S’il y a un bien une partie de la population qui mérite la peine capitale en viager ou une grève à durée indéterminée, ce sont bien le gens du métro.
Ne vous méprenez pas.
Quand je dis « Les gens du métro », je ne parle pas des professionnels de la mendicité césarisables ou ces culs-de-jatte et autres estropiés extracommunautaires adeptes de « world musique ».
Quand je dis « Les gens du métro », j’évoque encore moins ces barbouzes amateurs et intégrés estampillés RATP, ex-agent de sécurité dans une superette de périphérie.
Quand je dis « Les gens du métro », je pense à eux, là, assis à côté de vous.
Eux, usagers et actionnaires des transports en commun. Coincés entre le refus du protectionnisme de l’industrie automobile et la pression morale du Grenelle de l’environnement.
Si j’étais directeur de casting institutionnel,
connaissant l’avis volatile voire contre-productif de vox populi et la
vulgarité consubstantielle des bénévoles humanistes, il faudrait anticiper les
modes savamment marquetées et les mœurs faussement transgressives en
promotionnant…
… des protagonistes en forme de logo ou de
statistiques, correspondant au bruit du folklore et à l’odeur du groupe, le
niveau de compétence et l’expérience sont accessoires dans cette affaire si les
critères de fantasmes, de représentation puis de personnification sont remplis,
ne pas s’inquiéter des dommages putatifs, l’arrière-boutique n’intéresse
personne tant que la vitrine est belle.
Ou … des produits voués à l’échec, que la concurrence
laisse en jachère car ils ne sont pas conformes au standard de vente, mais leur
mise en marché plus symbolique que mercantile permet à la fois d’organiser la
panique chez l’outsider et de diversifier son offre thématique, tout en
fidélisant des consommateurs sans avoir à les éduquer.
Ou … le naturel national, les fondamentaux
patriotiques et le collectif docile, les pratiquants professionnels de l’hymne
font de bons VRP républicains, le dirigisme empirique d’un entraîneur ou le
volontarisme conditionné d’un sportif séduit les futurs licenciés comme les
masochistes en manque d’autorité.
De nos jours, le nerf de la guerre, c’est le
flux. Afin de rentabiliser celui-ci, la politique du pire et du point non
retour est l’unique moyen d’alimenter les psychoses.
La confusion générale et les interrogations
personnelles construisent la mythologie de la panique numérique.
Le chaos est le meilleur moyen de contrôle des masses,
il est à la fois invisible et omniprésent.
De la téléphonie mobile 3G la
plus banale à la toxicomanie du clic, en passant par le rituel de la
télécommande, tout est bon pour se tenir au courant de tout et de rien.