Qui plus est, cette inflation dont je parle ici serait dû à un excès de la masse monétaire pas à une surchauffe de l’économie due à une forte croissance.
« La France plaide en ce moment pour une monétisation de la dette grecque. Pouvez-vous m’expliquer ce que ça signifie ? »
Cela consiste à créer de la monnaie pour acheter de la dette grecque. En pratique, la BCE imprime des billets et s’en sert pour acheter des obligations d’état grecques. Le problème c’est que cela produit de l’inflation et d’autant plus d’inflation d’ailleurs que la croissance est faible. Or ces temps-ci notre croissance est carrément anémique...
Certains à l’extrême gauche comme à l’extrême droite militent aujourd’hui pour que l’on rende aux états cette possibilité de financement. Et ils nous le présentent comme le remède miracle à la crise des dettes souveraines. Seulement ça n’en est pas un, car sans croissance économique, les tenants de la monétisation de la dette évitent bien de nous dire quel sérieux risque d’hyperinflation cela nous feraient courir.
Le système n’est pas en crise, le système n’est pas arrivé au point de rupture, le système se porte même très bien dans la plupart des pays du monde, en fait, il n’y a qu’en Occident que le système donne l’impression de mal se porter, ce qui laisse supposer que ce n’est finalement pas le système qui est en crise, mais l’Occident et lui seul.
Et si nous sommes en crise, c’est parce que des Occidentaux ont été fainéants et ont vécu au-dessus de leurs moyens. La crise se terminera donc quand les Occidentaux réduiront leur niveau de vie et travailleront plus pour gagner moins. Et par conséquent, soit les Occidentaux comprennent qu’ils doivent libéraliser leurs économies, soit les Occidentaux s’obstinent dans l’erreur et ils vont inévitablement à la ruine. Mais dans un cas comme dans l’autre, à la fin, ils travailleront plus pour gagner moins et vivront donc plus modestement.
Quoi qu’il arrive, la crise va donc se régler d’elle-même, avec le consentement des Occidentaux... ou sans.