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mithys

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  • mithys 21 janvier 2008 16:48

    Oui, bien sûr : un croyant peut être laïque, mais dans le sens de partisan de la laïcité politique, c’est-à-dire de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et donc de la neutralité de l’Etat. L’agnosoticisme, la non-croyance et l’athéisme relèvent de la laïcité philosophique. Vous avez raison : j’aurais dû écrire "Pour le laïque philosophique, ..." Sorry !.

     



  • mithys 21 janvier 2008 15:23

    Pour la forme, d’abord  : les "laïcs" ou les "laïques" ? Le Bon Usage de Maurice Grevisse et André Goose (14e édition) mentionne (R2 -496) que "le masculin "laïque" est constant pour le sens "partisan de la laïcité". En Belgique surtout, le laïc, c’est celui qui assiste le curé ... ! Quant au fond de la question : à mon sens, la conscience (morale) d’un croyant est fondée sur l’enseignement moral inspiré de textes "sacrés" : des impératifs, des commandements (la carotte et le baton). Tous ces textes religieux, à prendre "à la lettre", incitent à la soumission et à l’obéissance : à un dieu, quel que soit son nom, aux parents, aux éducateurs, etc ...Seuls certains protestants, en permettant une certaine interprétation des textes bibliques, ont, en quelque sorte "inventé" le "libre-examen", expression typiquement belge. Il est vrai que, pour survivre sous nos latitudes, le catholicisme ( Jean XXIII, mais rectifié par les deux derniers papes ... ! ) a dû mettre de l’eau dans son vin dogmatique en récupérant certaines valeurs humanistes de la laïcité (autonomie, responsabilité individuelle, ouverture à l’autre, tolérance, ...). Par contre, le prosélytisme religieux , lui, reste vigoureux pour tenter de freiner la déconfessionnalisation croissante en Europe...

    Pour le laïque, au contraire, qu’il soit agnostique, non-croyant ou athée, c’est sa conscience qui est le seul juge. Si l’on excepte certaines maladies mentales ou des lésions cérébrales accidentelles, ou encore les séquelles d’un passé traumatisant non récupéré, on peut considérer, me semble-t-il, que la conscience morale, le sens des valeurs (librement découvertes et acceptées), le respect de l’autre et de sa différence,..., loin d’apparaître ex nihilo ou "par l’inspiration du saint esprit ", ne s’acquièrent que par une éducation adéquate, "humanisante", fondée essentiellement sur l’apprentissage des limites et du respect, sur l’exemple des parents et des éducateurs, sur des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, sur l’autonomie, l’esprit critique et sur la responsabilité individuelle, etc ...

    Cette morale laïque n’est évidemment pas anti-religieuse : non prosélyte, elle vise au contraire à permettre aux jeunes de choisir, aussi librement et aussi tard que possible, de croire ou de ne pas croire. C’est le fondement de l’humanisme laïque, hélas encore combattu par les religions, ce dont profitent les sectes ...

    Michel THYS, à Waterloo.

     



  • mithys 18 janvier 2008 21:14

    Oui, répondraient Sarkozy ou Bush. Et pour cause : l’un et l’autre n’ont pas la moindre idée de ce que sont les principes, les valeurs, les fondements et les objectifs de l’humanisme laïque ! Ils ont tous les deux reçu une éducation religieuse précoce, affective et confortée par un milieu culturel unilatéral excluant toute alternative non aliénante. L’idée que leur dieu créateur et protecteur ne soit que le produit de l’imagination ne les effleure même pas. De plus, on a minimisé à leurs yeux les intolérances et autres violences que génèrent les textes "sacrés" pris à la lettre, peu soucieux qu’ils sont du respect de l’homme, de la femme et de l’enfant. Enfin, comment pourraient-ils savoir que la spiritualité n’est pas l’apanage des religions, qu’il existe aussi une spiritualité laïque, etc ... ? L’appartenance à une communauté religieuse est donc pour eux , peut-être même de "bonne foi", la seule manière de concevoir l’art de vivre ensemble.

    Il est vrai que, du moins en Europe (pas en terre d’islam), les media aidant, l’on s’affranchit de plus en plus de son éducation, surtout depuis que des psychologues, même religieux, ont reconnu qu’en l’absence d’éducation de religieuse et d’influences ultérieures, la foi n’apparaît pas spontanément. Des neurophysiologistes ont même constaté, par IRM fonctionnelle, les traces d’une imprégnation religieuse laissées dans le cerveau émotionnel. Elles influencent donc, à des degrés divers, le néocortex et l’esprit critique dès qu’il est question de religion, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect. Il en résulte qu’il y a lieu de respecter un croyant en tant que personne, mais pas nécessairement ses idées, même s’il pense les avoir librement choisies, ni la prétention de ceux qui imposent leur Vérité, quelle qu’elle soit. La "vérité" n’est jamais que personnelle, partielle et provisoire ...

    Adhérer à une "déclaration individuelle de l’humain" est une excellente idée, mais comment la concrétiser ? Il faudrait pour cela que les laïcités philosophique et politique osent enfin promouvoir, sans prosélytisme, un système éducatif permettant une information aussi bien à propos de l’option religieuse que de l’option laïque, de manière à ce que les jeunes puissent choisir, aussi librement et tardivement que possible, de croire ou de ne pas croire. Hélas, ni la France, ni la Belgique, ni le Québec, etc ... ne semblent encore l’avoir compris... A moins que les positions aberrantes de George W. Bush et de Nicolas Sarkozy en faveur de la religion, incompatibles avec leur devoir de neutralité et de réserve, deviennent un électrochoc salutaire pour la laïcité !

    Cordialement,

    Michel THYS, à Waterloo.

     

     

     

     

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