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Marcel MONIN

Maître de conférences honoraire des universités . Docteur d ’Etat en droit. Consultant. Spécialités : droit constitutionnel ; droit administratif ; réforme universitaire.

Tableau de bord

  • Premier article le 13/02/2016
  • Modérateur depuis le 17/02/2016
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Derniers commentaires



  • Marcel MONIN 8 février 2019 14:06

    @bouffon(s) du roi

    S’agissant de notre affaire qui porte sur l’instauration d’une nouvelle forme de gouvernement, on ne peut, de mon point de vue, pas plus parler de complot, qu’on n’a pu parler de complot quand les philosophes du 18 ° siècle avaient en tête d’éclairer l’humanité, ou quand que les bourgeois de la Révolution française ont manœuvré pour d’installer une forme de gouvernement qui leur sera profitable (et qui ne correspondaient pas, à y regarder de près -électorat fonction, etc…- tout à fait à la forme du gouvernement « démocratique »).

    Que des membres d’une profession ( des banquiers, des fabricants de désherbants ou de médicaments, des vendeurs de combustibles ou de produits alimentaires … entre autres ) cherchent à vendre leurs produits et qu’ils fassent de la publicité ( en direction des acheteurs potentiels) ou qu’ils fassent du lobbying (auprès des décideurs) sont des démarches « normales ». Rappel : y compris pour les banquiers.

    Que les politiques satisfassent les demandes quand le produit est nocif n’est pas « normal », la norme étant appréciée au moins au regard de l’intérêt général - santé, niveau de vie, etc…- , que les représentants sont chargés (en théorie du moins) de défendre.

    Ce n’est pas parce que l’entente se prépare et se scelle en secret ( on ne voit pas les compères aller en parler sur une chaine d’information en continu) qu’il est possible, au moins si les mots ont un sens, de parler de « complot ». Quand cela se produit, et que par exemple le professionnel rémunère le politique pour que ce dernier prenne la décision souhaitée, on n’utilise d’ailleurs pas le mot de complot. Le terme retenu est dans l’exemple choisi « concussion ». Pas complot : voir la définition de ce mot sur un dictionnaire et l’esprit dans lequel il est utilisé en droit pénal.

    Alors évidemment, quand les protagonistes se font prendre, et que les juges instruisent et que les policiers se livrent à des enquêtes, ils ont l’habitude de crier au complot. Ce qui est une bonne technique pour discréditer l’enquête ou ceux qui la mènent. Un peu comme avec la technique qui consiste à « créer une affaire dans l’affaire », qui permet de détourner les nez de ce qui ne sent pas bon.

    Quand, d’un autre point de vue, un juriste analyse des textes, les met en relation, pour en découvrir l’objet véritable ( qui n’est pas forcément celui qui a été inscrit dans l’exposé des motifs d’une loi) ; quand un sociologue rassemble des données et les met en relation, les croise, pour comprendre à quoi ou à qui sert une institution, … ils ne sont pas des « complotistes ».

    Quand Bourdieu et Passeron ont démontré que l’école reproduisait les inégalités sociales sous une forme scolaire, ils n’étaient pas des « complotistes » au moment où ils ont eu cette intuition. Quand un économiste cherche à savoir si telle réforme fiscale ne profiterait d’aventure pas plutôt aux uns, alors même que les politiques ont juré qu’elle profiterait aux autres, il n’est pas un complotiste.

    Il ne faut pas confondre la démarche scientifique et l’esprit complotiste. A supposer d’ailleurs qu’il soit nécessaire de dire de quelqu’un qu’il serait un complotiste, quand dire de la personne en question qu’elle « raconte n’importe quoi », pourrait suffire . NB. Il est intéressant de constater que les « pseudo » économistes qui prospèrent dans certains médias, et qui racontent méthodiquement ce qui va dans le sens des intérêts de ce qu’on appelle « l’oligrachie », excellent à distribuer les étiquettes de « complotiste » … aux autres.

    Evidemment la mode du moment est à la chasse au « complotisme » et à l’étiquetage des personnes (v. ci-dessus) . Chasse parallèle aux fake news. Chasse moins ouverte, par exemple (faut-il croire aux hasards dans une démarche scientifique ?) aux différentes sortes de « mensonges » des politiques. Chasses en tous cas, qui ouvrent de manière générale un beau champ d’investigations aux chercheurs.

    Bref, il faut faire attention ! Dans ces domaines, l’accusation de « complotisme » vise souvent, un peu comme dans les cas ci-dessus, à éluder le débat ou à évacuer la question. Spécialement lorsque les personnes qui utilisent l’anathème n’ont pas d’argument. Et bien sûr, quand ils ne peuvent pas en avoir.

    Et est un peu, sous un certain rapport, un moyen (indirect) de neutraliser ceux qui disent, à défaut de censure, et en l’absence de dispositions pénales adéquates, ce que les gens ne doivent pas entendre.

    J’espère que dans les lignes qui précèdent, vous trouverez / en tous cas que les autres lecteurs potentiels qui liraient votre question au premier degré, / trouveront /, la réponse à la question.

    Cordialement.

    MMM



  • Marcel MONIN 7 février 2019 13:10

    @bernard29

    Merci pour votre commentaire qui m’inspire les observations suivantes.

    Ainsi que je l’ai dit, il n’entre pas dans mes intentions de militer pour ou contre le tirage au sort. J’ai donc décidé de me borner à rechercher comment, s’il était d’aventure décidé (par on ne sait qui), ce tirage au sort permettrait techniquement de faire survivre ce qu’on met d’habitude dans le concept de « démocratie »

    Certes, les partisans du tirage au sort, peuvent estimer que mes « propositions » maintiennent en réalité l’usage du vote. Mais en le « dédoublant » : le vote sur le contenu du mandat (avec une sorte de retour à ce qu’on appelait le mandat impératif) que l’élection actuelle ne permet pas ; le vote de destitution du mandataire pas fiable ou infidèle qui n’est actuellement pas prévu. Dans un contexte dans lequel actuellement les candidats ne sont pas non plus choisis par les électeurs, mais par les états majors politiques, - ce qui ne changerait rien dans les faits- . Contexte dans lequel les électeurs doivent subir le vainqueur de l’élection pendant 5 ans, y compris si celui-ci se révèle être en conflit d’intérêts ou est un fumiste- ce qui est combattu avec le droit de récusation et celui de révocation -.

    Ce qui fait qu’entre le faux choix du faux mandataire et la vraie possibilité de faire respecter ses choix et de contrôler le mandataire …

    On doit évidement observer au passage que l’élection est tellement ancrée dans les mœurs et l’imaginaire, que la tendance naturelle de chacun est de rechercher les moyens, qu’on n’a jamais trouvés, de remédier à ce qu’il a toujours été fait de l’élection. Et de se méfier par voie de conséquence de toute proposition (et de la rejeter a priori) , qui viserait à y « toucher » peu ou prou.

    Surtout que l’on associe élection et « légitimité ». En réalité, ce n’est pas parce qu’on est élu qu’on est « légitime ». Il existe d’ailleurs des procédures qui permettent d’invalider des élections. Ce n’est pas parce qu’on est élu, que ce qu’on fait est légitime. Des fous sanguinaires ont été élus : les crimes qu’ils ont commis ou fait commettre ne sont pas légitimes. Des lois sont votées par les parlementaires : leur contenu n’est pas ipso facto « légitime ». D’ailleurs s’est développé un contrôle du contenu des lois (sous l’appellation du contrôle de la « constitutionnalité »), dont la mise en œuvre peut être paralysée.

    Mais les représentations sont tenaces.

    Cordialement.

    MMM



  • Marcel MONIN 5 février 2019 14:03

    @Odin

    et à moins qu’ils aient lu, s’il en était besoin, cette autre phrase attribuée à David Rockefeller, Commission Trilatérale, 1991 : ”Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial (*) . La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés.”

    Merci pour votre aimable commentaire.



  • Marcel MONIN 1er février 2019 12:18

    @samy Levrai

    à votre avis ?

    NB. Certains commentaires enseignent qu’il serait prudent d’assortir ce qu’on écrit de recommandations du genre : prenez ça au premier degré ; lisez ça au deuxième degré.

    Et j’espère que personne n’ira , après avoir pris connaissance de ma « proposition », de « déconcentralisation » faire un scandale dans les agences bancaires.



  • Marcel MONIN 21 janvier 2019 13:19

    @Legestr glaz

    De mon point de vue, et surtout de celui de beaucoup d’autres qui ont produit des études portant sur le phénomène, pour une raison en réalité toute simple.

    Les individus agissent pour une large part à partir de stimuli qui sont provoqués par des gens qui y ont intérêt. Les camelots des foires ont appris les techniques de vente, inspirées du coaching. Et ça marche : on trouve chez chaque famille plusieurs jeux de râpes à légumes qui sont achetées à chaque foire commerciale. Et qui sont remisées quand on se rend compte, loin du camelot et de son discours, que la râpe nouvelle n’est pas plus utile que la précédente. On aussi sait qu’avec l’informatique, des entreprises exploitent des fichiers et moulinent des informations pour cibler une clientèle et convaincre d’acheter leurs produits, etc…

    En matière politique, on a du mal à prendre une conscience suffisante (peut être parce que les uns n’y ont pas intérêt et que les autres n’en ont pas l’envie) de ce que des individus ou des groupes de pression procèdent de la même manière pour vendre leur candidature ou faire adopter une candidature.

    Il a fallu attendre 2017 pour que certains s’intéressent d’un peu plus près que pour les autres, tellement c’était visible il est vrai, au processus de fabrication du candidat Macron ; avec l’identité des mentors et les techniques de soutien mises en œuvre notamment par une grande partie des propriétaires – dont les noms ont même été dévoilés- des médias. Les mêmes observateurs remarqué aussi que les médias en question ont, dans le cadre de la même stratégie, permis à Mme Le Pen de faire sa promotion pour qu’elle soit présente au deuxième tour ; puis, qu’entre les deux tours, les médias ont multiplié la projection de vieux films ou de reportages sur la shoah ainsi que les « débats » et commentaires sur atrocités commises par l’extrême droite criminelle et raciste. Le message subliminal a porté ses fruits ainsi que les résultats du second tour l’ont montré.

    Pour l’Europe façon Maastricht, certains hommes d’Etat (comme Philippe Séguin), ont fait une analyse technique des dispositions du traité dont s’agit. Et ont montré que les dispositions de ce texte constituaient un piège d’autant plus mortel, qu’elles rendaient difficile la possibilité d’en sortir. Ce qui a été confirmé, plus tard et après que les électeurs se sont prononcés, par Jacques Attali qui a rappelé qu’il avait prêté la main à la rédaction du texte, et que lui et les autres rédacteurs avaient délibérément omis de préciser comment on pouvait sortir de la mécanique Jacques Attali : Notre Europe est antidémocratique - YouTube https://www.youtube.com/watch?v=ZWBreXNezgk)

    S’agissant de faire « avaler » aux citoyens le fait que les règles inscrites dans les traités ( Maastricht et autres depuis ) arrêtaient définitivement la politique financière, économique, et sociale et reposaient sur une idéologie humaine et sociétale bien particulière, on leur a dit et répété que le traité … c’était la paix (comment ne pas être pour la paix ?) assurée . (Même argument d’ailleurs que celui déjà utilisé lors de la constitution du cartel des industries de l’acier et du charbon sous l’appellation plus sympathique de « CECA »).

    Aujourd’hui, « on » répète sous de multiples formes et avec diverses formules qu’il n’est pas possible de sortir du système, à moins de régresser et de s’aventurer dans les ténèbres. Application concrète : la sortie de l’Angleterre est présentée sous des aspects ridicules (les déboires de Thérésa May) et des perspectives épouvantables (ces pauvres Anglais ne vont plus pouvoir acheter les médicaments qui sont fabriqués dans le reste de l’Europe. Etc… )

    C’est que l’opinion des gens est fabriquée avec l’information qui leur est donnée (qui doit être parcellaire ou fausse pour être efficace) ou dont on les prive. Ainsi qu’avec les argumentaires, qui évidemment, sont calibrés pour toucher la corde sensible de chaque individu. (Il faut voir cet aspect de la question avec les psychologues et les sociologues). V. les études dont les médias recommandent peu la lecture, comme celles de Noam Chomsky, notamment « la fabrique du consentement ; v. (sur youtube) le documentaire canadien de 1992 : « Chomsky, les médias et les illusions nécessaires ».

    En relation avec ce qui vient d’être dit, les collègues qui écrivent des ouvrages de droit constitutionnel, osent assez peu présenter l’article XV de la constitution comme, par exemple, je le fais. Le conformisme aux idées dominantes (et on ne parle pas des économistes qui ont troqué Keynes pour Milton Friedman) comme la frilosité intellectuelle de beaucoup d’universitaires, (il peut d’ailleurs y aller de leur carrière), est probablement – même si c’est paradoxal- un autre obstacle à la prise de conscience. Car les universitaires, sont des fabricants de manière de voir.

    De mon point de vue, et pour revenir à votre préoccupation, les citoyens ne sont conduits à se « réveiller » (et à ouvrir les yeux) que lorsque, à l’occasion d’un fait quelconque, nait chez eux un sentiment d’angoisse. Et/ ou de refus de quelque chose qui, portant atteinte à ce qu’ils ne veulent pas abandonner, devient pour eux inadmissible (comme plusieurs fois jadis, le refus d’accepter de perdre la vie ou son intégrité physique, à l’occasion de la répression ordonnée par le pouvoir)

    En 1968 (avant que le mouvement ne s’étende à d’autres catégories et à d’autres questions), les étudiants ont « bougé » - quand on étudie la chronologie, après que trois doyens (faculté des lettres de Nanterre, faculté des sciences Paris, faculté des lettres de Toulouse) leur ont annoncé (de haut qui plus est), qu’à quelques semaines de la rentrée universitaire, une partie d’entre eux resterait sur « le carreau ». Ce qui a provoqué l’angoisse qui a abouti à ce que l’on sait (*) En 2018, la partie de population qui avait du mal à joindre les deux bouts a « ressenti » avec angoisse qu’avec l’augmentation de telle taxe, elle allait dans l’immédiat, et de manière imprévue, se trouver dans une situation insupportable. Il faudra voir, si le fait que le gouvernement fait tirer sur les citoyens (manifestants et passants) avec une panoplie d’armes qui blessent ou qui mutilent, va ou non faire évoluer les comportements. Dont il est difficile de prédire les suites, dès lors au moins que les politiciens aux affaires – quelle que soit leur appartenance- ne sont pas prêts à jouer les pédagogues en matière « européenne » , puisqu’ils ont choisi, comme il a été dit dans notre article, le statu quo.

    (*) NB. S’agissant des universités, les gouvernants successifs, qui savent –contrairement à beaucoup y compris au sein des établissements- que l’enseignement est un service « marchand » dans l’idéologie « européenne » qui est la leur, ont été – et continuent à l’être- plus habiles. Puisqu’ils préparent la transformation de l’université publique, progressivement, avec un des argumentaires eux aussi choisis, pour ne pas susciter d’angoisse chez ceux qui … un jour, découvriraient brusquement que les études supérieures vont leur être interdites. Id pour beaucoup de multiples autres « réformes ».

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