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William7

Sociologue et intervenant social.

Tableau de bord

  • Premier article le 15/05/2009
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Derniers commentaires



  • William7 20 juillet 2010 14:13

    La sociologie est bien souvent une discipline qui utilise les ressources de l’ethnologie ou des techniques d’enquête (lire mucchielli). Dès lors, évoquer une « discipline de salon » n’est qu’un indicateur de votre absolu refus du débat sur la question et donc de votre positionnement strictement idéologique.




  • William7 20 juillet 2010 10:41

    Il me semble que monsieur Mucchielli ferait bien d’indiquer certains de ces travaux ou articles. La plupart sont très intéressants et bien documentés.

    Notamment celui-ci :
    http://www.cairn.info/revue-population-2004-2-page-203.htm


    Les homicides disent beaucoup sur les fractures des sociétés où ils se produisent. Les dossiers criminels ne contiennent pas seulement des indications sur les circonstances des meurtres ; ils informent très largement sur les caractéristiques biographiques des meurtriers, même s’ils sont peu prolixes sur les victimes. A partir d’une étude exhaustive des dossiers criminels jugés dans le département français des Yvelines dans les années 1990, Laurent Mucchiellimontre qu’ appartenant dans leur quasi-totalité aux classes populaires, les meurtriers sont des hommes marqués par de lourds handicaps familiaux, scolaires et sociaux, qui dans leur majorité sont inactifs et n’ont pas de vie conjugale au moment des faits. Les victimes appartiennent aux mêmes catégories sociales mais sont, plus souvent que les meurtriers, de sexe féminin. Certaines histoires de vie, dans lesquelles les individus ont peu reçu dans le passé et n’ ont rien à perdre dans le présent, poussent ainsi à accorder moins de prix à la vie des autres aussi bien qu’à la sienne



  • William7 20 juillet 2010 10:35

    Ce qui me fait sourire avec votre « tolérance zéro », c’est qu’elle accrédite, au contraire, une lecture sociologiste ou « sociale », puisqu’il fut bien documenté que ces dispositifs, malgré les dénégations de ces laudateurs, constituaient le symptôme ultime du traitement pénal de la pauvreté.

    Wacquant le rappelle bien dans ses travaux, puisqu’il montrait bien que le discours de tolérance zéro s’est focalisé, à l’origine, sur les « squeegee men ».

    http://www.atheles.org/agone/revueagone/agone22/index.html

    « À New York, nous savons où est l’ennemi », déclarait William Bratton, le nouveau Chef de la police de New York… En l’occurrence : les « squeegee men », ces sans-abri qui accostent les automobilistes aux feux pour leur proposer de laver leur pare-brise contre menue monnaie, (Giuliani avait fait d’eux le symbole honni du déclin social et moral de la ville lors de sa campagne électorale victorieuse de 1993, et la presse populaire les assimile ouvertement à de la vermine : « squeegee pests »), les petits revendeurs de drogue, les prostituées, les mendiants, les vagabonds et les graffiteurs. Bref, le sous-prolétariat que cible en priorité la politique de « tolérance zéro » dont l’objectif affiché est de rétablir la « qualité de la vie » des New-Yorkais qui savent, eux, se comporter en public, c’est-à-dire des classes moyennes et supérieures, celles qui votent encore.



  • William7 20 juillet 2010 07:34

    Dans ses derniers travaux, Wacquant évoque une quatrième dimension de l’Etat pénal néo-libéral qui est le « trope de la responsabilité individuelle ».

    http://civilisations.revues.org/index2249.html

    Le trope culturel de la responsabilité individuelle, qui envahit toutes les sphères de l’existence pour fournir un « vocabulaire de motivation » – comme dirait C.Wright Mills – pour la construction du soi (pensé sur le modèle de l’entrepreneur), la diffusion des marchés et la légitimation de la compétition élargie qu’elle implique, dont la contrepartie est la déresponsabilisation des grandes firmes et le défaussement de l’État (ou en tout cas la réduction draconienne de sa prise en charge en matière économique et sociale).

    Cependant, comme il le dit lui-même, cette partie de son travail est « sous-développée », ne faudrait-il pas reprendre cette thématique et en faire une critique encore plus argumentée ?



  • William7 20 juillet 2010 06:44

    Un petit retour historique pour montrer le ralliement de la gauche au « politiquement correct » droitier. smiley

    Si les explications sociales de la délinquance ont à ce point disparu du débat public, c’est parce que le socialisme de gouvernement s’est chargé lui-même de les naufrager en déclarant formellement non pertinentes les analyses socioéconomiques de la violence lors d’un colloque qui devrait faire entrer Villepinte dans l’annuaire des villes-témoins de l’histoire de la gauche, pour le meilleur et pour le pire : Tours, Épinay, Valence, Rennes… Cédant à toutes les forces de l’air du temps et rejoignant la droite dans cette aberration mentale qui se refuse à considérer que comprendre et juger demeurent des opérations intellectuelles absolument hétérogènes, que rendre intelligible n’est synonyme d’absoudre que pour des esprits obtus, la social-démocratie à la française a donc pris le mors aux dents et décidé que l’insécurité était un fait social à combattre et non à comprendre. Regardés comme des manifestations aberrantes mais autosuffisantes, surtout pas symptômes d’autre chose, les actes de violence anomique sont de purs surgissements sans cause, rejetés dans la catégorie d’un mal absolument ineffable – ce n’est plus d’une police qu’ils sont justiciables mais d’un corps d’exorcistes
    http://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-4-page-41.htm


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