Les frères Lumière doivent certainement chaque année
protester muettement dans leur tombe ou leur musée. Franchement ne pas donner
leur nom à la cérémonie de l’autosatisfaction en technicolor, c’est à la limite du négationnisme. Peut-être que la
science n’a pas sa place dans ce charlatanisme aléatoire qu’est devenu l’art.
La différence entre un ouvrier
quelconque et un intermittent du spectacle particulier, réside dans le fait que
le second a un besoin maladif et exhibitionniste de partager son besoin de
reconnaissance enfantine alors que le premier aime trop la procuration pour
éteindre la télévision. La ritualisation à outrance engendre plus souvent la
domestication trans-générationnelle et l’émotionnel prémédité que la désertion.
La peur est un instinct naturel et primaire. La
marchandisation de cette dernière atteste que la culture n’aura jamais le
dessus sur le jeu de la chaîne alimentaire.
La peur est le moteur et le copilote des redécoupages
territoriaux, de la lutte des religions pour le leadership, mais également des
fantaisies dogmatiques se construisant pour ou contre l’économie.
La mécanique humaine concède le bénéfice du doute à la
diplomatie, tant que celle-ci est rentable.
La peur est le baromètre idéal
pour scanner l’électorat national, pour fédérer les extrémistes et les modérés
ou, enfin, pour façonner des guerres à l’image de la sophistication
technologique et scientifique de la barbarie.
Le problème des révoltes révolutionnaires de nos
jours, c’est la confusion des genres, des géographies, des époques et des
définitions.
Un soulèvement populaire en Birmanie ne rejoint en rien
un pique-nique syndical de fonctionnaires à Paris.
L’overdose de temps libre provoque des abus de langage
sémantique, des prises d’otage de figures historiques, des jumelages
outranciers de luttes issues de la famine et de l’obésité. Voilà les bases de
l’économie du romantisme revendicatif dans les pays occidentaux.
Lorsque nous effectuons une analyse des modèles ou des
structures de contestation, nous constatons une chose commune : la non
tolérance des partisans du pour ou du contre.
Il y a une prétention bien malhonnête à avoir la
rébellion systématique quand nous sommes à l’abri du besoin matériel
garantissant la diffusion la propagande de canapé et que, dans le même temps,
nous pouvons nous plaindre tranquillement et judiciairement de cette oppression
machiavélique tuant les dissidents apolitiques à coup de cancer de la prostate
ou du sein.
Si j’étais directeur de casting institutionnel, connaissant l’avis volatile voire contre-productif de vox populi et la vulgarité consubstantielle des bénévoles humanistes, il faudrait anticiper les modes savamment marquetées et les mœurs faussement transgressives en promotionnant…
… des protagonistes en forme de logo ou de statistiques, correspondant au bruit du folklore et à l’odeur du groupe, le niveau de compétence et l’expérience sont accessoires dans cette affaire si les critères de fantasmes, de représentation puis de personnification sont remplis, ne pas s’inquiéter des dommages putatifs, l’arrière-boutique n’intéresse personne tant que la vitrine est belle.
Ou … des produits voués à l’échec, que la concurrence laisse en jachère car ils ne sont pas conformes au standard de vente, mais leur mise en marché plus symbolique que mercantile permet à la fois d’organiser la panique chez l’outsider et de diversifier son offre thématique, tout en fidélisant des consommateurs sans avoir à les éduquer.