Etes-vous dans une logique de promotion d’idées, peut-être d’idéaux, voire de programmes, ou êtes-vous dans une logique d’existence « contre », contre autre chose ?
Si vous pouvez me répondre (de préférence pas avec un argument de logique du genre être contre quelquechose c’est être pour autre chose et inversement), je serais intéressé, sans esprit polémique.
Ma question, c’est : vous dites « revanche », qui est un mot très connoté (ils le sont tous, bien sûr, raison de plus pour bien choisir, et je suppose que vous avez bien choisi), pourquoi « revanche » ?
Revanche contre qui ? contre un « salaud d’élu » ? contre une majorité stupide parce que vous n’y êtes pas ? contre une démocratie qui par définition ouvre la porte à la majorité ?
je me demande si vous ne personnalisez pas beaucoup ce qui au fond devrait rester un débat d’idées, d’options, et pas un « gagner pour gagner », à n’ipporte quel prix et par n’importe quel moyen, ni une guerre entre personnes dont le vaincu attend l’heure de la « juste » « revanche ».
Votre mot « revanche » est-il à rapprocher du slogan « tout sauf sarko » qu’on a vu proposé comme s’il était un programme ?
Mais est-il possible d’y échapper, à cette com ? je n’en suis pas sûr (comme ne pas choisir est un choix) ; et si c’était possible : comment ?
Une retraite secrète ? Imaginez les rumeurs, les gausseries sur la coquetterie de star, qui, au fait chercherait à cacher quoi ? Car enfin, cache t-on si l’on n’a rien à cacher ?!!? vous connaissez bien ce faux bon sens.
Alors, quelles premières images ? Une neutralité très travaillée ? Une spontanéité et un naturel très étudiés (comme le savamment négligé du star system, ou le naturel comme sommet de sophistication... images, images...) ?
Ou une image convenant à qui ? aux intègres ? aux bobos ? aux « stal » (il en reste chez les communistes), aux réformateurs (il en reste aussi chez les mêmes) ? aux rad-soc ? liberté, ou égalité ? fraternité ? à ceux-ci ? à ceux-là ? à qui ?
Je n’encouragerai jamais assez votre travail de démystification et de désaliénation vis-à-vis des techniques de communication, à commencer par les subliminales.
Cette partie de votre papier ne peut pas se discuter.
L’autre partie, partielle, partiale et encore une fois respectable en tant que telle, qui dans votre article est tissée sur la même trame que la partie technique, prête naturellement le flanc à la critique (telle que la formule - si je l’ai bien comprise - la claire et courte réponse de Boileau419), alors que pour votre défense, il me semble qu’elle n’y est qu’accessoire.
Vous connaissez La Rochefoucauld : « Donnez-moi trois mots de quelqu’un et je le fais pendre »...
Et cependant, cette damnée com, comment y échapper si c’est possible ?
Reconnaissez, Paul, que votre article présente, très entrelacées, d’une part une analyse technique du média photographique et de son instrumentalisation, et d’autre part une critique négative de l’homme/président M. Sarkozy, critique ici négative à cause de l’utilisation qu’il fait de ces techniques.
La critique négative de cette utilisation, et de l’homme/président (au fond, ce biface n’est-il pas le fond de votre argument ?) qui s’y prête, relève de l’opinion et est absolument respectable en tant que telle.
Mais est-ce pourtant à dire que cet homme/président aurait le monopole d’une telle instrumentalisation ?
L’analyse d’image que vous faites, et qui est sans doute pertinente, qui d’autre ne l’aurait ou ne l’a faite ? Mme Laguilliers devant son HLM, la pipe (si souvent éteinte) et le col ouvert de M. Bové, et même son faux prénom (il s’appelle Joseph, il faut bien dire que c’est moins vendeur), le faux vrai vélo du faux vrai facteur M. Besancenot, la vraie mouette accompagnant la quasi-vraie sortie des vagues de M. de Villepin, le définitif galurin/écharpe rouge de Tonton, qu’est-ce d’autre, finalement, que de l’utilisation d’image ?
On pourrait continuer : Le Louis XIV de Rigault, le délicieux rose aux joues des amantes royales et leurs troublants regards provoc-tranquille, la finesse politique du « Cardinal » de Philippe de Champaigne, la madone-maman-ange Mme Royal de si blanc vêtue, les petits sourires en coin et les petits regards aux arrière-plans si explicitement ambigus de feue Lady Spencer princesse de Galles, que Philippe Meyer appelait « la Sainte » (le prince Charles son époux étant par lui rebaptisé « le père des enfants de la Sainte », vous vous en souvenez sûrement !)...
Jusqu’à mon voisin de palier inclus, qui pourrait-on citer qui n’utilise pas les images de soi-même à fin de propagande personnelle ?
Mais surtout, outre que la salle de bain serait bien triste et bien inconfortable sans le miroir où l’on s’apprête avant de sortir, peut-on ignorer, de ce miroir, le rôle qu’il joue dans la densification de l’être, dans les renforcements qu’il permet chez celui qui s’y considère ?
Bien sûr. Le propos de votre article est clair. Quant à notre président, nous verrons bien l’avenir.
Toute fonction dirigeante prive de la libre disposition de soi-même, à cause des vertus de l’exemplarité, et dans ce sens on sait bien que quand on est un dirigeant de quoi que ce soit, on ne s’appartient plus totalement ; l’histoire ne manque pas de princes qui ont perdu la vie pour ne pas en avoir été assez convaincus, et la chose est avérée jusqu’à n’importe qui accédant au simple statut de parent.
La pression d’opinion est-elle bien absente de cette grande loi ?
Pour revenir à l’occurrence, nous manquons encore d’éléments qui nous permettent de penser que ce choix d’image (le yacht) n’a pas été conscient et volontaire.
Il serait en concordance avec d’autres signes d’approches décomplexées qui sont celles de la droite, et de là partent un assez grand nombre de pistes dont certaines nous éloigneraient beaucoup de votre sujet.