"Entre un noir et un vétéran du Vietnam"... qui des deux choisiront les Américains ? Vous pronostiquez McCain, mais rien n’est sûr selon moi. Je pense que nous assisterons plus à un clivage de génération. McCain représente la génération Vietnam, la vieille garde, mais la nouvelle génération (moins de 50 ans) n’a pas connu le Vietnam, et est donc moins sensible à cet argument. Elle est aussi plus multi-ethnique, et l’espagnol est d’ailleurs même en train de supplanter l’anglais dans la vie de tout les jours. S’il est vrai qu’Obama risque de favoriser l’union de conservateurs derrière McCain, sa candidature suscite un intérêt jamais vu chez les plus jeunes, en particulier les 20-30 ans qui pourraient bien voter en bien plus grande masse que d’ordinaire. Les soutiens s’affichent ouvertement sur des réseaux comme Facebook, et on sent une mobilisation qui pourrait bien changer la donne classique. Un soutien dont je ne jouis pas Clinton, certes expérimentée, mais qui n’offre pas de réponse à cette soif de renouveau, en particulier dans un contexte de guerre d’Irak qui a lassé plus d’un, et de crise du système économique, avec le sentiment qu’il est temps de passer à autre chose. Il est très difficile je pense de se prononcer sur les résultats de novembre, car la grille de lecture est en train de changer, et tant que nous ne saurons pas qui se sera déplacé effectivement aux urnes, on n’aura pas la réponse. Les sondages donnent en effet des intentions de vote, mais pas qui ira jusqu’au bout en déposant son bulletin.
Il est vraiment difficile d’être catégorique sur qui a le plus de chance d’être le prochain président. Votre analyse touche des points justes, en particulier sur le fait que la communauté hispanique est plus derrière Clinton qu’Obama, mais elle occulte certains points, assez nouveaux dans une élection présendientielle. Outre les questions faciles : la communauté hispanique serait-elle forcément derrière McCain si Obama est le candidat démocrate par exemple, il y a un fait assez nouveau aux US : la mobilisation des jeunes et des nouveaux moyens de communications. On assiste d’ores et déjà à une vague au cours des primaires, où les bureaux de soutient fleurissent pour Obama en face de Clinton. Ce mouvement jeunes et internautes (notamment représenté sur Facebook), s’il reste sur cette lancée et va effectivement aux urnes, pourrait peser dans la balance au final, et il est difficile de croire que ce mouvement se tournerait vers McCain, trop vieux, trop dépassé, trop guerrier, trop à côté de la plaque. L’élection présidentielle pourrait finalement se ramener à un conflit de génération, entre un électorat âgé, mais puissant, et traditionnellement plus conservateur (mais la question des soins de santé risque de peser), et certainement, le sud blanc verra plus difficilement l’avènement d’un candidat métis (mais serait-il tellement prêt à voir une femme ?), et un nouvel électorat, anti-guerre, rêveur (les rêves portent alors plus qu’un programme solide, point fort de Clinton pourtant face à Obama), mais pour une fois, mobilisé. Cette vague était inexistante lors du duel Bush-Kerry. Quelle impact aura-t-elle ? Il me semble difficile de l’évaluer. Seul l’avenir donnera les réponses. En tout cas, je suis bien moins convaincu que vous en les chances de McCain, surtout sur la division que sa candidature provoque chez les conservateurs. Certes, ils ne voteront pas Obama, mais ils risquent de ne pas voter tout court ! La question que je me pose est finalement de savoir qui votera, plus que qui votera pour qui.
Peut-être as-tu raison ; nous ne le saurons qu’en novembre. Ta réponse est néanmoins un peu ironique à mes yeux, car je ne suis pas français, et j’ai envoyé mon commentaire depuis l’Amérique du Nord. Certes pas des Etats-Unis, mais néanmoins, je n’étais pas au courant de la réaction de Kouschner... mes sources principales d’information ne sont pas les médias français. Cela ne veut pas dire qu’elles soient impartiales, et que j’analyse correctement la situation,... mais je crois au moins pouvoir réfuter être victime de la vision franco-française
En quoi la situation au Parti Démocrate est-elle préocuppante ? Beaucoup d’électeurs démocrates apprécient tant Clinton qu’Obama, et nombres des sondés ont répondus qu’ils ont longtemps hésité entre les deux, mais qu’au final, ils seront satisfait quelques soit le candidat final. La mobilisation des démocrates est très forte, et si cette tendance reste, l’important ne sera pas tant de savoir qui sera le candidat démocrate, car l’un comme l’autre ont la cote pour l’élection présidentielle.
A l’inverse, chez les Républicains, McCain est présenté comme vainqueur par défaut, mais qui ne fédère pas les conservateurs, car la branche la plus conservatrice le trouve trop tiède, trop libéral.
Bref, il faut regarder derrière les chiffres, et la situation républicaine est bien plus préoccupante que la situation démocrate.
Je n’ai pas entendu parlé des sondages qui donnerait McCain gagnant au final (source ???), mais deux points à mettre en perspective selon moi...
1. McCain n’est pas Bush... être républicain ne signifie pas forcément suivre une politique aussi catastrophique que celle qui s’achève.
2. La mobilisation démocrate risque d’être bien plus forte que la mobilisation républicaine (surtout chez les jeunes : on observe des records de participation dans ces primaires). Les sondages tiennent-ils compte du taux de participation ? Jusqu’à présent, dans ces primaires et caucus, plus d’un sondage s’est trompé, et de plus, la course jusque novembre est encore longue, très longue. Bref, quel crédit accorder aujourd’hui à ces sondages ? Je pense qu’il faut encore attendre. (Mais personnellement, je parierais plus sur une victoire démocrate au final...)
Il est toujours intéressant de lire les témoignages, car chaque immigration est différente. Il n’y a pas de généralité, juste des cas personnels, mais pour paraphraser l’Auberge Espagnole, une immigration réussie est le fruit de ce que l’on apporte, non de ce que l’on s’attend à trouver.
Un an déjà que je suis au Québec, et si la création d’un tissu social prend du temps, il n’est reste pas moins que je considère maintenant que je suis chez moi. Et ce malgré que je ne pensais pas venir ici. Mais je ne cherche pas à m’intégrer, je cherche juste à m’adapter. J’ai mon passé, mon identité, je ne serai jamais pur Québécois, et franchement, cela ne m’intéresse pas. Non qu’être québécois soit une tare, ou quoi que ce soit. C’est juste que n’ayant pas grandi ici, je n’aurai jamais totalement la même vision, et être québécois, ce ne serait pas être moi. C’est une des raisons pourquoi je ne veux pas entendre parler de la loi 195. On n’impose pas une identité. Une identité est une caractéristique personnelle, fruit du parcours de tout en chacun. On vient avec, et on ne peut la renier, même sous couvert de vouloir s’intégrer. Alors on s’adapte, car forcément, ici c’est différent d’où on vient (et tant mieux, sinon pourquoi partir ???), on découvre un nouveau mode de vie, mais fondamentalement, on ne change pas. Par contre, on devient plus riche au fond de soi.
Quand on émigre, si on a trop d’attentes, on se prend toujours une claque car ce n’est jamais comme on le pensait, et souvent, on repart, déçu. Pourtant oui, on a essayé de s’intégrer, on en a fait des tonnes, tellement justement que cela sonnait faux et cela n’a trompé personne. Alors souvent oui, on rejette la faute aux autochtones, mais à leur place, comment aurions-nous réagi ?
Les émigrations réussies, on en parle moins, car finalement, les choses semblent alors couler de source. Il faut du temps, mais il faut avant tout rester soi-même, sans en faire trop ni trop peu. Car finalement, émigrer, c’est juste continuer son petit bout de chemin dans la vie. A la seule différence que c’est... ailleurs.