• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

mithys

Cet auteur n'a pas encore renseigné sa description

Tableau de bord

Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 0 58 0
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Derniers commentaires



  • mithys 13 septembre 2009 11:48

    Peut-on prouver l’inexistence de « Dieu » ?

     

    Question est intéressante, même pour un athée, à moins qu’il soit individualiste et indifférent à ce qui ne le concerne plus.

    Je lirai ce livre avec intérêt, mais voici déjà mon approche, assez inhabituelle, du phénomène religieux.

     

    Pas plus que toute autre « inexistence », celle de « Dieu » ne sera jamais démontrée, ni par la philosophie, ou la métaphysique, …, ni par les neurosciences. En revanche, les observations psycho-éducatives quant à l’origine de la foi ; neurophysiologiques et génétiques quant à sa fréquente persistance, tendent à démontrer son existence imaginaire, anthropomorphique et donc illusoire, comme l’avait déjà pressenti S. FREUD.

     

    Rares sont hélas les scientifiques athées qui osent s’aventurer dans un domaine aussi complexe et aussi délicat, à la limite de l’objectif et du subjectif : comme Louis PASTEUR, pourtant croyant, ils laissent leurs convictions au vestiaire avant d’entrer dans leur laboratoire.

    Ce n’est pas comme certains neurophysiologistes croyants, tels que le Canadien Mario BEAUREGARD, financé par la Fondation chrétienne Templeton, qui a sérieusement cherché l’ « antenne » que « Dieu » aurait placé dans le lobe pariétal droit pour recevoir sa « Révélation », avant de se rendre compte que l’expérience mystique relève de l’ensemble du cerveau.…

     

    Les observations psycho-éducatives :

    La peur des forces naturelles, l’angoisse de la mort, l’espoir d’une vie dans l’ « au-delà », etc …,ont été déterminants.

    L’anthropologue Davis Sloan WILSON voit d’ailleurs dans la religion un mécanisme évolutif et sécuritaire de « sélection de groupe » en vue de sa survie.

     

    Deborah KELEMAN et Paul BLOOM ont compris, après Jean PIAGET, que les enfants sont animistes : ils attribuent une volonté et une intention à ce qui les entoure. C’est logique : déjà, par anthropomorphisme, les premiers hominidés pensaient pouvoir se protéger des forces de la nature par des sacrifices offerts aux « puissances » qui en étaient responsables à leurs yeux. Mais le cerveau des enfants n’est pas pour autant « programmé » (par qui d’ailleurs, ?!) pour croire en un dieu.

     

    Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a en effet montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc aussi, depuis toujours comme mécanisme de défense, la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il rationnellement qualifié d’ « authentique, épuré, présence Opérante du Tout-Autre », etc …

     

    Les observations neurophysiologiques.

    Comment expliquer la persistance neurophysiologique de la sensibilité religieuse, et donc la fréquente imperméabilité de tant de croyants, notamment créationnistes, aux arguments rationnels et scientifiques ?

    L ’éducation religieuse, renforcée par un milieu croyant unilatéral, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et l’esprit critique, du moins dès qu’il est question de religion, et perturbe donc le libre choix ultérieur des convictions philosophiques ou religieuses.

    L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 % … Inversement, chez les enfants de parents incroyants, la foi n’apparaît pas.

     

    Des neurophysiologistes ont en effet constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales ( pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique  », sont indélébiles …

     

    L’ IRM fonctionnelle tend à confirmer que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

     

    La « Révélation », et la « conversion », par exemple, de Paul CLAUDEL à N-D de Paris, ou du Dr Alexis CARREL, croyants dans leur enfance, se serait produite au moment où leur cerveau rationnel, subjugué par des messages émotionnels, a « disjoncté » au profit de leur cerveau émotionnel, un peu comme, mutatis mutandis, dans le cas d’un coup de foudre amoureux (pour un être bien réel, lui… !).

     

    On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale …

     

    A mes yeux, soit dit en passant, l’honnêteté intellectuelle exigerait au contraire que l’influence des parents, légitime mais unilatérale, soit compensée par l’école, au cours d’histoire ou de philosophie, par une information minimale, progressive, objective et non prosélyte, à la fois sur les options religieuses ET sur les options laïques, même si cela doit amener certains à conclure à l’existence imaginaire et illusoire de toute divinité ... L’humanisme laïque, la morale laïque, la spiritualité laïque, sont des alternatives prônant l’autonomie et la responsabilité individuelle, mais encore occultées par les religions …

    Dans cette optique, même s’il est encore constitutionnel, l’enseignement confessionnel, survivance du Moyen Âge, apparaît comme élitiste, inégalitaire et obsolète. Dans un but de mixité sociale et d’économie budgétaire, il devrait donc fusionner avec l’enseignement officiel et devenir pluraliste : les mentalités ont évolué !

     

    Les observations génétiques.

    Pourquoi la soumission est-elle commune à toutes les religions, surtout dans l’islam ? Comme l’avait déjà compris Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’a pu survivre que parce que l’évolution animale avait pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu …).

    Cela expliquerait que toutes les religions aient réussi aussi longtemps (mais de moins en moins sous nos latitudes) à imposer la soumission à un dieu et à des textes « sacrés », et que les sectes réussissent à exploiter la « quête de sens »...

     

     

    Michel THYS à Waterloo 

    [email protected] http://michel.thys.over-blog.org

     



  • mithys 25 août 2009 13:18

    C’est avec raison que l’auteur écrit : « Les contraintes culturelles et notamment religieuses, conduisent à la soumission des peuples ». Je dirais même : les contraintes économiques et politiques sont des épiphénomènes parce qu’elles ont pour origine les contraintes culturelles.

    Les expériences de MILGRAM, par exemple, ou « les dérives totalitaires de type fascistes », la manipulation mentale, l’endoctrinement, etc … témoignent que « la soumission trouve son origine dans le principe d’autorité profondément inscrit dans notre subconscient (…) depuis des millénaires ».

     

    Et pour cause : selon Richard DAWKINS, la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard, notamment, à un dieu … ! ).

     

    Le cas particulier de la soumission religieuse est à cet égard significatif : comme je l’ai déjà écrit par ailleurs, la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers. D’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective, puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents. Ensuite par l’influence d’un milieu éducatif croyant, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale. Comme l’écrit Anne ARCHET (mais sans faire allusion aux musulmanes soumises à l’autorité masculine), « Nous acceptons la domination par inconscience d’être dominés. Mieux : par conviction que nous sommes libres » …

     

    Les neurosciences tendent à expliquer cette « auto sujétion » : 

    Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme)  qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l’âge adulte en dépend ( et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il "authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

     

    Des neurophysiologistes ont d’ailleurs constaté que si les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, tels que, notamment, les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.

     

    L’IRM fonctionnelle tend à établir que le cerveau rationnel, en particulier le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent « anesthésiés », à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion. Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l’impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangélique Philippe HUBINON,  vu à la RTBF : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! ».

     

    La soumission religieuse apparaît ainsi comme un « mécanisme de défense » contre les incertitudes, a fortiori en l’absence d’une information minimale, objective, et non prosélyte sur les autres options religieuses ET sur les options laïques, telles que l’humanisme et la spiritualité laïques.

     

    Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l’éducation religieuse, bien qu’a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale.

    Ce dernier a écrit : «   Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(...) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté  !".

     

    Entendons-nous bien : loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n’est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, …) par une approche neuroscientifique ? Bien qu’encore très partielle, elle vise en effet à mieux comprendre l’origine et la fréquente persistance de la foi et donc à permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

     

    Certes les neurosciences ne démontrent pas l’inexistence de « Dieu » (aucune inexistence n’est  démontrable), mais elles tendent à démontrer son existence imaginaire et donc illusoire.

    Le droit de croire n’en restera pas moins légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée.

     

    Michel THYS à Waterloo  http://michel.thys.over-blog.org

     

     



  • mithys 20 août 2009 11:51

    Bonjour Monsieur DAVIN,

    Serait-ce parce que le pape qualifie les laïques de « laïcistes » que vous lui emboîtez le pas ? Votre conception antérieure de la laïcité était la bonne ! Entre les rares « anticléricaux rabiques, bouffeurs de curés », espèce en voie de disparition, et les laïques partisans d’une « tolérance » hélas abstentionniste et silencieuse, laxiste et électoraliste, il y a ceux qui, comme moi, restent fermement attachés à leur conviction laïque, sans pour autant contester la légitimité du droit de croire. Mais en toute liberté !

    La laïcité serait-elle à vos yeux synonyme de « pensée unique » ? Il n’est évidemment pas question de tenter de rendre un croyant athée. Ce serait  d’ailleurs en vain : un croyant ne peut, au mieux, que se convaincre lui-même, en découvrant d’autres horizons que celui qu’on lui a imposé. Mais je vous concède que certains laïques sont encore prosélytes, offrant ainsi le flanc à la même critique que celle qu’ils adressent aux cléricaux !

    Dois-je rappeler que laïcité politique, c’est la séparation (théorique !) des Eglises et de l’Etat ? C’est la condition sine qua non de la coexistence des religions et de l’incroyance. La laïcité philosophique, fondée sur un humanisme délivré de toute référence religieuse, je ne répète, n’est pas pour autant antireligieuse. Elle suppose un engagement moral des individus sur des valeurs humanistes. Elle implique l’exercice de la liberté de pensée, de religion et de conviction (même si cette liberté est encore plus symbolique qu’effective !). Les deux formes de laïcité sont donc complémentaires.

    A propos des musulmanes de chez nous, pensez-vous vraiment que c’est « en toute liberté » qu’elles portent la burqa (et même le voile islamique) ? Ne seraient-elles pas plutôt contraintes de se soumettre au coran, aux traditions et au pouvoir patriarcal fondamentalistes ? Ont-elles eu réellement la possibilité de changer de religion, ou de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ’(...)". Il est évident que non.

     Les observations psycho-neuro-physio-génético-éducatives tendent en effet à relativiser la part de liberté individuelle et à confirmer que la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, puis confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral excluant toute alternative laïque non aliénante. L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.

    Et pour cause : Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … ). Il est logique dès lors que certains athées, comme lui, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l’éducation religieuse, bien qu’a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Ce dernier a écrit : «  Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(...) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté !".

     - D’ailleurs, dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, avait constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu’ en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l’âge adulte en dépend ( et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il « authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre » ...).

    - Des neurophysiologistes ont observé que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, tels que les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. L’IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion. Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l’impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangélique (iste ?) Philippe HUBINON à la RTBF : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! » …

    - La liberté de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire serait plus effectives que symboliques si, après avoir inclus le principe de la laïcité dans la Constitution belge, l’on s’orientait enfin vers un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement occultées. L’école compenserait ainsi l’influence familiale, certes légitime mais unilatérale et donc communautariste.

    Loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, n’est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, …) par une approche neuroscientifique ? Bien qu’encore très partielle, elle vise en effet à mieux comprendre l’origine et la fréquente persistance de la foi et donc à permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

    Certes les neurosciences ne démontrent pas l’inexistence de « Dieu » (aucune inexistence n’est démontrable), mais elles tendent à démontrer son existence imaginaire et donc illusoire.Le droit de croire n’en restera pas moins légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée.

    Michel THYS à Waterloo [email protected] http://michel.thys.over-blog.org

     

     



  • mithys 13 août 2009 17:16

    Merci, Serge WUNSH, d’avoir si bien résumé la difficulté d’appréhender les principaux facteurs, éminemment complexes, qui sous-tendent le phénomène religieux.

    Je comprends que vous ne soyez quand même pas entré dans le détail des mécanismes biochimiques, encore très peu connus, qui concrétisent l’imprégnation affective du cerveau émotionnel, notamment  à la suite d’une éducation religieuse, et qui influencent la rationalité.

    J’ai apprécié que vous écriviez, in fine : « En tout cas, ce qui semble indéniable, c’est qu’existe chez l’être humain un besoin d’une certaine spiritualité. Et il serait souhaitable de chercher comment le satisfaire de la manière la plus constructive, pour faire obstacle aux phénomènes spirituels omnipotents et intolérants. (Pour l’histoire, la révolution française avait essayé de promouvoir le Culte de la Raison pour remplacer le christianisme.). Et là encore, où sont les structures dont l’objectif serait d’étudier toutes ces problématiques, d’informer sur les aspects positifs et négatifs des mouvements spirituels existants, et de proposer des alternatives spirituelles constructives ? ».

    « Des alternatives spirituelles constructives » : c’est bien la question !  Certes, la spiritualité religieuse, les repères religieux sécurisants sont en perte de vitesse, sauf dans l’islam, mais ils  n’ont pas été remplacés par une spiritualité laïque. Au contraire, comme l’écrit André COMTE-SPONVILLE (dans « L’esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu » Albin Michel 2006), « le dogmatisme revient, avec, trop souvent, et l’obscurantisme, et l’intégrisme, et le fanatisme parfois. On aurait tort de leur abandonner le terrain. Le combat pour les Lumières continue, il a rarement été aussi urgent, et c’est un combat pour la liberté. Un combat contre la religion ? Ce serait se tromper d’adversaire. Mais pour la tolérance, pour la laïcité, pour la liberté de croyance et d’incroyance ».

    Michel ONFRAY, dans son Traité d’athéologie, estime qu’ « en mettant à égalité toutes les religions et leur négation, comme y invite la laïcité qui triomphe aujourd’hui, on avalise le relativisme ». Selon ce philosophe, « il faut promouvoir une laïcité post-chrétienne , à savoir athée, militante et radicalement opposée à tout choix de société entre le judéo-christianisme occidental et l’islam qui le combat. Ni la Bible, ni le Coran ». Mais cela revient à prôner une pensée laïque unique, aussi critiquable que celle des dogmatismes religieux !

    Quant à André COMTE-SPONVILLE, il ne propose aucune solution concrète pour parvenir à une alternative laïque. Je constate qu’il en est apparemment resté aux notions de Sigmund FREUD, donc d’avant 1939, et qu’il semble donc tout ignorer des observations psycho-neuro-physiologiques actuelles, relatives par exemple à  l’influence de l’éducation sur le cerveau émotionnel, de son influence sur le cerveau rationnel et donc sur la réflexion philosophique. A propos de l’expérience mystique, il cite seulement Michel HULIN : « l’intellect est mis hors circuit » …

    J’aurais au contraire souhaité voir ces deux philosophe adopter une saine conception de la neutralité et faire la promotion de la « laïcité philosophique », celle qui, tout en refusant toute référence à un absolu transcendantal, n’est pas pour autant antireligieuse puisqu’elle prône, par simple honnêteté intellectuelle, une information minimale, objective et non prosélyte, permettant de choisir, aussi librement que possible, de croire OU de ne pas croire.

    Mais André COMTE-SPONVILLE (non pas « athée fidèle », mais, à mon sens, agnostique regrettant de ne plus être croyant …) semble obnubilé par la dimension poétique de son expérience mystique (= limbique … ! ) : « vivre ensemble le mystère et l’évidence, la plénitude et la simplicité, l’unité et l’éternité, le silence et la sérénité, l’acceptation et l’indépendance … C’est le sommet de vivre, qu’on n’atteint qu’exceptionnellement ». Pour lui, la spiritualité, « c’est notre rapport fini à l’infini ou à l’immensité, notre expérience temporelle de l’éternité, notre accès relatif à l’absolu ». (…). Le véritable esprit de l’athéisme : non l’Esprit qui descend, mais l’esprit qui s’ouvre (au monde, aux autres, à l’éternité disponible) et qui se réjouit. Ce n’est pas l’absolu qui est amour ; c’est l’amour, parfois qui ouvre à l’absolu. (…) C’est l’amour, non l’espérance, qui fait vivre ; c’est la vérité, non la foi, qui libère. Nous sommes déjà dans le Royaume : l’éternité, c’est maintenant ».

    A mes yeux, tout être humain, en présence une circonstance qui le dépasse, ou dans un épisode heureux ou malheureux de son existence, devient sensible à une forme ou l’autre de spiritualité, soit  religieuse, soit laïque : elle se découvre aussi bien par la méditation zen, le bouddhisme, la Musique de Mozart, voire lors d’un orgasme simultané. André COMTE-SPONVILLE y fait allusion.

    Mais j’aurais apprécié que son « introduction à une spiritualité sans Dieu » soit plus « laïque » ! Ce philosophe semble ignorer que la spiritualité laïque a aussi une forme active et engagée dans tous les aspects de l’existence :

    Ce qui, pour l’athée, est « sacré », dans le sens d’inviolable, c’est d’abord le respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant, (ce qui implique l’interdiction de l’excision par exemple), et celui de leurs droits et libertés, à commencer par celle de ne pas se voir imposer unilatéralement une éducation religieuse.

    La spiritualité laïque consiste à se sentir sur la même longueur d’onde que celle d’hommes et de femmes animés par un idéal commun d’émancipation, de perfectionnement humain, individuel et collectif, par la promotion et le respect de certaines valeurs, principes et objectifs communs. Il en résulte une confiance mutuelle a priori, rare de nos jours.

    La spiritualité laïque, à mes yeux, c’est finalement tout ce qui concourt à l’harmonisation de l’individu par lui-même, au cheminement qui consiste à se construire soi-même et à édifier sa vie, à la fois par le dialogue, la tolérance et le respect mutuel.

    Bien amicalement,

    Michel THYS http://michel.thys.over-blog.org


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



  • mithys 8 août 2009 11:28

    « Quelle laïcité ? » : telle est la question, parce que la laïcité, du moins dans son acception philosophique, implique la liberté de conscience et de religion ...
    « Certaines portent librement le voile » ... Il faut nuancer :

    En effet, certaines musulmanes ne portent pas le voile, soit parce que leur entourage masculin est tolérant et leur permet de s’adapter à nos coutumes vestimentaires, soit, s’il ne l’est pas, parce qu’elles ont le courage de refuser cette obligation.. Mais rares sont celles qui ont osé s’ affranchir du voile autant que Chahdortt Djavann (« Le voile doit être considéré comme un acte de maltraitance physique, psychique, social et sexuel ») ...

    Celles qui au contraire portent le voile, soit ne le souhaitent pas mais sont obligées de se soumettre, soit, le plus souvent à mon avis, ont été conditionnées depuis l’enfance à accepter la soumission au point de s’être persuadées qu’elles ont « librement » choisi de porter ce symbole, non plus de soumission et de phallocratisme, mais « d’identité » ...

    On peut d’ailleurs légitimement se demander, me semble-t-il, si les musulmans et les musulmanes, plus en encore que le croyants des autres religions, ont réellement choisi de croire OU de ne pas croire.

    Ont-ils été informés aussi bien des alternatives proposées par d’autres religions que par celles de la laïcité philosophique ? Ont-ils eu réellement la possibilité de changer de religion, ou alors de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (...)". Il est évident que non, d’autant moins que l’apostasie est (théoriquement ) punie de mort par le coran pris à la lettre ... Ce « droit » me paraît donc plus symbolique qu’effectif.

     Comment expliquer la corrélation entre une éducation religieuse, surtout musulmane, et la persistance de la foi, si ce n’est par le conditionnement à la soumission, dès la prime enfance ? L’éducation religieuse familiale, certes légitime mais affective et unilatérale, laisse des traces indélébiles, confirmées par IRM fonctionnelle, dans le cerveau émotionnel et anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et donc l’esprit crique et le libre arbitre, dès qu’il est question de religion, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect. L’éducation coranique, plus que toute autre, en témoigne hélas à 99,99 %, même parmi les musulmanes universitaires ...

    Puisse la question du port de la burqa, du niqab, mieux que celle du voile islamique, devenir le catalyseur d’une réflexion approfondie, afin que les différentes communautés recherchent enfin des valeurs communes et universalisables parce que bénéfiques à tous, ce qui aboutirait à un meilleur « vivre ensemble » et à une citoyenneté responsable ! 

     Michel THYS, libre-penseur, à Waterloo. 

    http://michel.thys.over-blog.org

     


     

     

     

     

     

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/