Certes, mais il ne faut pas oublier que nombre de ressortissants trés qualifiés de ces pays travaillent en Occident et contribuent ainsi à son effort de recherche. D’un point de vue cynique, on ne peut que souhaiter la victoire des talibans, vu que cette "victoire" aménera une compléte marginalisation du monde arabe sur le terrain scientifique. Car le talon d’Achille de tous ces fanatiques anti-occidentaux résident dans leur complète inefficacité pour des domaines aussi cruciaux que l’économie et la science. Si jamais l’avenir doit appartenir à d’autres qu’aux Occidentaux, tel la Chine ou l’Inde, nul doute qu’il s’agira d’une Chine ou d’une Inde profondément Occidentalisée et amies des sciences.
Sur le film lui-même, j’ai apprécié la belle construction scénaristique, pleine de surprises qui relancent sans cesse l’intéret du spectateur. Un modèle du genre, digne de figurer dans l’Avant-Scène. J’ ai bien aimé aussi la manière dont le metteur en scène traduit, chez le personnage central, l’opposition entre la plate réalité et le désir érotique. Manière à la fois simple et trés visuelle de faire déborder avec ironie l’imaginaire torride du héros. Un imaginaire qui, avouons le, nous appartient aussi. Car ne sommes nous pas, nous autres télespectateurs, des pervers impunis ?
Un regret néanmoins : les personnages manquent de complexité. Un défaut qui les rapproche dangeuresement du stéréotype, lequel est la plaie du cinéma américain.
Effectivement, ce colonel me rappelait bien quelqu’un de célèbre en son temps, mais je n’arrivai pas à le nommer. Grâce à vous, Mr Cambrone, je me remémore cet adjudant Chanal qui, à défaut de faire la guerre de ses rêves, a fait le bonheur des caricaturistes de Charli-Hebdo. Une question néanmoins me tourmente : si, dans le cadre d’une guerre véritable , Chanal avait pu obtenir sa ration de cadavres "légitimes", aurait-il fini en pédoque sanglant ? Autrement dit, faut-il conclure cyniquement à l’utilité des guerres pour certains spécimens humains ?
Ils parlent de "liquider mai 68". Mais comment vont-ils faire concrétement ? J’en suis fort curieux, sachant qu’aujourd’hui, avec l’internet et les médiats alternatifs, c’est mai 68 tous les jours pour qui veut... Vont-ils nous envoyer des cibers CRS à chaque commentaire irrévérencieux ? Des petits robocops tout scintillants et casqués, frénétiques comme des mikey mouses, et qui jailliront sur l’écran d’un clic flicard ? "Au nom de Nicolas, on vous déconnecte et on vous arréte ; arrivée des forces de l’ordre à votre domicile prévue dans douze minutes et trente trois secondes, veuillez vous munir d’une brosse à dents et d’effets de rechange, car votre garde à vue pourra durer un laps de temps non déterminé ; de plus, dans un souci d’éfficacité et de civisme, nous vous déconseillons fortement de prendre la fuite, car vous mettriez inutilement en péril votre existence."
Irréaliste mon petit délire ? Pas tant que ça, puisque en Chine ils ont mis au point des avatars de flics, qui se baladent sur la toile avec de jolis sourires, histoire de rappeler à l’internaute récalcitrant qu’oncle Mao n’est pas tout à fait mort. Quant aux nostalgiques de la matraque en dur, qu’ils se rassurent : menottes et barreaux ne seront pas virtuels, mais du même métal que celui dont on fait les tanks et les autres engins à écrabouiller l’étudiant rebelle...
Dans l’hypothése du pire, ce sera la revanche des haricots et des patates cultivées maison. Du moins pour ceux qui ont la chance d’avoir un jardinet à cultiver. Pour les autres, les malchanceux, faudra prévoir un régime fortement amaigrissant, genre Ethiopie années soixante dix et quatre vingt. Quant à nos amis les chats et les chiens, la vie risque d’être sacrément difficile sinon impossible pour eux, qui finiront en ragout sans même les petits oignons... Sur le plan politique, faudra aussi perdre l’habitude de mettre un bulletin de vote dans l’urne, histoire de ne pas froisser les futurs guides suprêmes de la nation qui, à cette occasion, ne manqueront pas de s’emparer du gouvernail de l’Etat. Car eux, le chaos et la crise, ils adorent vraiment. C’est même leur bain de jouvence, et l’avenir pourrait bien appartenir à ces adeptes du knout et du poteau à douze balles... Trop pessimiste ? Je l’espère. Mais il vaut mieux imaginer le pire, afin d’en prévenir l’apparition et les conséquences. Autrement dit : agir avant que ce pire ne se manifeste tout en bottes et flingues prets à tirer.