L’Allemagne de 1933 était obligée de choisir le protectionnisme parce que sa politique de relance par l’armement, financée par la planche à billets, ne pouvait être efficace qu’en économie fermée.
Guerre et protectionnisme vont de pair. Montesquieu avait déjà intuité ça dans l’Esprit des Lois.
« Donc ça veut dire qu’il aurait fallu continuer à commercer avec l’Allemagne à ce moment là et à contribuer à sa puissance, afin qu’elle ne nous attaque pas. C’est bien ça ? Au moins avec de telles sorties ça n’invite pas au libre échange, c’est l’avantage de votre contribution ! »
Mais, on ne pouvait pas « continuer à commercer avec l’Allemagne » puisque celle-ci avait choisi le protectionnisme !
Vous avez raison, évidemment. D’ailleurs ce que vous dites est partagé par l’ensemble des économistes européens, dont je fais partie comme prof d’université.
Mais il est inutile de ferrailler avec les irrationnels de l’UPR (ou d’autres groupuscules extrémistes, de droite ou de gauche). Ils sont dans une démarche « magique » : ils croient qu’en tournant en boucle autour du gourou Asselineau en criant : « Hou, hou, article 50 », ils vont changer le monde.
Laissez les à leurs fantasmes. Tant qu’il tournent, ils ne sont pas dangereux.
L’ignorance économique est une vraie calamité chez nous, notre pays étant parfois vu, et faussement, comme « une URSS qui aurait réussi ».
TOUS les pays qui réussissent sont des pays dans lesquels les dirigeants politiques appliquent le Libéralisme, doctrine née au 18 è siècle, le siècle des Lumières.
C’est pourquoi, quand je lis des absurdités comme celles-ci :
Je continue à être convaincu que le retour à une monnaie nationale, directement pilotée par le gouvernement, des frontières économiques plus marquées et un refus de la déconstruction du service public sont des batailles fondamentales qu’il faut continuer à défendre.
je réagis comme prof d’université en économie, ayant 40 années d’enseignement et de recherche au compteur :
1/ Une monnaie « pilotée par un gouvernement », donc entre les mains des politiciens, est le moyen le plus sûr d’avoir de l’inflation, dérapant en hyperinflation. On a vu ce que donnait l’hyperinflation en Allemagne en 1923-25 : l’oeuf du serpent. La spoliation des épargnants, qui n’avaient pas changé leurs RM en dollars, a accouché d’un monstre : Adolf Hitler et d’un mot d’ordre : l’anti-sémitisme par dénonciation des banques et de la finance internationale.
2/ Le protectionnisme d’un pays pousse au protectionnisme des autres. On a vu ce que le protectionnisme a donné en Allemagne à partir de 1933 : le monstre précité a déclenché une guerre mondiale pour piller les pays où se trouvaient les matières premières dont il avait besoin, matières premières qu’il ne pouvait plus acquérir par l’échange marchand.
3/ Un service public peut exister avec des entreprises privées qui se font concurrence : cela s’appelle une délégation de service public (DSP). Dans certains cas, bien précis, un service public doit rester un service public : la sécurité, intérieure et extérieure, des citoyens par exemple.