Le problème des révoltes révolutionnaires de nos
jours, c’est la confusion des genres, des géographies, des époques et des
définitions.
Un soulèvement populaire en Birmanie ne rejoint en
rien un pique-nique syndical de fonctionnaires à Paris.
L’overdose de temps libre provoque des abus de langage
sémantique, des prises d’otage de figures historiques, des jumelages
outranciers de luttes issues de la famine et de l’obésité. Voilà les bases de
l’économie du romantisme revendicatif dans les pays occidentaux.
Lorsque nous effectuons une analyse des modèles ou des
structures de contestation, nous constatons une chose commune : la non
tolérance des partisans du pour ou du contre.
Il y a une prétention bien malhonnête à avoir la
rébellion systématique quand nous sommes à l’abri du besoin matériel
garantissant la diffusion la propagande de canapé et que, dans le même temps,
nous pouvons nous plaindre tranquillement et judiciairement de cette oppression
machiavélique tuant les dissidents apolitiques à coup de cancer de la prostate
ou du sein.
Le monde va mal, les gens souffrent, le chômage
augmente, tu as 50 ans, toujours pas de Rolex et quelque part cela te chagrine.
Le capitalisme a un cancer de la prostate mais tu le savais, le sphincter
industriel a craqué puis démissionné, les Chinois mangent les parts de marché
de nos étrangers à nous et tu ne peux rien dire à part opiner du sous-chef.
Oui et alors ?
Si la réponse à tous les problèmes est de marcher dans
la rue comme une armée de bovins avec des pancartes calligraphiées – à l’heure
d’internet – tout en scandant des slogans qu’auraient pu écrire un enfant de 7
ans après la mort de Bambi, félicitations, nous sommes officiellement dans la
merde Monsieur le proctologue professionnel.
Quand on met les gens la tête la
première dans leur mythomanie militante, ils rétorquent pathologiquement par un
désespéré et absolu : « mais qu’est ce que tu fais toi ? »
La théorie du sauveur cher à l’espèce humaine anime
les espoirs calculateurs des patriotes de chaque côté des frontières. En cas de
réussite, la béatitude règnera en maître chez les cyniques, mais aux vues de
l’histoire, on peut sereinement présumer un retour de cette animalité chère au
meurtre de masse légitime.
Qui est vraiment à blâmer entre la minorité des
hyperactifs défenseurs de tout et n’importe quoi et le gros de la chaire à
canon trop occupé au jeu de vie à crédit ?
Les grandes phrases pour éditorialistes en manque de
magie ponctueront des soliloques face caméra, on ne distinguera plus les
chaises vides des chaises musicales, les bouches n’auront plus de mots pour
leurs boniments et les mains les plus amicales préfèreront le silence à la
chaleur diplomatique.
En devenant
à la fois juge et victime, nous sommes tous devenus invisibles, en passant de
la société du spectacle au spectacle des sociétés
D’une guerre des
civilisations concernant le business de la religion au marketing viral pour le
repli communautaire global, les clients préfèrent le spectaculaire putassier à
l’introspection solitaire.
Al-Qaïda est plus utile sous assistance respiratoire
électorale que dans les mémoires à la fois victorieuses et infidèles car en
quête perpétuelle de nouveaux ennemis. Ces nouveaux hobbies pour lobbys
pourraient être l’obésité chez les enfants et le téléchargement pirate, mais
ils remplissent moins les carnets de commande du Ministère de la Défense.