Une autre manière d’aborder la question est de se demander si, pour assurer leurs profits, les financiers sont prets à jeter à la rue des salariés. La réponse ne fait hélas aucun doute : c’est par wagons entiers que ces messieurs de la finance délestent les entreprises de leur personnel. On appelle ça "modernisation", "restructuration", "délocalisation" ou comble de l’ironie "plan de sauvetage". A nous autres les idiots pathologiques, on démontre avec force de diagrammes, courbes de Gauss, ou équation ésotérique que tout celà est nécéssaire, inévitable, que le soleil viendra forcément aprés l’averse. Gardons pleine confiance envers ces spécialistes grassement rémunéré qui inculquent au bon peuple la patience : aprés la pluie le beau temps nous disent-ils, et ce depuis au moins trente ans... Le disque est inusable. On le ressert aprés chaque élection.
Il est possible que je sois une erreur de la nature, un monstre aberrant, puisque le charme du disque n’opère plus sur mon oreille. J’ai l’immense tort de croire que la petite musique sonne faux, que la vérité pourrait bien ressembler à tout autre chose qu’une berceuse à l’adresse des chomeurs ou des futurs licenciés. En un mot, on se fiche de nous. La vérité n’est pas à chercher dans des formules mathématiques bonnes à impressionner des crétins boutonneux, elle est plutôt à chercher du coté des bonnes vieilles passions humaines. Et quel est le moteur de ces passions pour ce qui touche à l’économie ? Pas la peine de se gratter : le fric.
Et c’est en son nom qu’on ferme des usines et vire à coups de pieds au cul ceux qui ont l’idée malsaine de travailler pour vivre. Le fric est une passion, et comme toute passion authentique, il peut conduire à l’indifférence envers autrui, ou même pire. "Crève donc misérable looseur, tu m’empèches de jouir sans entrave de mon doux matelas de biffetons", voilà ce qu’il nous dit le fric, quand il est sur que personne ne l’écoute. Le bon goût voudrait que je termine sur une note optimiste, histoire de ne pas désespérer ceux qui croient encore qu’en haut lieu on fait tout pour les sortir de leur trou sordide. Je ne vais pas y manquer : chers amis qui aujourd’hui marchez à genou dans les miasmes du chomdu, consolez-vous, car demain vous allez ramper le nez dans le caca. J’ai d’ailleurs une grande nouvelle pour vous : bientôt esclavage pour tous (ou presque), et euthanasie obligatoire pour ceux qui sont pas d’accord. Avec ça, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles : fin du chomage garanti et bonheur éternel en chemise kaki...
La SF me fait songer à un microscope qui observe et grossit certaines tendances contemporaines. Elle le fait pour nous alerter et prévenir le pire, un pire qui ne manquerait pas de se produire si nous restons les bras croisés, à ruminer de béatitude devant ces machines à bêtifier que sont les télévises. Il faut se réveiller ! C’est ce que nous demande l’ouvrage d’Huxley, dont le génie visionnaire fût d’imaginer les conséquences possibles de ce qui se nommera bientôt "société de consommation" et qui traversait encore, à l’époque où il écrivait, sa phase de gestation. Aujourd’hui, nous avons les deux pieds dedans, et nous nous enfonçons tranquillement. N’attendons pas qu’un bon Samaritain nous tende la perche. Car les "bons Samaritains", ça n’existe que dans la Bible, et encore faut-il s’appeler Jésus pour bénéficier de leur service... Non, le meilleur point de départ, c’est de prendre enfin conscience que le bonheur ne se trouve ni se vend sous emballage, qu’il ne ressemble en rien à une vulgaire lessive prête à l’emploi. Le bonheur nécessite de retrousser ses manches. Ah, ce cruel bonheur qui est notre lot...
L’oeuvre dépasse souvent les intentions de l’auteur. Ainsi de Balzac, monarchiste et réactionnaire, dont les livres furent, de l’aveu même de Marx, une de ses sources pour la rédaction du Capital.
A Cuba, les cocotiers ont le droit de pousser librement. Saluons ce merveilleux progrés de la Démocratie. Saluons aussi le fait que Fidel, notre maitre vénéré, a décidé de transmettre le droit de vie et de mort qu’il a sur nous autres, pauvres vers de terre, à son petit frère adoré, Raul. Puisses tu nous écrabouiller comme au bon vieux temps, cher Raul, toi l’ami de la justice à coups de flingue, puisses tu nous enfermer dans tes camps et tes prisons, nous censurer et nous torturer. Nous te réclamons de nouveaux goulags, Raul ! Nous avons soif de souffrir et de mourrir. Mais accorde la vie éternelle pour ceux qui pensent que Fidel porte bien la barbe, et la mort pour tous les autres ! Faut pas charrier quand même.
Je suis amateur de ce genre musicale et j’espère que les guitares électriques ne viendront pas le polluer ! Si le rébétiko doit se renouveller, c’est uniquement au contact de musique tels que le tango ou le fado. Certains artistes n’hésitent pas à faire de fructueuses incursions dans ces genres cousins. Pour ce qui est de rendre "festif" le rébétiko, autant dire tout de suite qu’on veut le tuer ! Car c’est une musique fondamentalement nostalgique et pessimiste, d’où sa parenté profonde avec le tango et le fado. Une musique complétement à rebour de l’optimisme bétasse et survitaminé si cher aux américains et aussi, ne nous voilons pas la face, à des pans entiers de la jeunesse occidentale. Le rébétiko a plus à voir avec le poète Persan Omar Khayam qu’avec l’occident actuel, même si trés probablement aucune filiation n’existe entre les deux. Mais il n’est que de lire Khayam pour entendre leur parenté profonde, au-delà des formes et des contextes particuliers. Il m’arrive de réver qu’un jeune musicien perse découvre à son tour le rébétiko et se décide à mettre en musique les vers de Khayam...