1 -« je ne me permets pas de déformer votre nom, essayez de ne pas déformer le mien : rosemar, question de politesse ! n’est ce pas ? »
Autant pour moi ! Ce n’est pas volontaire d’avoir déformé votre nom, vous imaginez bien. C’est une inattention. Donc, je fais mon mea-culpa.
2 -« Victor Hugo a bien connu l’exil en raison de ses prises de position contre Napoléon III....non ? Pouvez vous citer l’ouvrage dont sont extraites les phrases que vous citez ? SVP »
a) A propos de l’exil de Victor Hugo, voici un extrait. qui le confirme et le décrit avec des détails.
« Au début de la Révolution de 1848, il (Victor Hugo – ajouté par moi) est nommé maire du 8e arrondissement de Paris, puis députéde la deuxième République et siège parmi les conservateurs. Lors desémeutes ouvrières de juin 1848, Victor Hugo, lui-même, va participer au massacre, en commandant des troupes face aux barricades, dans l’arrondissement parisien dont il se trouve être le maire.. Il en désapprouvera plus tard la répression sanglante. Il fonde le journal L’Événement en août 1848. Il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République en décembre 1848. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, il est élu en 1849 à l’Assemblée législative et prononce son Discours sur la misère. Il rompt avec Louis-Napoléon Bonaparte, lorsque celui-ci soutient le retour du pape à Rome[], et il se bat progressivement contre ses anciens amis politiques, dont il réprouve la politique réactionnaire.
Exil
Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, Victor Hugo tente d’abord de fuir, puis se constitue prisonnier, mais un commissaire français, flairant le piège, refuse de l’arrêter lui répondant « M. Hugo, je ne vous arrête pas, car je n’arrête que les gens dangereux[] ! ». Il s’exile volontairement[] à Bruxelles, puis à Jersey » (Wikipédia)
b) Voici encore un autre extrait avec d’autres détails intéressants..
« Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, le prince président fait son coup d’Etat. L’Assemblée est dissoute ; les députés de la gauche, dont Hugo est un des chefs, sont poursuivis ; par affiches apposées dans la nuit, les Français apprennent que le prince président sollicitera la présidence pour dix ans, avec des pouvoirs étendus. Les 21 et 22 décembre, un plébiscite l’approuve, par 7 439 216 voix contre 640 737. Le 14 janvier, la nouvelle Constitution est promulguée. Le 21 novembre 1852, un plébiscite approuve la transformation du prince président en Empereur des Français sous le nom de Napoléon III.
Ayant appris la nouvelle du coup d’Etat à 8 heures du matin, le 2, Hugo va retrouver les députés de la gauche, rue Blanche, et participe à l’organisation d’un comité de résistance. Le 3, il arrive au Faubourg Saint Antoine au moment où le député Baudin est tué, et tente, avec quelques collègues, de soulever les ouvriers, sans succès ; le 4, il va encourager la résistance. Mais celle-ci s’éteint après la fusillade sur les Boulevards. Cependant, Hugo doit se cacher, et , grâce au dévouement de Juliette Drouet, trouve un abri sûr. Le 7, il reçoit un faux passeport au nom de l’ouvrier imprimeur Lanvin ; le 11, déguisé en ouvrier, il prend le train pour Bruxelles, où il arrive le 12. Le 9 janvier, il est officiellement expulsé du territoire français, avec 65 autres députés ; il est proscrit. Il est certain que la police a, sinon favorisé, du moins accepté avec satisfaction son départ. S’il était resté, on aurait dû l’emprisonner, mesure qui aurait considérablement gêné le gouvernement, vu la gloire de l’écrivain. ». (Référence : http://www.hautevillehouse.com/exil.html).
3 -« Pouvez vous citer l’ouvrage dont sont extraites les phrases que vous citez ? SVP ».
b) En allant sur le lien ci-dessus, vous trouverez la référence que vous demandez dans le passage suivant :
« Et la République restaurée, Hugo ne dénonce, ensuite, ni la poursuite de la colonisation de l’Algérie, ni l’intervention française en Tunisie en 1881. Au contraire, à la fin de sa vie, il prononce, lors d’un banquet commémoratif de l’abolition de l’esclavage, le 18 mai 1879, en compagnie de Schoelcher, un « discours sur l’Afrique » où il exalte sans détour la colonisation par les puissances européennes. « L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire, qui date de son commencement dans la mémoire humaine ; l’Afrique n’a pas d’histoire ; une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. [...] Les deux peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; la France la tient par l’ouest et par le nord, l’Angleterre la tient par l’est et par le midi. Voici que l’Italie accepte sa part de ce travail colossal. [...] Au XIX° siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au xx° siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde ». ».
c) Pour finir, en ce qui concerne l’exil, finalement, Victor Hugo semble ne pas avoir été le plus mal loti des exilés de Napoléon Louis Bonaparte. Loin de là, il semble même avoir été en quelque sorte relativement épargné eu égard à son haut rang social de baron conservateur siégeant en tant que membre du Parti de l’Ordre bonapartiste adversaire du camp Républicain. Je pense avoir répondu entièrement à vos attentes.
« Hugo a défendu les miséreux , le petit
peuple dans son oeuvre, il s’est opposé à la tyrannie de Napoléon III : avez
vous lu les châtiments… »
Ecoutez, s’opposer à la tyrannie
d’une monarchie ou d’un régime impérial n’est pas forcément le gage qu’on
défend le petit peuple. Victor Hugo est justement l’une de ces icônes de la
littérature bourgeoise française drapée dans un manteau d’humanisme républicain
à qui l’on prête faussement des idéaux sociaux voire d’émancipation des
peuples. En ce qui concerne son opposition à Napoléon Bonaparte III, nous dit Karl Marx dans son ouvrage intitulé Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte :
« Victor
Hugo se contente d’invectives amères et spirituelles contre l’auteur
responsable du coup d’État.
L’événement lui-même lui apparaît comme un éclair dans un ciel serein.
Il n’y voit que le coup de force d’un individu. Il ne se rend pas compte qu’il
le grandit ainsi, au lieu de le diminuer, en lui attribuant une force d’initiative
personnelle sans exemple dans l’histoire. »
Ainsi donc,
dans les événements historiques liés à la chute de Napoléon Louis Bonaparte, Victor Hugo jouait le rôle de détourner
le « petit peuple » de la
compréhension du système capitaliste, cause de la misère sociale du
« petit peuple », en braquant ce dernier uniquement sur la personne de
Napoléon et de ses acolytes. L’on peut dire à juste titre que peu de livres ont
été plus utiles à la classe possédante que « Napoléon le Petit » et « Les
Châtiments. ».
Quant au
prétendu humanisme anticolonial de Victor Hugo, en 1879, soit six ans seulement
avant sa mort, Victor Hugo était encore la vedette très applaudie des banquets
de l’oligarchie coloniale française et européenne qu’il haranguait et exaltait à
se lancer à la conquête de l’Afrique au nom, tenez-vous bien, de « la fraternité » ! C’est le
testament politique public de Victor Hugo dont voici un extrait :
« L’Asie a
son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire,
qui date de son commencement dans la mémoire humaine ; l’Afrique n’a pas
d’histoire ; une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. [...] Les deux
peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; la France la tient par l’Ouest et par le Nord, l’Angleterre la tient par l’Est et par le midi. Voici que l’Italie accepte sa part de ce travail colossal. [...] »
« Peuples ! Emparez-vous de
cette terre. Prenez-la. À qui ? à personne. Prenez cette terre à Dieu. [...] Où
les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le
canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non
pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la
fraternité. ».