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rahsaan

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Tableau de bord

  • Premier article le 13/03/2012
  • Modérateur depuis le 09/04/2012
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Derniers commentaires



  • rahsaan 13 mars 2012 13:01

    Vous avez raison, mon texte est assez pessimiste. En même temps, il montre que Mélenchon a déjà remporté une victoire, celle d’avoir ravivé des thèmes de gauche que plus personne ne voulait aborder.



  • rahsaan 12 mars 2012 21:01

    « On trouvera à cette page Internet :
    http://www.dailymotion.com/video/xf...
    Un débat entre Axel Kahn et Luc Ferry à propos de toutes ces questions et du livre qu’ils viennent de publier et qui leur est consacré. Je viens seulement de découvrir cette video mais c’est par là qu’il aurait fallu commencer. Axel Kahn est un médecin, et non des moindres, il sait de quoi il parle, et Luc Ferry vaut assurément mieux comme philosophes que comme politicien. »


    J’ai regardé la vidéo. 
    J’ai quand même l’impression qu’ils répondent à côté. On leur demande s’ils sont d’accord ou pas pour l’euthanasie assistée, et, pour ne pas répondre trop vite, ils partent sur le cas de cliniques en Suisse, où les dépressifs (disons) peuvent aller se faire aider pour mourir. Déjà, ils sèment la confusion, car l’euthanasie dont on parle, c’est celle des malades en fin de vie, qui ne sortiront pas de leur lit (comme le rappelle avec provocation les affiches avec les candidats dont parle la tribune que nous commentons). Eux, ils se concentrent sur les suicidaires en bonne santé. La ficelle est vraiment grosse : on se fait bien peur avec ce qui se fait à l’étranger. Sous-entendu : « ouh, regardez les vilains Suisses qui ont des établissements sordides : veut-on voir ça chez nous demain, ma bonne dame ?! » Evidemment : non, et hop, emballé c’est pesé, on peut être sereinement contre l’euthanasie active. Mais on a changé de sujets : on ne parle plus des malades, mais des gens en bonne santé. 
    Vieille technique rhétorique : on parle d’un autre pays, on brosse un tableau inquiétant, on se fabrique un adversaire bien sinistre, et on se place ainsi facilement parmi le cercle des gens « raisonnables et humains » (comme dirait Kahn) en s’y opposant. 

    Il faut apprendre à se méfier de ces Pères la Morale (Kahn et Ferry en sont deux parfaits exemples), qui viennent prêcher la morale sur les plateaux télé, disserter du Bien, du Mal, du Sens de la Vie et qui se donnent des airs de grands sages, avec leurs titres institutionnels, alors que leur argumentaire est faible et trompeur. S’ils veulent s’opposer de façon convaincante à la mort assistée pour les malades, il faudra trouver mieux. 

    De manière plus générale, il faudrait arrêter de faire confiance à ces « sages » et ces « experts ». On peut entendre leur avis, mais il ne fait pas autorité. J’insiste : A. Kahn est certainement une référence en tant que médecin, en génétique, en hématologie, dans ses spécialités médicales ; de même que L. Ferry est un spécialiste de la philosophie de Kant. Mais cela ne fait pas d’eux des experts en matière d’éthique. Il n’y a pas d’experts en ces domaines. Or, ils jouent en permanence sur ce glissement : expert médical donc expert en éthique ; spécialiste de philosophie donc autorité en matière morale. Mais c’est tout à fait fallacieux et contraire au fonctionnement sain de la démocratie.


  • rahsaan 12 mars 2012 20:23

    @Christian Labrune : 


    « faudrait-il juger quelqu’un qui se suspendrait aux jambes d’un pendu qu’il a entièrement vu, de loin, se suicider, pour l’achever ?  »

    Exemple « romanesque », mais on ne peut pas décider d’une loi sur un cas particulier (même sur les cas spectaculaires, médiatisés, comme Chantale Sébire). 

    « L’Autre - Oh, non : on n’opère que si les familles sont consentantes et le patient aussi.
    Moi - bref, tout le monde y trouve son compte. Enfin, pour les morts, on ne sait pas trop... »

    C’est ça que vous ne voulez pas admettre, que ce soit le patient qui le demande. Pour vous, ce cas est inconcevable : un homme à l’agonie souffre et, lucidement, consciemment, demande qu’on l’aide à en finir en douceur au lieu de prolonger ses souffrances jusqu’à un état de dégradation insupportable. 

    « Mais jamais un médecin digne de ce nom n’acceptera de décider de l’heure à laquelle doit mourir son patient  »

    Non, puisque ce serait au patient d’en faire explicitement la demande. 

    « la peur corrompt l’approche rationnelle du problème, et qui ne sait pas s’affranchir de la peur ne sera jamais capable de se comporter en homme libre »

    C’est vous qui ne cessez de nous peindre des tableaux effrayants d’une société où l’on achève sans remords les gens dont on ne veut plus. Vous jouez en permanence sur ce pathos. Vous peignez à plaisir des atrocités (supposées) à venir, alors qu’une loi pour l’euthanasie s’intéresse au sort, présent, réelle, des gens qui souffrent trop. 
    Vous défendez une vision d’un homme libre (donc conscient et responsable), tout en présupposant en permanence que les autres (famille, entourage, médecins, Etat etc.) se comporteront de manière irresponsable, voire même criminelle.

    Le fond de votre argumentaire est : non à l’euthanasie, car c’est la porte ouverte au meurtre légal des gens « encombrants ». Mais à ce compte-là, on n’accorderait jamais aucun droit, s’il est évident qu’on en abusera et même qu’on en fera le pire usage possible. 


  • rahsaan 12 mars 2012 09:12

    @Christian Labrune : 

    « Dans le cas de l’avortement, il n’y a pas l’imposition implicite d’une norme qui voudrait qu’on ne se reproduisît pas »

    Dans le cas de l’euthanasie, il n’y a pas non plus l’imposition implicite d’une norme qui voudrait qu’on accepte tous la mort passé un certain âge ! On parle de décisions individuelles, pas d’un modèle de société. L’euthanasie serait un droit, pas un devoir.

    Vous avez tort de penser que ceux qui défendent le droit de mourir assisté sont tous des parricides en puissances. C’est comme si au moment du vote de la loi Veil, vous aviez dit : « On voit bien que ceux qui défendent l’avortement veulent préparer les filles de leur famille à refuser d’avoir des enfants. On nous prépare un modèle de société où on sélectionnera les filles qui auront le droit d’avoir des enfants et celles qui seront stérilisées ! » Absurde ! On voit bien que ça ne se passe pas comme ça. 

    Finalement, la seule idée du droit à l’euthanasie fait plus peur que les souffrances, actuelles et réelles, de certains malades à l’agonie. N’est-ce pas, au minimum, du scrupule mal placé ?


  • rahsaan 11 mars 2012 21:06

    @Christian Labrune : En gros, vous dites que si on autorise l’euthanasie (voulue et demandée) des gens à l’agonie, c’est la porte ouverte à tous les débordements. Demain, les vieux, les paralytiques, les mongoliens etc. Seulement, il y a un vice de fond dans ce raisonnement. Parce qu’il y aurait un droit, il engendrerait inévitablement des excès... L’avortement est autorisé aujourd’hui, ce n’est pas pour autant qu’on a le droit de tuer les gamins à la naissance ou de les noyer plus tard. Quand on a institué la Sécu, ce n’est pas pour rembourser n’importe quelle pilule-miracle. 

    Il ne faut pas commencer à raisonner à partir des dérives que peut entraîner la création d’un nouveau droit. Sinon que fait-on ? On s’en remet à des experts bienveillants qui font attention de ne pas trop laisser de libertés au troupeau de citoyens, de peur que ceux-ci fassent n’importe quoi ? La démocratie ne fonctionne pas comme ça ! Elle est là, au contraire, pour étendre le droit quand il faut répondre à une situation intenable. 
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