Bonjour Bur K,
J’ai pu lire quelques uns de vos commentaires avisés sur le sujet qui vous préoccupe et que vous maîtrisez bien mieux que vos contradicteurs (comme c’est bien souvent le cas d’ailleurs).
J’ai pu constater que vous étiez particulièrement érudit sur votre thème de prédilection et les problèmes que vous évoquez m’interpellent grandement, mais je ne dispose malheureusement pas de suffisamment de temps pour m’y atteler autant que sur celui qui fait principalement l’objet de mes écrits. Disons que l’un et l’autre sont complémentaires, ce que vous avez du percevoir en vous attaquant à la question des chefs en démocratie (cf. ma citation de Carl Gustav JUNG ci-dessus dans ma réponse à epicure).
D’un point de vue sociologique, les apports de cette discipline (que je n’ai pas eu la place d’insérer dans mon article) éclairent, eux-aussi, la relation d’emprise sous des aspects non négligeables (le must des ouvrages sur le sujet étant celui écrit par Robert CIALDINI et publié en 1984 : « Influence et manipulation » où il y décrit de manière particulièrement explicite les 8 grands principes manipulatoires par lesquels nous sommes tous mis sous influence). Mais d’autres disciplines comme celle de la psychologie cognitive et comportementale ont pu décrire des états de soumission obtenus expérimentalement sur les rats ou les chiens (selon des principes « pavloviens »). C’est le cas notamment d’Henri LABORIT et de son concept « d’inhibition de l’action » et de Martin SELIGMAN et de sa théorie de « l’impuissance apprise » (ou résignation acquise ou apprise).
Si jusqu’à présent je n’ai pas traité de ces approches de la problématique que je décris dans mes textes, c’est simplement parce que je compte le faire dans un prochain article qui leur sera spécialement dédiées.
Toutefois, dans le cadre de ce qui vous intéresse, je ne saurais trop vous recommander le livre d’Andrzej LOBACZEWSKI, « La ponérologie politique, étude de la genèse du mal appliqué à des fins politiques » et bien d’autres références encore qui fustigent « l’inconscience » de nos dirigeants (comme celle entre autre chose du livre de Christophe DELOIRE, « Circus poliicus »).
Bref, une histoire qui n’en finit pas de se répéter tout simplement parce que l’on néglige un aspect de la personnalité humaine que je dénonce sans mes écrits. Même des anthropologues tel que Emmanuel TODD ou des économistes tel que Frédéric LORDON se mettent à l’étude des problématiques psychiatriques pour pouvoir comprendre l’absurdité de notre société actuelle dont l’exemple qui l’illustre le mieux est la politique économique actuellement menée de par le monde.
« … Lorsque l’on est confronté à des phénomènes sociaux bizarres, il faut se rendre aux hypothèses
psychiatriques en tout dernier ressort. Quand on a épuisé toutes les autres,
mais malgré tout il faut bien dire que toute cette affaire à tous les aspects
d’une histoire de fous, et très honnêtement, je ne sais pas comment l’expliquer
autrement. Donc j’essaie de résister et de ne pas me rendre à cette
hypothèse mais tout m’y porte. Parce que voilà, on a… je vous rappelle la
séquence en quelques mots, la finance somptueuse et arrogante s’est mangée un
gadin qui fera date à l’histoire de l’échelle du capitalisme. Mais la finance
n’a jamais le bon goût de choir seule. C’est-à-dire qu’elle entraîne tout le
monde avec elle. Il s’en est suivi une récession carabinée avec une explosion
du chômage. On a sauvé les banques grâce à l’action des banques centrales et
puis aussi en passant aux frais du contribuable et les banques se sont
carapatées en s’estimant quitte après avoir remboursé leur prêt auprès de
l’Etat français. Sauf qu’elles nous ont laissé derrière : la contraction
du crédit, la récession, l’explosion du chômage, l’envolée des déficits et des
dettes, et les plans d’austérité. C’est-à-dire double dose pour le chômage. Et
nous en sommes là avec des plans d’austérité qui sont généralisés dans toute la
zone européenne et qui n’ont rigoureusement aucune chance d’aboutir aux objectifs
qu’ils se sont donnés. Alors, le cas typique… c’est la Grèce évidemment. La pauvre
Grèce, martyr de la politique économique européenne, est en train de sombrer
sous nos yeux et plus on vient à son secours puis on lui administre de quoi la
tuer définitivement. C’est ça qui est extraordinaire. Donc si vous voulez, il y a de la part de la politique économique,
une persévérance dans l’erreur qu’une ancienne maxime latine, dans son temps,
avait qualifié de diabolique : on fait un premier plan de secours, on serre
la vis comme c’est pas possible et évidemment il se passe l’exact contraire de
ce que l’on attendait. C’est-à-dire que la récession est tellement
violente que les recettes se contractent plus vite qu’on ne coupe les dépenses
et donc les déficits continuent d’augmenter et les dettes d’exploser. Moyennant
quoi la Grèce
ne peut toujours pas plus payer que par le passé. On revient à son chevet avec
un deuxième plan de secours qui rend le plan d’austérité encore plus dur que
par le passé. Bon ! J’veux dire… on peut prolonger la série autant qu’on
veut, il se passera ce qui est déjà annoncé, c’est-à-dire que la Grèce fera défaut. Alors, à
partir de là, si la Grèce
fait défaut on entrera en terres inconnues… là, on va passer le 38ème
parallèle… » (Extrait de l’émission radio de Daniel MERMET,
« Là-bas si j’y suis » du vendredi 16 septembre 2011)