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William7

Sociologue et intervenant social.

Tableau de bord

  • Premier article le 15/05/2009
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Derniers commentaires



  • William7 20 juillet 2010 06:31

    Bon, une chose tout d’abord. Que les droitiers arrêtent de reprendre, comme des chiens de pavlov, ce prêt-à-penser du « politiquement correct » qui est un obstacle à la discussion. Vous vous faites plaisir, mais il me semble au contraire, qu’aujourd’hui, vu l’ambiance, le courage (et la compétence) est du côté de Mucchielli, pas de Raufer.

    Ainsi donc, la sociologie ne peut rien dire au sujet des violences urbaines. Les explications doivent toutes se situer du côté du culturalisme (c’est pas une théorie sociologique ça ? moins niaise puisqu’elle peut correspondre à votre idéologie je suppose) et la psychologie des « racailles ». In fine, l’exaltation de la responsabilité individuelle et la réaction pénale comme réponse politique est une banalité d’usage qui se donne les atours de la nouveauté. On enrobe le tout d’une bonne dose d’empirisme brut et viril comme critère de vérité. Emballé, c’est pesé.

    Ce qui vous pique tant, c’est pas tant que la sociologie nous aide à interpréter des phénomènes que vos fantasmes assimilationnistes qui la perçoivent comme une discipline de l’excuse. Et encore une fois, nous retrouvons les réflexes pavloviens des droitiers.



  • William7 15 juillet 2010 06:47

    Est-ce que l’auteur accepte, comme Ludwig Von Mises, ce que Marx disait au sujet de l’accumulation primitive ?

    Le tour de passe-passe des libéraux a toujours été de négliger cet aspect jugé « normal ».



  • William7 2 juillet 2010 14:34

    La novlangue droitière du « politiquement correct » ou de la « bienpensance » fonctionne à plein régime. C’est l’effet Zemmour.

    Votre effroi me semble, au contraire, le signe que la réaction essaie d’interdire un débat public ou de produire une vraie et belle discussion serrée sur la question. L’intimidation consistant à dire que les travaux (jamais vraiment discuté puisque disqualifié apriori comme idéologique) des sociologues ou criminologues sur la délinquance sont des « excuses » est aujourd’hui clairement une pensée diffusée massivement. Une idéologie dominante ?

    En fait, l’enjeux est de définir les frontières du pensable. J’avais déjà abordé cette problèmatique dans mon article « L »idéologie de la responsabilisation". De manière beaucoup plus rigoureuse, Alain Bihr, Loïc Wacquant, Geoffrey Geuens, ont également travaillé cette question.





  • William7 17 juin 2010 15:16

    Bourdieu le disait bien : il faut avoir à l’esprit qu’il n’y a pas un racisme, mais des racismes : il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence.

    Il est vrai que cette notion de méritocratie (dont les tenants sont toujours, je le répète, soumis au danger de racisme ou de naturalisme biologisant) est intimement liée à la justification des inégalités dans un système capitaliste, mais on peut dire que le libéralisme lui offre sa doctrine la plus « aboutie ». Relisez Pareto, Schumpeter, Mosca, etc.

    Lisez également la thèse de Laurin-Frenette.

    La théorie schumpétérienne des classes exprime de la façon la plus claire et la

    plus cohérente les postulats essentiels du libéralisme. Le principe selon lequel

    le succès est proportionnel au mérite n’est, en effet, qu’une première approximation

    de la croyance libérale à la valeur déterminante de l’individu et des

    talents et performances individuelles. Que le succès vienne à ceux qui le

    méritent par leurs capacités et leurs efforts implique que la valeur des

    concurrents n’est pas donnée comme égale au point de départ. L’égalité ne

    réside que dans la chance égale accordée à tous les individus de faire valoir

    leurs aptitudes ; l’égalité n’est que l’assurance que les règles de la concurrence

    seront respectées et que quiconque a de la valeur pourra la faire reconnaître.

    C’est à cette nécessité que correspond le thème fonctionnaliste de la mobilité

    sociale. Le principe des chances égales signifie que les mécanismes de

    sélection sociale opèrent sur la base de l’inégalité, naturelle des individus ; il

    implique qu’un individu supérieur aura toutes les chances de faire reconnaître

    son mérite et que les autres individus auront l’obligation corrélative de

    reconnaître sa supériorité. On confond souvent à tort ce principe libéral de

    l’égalité pour tous avec la croyance à l’égalité de nature des individus. Ce qui

    caractérise l’idéologie bourgeoise n’est pas la reconnaissance d’une égalité

    entre les individus mais d’une inégalité fondée sur leur nature même plutôt

    que sur des critères extérieurs à l’individu comme le droit divin dans

    l’idéologie politico-religieuse féodale ou des critères indépendants des qualités

    réelles comme la noblesse héréditaire. La théorie de Schumpeter est précisément

    une négation de ces critères hiérarchiques de type aristocratique et une

    tentative de démontrer que les principes et les croyances libérales ont une

    vérité objective et une valeur universelle. Rien ne distingue, dans l’analyse

    schumpétérienne, l’entrepreneur industriel de l’aristocrate féodal ou du

    technocrate socialiste sinon la manière dont chacun fait valoir sa supériorité

    naturelle en matière de leadership social. Schumpeter insiste seulement pour

    qu’on reconnaisse que les lois naturelles et universelles de la sélection sociale

    n’ont nulle part fait la preuve de leur mérite aussi bien que dans la société

    capitaliste, parce que celle-ci les avait érigées en principe pratique et conscient

    de son fonctionnement et ne leur opposait aucune résistance indue comme

    pourrait le faire une société socialiste.



     

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