Merci de votre réponse. Je ne sais pas si le propos est caricatural dans son ensemble, mais je concède par contre avoir éludé la partie EN. Vous avez très certainement raison sur le rôle destructeur de l’école, où nos enfants passent la majeure partie de leur temps éveillé ! Si j’ai plutôt parlé des parents, c’est parce c’est ce sur quoi j’ai directement prise. Changer l’EN est un projet politique à long terme. Changer de comportement parental ça peut être demain. - - Par contre je ne suis pas d’accord avec le fait que les comportements parentaux déplorables ne concerneraient qu’une frange marginale de nos sociétés. C’est un constat personnel et donc forcément subjectif certes, mais je crois pouvoir affirmer que beaucoup de parents n’en n’ont à peu près rien à secouer de leur marmots. L’Ecole n’y ai pour rien si certains enfants ne vont jamais au musée mais ont les pompes dernier cri, ou un nouveau smartphone tous les ans. Ces parents ont démissionné, sont incapables de protéger leur enfants d’une société violente, et cèdent chaque jour à cette société pour avoir la paix. - - Bref, les problèmes ont toujours plusieurs facteurs, merci de me le rappeler, et si vous retrouvez l’article que vous mentionnez, envoyez-moi le lien !
Puisqu’il est posé en forme d’interrogation, je vais essayer d’y répondre selon
ma propre vision de jeune adulte.
Tout d’abord Fergus dit : Sans doute pas pour la plupart d’entre eux, mais leurs esprits en phase de
construction - un ado n’est pas un adulte ! Je pense que c’est une erreur du monde occidental contemporain. A 12, 13 ou
14 ans la personnalité est déjà formée dans sa très grande majorité.
L’empathie, la curiosité, la tolérance, l’égoïsme, et d’autres qualités sont
déjà très fortement décidées à cet âge là.
Et notre réponse -que nous concevons comme celle d’un adulte à un enfant - est
totalement inappropriée. Attention ! Je ne dis pas qu’il faut agir comme on le
ferait avec des adultes mûrs, mais qu’il faut totalement repenser notre rapport
aux adolescents... - - Vous parlez de problèmes psychologiques, et je pense que ceux-ci se
manifestent ou se construisent dès le plus jeune âge. Depuis quelques temps je
m’amuse à une petite expérience dans les transports en communs :
Lorsque je vois un enfant, quel que soit son âge, je lui souris. Un être humain
normalement constitué, et placé dans un cadre pas trop hostile, est
naturellement enclin à reproduire les expressions de ses interlocuteurs (c’est
le phénomène physiologique des neurones miroirs). Et la plupart des tous
petits, vont naturellement sourire, même aux parfaits étrangers.
Mais certains, restent totalement inertes, ou font même des moues d’étonnement
inquiétantes. Ils ne parviennent pas à communiquer avec moi, ils ne comprennent
pas l’émotion que je tente de faire passer.
Puis j’observe les parents, et cela ne rate quasiment jamais. On retrouve
souvent cette expression d’inertie émotionnelle, ou bien le néant (un regard
absolument bovin). Parfois le parent est vissé à son téléphone/tablette, est
agressif envers son enfant et pas du tout attentif "’tin mais arrête de
bouger, laisse maman regarder son film !". Comment ces enfants pourraient-ils reproduire quelque chose qu’il ne voit
jamais ? Comment faire preuve d’empathie lorsque les contacts humains sont
réduits à la nécessité matérielle ?
- - Cela me permet d’arriver au cœur du sujet : si les enfants sont des tyrans,
c’est parce qu’il n’y a plus d’adultes. Allumez la télé, et vous ne verrez
que des enfants capricieux et irresponsables. Ce n’est même pas la peine
d’aller sur un programme de télé réalité, regardez le JT, les débats
politiques... agitations, mensonges, tromperies, moqueries, loi de celui qui
parle le plus fort... Même si vous ne percevez pas les mensonges du
présentateur, votre subconscient le capte parfaitement, et cela devient peu à
peu normal pour votre esprit tout entier.
- -
Les adultes sont irresponsables vis-à-vis de leurs propres enfants. Vous avez
parlé du corps enseignant, mais c’est bien sûr le cas des parents eux-mêmes. Le
problème n’est pas tant dans la violence des jeux vidéos, des réseaux sociaux
ou des films, mais plutôt dans le fait que les parents abandonnent leurs enfants
sur ces machines. C’est bien pratique, on a la paix... mais fait-on des enfants
pour avoir la paix ?
Combien de parents prennent le temps de jouer aux avec leurs enfants ? Combien
de parents prennent le temps de regarder le film avec leurs enfants, pour être
là lorsqu’ils posent des questions.
Combien prennent le temps de jouer aux jeux vidéos avec eux ?? C’est pourtant
très agréable de jouer en famille. Cela permet de surcroît de limiter et de
contrôler le temps passé sur ces médias : une heure par jour de jeux vidéos ? OK,
mais ensemble !
- - Enfin, les enfants perdent confiances en les adultes parce que ceux-ci ne
représentent plus rien. Je me souviens avoir eu des problèmes de
« petits durs » qui martyrisaient les autres élèves. Mais je
savais que je pouvais faire confiance en mes parents, et que mon père (ou même
ma mère) n’hésiterait pas à faire passer un sale quart-d ‘heure à celui qui
irait trop loin.
Vous croyez sincèrement qu’un gosse de 12, 14 ou même 16 ans fait le poids face
à un adulte droit dans ses pompes une fois pris entre quatre yeux ? Comment avoir confiance en ses parents si ceux-ci ont perdu tout sens de
l’honneur, flippent à la moindre dérive ? Comment s’en remettre à quelqu’un
qui ne serait pas capable de vous défendre physiquement si c’était nécessaire ?
Effectivement, ces quartiers sont aussi victimes de l’ultra capitalisme qui détruit les commerces. Mais pas uniquement. En ce qui concerne les services publiques, il y a une dégradation systématique du bien commun dans certains quartiers. Tout service publique est vu comme une extension de l’autorité et détruit. Le cas des Velib’ à Aubervillier (article de Libé) - - J’ai eu la chance de vivre dans de nombreux quartiers autour de Paris - Pantin, 20ème, Vincennes, Hauts-de-Seine- et tous sont à peu près identiquement fournis en services publiques. Mais dans certains endroits, je vous laisse deviner lesquels, c’est sales, c’est cassé, personne ne paye, personne ne dit bonjour au conducteur, il faut slalomer entre les déjections canines. Tout le monde s’en tape, « c’est pas à moi je m’en fou ». La conséquence est qu’on fini par vivre dans notre propre merde, on fini par détester le quartier qu’on a soi-même contribué à détruire. Si celui-ci n’était déjà pas super, il finit par devenir un enfer. C’est vrai que les « bourges » ne vivent pas dans des barres HLM... Mais leur cage d’escalier n’est pas taguée... - - La notion de « bien commun » est vitale pour avoir un cadre de vie convenable. Au même titre que l’humanité détruit sa planète, des gens détruisent leur quartier. Dans les deux cas ils finiront par se plaindre de ce qu’ils ont provoqué. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »
Je fais moi-même beaucoup de programmation, mais je n’ai pas (hélas) l’occasion de faire de l’algèbre ou de l’analyse... Les rares fois ou je dois inverser des matrices ou quelque chose de similaire, je m’amuse à développer mes propres bout de code, faisant remonter des souvenirs qui vous paraîtraient très très récents, mais qui commence quelque peu à s’embuer quand même... J’irai jeter un œil à vos sources, ça me donnera aussi l’occasion de me (re)mettre au Python.
@Howahkan Je crois comprendre votre argument... Vous opposez la raison et la spiritualité, ou en tout cas vous divisez l’esprit selon ces deux plans. Si on s’en tient à votre postulat, votre discours est logique. Mais il me semble qu’il y a en fait plutôt trois plans : - Le spirituel - La raison - L’émotion / instinct Et si vous voulez une métaphore cela serait (dans le même ordre) : - Le divin - L’humain - L’animal
Et dans ce cas la raison ne s’oppose plus au spirituel. Il me semble d’ailleurs que les dégâts des sociétés occidentales, sont justifiés par l’émotion : « C’est bien / c’est mal ». « Nous sommes les gentils », etc. Aucun raisonnement logique poussé jusqu’au bout ne peut mener à détruire son voisin. Il me semble - en tout cas c’est le cheminement de ma pensée - que la raison nous pousse à vivre en paix. La raison à travers la technique nous permettrait de travailler moins et d’avoir plus de temps à consacrer à notre spiritualité (je ne parle pas forcément de prière). Si c’est le contraire qui se passe, c’est par avidité et folie de certains, par l’émotion négative, par l’impulsivité des riches... Autre exemple : les couples qui tiennent le mieux, sont ceux qui peuvent résoudre le court-terme ou les problèmes fonctionnels par le dialogue (raison), et qui peuvent construire une synergie sur le long terme (une sorte de complémentarité des êtres, infiniment proche du spirituel). L’amour enflammé fini très souvent en haine terrible.
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En conclusion, l’esprit scientifique n’est qu’un outil qui permet de résoudre des problèmes. Et il peut être mis au service de l’émotion « Je veux ta terre, parce que je veux toujours plus », « Je te hais donc je te détruis », ou bien au service du spirituel (aucune notion de dieu la dedans, en tout cas ce n’est pas nécessaire) « Quel est ma place sur Terre, comment rendre cette vie meilleure ? »
Et il me semble, que notre société, totalement émotive, est dirigée par des gens sans spiritualité et sans raison : ce qui amène à l’immense stupidité qui règne en géopolitique actuelle.