« rien n’oblige un médecin, quel qu’il soit, à accepter un patient, surtout la nuit ou autres. »
Désolé, mais il existe dans le « code de Déontologie » des médecins (et des vétérinaires) un article qui impose « la continuité des soins » que le praticien doit à son malade !
En clair, cette clause impose que le praticien doive recevoir en tout temps son malade, ou A DEFAUT, être capable de l’orienter vers un confrère ou une structure qui assurera ce suivi !
Nombre de médecins s’assoient purement et simplement sur ce « détail » du règlement interne, qui, au passage, constitue pour le législateur un cadre ayant quasi valeur de loi régissant l’exercice de ces professions...
Certains s’obligent à un suivi, d’autres pas
Je n’aurai pas la goujaterie de leur appliquer la réflexion que nombre d’interlocuteurs m’opposent, si d’aventure il m’arrive de déplorer cet aspect contraignant de mon activité :
« Si tu voulais pas être emm..., t’avais qu’à faire un autre métier !!... »
Tout à fait d’accord avec le ton de l’article !
Au risque de m’attirer les foudres de mes amis médecins, et de ceux du corps médical qui lisent et écrivent sur ce forum, je n’irai pas par quatre chemins.
Je vis actuellement dans une de ces régions blanches sur la carte (bourgogne du sud ouest) où il est patent que les médecins ne font pas le travail que le corps social leur a implicitement attribué ! Dans ma petite ville des bords de loire (10.000hab) il reste 6 médecins, tous sauf un, plus agés que moi (54 ans) ! Les 2 ou 3 jeunes installés dans les 10 ou 15 dernières années se sont barrés comme des malpropres, non sans avoir auparavant donné à l’envi des leçons d’humanité, de « désintéressement », de confiance en la foi qui les guidait vers la rémission des douleurs de l’humanité, et j’en passe, et des plus cocasses ! Ces jeunes et fougueuses émules de Kouchner nourries au sein des grandes causes humanitaires à la MSF n’ont pas résisté longtemps aux assauts d’une vie professionnelle chargée, certes, routinière souvent, mais indispensable dans nos campagnes ! Bref, chez nous, il ne reste que les « vieux » toubibs, imprégnés d’une culture du service dû au client en quasi toute circonstance, et qui alignent encore des horaires pas possibles, à 65 ans passés, (eh, oui ! c’est 65 balais la retraite chez les libéraux !!) parce qu’ils ont toujours fait ça et qu’ils n’envisagent pas les choses autrement...
En janvier dernier, l’un d’eux m’avait appris que, pour appâter les vocations naissantes, le conseil général offrait, sur la base du volontariat, une prime de 150€ par nuit d’astreinte (attention, astreinte n’est pas systématiquement synonyme de travail !), prime NON IMPOSABLE !! Devant les difficultés à trouver des volontaires, le CG a fait depuis machine arrière, et c’est le SAMU qui assure dorénavant la gestion des appels entre minuit et 7 heures du matin ! Ce qui n’est pas sans poser d’évidents problèmes, puisque chacun comprendra que l’estimation de la gravité d’un cas au téléphone, avec quelqu’un qui n’est pas de la partie, c’est de la haute voltige ! Anticipant toute critique à ce sujet, je sais de quoi je parle, puisque, vétérinaire rural moi-même, j’ai plusieurs fois par semaine à gérer ce genre de situation : Impossible d’évaluer le niveau d’urgence avec une personne « non médicale » parce que tout simplement, nous ne parlons pas le même langage !! Il faut VOIR le patient pour se faire une idée. Mais c’est sûr, être dérangé à 23h pour un chien qui boîte d’une patte arrière, ou à 2h du mat’ pour un roquet « qui pète, et ça sent mauvais » (si, si, j’vous jure ! cest du vécu !!) c’est vraiment pas marrant !!! J’les prendrais bien, moi, les 150€ non imposables par nuit pour mes 150 à 170 nuits de garde par an !!
Bref ! les médecins ne font pas le boulot de tri qui devrait être le leur, sans compter qu’ils jouent sur du velours ! si ça excède leurs compétences, hop ! on botte en touche vers l’Hôpital, ou le SAMU, ou les pompiers...
Et puis, pour retourner un peu plus le fer dans la plaie, j’ajouterai que question rémunération, faut pas pleurer dans les cabinets ! d’après une récente enquête (désolé, j’ai pas le lien !) La profession à laquelle j’appartiens émarge en bas de liste des professionnels médicaux et paramédicaux, avec les pédiatres, juste au dessus des masseurs-kinésithérapeutes et des infirmières ! Même les généralites qui firent pleurer sur leur sort il y a peu, sont mieux rémunérés que nous...
Ah ! Merci pour l’article Dr Docdory ! Enfin une appréciation circonstanciée de ces petits néologismes anglolâtres qui nous pourrissent la vie ! J’ai toujours pensé que les étrangers parlant français nous faisaient un immense honneur de s’intéresser à notre culture. Alors, « tant qu’à faire », ne bradons pas la leur ! Si on veut parler anglais, allons-y, mais dans les formes ! Souiite-cheurte n’est pas un « maillot-doux » comme se plaisent à le prononcer nos contemporains, mais un souaite-cheurte, c’est à dire un « maillot ou l’on peut suer » dans le bon sens du terme. De même, le Dii-djii (DJ=disc jockey) doit se prononcer : Dii-djay, sinon bonjour le contresens puisque la première prononciation s’écrirait : DG !
Prononcer les lettres en anglais n’est pas une vaine pratique, puisque quiconque voyage un peu risque de se voir demander d’épeler son patronyme à l’hotel ou ailleurs ! En cas de contrsens : bonjour l’imbroglio !!!
Angliciser approximativement les mots n’est que du snobisme de bas niveau. Toute personne qui pratique un tant soit peu la langue de Shakespeare aura à coeur d’y prendre le soin nécessaire, sauf à passer pour un blaireau « qui voudrait bien avoir l’air, mais qu’a pas l’air du tout ! »
Il revient à ma mémoire un article du très snob Télérama, où l’auteure (eh, oui, c’était une femme !) éperdue d’admiration pour Primo Levi, relatait à plusieurs reprises son passage au « läger ». J’ai bondi, et ma prof d’allemand a dû se retourner dans sa tombe, elle qui nous inculquait que les noms s’écrivent avec une Majuscule : Lager ! läger étant la forme pluriel du mot (on dit : Ein Lââguer, zwei lèèguer)
Snobisme donc de la journaliste, incapable d’apprécier les finesses et la précision de la langue de Goethe ! Mais, c’est sûr, des trémas (Umlaut) partout, ça fait vachement « Allemand ».
Soignons notre langue avant d’écorcher celle des autres !