Je comprends votre argument, mais justement : à l’heure où l’accès à l’information a évolué dans les grandes largeurs, on peut se limiter à dresser le constat d’une situation qui a existé de tout temps, en effet, dans l’enseignement supérieur, ou aller plus loin pour la déplorer et éventuellement remettre en question son efficacité supposée. Ce que commence à percevoir l’auteur au travers de sa réflexion.
La situation en question ne vous dérange pas parce que vous y voyez une saine expression de l’affirmation civique de la jeunesse et un autre moyen de contestation du pouvoir en place (soit dit dans un contexte général et pas seulement actuel). Mais tout le monde ne voit pas dans cette confiscation politisée de l’auditoire et ces harangues souvent belliqueuses l’espace d’expression que bien des étudiants viennent y chercher. Ce n’est pas comme si les débats estudiantins de ce type étaient structurellement dans l’impossibilité de prendre d’autres formes.
Il ne s’agit pas de tradition. Si la norme est aux AG bordéliques propices uniquement à la diffusion d’une certaine pensée et aux effets de foule, alors peut-être serait-il bienvenu de s’interroger sur son bien-fondé social (de la norme, pas des AG). C’est cela, pour ma part, que je retiens du message de l’auteur, que j’ai déjà entendu à l’oral de la bouche de bien d’autres étudiants, mais pas ceux qui prennent le plus la parole pour de grandes envolées politiques devant un amphi comble, bizarrement.
On apprend de ses erreurs, dites-vous. Je n’ai pas le sentiment qu’ils soient beaucoup à examiner avec le recul les excès éventuels de leur vie politique d’étudiant comme des erreurs. Et c’est bien là le problème qui assure la pérennité des dérives présentées ici, et qui engendrent des répercussions sociales par la suite. Car ces années où l’intelligence sociale se forme influencent durablement notre vision de la société en tant qu’adultes.
Et c’est pour ça que, toutes habituelles que soient ces dérives d’AG, elles me paraissent être un sujet de préoccupation sociale qui mérite un peu plus qu’une dissimulation d’un débat trop rarement évoqué derrière le manque d’expérience et les convictions de l’auteur.
Chère Mango, le terme scandalisé était peut-être un peu fort mais j’ai bien lu vos propos et y vois surtout un pointage des opinions politiques supposées de l’auteur.
Vous m’invitez à ne pas différencier la façon dont les choses se passent selon la couleur des syndicats et je suis d’accord avec vous. D’où mon opinion sur votre intervention.
Alors, certes, l’avis de notre étudiant (que je crois de bonne foi, moi) tend à refléter un discours un peu « majoritaire ». Mais ça n’enlève rien aux faits qu’il présente et à la justesse d’une critique qu’on n’ose trop souvent pas faire au nom de divers motifs, parmi lesquels la supposée noblesse ou fraîcheur de ces mouvements collectifs d’étudiants, qui n’ont pourtant souvent pas le recul nécessaire pour alimenter un véritable débat constructif sur les sujets mis en question, et y trouvent trop souvent un simple prétexte à l’engrenage collectif, n’est pas le moindre.
@jakback : bien sûr, mais il s’agissait simplement d’ironie sur le parti-pris d’un tel débat.
@le péripate : il semble que vous n’ayez pas bien saisi le sens de ma remarque. La vôtre est d’ailleurs très juste mais vous mettez vous-même le doigt dessus : la détention d’un patrimoine n’est pas un indicateur du niveau de vie. Question : que se passe-t-il quand il est plus intéressant pour le contribuable de favoriser son niveau de vie au détriment de son patrimoine ?
Réponse : soit le patrimoine est déclaré en-deçà de sa valeur réelle pour alléger les frais qu’il génère, soit il n’est plus assez intéressant financièrement de se le constituer. Ce n’est pas là ma conception d’un pays libre.
Certes la mesure profite aux plus riches à l’heure actuelle, mais ce qu’on oublie de préciser c’est que c’est parce qu’elle vient rééquilibrer un vice de fonctionnement qui a provoqué la fuite de nombreux capitaux, des dissimulations fiscales et un manque à gagner réel depuis de nombreuses années. Devons-nous voir les effets immédiats ou ceux à plus long terme ?
En revanche je vous rejoins sur les dividendes actionnariaux, mais c’est un sujet qui peut être traité à part.
C’est vrai que condamner les Français à ne pas verser plus que la moitié de ce qu’ils touchent et le cas échéant à se mettre en régularité avec les services des contributions sur des sommes ma foi coquettes est profondément démagogique et anti-républicain, quand on y pense.
Amusante cette extrapolation condescendante qui assimile liberté d’expression, droit d’étudier et opinion politique.
Cher Mango, quand vous aurez une idée de la façon dont se déroulent les AG qu’il s’agisse de jeunes de gauche ou de jeunes de droite, vous réviserez peut-être cette opinion à l’emporte-pièce.
Là je ne vois qu’un mec de gauche qui trouve scandaleux qu’un étudiant en formation découvre l’univers des revendications estudiantines, ait l’audace de s’en étonner et encore davantage d’en émettre une critique, pourtant amplement justifiée sur bien des points, pour n’importe qui ayant été confronté à la situation et à la stérilité de prétendus espaces d’expression libre transformés en un rassemblement propagandiste qui joue sur la fibre de l’excitation collective, parfois sans la moindre approche de fond.
La formation d’un esprit civique et démocrate n’appelle pas nécessairement la caution de beuglements collectifs aveugles contre le système, ce qui en matière d’université est hélas trop souvent le cas.