifiquement, par le dialogue.

    « Mais si vous allez jusqu’au bout de vos pensées, poussez vos enfants à apprendre l’EO et surtout ne leur enseignez pas l’anglais... on verra plus tard ce qu’ils en penseront. Prendriez-vous une telle responsabilité ? Voilà, bonsoir et à demain peut-être. »

    Effectivement, ils font un peu d’espéranto. Mais, comme je l’explique, ils sont obligés de faire de l’anglais car celui-ci est devenu obligatoire en France, en toute hypocrisie (dans les faits mais pas dans les règles, subtilement, par exemple dans certaines 6e, le « choix » n’est qu’entre anglais ou bilingue anglais/allemand !). Une incroyable campagne vise à nous faire croire qu’on ne peut vivre sans anglais ! Celui-ci n’est indispensable que pour certains métiers bien précis. Et parfois une fraction de certains métiers. Même si un gosse devient chercheur, il pourra assez facilement apprendre le vocabulaire technique nécessaire à la compréhension de ses articles, qui contiennent peu d’idiotismes et essaient d’être clairs et directs, ils sont déjà assez compliqués naturellement. Aucune étude n’a montré de supériorité à l’apprentissage précoce des langues (hormis l’apprentissage des sons différents), on peut très bien commencer plus tard. Personnellement, je pense plus utile une initiation large et basique aux différentes langues européennes, aux différents sons et alphabets, et plus tard au lycée, selon le métier envisagé ou les traditions familiales, un système de modules de langues plus souple. Votre situation personnelle est particulière et ne peut être généralisée à tout l’enseignement.

    De toute manière, les enfants peuvent-ils tout faire ? Violon, piano, tennis, foot, ski, danse, équitation, rugby, dessin, chant, ordinateur, russe, chinois, arabe, espagnol, théâtre, et dieu sait quoi encore chaque semaine ? Il faut aussi jouer, rêver.

    « Les emprunts de mots étrangers existent dans toutes les langues... et c’est tant mieux. Cela aide aux évolutions linguistiques... et personne ne décide de rien, encore une fois. »

    Evidemment que les langues échangent des mots, nous sommes au courant, mais point trop n’en faut. Et que personne ne décide rien, non, au contraire : chacun est libre de décider. Personnellement, je n’ai rien contre « boycott » par exemple, mais si je décide d’utiliser courriel plutôt que mail ou email, c’est mon choix, encore faut-il qu’une commission de terminologie comme celle du Québec nous aide en proposant des équivalents, et que les médias ne gavent pas d’anglicismes jusqu’à la nausée ; ensuite aux usagers de suivre ou pas. De même pour « intelligence économique » (veille ou espionnage), ou think tank (cercle de réflexion), etc. Est-ce que vous cliquez sur votre « mouse » comme les Italiens ?

    « Il faudrait développer votre conception de « qualité linguistique ». Y a-t-il ainsi de bonnes langues et de mauvaises langues ? Je ne dis pas que l’anglais soit simple mais qu’on peut en tirer un moyen de communication simplifié. Le français n’est pas plus logique que l’anglais, voire encore moins à l’écrit »

    L’idée de base n’est pas bonne ou mauvaise langue, mais les qualités que doit avoir une langue auxiliaire internationale. En premier lieu, la simplicité qui permet un apprentissage plus rapide pour le plus grand nombre, loin de l’élitisme des langues difficiles comme l’anglais ou le français. Car si faire un match anglais/français sur le plan de la difficulté n’a pas de sens, l’espéranto, lui, est très largement plus facile, il suffit de connaître ses principes pour comprendre pourquoi (1 heure de lecture et de curiosité suffit), et de se rappeler qu’on parle de simplicité non de simplisme ou de pauvreté de la langue. Bon nombre des difficultés des langues n’apportent strictement rien sur le plan sémantique.

    « Je maintiens donc, une langue, contrairement à ce qu’a pu faire Zamenhof avec l’EO, ne se décide pas arbitrairement, comme on assemble des pièces d’un jeu de Lego (la comparaison n’est pas de moi). » « (pas de décisions arbitraires possibles concernant les langues). »

    En gros, vous dites qu’une chose qui existe n’existe pas. D’autre part, l’Eo est à peine plus artificiel que le français, puisque tous les mots et toutes les idées structurelles sont issues de diverses autres langues, donc de l’esprit humain, de histoire. Zamenhof en a fait une synthèse assez géniale, mais comme pour les langues dites naturelles, ce sont les centaines de générations passées qui ont créé tout ça. De plus, nombre de langues « naturelles » ont fait l’objet de remaniements en profondeur (russe, italien, indonésien, hébreu, maltais, entre autres). Où est la différence ? Vous voyez bien que de nombreuses décisions arbitraires ont concerné diverses langues, pourquoi soutenir le contraire contre toute évidence ?

    « En traduisant on doit intégrer une donnée très difficile, pas mesurable, qui s’appelle l’usage de la langue cible. C’est tellement difficile que seuls les natifs d’une langue peuvent l’utiliser comme langue cible. C’est ce qui fait qu’une traduction est bonne ou non. Aucun traducteur (littéraire j’entends) ne traduit dans les deux sens. Il doit bien y avoir une raison. L’EO n’ayant pas de passif n’obéit bien sûr pas à cette règle de l’acquis, de l’usage qui est la caractéristique d’une langue. »

    Ce thème de la traduction est intéressant ; là encore, comme pour le temps d’étude, l’espéranto est une exception puisque effectivement les traducteurs le font vers une langue seconde. La plus grande facilité permet à chacun d’arriver à un meilleur niveau que celui qu’il aurait en anglais ou allemand ou autre avec le même temps d’étude, et donc les plus mordus ou les plus doués pourront se permettre de traduire non pas vers leur langue native mais seconde. Vous le pensez impossible ? Pourtant, lorsque les médias encensent tel ou tel grand représentant de la francophonie qui écrit en français alors que ce n’est pas sa première langue, tout le monde trouve ça bien et naturel, un exemple à suivre, et personne n’oserait critiquer le français de cet écrivain (à juste titre) qui est arrivé à des sommets dans une langue seconde. Et s’il fait de la traduction vers le français, personne non plus ne le critiquera. C’est pareil.

    Qui plus est, c’est une chose facile à tester, les qualités comparatives des langues comme langues pont dans la traduction : faire traduire un texte par des traducteurs reconnus, puis une retraduction inverse par un traducteur différent, et comparer la version d’origine avec la version de rétro-traduction. Puis comparer les variations obtenues dans les différentes langues. Je crois que cela a déjà été fait, et que l’eo s’en est sorti avec les honneurs, devant les autres langues du fait de sa précision. Que cela soit difficile à croire est normal. Mais pourquoi l’UE, qui claque des millions d’euros dans des projets absurdes ou pour soutenir l’anglais (Erasmus mundus), ne dépenserait-elle pas quelques milliers d’euros dans de telles études ? Ils répondent qu’il ne leur appartient pas de favoriser ni d’étudier l’idée d’une langue auxiliaire puisque l’idée européenne est la diversité linguistique, cette même diversité qu’ils massacrent allègrement !



  • Krokodilo Krokodilo 30 novembre 2007 18:09

    Phillipakos,

    Merci quand même pour avoir abordé ce thème, car j’envisageais vaguement un article sur un possible déclin de l’anglais - qui est évoqué même par des non espérantistes, bien que cela ne se voie pas pour l’instant.

    Et si tu prépares un article sur l’orthographe des petits français, il faudra se demander comment l’ajout d’une heure de sport par jour et de l’anglais (ou parfois allemand en Alsace), langue phonétiquement ardue (source : ministère) va être bénéfique pour ceux qui ont des difficultés, alors que selon les rapports récents 15 à 20% des élèves sortant du primaire sont très faibles en français.



  • Krokodilo Krokodilo 30 novembre 2007 17:54

    Bien dit, et on sent que ces exemples sont du vécu ! Si l’Asie prend goût au chinois comme langue pont et si l’espagnol prend de l’ampleur en Amérique du sud et du nord, on comprend pourquoi il est vital pour certains lobbys de faire accepter l’anglais comme lingua franca de l’UE... et malheureusement, ils ont de bonnes chances de réussir.



  • Krokodilo Krokodilo 30 novembre 2007 17:38

    « Battu et rebattu ? »

    A part quelques articles de distingués francophones ou de Hagège qui critique l’hégémonie de l’anglais mais sans proposer autre chose qu’un regain du français, pouvez-vous m’indiquer quel journal ou quelle émission télé a traité de la barrière des langues au sein de l’UE ?

    Malgré que la Belgique nous montre depuis quelques mois à quel point la langue est un puissant facteur identitaire, et combien le plurilinguisme officiel est chose difficile, le débat européen reste absent ! Les médias sont tétanisés par la crainte d’apparaître comme anti-européens, et les gouvernements savent que des référendums seraient négatifs dans de nombreux pays, alors motus et bouche cousue sur le sujet.



  • Krokodilo Krokodilo 30 novembre 2007 17:23

    « Un enfant, dans un contexte international, qui ne parlerait pas anglais aujourd’hui verrait nombre de portes se fermer devant lui. Tous les scientifiques que je connais qui n’ont pas fait d’anglais première langue le regrettent aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’idéologie mais de réalités. »

    Non : les journaux économiques et l’UE reconnaissent que les entreprises ont des besoins linguistiques variés. Si vous avez un chionois assez bon, moyen, aucun problème pour postuler dans une grande entreprise, même avec un anglais passable. Et un scientifique peut très biejn atteindre son niveau dans sa propre langue, et ensuite déchiffrer le langage technique de ses revues anglophones s’il en a besoin, et tous n’en ont pas besoin. Savez-vous que très peu d’articles scientifiques publiés sont réellement lus ? Evidemment que certains métiers en ont actuellement besoin, mais il n’est pas nécessaire pour cela de coller tous les petits Européens à l’anglais dès le CE1, un adulte motivé peut apprendre une langue et atteindre le niveau d’un élève qui a fait 2000 heures à l’école. De plus, enfant, on ne sait pas dans quel pays on va travailler à l’âge adulte. Simplement, de puissants lobbys nous font croire que c’est une fatalité !

    « Comparer l’anglais à de l’esclavage est franchement exagéré. »

    Il m’est arrivé de parler d’esclavage linguistique, mais dans le cas présent il s’agissait d’une métaphore pour indiquer qu’il faut parfois s’élever contre une injustice, comme certains se sont élevés contre l’esclavage.

    « On peut souvent choisir une autre première langue à l’école (l’allemand pour tout l’Est de la France) »

    Souvent ou parfois, ou rarement ? Voilà où on en est, aucune statistique officielle, pour cacher que l’anglais est imposé à plus de 90% des élèves (stat perso à partir de deux écoles), d’autant plus que les jeunes instits valident majoritairement l’anglais dans les IUFM ! Mécanisme d’autant plus vicieux que le pas suivant sera de dire (c’est déjà indiqué de façon alambiquée dans les circulaires officielles) que la langue commencée au primaire doit être poursuivie au secondaire ! Le tout sans débat ni loi, ni article dans les médias...

    « Il faut vivre dans un pays comme la Grèce à la langue peu diffusée pour comprendre qu’il n’y a pas de salut avec la langue grecque seule. Les livres techniques ne sont pas traduits, on ne peut plus communiquer en dehors des frontières, »

    Dommage pour le grec s’il accepte de dépérir comme le suédois, de ne plus actualiser son vocabulaire technique ou même quotidien. Ces langues vivent mais s’affaiblissent considérablement.

    « Je pense qu’une langue de communication (ou langue « pont » comme vous l’appelez) ne peut pas être évolutive, ou seulement dans le sens de la simplification (cf. le latin) et c’est en cela que c’est davantage un code qu’une langue. Un code n’est modifiable qu’avec le consentement des utilisateurs, ce n’est pas le cas d’une langue vivante pour laquelle l’évolution se fait d’elle-même, sans concertation de bureaux linguistique ou autres instances dirigeantes. »

    C’est bien là le problème : beaucoup de gens disent ce qu’ils pensent de l’espéranto, ce qu’ils croient, mais ce que vous pensez est-il la réalité ? Vous savez ou vous pensez savoir ? Il est très facile pour une langue agglutinante et isolante d’évoluer, c’est un véritable légo ! En outre, vous vous trompez pour le fonctionnement : comme en français, l’Académie n’intervient que rarement et à posteriori, pour trancher quelques avis divergents, mais ce sont les locuteurs dans leur ensemble qui font la langue, à condition de respecter les règles de base.

    « Mitterrand ne parlait rien d’autre que le français. C’est inconcevable pour un homme politique d’un pays à la langue peu diffusée. Le français aussi se comporte comme une langue « impérialiste ». »

    Mitterand s’est montré sur ce plan là (pas sur tous les plans) digne de De Gaulle, un représentant officiel du gouvernement doit parler en français dans toutes ses fonctions officielles. Qu’en privé, il fasse montre de ses connaissances, ou fasse plaisir à ses hôtes, bravo, mais la traduction existe pour une raison pratique : le risque de malentendu est bien trop grand. Qui plus est, l’UE doit (devrait), plus que les autres, respecter une neutralité linguistique, sinon, on nous a menti ! D’accord avec vous sur le français, les grand-messes de la francophonie me gênent un peu, car si certains écrivains aiment notre langue et notre culture tant mieux, mais comment nier le passé colonial de toutes les grandes langues ? Il y a donc une contradiction majeure dans vos propos : le français aussi se comporterait de façon impérialiste, mais vous répétez plusieurs fois le mot « naturel » quand il s’agit de l’évolution de l’anglais, c’est illogique.

    « Je pense simplement que certaines choses échappent au contrôle de la raison et se forment sans qu’on en ait vraiment conscience. Les langues sont de celles-là. »

    Du tout, les langues sont une émanation de l’intelligence humaine, le fruit de la pensée, de la communication et de la transmission, y compris l’espéranto. Il faut d’ailleurs se rappeler que depuis des siècles de grands penseurs ont évoqué l’idée d’une langue auxiliaire qui serait plus facile pour que le plus grand nombre puisse communiquer, pas simplement les diplomates ou les lettrés (à condition qu’ils aient une langue en commun), et maintenant que ce pas de géant a été accompli, l’impérialisme de nombreux gouvernements freine des quatre fers sa diffusion, chacun préférant soutenir au contraire sa propre langue : British Council, Alliance française, instituts Confucius, et depuis 2007 Rouski Mir (buget 300 millions de roubles pour 2007). Où est l’évolution naturelle quand on investit autant ?

    « C’est le constat d’une simple réalité. On ne peut pas traduire tout en 200 langues, il est nécessaire de posséder une base commune. Il se trouve que c’est l’anglais... »

    Alors on nous a menti, car l’UE repose sur l’égalité des peuples et des langues, le grand mensonge ! Et le refus de reconnaître ce besoin d’une langue auxiliaire commune (d’accord avec vous sur ce point !) Tout en niant l’évidence est quasiment schizoïde.

    Pour conclure, je crois que personne ne nie que le monde économique libéral soutient massivement l’anglais. Or, si l’on applique au besoin d’une langue auxiliaire commune un raisonnement d’entreprise, quel serait-il ? L’UE lancerait des études de marché, des commissions d’études, des expérimentations de traduction, pour déterminer quelle langue a le meilleur rapport coût/efficacité, temps/résultats, en terme de langue pont ! L’UE ne le fait pas, pas du tout ! Et le seul rapport sérieux qui comparait le coût, la faisabilité et les résultats probables des différentes solutions (anglais, langue rare, espéranto, traduction intégrale de tout document et toute réunion) (le plurilinguisme ou les 3 langues de travail ayant déjà montré qu’ils aboutissaient à l’anglais), le rapport Grin, commandé par la France (Haut conseil à l’éducation) disponible en ligne, a été boycotté par tous les médias français ! Appliquons donc cette logique d’entreprise et nous verrons qu’il n’y a pas un seul argument valable contre l’espéranto comme langue pont qui tienne la route !

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