Pour ce qui est du marché, la seule façon de le supprimer c’est de retirer complètement aux gens la liberté de choisir. Sans quoi, vous imaginez bien qu’il y aura des produits qui rencontreront le succès et d’autres non, ce qui nous amènera encore une fois à faire des études de marché pour chaque lancement de nouveau produit ou à louer les services de spécialistes du marketing. Bref, on ne s’en sortira pas !
Non, si l’on veut réellement supprimer le marché, il est impératif de retirer aux gens toute liberté de choisir. Ce choix doit être confié à des experts qui auront le devoir de décider à la place des autres quelle est la meilleure lessive, le meilleur dentifrice, le meilleur déodorant, le meilleur ordinateur, la meilleure voiture, le meilleur réfrigérateur et ainsi de suite de sorte que les gens ne pourront plus du tout faire le moindre choix, il n’y aura plus de concurrence et donc forcément plus de marché !
Mais là je vous le dis sans détour, je préfère me pendre que de vivre dans un tel monde.
mmmh... Il me semble que c’est vous qui avez abordé le problème des justifications, moi je n’ai fait que m’interroger sur ce soudain réveil de votre sens moral.
Pour supprimer le marché c’est simple, il suffit de retirer aux hommes la liberté de choisir ce qu’ils veulent acheter. Mais comment saurons-nous ensuite quel produit intéressera les gens et lequel ne les intéressera pas ? Car il faudra bien le savoir pour décider de façon avisée de ce qui sera fabriqué ou non. Steve Jobs semblait doué de la capacité d’appréhender mieux que nul autre ce qui allait intéresser ou non ses semblables. Il faudrait que l’on réussisse à isoler le gène « Steve Jobs » afin de concevoir par génie génétique un groupe d’experts à qui l’on confiera la tâche de décider pour nous de ce qui va nous intéresser.
Mais bon, honnêtement, ne vaudrait-il pas mieux selon vous laisser chacun libre de choisir lui-même ? Pourquoi serait-il indispensable de supprimer le marché ?
Et depuis quand vous souciez-vous des justifications de cette évolution volontaire vous qui disiez la considérer avec indifférence dites-moi ?
On ne se transformera en cyborg comme vous dites que si cela présente un intérêt. Et ce qui fera que nous aurons intérêt à telle ou telle transformation, ce ne seront pas seulement les contraintes naturelles mais également les contraintes économiques : adapter nos enfants au marché de l’emploi (le marché OUI), afin de leur donner les qualités qui assureront leur succès professionnel.
Ça réveille enfin votre sens moral ? Mieux vaut tard que jamais hein ?!
Nous nous déplaçons en voiture au lieu de marcher, nous irradions notre cerveau régulièrement avec nos portables, nous stressons au boulot et nous restons des heures durant le cul vissé sur une chaise derrière un ordinateur de sorte que la faiblesse de notre activité physique induit chez nous cancers et maladies coronariennes. Vous voyez bien que toutes ces technologies affectent notre façon de vivre et donc notre santé. La nature quand elle nous a conçu n’avait pas pensé qu’un jour nous télé-travaillerions ou ferions nos courses sur le net. Elle n’a pas pu prévu notre cœur et nos artères en conséquence. Si nous voulons vivre demain en bonne santé et par conséquent nous transformer génétiquement pour qu’il en soit ainsi, ce sera forcément en fonction des contraintes de notre vie sociale et professionnelle future. Auquel cas, c’est bel et bien le marché qui prendrait alors le contrôle de notre évolution et non pas nous, ou du moins, pas davantage que nous contrôlons réellement notre futur.
@ Il est presque certain que nous serons beaucoup moins nombreux dans une centaine d’année.
Il n’y a au contraire rien de moins certain.
Vous n’avez aucune idée des possibilités que les technologies du futur nous offriront. Qui me dit que dans cent ans il n’y aura pas un milliard d’humains sur Mars et dix milliards sur Terre. Qui me dit qu’il n’y aura pas une industrie agro-alimentaires sur la Lune, dans l’espace où je ne sais où ? Qui peut prévoir l’avenir et ce dont nous serons capables ? On ne planifie qu’en fonction de ce que l’on peut prévoir et rien d’autre. Et la seule chose que je peux quant à moi prévoir, c’est que l’imagination humaine n’aura pas davantage de limite demain qu’aujourd’hui.