Bien sûr que l’on a le droit de contester la lucidité de mes propos mais je ne suis pas convaincu par les critiques qui m’ont été adressées pour l’instant. En exagérant un peu, elles se résument aux deux affirmations suivantes :
- Dieudonné est très drôle et puis c’est tout ;
- Dieudonné est le plus grand dissident français et puis c’est tout.
Alors je dis (parce qu’il est tard) : le soralo-dieudonnisme est une impasse politique et puis c’est tout.
Il est toujours amusant de voir des cyberfulminants sous pseudo donner des leçons de « dissidence » et de « résistance » à des personnes qui luttent sous leur vrai nom.
Vous affirmez que mon article est inoffensif et qu’il enfonce des portes ouvertes. Les réactions qu’il a suscitées ici et ailleurs me laissent penser que ce n’est pas le cas. Mais cela ne m’empêche pas de rester lucide sur son impact (faible).
Je serais un agent du système qui s’ignore ? Théorie audacieuse. La formation intellectuelle de la « dissidence » laisse à désirer. Il y a un peu trop de coups de billard à trois ou quatre bandes. L’abus de Soral et de Salim Laïbi nuit à la pensée rationnelle.
Sérieusement, puisque vous semblez persuadé que je fais partie d’une « fausse opposition de gauche », citez les mouvements et personnalités qui sont sur la même ligne que moi.
Qui sont mes « acolytes » ? Je vous le demande car je ne voudrais pas rater une occasion de me faire de nouveaux amis.
J’ai dit que la liberté d’expression était ce qui me semblait le plus important dans « l’affaire Dieudonné », mais si vous aviez lu mon article attentivement, vous auriez constaté que je ne parlais pas que de ça.
La réponse à votre question est : les partisans (plus ou moins dogmatiques) d’Israël, leurs chiens de garde et ceux qui sont du côté du manche parce qu’ils estiment qu’ils n’ont pas le choix (pour des raisons professionnelles notamment). Ce n’est pas la réponse que vous attendiez ? Vous la vouliez sans doute plus... « confessionnelle ».
Soral s’est souvent présenté comme un sociologue alors que ses analyses sont généralement dénuées de raisonnements sociologiques. Un peu comme un mathématicien autoproclamé qui ne ferait jamais de démonstrations mathématiques.
Si vous imaginez que Dieudonné et Soral (ou le FN) représentent un véritable danger pour le système, vous vous trompez lourdement. On ne fait pas une telle publicité à son ennemi. Aujourd’hui, dans une époque de médias et de communication, quand on veut neutraliser des idées, des opposants, on n’en parle pas. C’est beaucoup plus efficace.
Il est triste de voir des gens fonder autant d’espoir dans le soralo-dieudonnisme. Le réveil va être rude.
Je ne suis pas sûr de bien comprendre le début de votre commentaire. En tout cas il faudra que vous m’expliquiez en quoi je « balaye 90% des électeurs, donc du peuple. »
Concernant vos diverses critiques, comme elles recoupent assez largement celles qui m’ont déjà été adressées, je vous renvoie aux réponses que j’ai faites.
J’ajoute une remarque au passage : je ne comprends pas pourquoi on répète sans arrêt une phrase aussi manifestement fausse que « les goûts et les couleurs, ça ne discute pas ». Il est très facile de constater (surtout sur les forums et rubriques dédiées aux commentaires...) que c’est l’exact contraire qui est vrai.
Cela dit, je répète encore une fois que l’évaluation du talent humoristique de Dieudonné n’était vraiment pas l’objet de mon article. Et je pense que c’est assez clair pour quiconque le lit sans être dogmatiquement dieudonniste.
Comme je l’écris, j’estime que l’émergence de « phénomènes » comme Dieudonné et Soral est très largement le produit de l’impossibilité d’avoir un débat public sur les questions de la politique israélienne, du sionisme et du soutien de la France officielle à ceux-ci.
La frustration et la colère provoquées par cette censure poussent à la surenchère, au dérapage. Le sentiment d’injustice dégénère en défi puéril et grotesque au système. C’est pourquoi je pense que celui-ci a intérêt à ce que les choses se poursuivent ainsi afin de discréditer ou d’étouffer la cause antisioniste et plus généralement la critique radicale de l’ordre établi.
Je critique le soralo-dieudonnisme pour ce qu’il est mais surtout pour l’utilisation que le système en fait.