Je pense d’ailleurs que nous arrivons à un point sensible de la démonstration. Bourdieu en parlait en évoquant le racisme de l’intelligence. Cela contribue sans doute fortement à l’idéologie anti-égalitariste.
Certes, de nos jours, l’expression « égalitédeschances » renvoie plus banalement à la conception libérale anti-égalitaire ou à sa variante dite sociale-libérale. Il n’en reste pas moins qu’elle permet de diluer et de dénaturer l’idée d’égalité, à la fois comme réalité et comme horizon.
Car là où il y a égalité, par définition il n’y a pas besoin de chance ; et là où il y a chance, il n’y a pas égalité, mais hasard, gros lot ou lot de consolation... Le mot chance ne renvoie-t-il pas au monde de la loterie, un monde où l’on parie ? Un monde où quelques-uns gagnent... et où la plupart perdent ?
En matière de facsisme, vous vous y entendez (du moins dans ses formes réthoriques), vous qui qualifiez de « sous-hommes » ceux qui s’identifient dans le combat communiste.