À la croisée de chemins handicapés par un passif, plus
qu’un passé, les options de mutation offertes sont restreintes. Entre un
jusqu’au-boutisme originel pillé par les niches modérément extrémistes et le
copier/coller de façade de la fenêtre d’en face relevant plus du marketing que
la pratique citoyenne pour tous, on peut considérer que nous assistons aux
effets secondaires de l’excès de suffrage universel.
La troisième voie, celle de la
remise en question structurelle et l’analyse personnelle du parti est aussi
utopique qu’hypocrite car les résultats de ce type d’opérations de fond
forceraient la masse à la même autocritique qui dérangerait sa sieste
existentielle.
Depuis la levée de boucliers opportunistes avant les
Jeux olympico-marketing de Pékin, en passant par la polémique estivale
concernant le projet de loi EDVIGE, jusqu’au deux célébrités du moment HADOPI
la vénale et LOPSI 2 la masochiste, jamais le débat sur la coexistence entre la
liberté préfabriquée d’un côté et la sécurité commercialisable de l’autre n’a
été aussi âpre.
Et pour cause, avec internet
nous assistons à une mise à jour intégrale de la lutte bipolaire entre liberté
gratuite et sécurité à crédit.
La peur est un instinct naturel et primaire. La
marchandisation de cette dernière atteste que la culture n’aura jamais le
dessus sur le jeu de la chaîne alimentaire.
La peur est le moteur et le copilote des redécoupages
territoriaux, de la lutte des religions pour le leadership, mais également des
fantaisies dogmatiques se construisant pour ou contre l’économie.
La mécanique humaine concède le bénéfice du doute à la
diplomatie, tant que celle-ci est rentable.
La peur est le baromètre idéal
pour scanner l’électorat national, pour fédérer les extrémistes et les modérés
ou, enfin, pour façonner des guerres à l’image de la sophistication
technologique et scientifique de la barbarie.
Les peut-être existent pour l’ordre dans la précarité
du virtuel.
Une démocratie individuelle à l’extrême produit des
dictatures participatives commercialisables.
La conscience est une utopie et la fin une profession
de foi, lorsque l’on vit d’avatar et d’extime.
On nous laisse le choix de la confusion et de la
responsabilité de son concitoyen contre un peu des règles à respecter et des
portes ouvertes à transgresser.
Le fan club travestit le mot, le
groupe étouffe le sens, le camp tranche les réflexions, l’anonyme construit les
idées ou l’inverse.