J’ai retrouvé le temps perdu que Proust cherchait désespérément.
S’il avait utilisé son temps pour profiter de la vie au grand air au
lieu de le perdre en s’infligeant le pensum qu’il a très judicieusement
intitulé « à la recherche du temps perdu », il aurait sans doute été
en meilleure santé (1).
Pour en venir à l’œuvre elle-même, il s’agit
d’un exercice de style étalé en couche épaisse et indigeste sur des milliers de
pages. J’ai abandonné à la page
140 : quand on termine le passage de la madeleine, on se dit qu’on ne
ratera plus rien sur le reste du pavé.
C’est l’effet papier peint dont souffrent beaucoup d’œuvres classiques :
quand on a déroulé un lé, pas besoin d’examiner tous les rouleaux, on sait quels
motifs et quelles couleurs on va y trouver.
Il peut juste y avoir quelques variations dues à des bains différents
mais aucune surprise digne de ce nom n’est à attendre. A propos de madeleine, Proust m’a ramené au
temps des visites que nous rendions occasionnellement à la cousine Marguerite. Un moment obligé de ces visites était l’interminable
visionnage des innombrables diapositives de vacances de notre globe-trotteuse
de parente. Certains trouvaient cela
génial (des initiés sans doute mais plus généralement son mari et son fils),
mais les autres réprimaient difficilement un bâillement devant la description
de clichés par lesquels ils avaient le plus grand mal à se sentir concernés. Bref, Marcel qui raconte sa no-life en long
et en large jusqu’à plus soif dans un style probablement recherché mais surtout
soporifique, je me demande qui peut supporter à part lui-même, ceux qui s’y
trouvent décrits et quelques rares masochistes qui vont jusqu’à prétendre y
trouver du plaisir. On a les perversions
qu’on peut !
(1) A
l’attention des cuistres qui ne connaissent que le premier degré : je sais
parfaitement que le temps dont il est question ici n’est pas celui qui s’écoule
mais une époque révolue. Cela rend cependant
l’explication beaucoup moins amusante.
Je me souviens qu’en 1970, George Wald supposait qu’il n’y
aurait plus de civilisation d’ici 15 à 30 ans « si aucune mesure n’était prise
pour faire face aux problèmes posés à l’humanité ».
1985 est passé, 2000 est passé.
Je me souviens qu’en 1970, Ehrlich assurait qu’entre 1980 et
1989, environ quatre milliards de personnes, dont 65 millions d’Américains,
allaient mourir dans ce qu’il appelait le « Great Die-Off »
Et en 1989, le mur de Berlin s’est effondré.
Je me souviens qu’en 1970, le magazine Life affirmait (sur
base des propos de scientifiques sérieux) : d’ici 1980, les habitants des
villes devront porter des masques à gaz pour survivre à la pollution, et en
1985, la pollution de l’air aura réduit de moitié la lumière solaire sur terre.
Je me souviens qu’en 1972, le club de Rome « prophétisait »
l’épuisement de toutes les ressources minières et agricoles avant 1990-2000.
En 1970, il y avait 3 milliards 600 millions d’hommes sur
terre, en 2015, plus de 7 milliards : la famine a fait des ravages ?!
Je me souviens qu’en 1980, il ne restait plus que 55 ans de
réserves mondiales de pétrole, selon l’US Geological Survey. Mais en 2014, le
même organisme parlait de 125 ans.
Donc, il n’y aura plus de pétrole… bah non, finalement pas en
2035, mais plutôt en 2139.
Je me souviens qu’en 1980, c’était sûr et certain : en 1990,
il n’y aurait plus de forêt, ni en Europe, ni aux USA, à cause des pluies
acides.
En 2016, une étude constatait que depuis 35 ans, la
couverture végétale de la planète s’étend, grâce à qui, grâce à quoi ? grâce au
CO2, nutriment essentiel de tous les végétaux.
Je me souviens qu’en 1986, Der Spiegel reprenait les
prévisions scientifiquement établies : le niveau des océans allait monter de
140 m.
Nous en sommes à 1, 5 mm/an…
Je me souviens qu’en 1988, The Canberra Times relayait
l’alerte lancée par « les autorités » : d’ici trente ans, les 1 196 îles des
Maldives seraient recouvertes par les eaux…
1988 + 30… = 2018. Les Maldives ont construit quatre nouveaux
aéroports et de nombreux complexes hôteliers… au-dessus du niveau de la mer !
Je me souviens : en 1988, Roger Revelle, dont Al Gore avait
été l’étudiant en 1967, appelait les membres du Congrès à la plus grande
prudence au sujet du changement climatique, car les causes des variations du
climat sont encore loin d’être comprises.
Ce à quoi Al Gore avait aussitôt répondu de manière cinglante
:
« Revelle is now senile. The debate is over ».
Déjà en 1988 !
Je me souviens qu’en 2006, Al Gore nous faisait pleurer sur
le sort des ours polaires voués à l’extinction… alors qu’ils prospèrent depuis
30 ans. D’ailleurs, ils seraient apparus sur terre il y a au moins 1 million
d’années. Ils en ont vu des changements climatiques !
Je me souviens qu’en 2007, Al Gore et le GIEC clamaient qu’en
2013, l’océan arctique ne serait plus du tout pris par les glaces en été.
Et… à la mi-septembre 2018, la glace arctique s’étend bien
plus qu’en 2007 (472 000 km2 de plus) pour un total
d’ 1.2 million km2 soit plus que la superficie record de
2012.
Je me souviens qu’en 2007, Chirac plaidait pour une
« gouvernance écologique mondiale » et qu’en 2018, nous en sommes là, gouvernés à
coups d’injonctions GIECiennes, avec une politique énergétique ruineuse, des
éoliennes à n’en plus finir (et ça ne fait que commencer) et que les taxes et
surtaxes ne servent qu’à tenter de colmater le déficit budgétaire, accru par
les sommes vertigineuses allouées à la lutte contre le supposé réchauffement
climatique anthropique.
Je me souviens qu’en juin 2014, Laurent Fabius nous donnait
moins d’un an et demi pour « sauver la planète ».
Et un an et quatre mois plus tard, Philippe Verdier était
licencié de France Télévision pour la publication de son livre « Climat
Investigation » et pour avoir signalé, dans une lettre ouverte au Président
Hollande, l’inutilité de la COP 21.
« The debate is over », Verdier ne comprend pas l’anglais ?
Je me souviens qu’en 2014, le WWF affirmait que 52 % de la
population des vertébrés auraient disparu ces quarante dernières années.
Et en 2018, on est encore loin d’avoir recensé l’ensemble des
animaux de la planète. Comment fait-on pour produire un pourcentage sur un
nombre qu’on ne connaît pas ?
Je me souviens qu’en 2014, le GIEC et l’OMM estimaient que de
1751 à 2004, le pH des océans serait passé de 8, 25 à 8, 14.
Oui, depuis 1751.
C’est de la science dure !
Le pH fut introduit en chimie pour la première fois par le
chimiste danois Sørensen en 1893 et il n’existe pas d’autres moyens
d’évaluation du pH que celui de la mesure pH-métrique directe.
Je me souviens du déchaînement médiatique de ces derniers
mois, rabâchant toujours, sans cesse et sans vergogne, les mêmes vieilles prédictions
qui se sont toutes révélées fausses jusqu’à présent, quitte à transformer les
migrants vénézuéliens en « réfugiés climatiques » et à en rajouter dans le
catastrophisme : tout ouragan, toute inondation, attribués systématiquement au
« réchauffement/ changement/ dérèglement » climatique. A propos, Venise devait disparaître depuis déjà
quelques lustres, mais est plus debout que Renaud…
Et j’ajoute :
COP 24 de Katowice
La COP est une conférence internationale qui depuis 24 ans
tient chaque année la réunion de la dernière chance pour sauver la planète.
Vous croyez peut-être que la planète avait été sauvée lors de la COP21 à Paris.
Erreur. Tout reste à faire. C’est ce qui justifie la COP24, qui s’est tenue
cette année à Katowice, le centre névralgique de l’industrie charbonnière
polonaise. Le secrétariat de la COP24 publie en ligne la liste de ses
participants, sur près de 1100 pages.
Plus de 21 000 participants.
Sans compter les 1500 journalistes accrédités, qui sont en
partie rémunérés par les contribuables via les subsides à la presse. Ces 21 000
participants sont pour 14000 des délégués des gouvernements, et pour 6000 des
représentants d’ONGs prétendument intéressées et compétentes. (Le solde est
composé de membres d’organisations du système des Nations-Unies). Ils ont fait le bilan carbone de leur Barnum
apocalyptique ?
C’est de nouveau la même situation, qui a peu de chances de se produire en réalité : le premier débiteur est aussi le dernier créancier et j’ajoute que le montant de chaque dette est identique.
Améliorons un peu la parabole : le peintre doit 1000€ non pas au boucher mais au marchand de peinture. Or ce dernier a fait de très bonnes affaires ces derniers temps, et pour fournir le peintre, il n’a pas du s’endetter. Croyez-vous qu’il acceptera le morceau de journal, sachant que quand il a trop bu, le patron du bistrot claironne sur tous les toits que la dette est immorale ?
Et puisque le patron du bistrot semble avoir de très bons arguments, le peintre les ressort au marchand et lui dit que puisque c’est ainsi, il n’aura rien d’autre que le papier journal en paiement de sa dette.
Vous croyez qu’il va faire quoi le marchand de peintures ?
@eric Normal, ils se revendiquent comme « bêtes et méchants ».
Mais ce n’est qu’une posture, il est certain qu’au fond d’eux-mêmes, ils se croient très intelligents. Cela étant, quand on fait la somme des manipulations de l’auteur (cfr les citations tronquées), des erreurs dues à l’inculture crasse des athées rabiques et des propos orduriers de Charlie, on se dit qu’on n’est pas sortis de l’auberge.
Disclaimer : le fait que les porcs se complaisent dans leur fange ne signifie pas qu’il est légitime de les assassiner. On serait d’ailleurs bien inspiré de passer les coupables par les armes, ou de remettre la « veuve » en état de marche pour ceux-ci.