Le mot création est l’une de ces prétentions consanguines qui n’a de sens que dans les livres. La création traduit et matérialise le besoin enfantin d’existence dans le regard de l’autre qui obsède les gens sains. Car les fous, eux, ont la modestie et l’honnêteté de ne pas faire état ni commerce de leur soi-disant découvertes ex-nihilo.
Internet n’est qu’une technique de langage sophistiquée de plus qui, en promulguant la liberté extrême, a permis de définir les limites des utilisateurs et d’institutionnaliser l’autocensure comme outil démocratique. La dictature de l’instantanéité voudrait nous faire croire que nous sommes en pleine révolution, mais tout au plus il s’agit d’une vulgaire révision mécanique des 4,7 milliards d’années.
Les insultes ou jeux de l’esprit sont, quant à eux, gratuits lors de leur formulation confidentielle et payants a posteriori, via la diffusion de masse. Puisque la civilisation est l’objet de maîtrise sociale le plus high-tech, les lois qu’elle engendre ne tolèrent pas ce qui sort de son cadre mais elles pardonnent parfois pour le bon fonctionnement du système de refroidissement culturel.
L’entreprise monde est bien faite et ses employés bien dressés entre art addictif, économie de la nostalgie, vie par procuration et affect collectif.
Les survivants assurent la pérennité du service après-vente des ayants droits, de l’exception culturelle et des rubriques nécrologiques préfabriquées.
Les anonymes, eux, ont droit à une postérité dans un carré V.I.P. ou à une indifférence des plus logiques.
Quand l’un des congénères célèbres – de ces consommateurs admirateurs – arrive à la fin de son contrat, on rentre inexorablement dans le cycle du sacré et du révisionnisme angélique.
Qu’importe le bilan de l’icône laïque car tout est affaire de subjectivité majoritaire.
Le moyen le plus ordinaire de tuer le temps tout en simulant nos besoins naturels de violence reste le sport.
L’idée, en ce jour du seigneur et de psychanalyse du cuir, n’est pas de sustenter les dispensés d’EPS congénitaux, ni les junkies de la Ventoline et certainement pas de les opposer aux groupies de la testostérone en maillot mouillé et aux meurtriers de canapé.
Notre terrain de jeu sera votre salon, peut-être votre descendance et une banale histoire de but et de timing.
Le ressort économique et animal sont la promotion, la diffusion, l’instrumentalisation du sport dans une logique de contrôle social et d’embrigadement national, enfin comme partout.
Tout est une affaire de cycle électoral, d’amnésie collective et de timing économique.
Les antagonismes d’hier produisent les addictions de demain car elles ne sont que les parties visibles de l’interdépendance structurelle et géographique des peuples sédentarisés.
Depuis que les idées incarnent les hommes, et plus l’inverse, les symboles monopolisent le temps des négociations, tout en rendant mimétiques les extrêmes supposés.
Le monde est une construction sociale à géométrie variable et à durée déterminée où le moyen terme articule l’appareil idéologique des expansionnistes autarciques.
L’entreprise monde est bien faite et ses employés bien dressés entre art addictif, économie de la nostalgie, vie par procuration et affect collectif.
Les survivants assurent la pérennité du service après-vente des ayants droits, de l’exception culturelle et des rubriques nécrologiques préfabriquées.
Les anonymes, eux, ont droit à une postérité dans un carré V.I.P. ou à une indifférence des plus logiques.
Quand l’un des congénères célèbres – de ces consommateurs admirateurs – arrive à la fin de son contrat, on rentre inexorablement dans le cycle du sacré et du révisionnisme angélique.
Qu’importe le bilan de l’icône laïque car tout est affaire de subjectivité majoritaire.