Si l’inflation était élevée dans les années 80, c’est parce que la banque de France n’était pas indépendante et que les gouvernements de l’époque l’incitaient à garder ses taux intentionnellement bas. La loi de 73 ne suffisait pas à elle seule pour nous protéger de ces jeux monétaires néfastes, il a fallu attendre la loi E. Alphandéry du 4 août 93 pour y parvenir ( le lien que vous avez fourni nous le montre clairement).
Oui, mais le résultat entre le crédit d’une banque et celui de la BCE serait le même seulement si la BCE réévaluait pareillement à la hausse ses taux d’intérêt pour tenir compte de l’accroissement de la masse monétaire ainsi suscitée. Seulement voilà, si la BCE augmente ses taux cela aura forcément des conséquences négatives sur la croissance ce qui irait à l’inverse du résultat escompté. La BCE, comme la BoE actuellement, n’aurait donc d’autre choix que de garder les taux inchangés et laisser ainsi filer l’inflation. Ce qui revient comme je le disais à faire payer les consommateurs pour le déficit de l’état.
Et l’on peut même se demander s’il ne vaudrait pas mieux augmenter la TVA pour combler le déficit plutôt que de jouer sur une inflation qui, quant à elle, a de bonne chances de s’envoler bien plus haut que ce que l’état aurait prélevé en TVA. Et enfin pire que tout, depuis les années 70, plus aucun plan de relance financé de cette façon n’a jamais réussi à relancer la croissance nulle part dans le monde. Regardez le Japon ou encore la Grande Bretagne laquelle se prépare à un deuxième quantitative easing alors que le premier a été totalement sans effet sur la croissance mais que l’inflation quant à elle s’envole ! Au bout du compte les Britanniques payent en inflation des plans de relance parfaitement inutiles et voire destructeurs.
Franchement, sans verser dans le monétarisme primaire, je dirais qu’il ne me semble pas évident que les intérêts que nous payons sur notre dette soient réellement pires que les conséquences de tous ces jeux de dupes avec la monnaie.
Oui mais vous ne pourrez pas bloquer les prix des matières premières tout comme celui de la plupart des consommations intermédiaires. Les entreprises françaises verront alors leur coût de production exploser et, ne pouvant pas répercuter cette hausse sur les prix, elles déposeront le bilan les unes à la suite des autres ou alors... elles délocaliseront.
Oui mais nous savons tous qu’en vérité, c’est toujours la banque centrale (et en l’occurrence la BCE) qui contrôle l’accroissement de la masse monétaire en fixant les taux d’intérêt. Donc, si on a déjà le contrôle de la banque centrale (la banque de France si l’on reprend la monnaie nationale), ça ne va pas changer grand chose de nationaliser les banques, sinon faire fuir de plus bel les investisseurs et rendre d’autant plus difficile le financement de notre déficit.
Certains politiques nous vendent des solutions miracles mais si l’on se donne la peine d’y réfléchir sereinement, on est forcé de réaliser que les miracles n’existent pas et que l’on ne peut faire surgir des richesses du néant par un coup de banque magique. Non les richesses il n’y a pas d’autre solution que de les créer en produisant des marchandises qui se vendent et rapportent de l’argent.
Emprunter à la banque de France ou à la BCE aura les mêmes conséquences : une poussée de l’inflation qui viendra augmenter le prix de toutes nos marchandises comme si l’on y avait mis 10 point de TVA supplémentaires. La seule différence c’est que nous n’aurions plus l’Euro mais le Franc et, vu que la dette que nous avons déjà est libellée en Euro, celle-ci augmenterait au fur et à mesure que nous emprunterions à la banque de France et ferions ainsi décliner la valeur de notre monnaie. A la longue, nous n’aurions même plus les moyens de rembourser les intérêts de la dette et notre faillite serait assurée. Quant à taxer les produits chinois, c’est de la blague ! La plupart des produits manufacturés en Chine que nous achetons ne sont pas chinois mais occidentaux. Et si vous voulez taxer tout ce qui vient de Chine, vous allez devoir taxer à peu près tout ce qui va entrer en France. Mais dites-vous dans ce cas que les étrangers agiront de la même façon avec les produits français lesquels ne s’exporteront carrément plus. La France qui n’a plus connu de famine depuis des siècles pourrait bien alors en redécouvrir les affres...
@ jaja
D’accord refusons de payer notre dette. Mais qui va ensuite vouloir nous prêter de l’argent car je vous rappelle que notre déficit frôle les 10% et que même si nous n’avions plus les intérêts de la dette à payer, nous ne pourrions quand même pas boucler notre budget sans emprunter !!! La solution serait alors de revenir au franc puis de créer de la monnaie augmentant ainsi la masse monétaire et l’inflation. Mais cela provoquera alors une flambée des prix et ce sont les consommateurs qui devraient au final quand même rembourser en payant leurs marchandises plus chères.
Vous voyez, il n’y a pas de solution miracle ! La seule VRAIE solution serait de relancer la croissance mais il n’existe qu’une seule façon d’y arriver, c’est de réduire le coût du travail avec toutes les conséquences sociales que cela implique.