Entre les réseaux de bienséances et la raison
économique, se trouve un territoire vide de sens.
Même le meilleur des partenariats peut toucher à sa
fin, à sa faim, plus en temps de crise que de famine.
Depuis que l’anticolonialisme
festif a laissé sa place à un mariage de convenance sans amour, la culpabilité
d’usage a construit des repentances saisonnières.
La meilleure des psychoses sait s’identifier à chacun
tout en parlant à tout le monde.
Elle joue sur les cordes sensibles ou pavloviennes de
tout un chacun en fournissant des cadavres exquis. Du drame sur mesure –
fonction des parts de marchés de votre média préféré –, de la famille
recomposée ou non, des héros anonymes et inopinés, mais également un suspens
savamment géré par les pouvoirs publics.
La proximité universelle à ce talent fonctionnel
d’unir les extrêmes dans une même zone en transformant un fait en une vérité.
Le besoin d’information
permanente, alliée aux remords de ceux prêchant le vrai et pratiquant le faux,
explique la pandémie de consultation chez le médecin ou sur Doctissimo.
Les peut-être existent pour l’ordre dans la précarité du virtuel.
Une démocratie individuelle à l’extrême produit des dictatures participatives commercialisables.
La conscience est une utopie et la fin une profession de foi, lorsque l’on vit d’avatar et d’extime.
On nous laisse le choix de la confusion et de la responsabilité de son concitoyen contre un peu des règles à respecter et des portes ouvertes à transgresser.
Le fan club travestit le mot, le groupe étouffe le sens, le camp tranche les réflexions, l’anonyme construit les idées ou l’inverse.