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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Qui sont les véritables INVENTEURS de l’ÉCRITURE ? Les Élamites ? Les (...)

Qui sont les véritables INVENTEURS de l’ÉCRITURE ? Les Élamites ? Les Sumériens ? Les Sémites ?

Le sujet de la première invention de l'écriture éveille des passions chez certains savants. Passions que l'on ressent à la lecture de leurs analyses pourtant bien techniques.

 

Car derrière la technique et la science, il y a tout un imaginaire qui est à l'oeuvre, structuré par des convictions.

 

Pourtant, des axes de recherche connus pourraient éventuellement remettre en cause ces convictions. Mais ils restent en friche.

 

Cela m'a intrigué.

image = Petit singe sympathique en albâtre – ELAM (Iran) – IIIe millénaire av. JC - (Source : BLOGOSTELLE.BLOG par Maryse MARSAILLY - https://blogostelle.blog/ )

 

Malgré (grâce à ?) la foisonnante variété des personnes humaines, le Génie, comme le Bon Sens, est la chose de tous temps la mieux partagée dans le monde. (*)

Certains ont cependant grandi avec l'idée que les dons, pour quelque motif, ont été et demeurent inégalement répartis dans le monde.

 

Avant de parler de Sumer, rappelons que «  Dès le temps des Serviteurs d' Horus, c'est-à-dire des rois antérieurs à Ménès [< 3188 av. JC] on écrivait sur des rouleaux de cuir des livres religieux. » (25) p. 40

 

Voici le plan de cet Article :

> Revoir les appropriations indues par/pour certains Groupes.

> Petite introduction sur les multiples inventions de l'écriture.

> La ''révolution urbaine'', clef pour l'apparition de l'écriture ?

> A l'origine de l'écriture en Élam et en Sumer : les « calculi »

> Est-il utile de nommer un ''premier'' inventeur de l'écriture ?

> Une gestation précédée d'échanges entre Élam & Sumer.

 

 

>>> Revoir les appropriations indues par/pour certains Groupes.

 

«  L'Europe a toujours gardé mémoire, à travers la tradition biblique, de ses racines orientales (...)  » (9) Certes ! La tradition a recueilli et transmis. Avec modifications, enjolivements, inventions, contradictions, et omissions.

 

Jean BOTTÉRO, spécialiste du Moyen-Orient Antique, mentionne l'attitude de certains érudits, farouches partisans des Sémites, qui refusent absolument qu'une aussi géniale invention que celle de l'écriture cunéiforme puisse être ôtée à ceux auxquels ils l'avaient déjà attribuée. (3)

 

J'avais d'ailleurs observé que, quand on parle des Sumériens, il semble souvent de bon ton d'y associer les Sémites, d'une manière ou d'une autre. En plaçant par exemple dans un ouvrage sur ''l'Antiquité Orientale'', que « (…) la pensée abstraite des Sémites ouvrait la voie à l'éclosion du sens de la transcendance divine (…). L'homme était parvenu à son âge adulte, symbolisé par l'Adam biblique, enfin capable de distinguer le bien du mal (…). » (9) Ici, le raccourci implicite Sémites = Hébreux est dans le bon ton.

 

Associons donc nos ancêtres à nos présumées qualités exceptionnelles ! En rappelant que le Proto-Sémitique est originaire d'Afrique : il s'est largement étendu au Moyen Orient, à la fin du Néolithique, au tournant des Ve et IVe millénaires avant JC. (17) En effet, les travaux de Béatrix MIDANT-REYNES montrent qu' après bien des millénaires de conditions écologiques favorables au Sahara (dont les céramiques ont précédé d'un millénaire celles du Proche-Orient), l'aridification progressive a repoussé ses populations, aux VIIe et VIe millénaires, vers la vallée du Nil, où ils se sont installés et d'où ils ont essaimé. Des influences égyptiennes notables ont été d'ailleurs observées en Palestine, étalées sur plusieurs siècles, aux environs de 4000 avant JC. (18)

 

Plus tard, la branche de la langue Akkadienne (Sémitique Oriental) sera représentée par le Babylonien et l'Assyrien, tandis que la branche du Sémitique Occidental produira plusieurs rameaux dont les groupes 'Arabe' et 'Cananéen'. Ce dernier groupe produira, entre autres, l'Hébreu. (17a)

 

Les différentes populations Sémites des premières civilisations étaient nombreuses, variées, et s'étendaient géographiquement de l'actuelle Éthiopie à Oman, à l'Euphrate et à la Palestine. (16) Toutes ces populations de langues sémitiques, sédentaires ou nomades, étaient alors polythéistes, avec entre elles de fort différents « paniers » de dieux.

Par ailleurs, le monothéisme des Israélites n'est apparu que très progressivement et fort tardivement après une phase de monolâtrie (au IVe ou IIIe siècle avant JC) (26) , bien après le quasi-monothéisme/ panthéisme Égyptien qui a précédé le Monothéisme strict d' Akhénaton (XIVe siècle avant JC) ; et aussi bien des siècles après le monothéisme originel de Zoroastre (vers Xe siècle avant JC). Les Égyptiens & Perses Anciens ayant, les premiers, structuré leurs Croyances sur la recherche du bien et le rejet du mal. (19)

 

Pour la période ''sensible'' du tournant des IVe et IIIe millénaires avant JC, en ''Mésopotamie'', Hugo NACCARO souligne de « gros problèmes de datation ». (5) Point que confirme Jean-Louis HUOT qui cite par exemple les règnes d'Hammurabi (en réalité plus tardif d'un siècle) et de Sargon, par rapport aux dates généralement 'admises'. (4)

 

Pour cette raison d'incertitudes de datations, ainsi que pour d'autres, il convient d'essayer d'éviter de se laisser emporter par des visions trop teintées de gloriole.

 

A ce point, je prends l'excuse du Lapis-lazuli, jolie pierre originaire de l’Afghanistan, pour restituer à l'Elam des influences souvent attribuées à la ''Mésopotamie'' sémito-sumérienne, sans mentionner le voisin Elamite.

 

En ces temps anciens, entre la vallée du Nil et un lointain Orient, « [le Lapis-Lazuli] apparaît sous la forme de perles dans de rares tombes sous Nagada I [-3700], puis de manière nettement plus importante à partir de Nagada IIC [-3300], où il essaime dans les sépultures dans toute l'étendue de la vallée. » (18) p. 296-301.

L'auteure décrit aussi les ''routes du Lapis-Lazuli'' qui, d’Afghanistan, traversent l'Elam, convergent vers Suse/ Elam et Tepe Yahia (-3400 à -2500). Ce qui nous livre un indice pour l'origine du surgissement [-2900] en Égypte de motifs traités dans un style élamite typique (rosette – serpents entrelacés – griffon ailé – personnage encadré de deux lions – vaisselle à bec – sceaux-cylindres) (18)

 

 

image = Quelques exemples de l'évolution vers l'écriture cunéiforme Sumérienne, de 3200 av. JC à 1000 av. JC (Source = ANCIENTSCRIPTS.COM - http://ancientscripts.com/sumerian.html )

 

 

>>> Petite introduction sur les multiples inventions de l'écriture.

 

Une vue d'ensemble sur les principales langues écrites connues et sur leur ancienneté ( http ://www.ancientscripts.com/ws_timeline.html ) montre que leur grouillante diversité est partout représentée sur le globe. Les quelques plus anciennes sont souvent nées très loin les unes des autres. Le Génie humain semble donc également réparti. C'est ce que nous confirme John A. HALLORAN : voir en (1) le schéma synthétique des dates estimées des nombreuses premières formes d'écritures du monde, qu'il propose.

 

Aucun système d'écriture n'est supérieur à un autre, car il est lié à la langue qui le supporte. La présence d'un alphabet plutôt que d'idéogrammes ou autres, n'est donc pas un critère. La présence même de l'écriture n'est pas un critère de ''supériorité'', comme l'ont montré certaines cultures florissantes des Andes qui ont développé des villes et même des empires, sans trace d'écriture. (1)

 

« De nos jours, il y a un consensus que l'écriture a été inventée de manière indépendante dans au moins trois endroits : Mésopotamie, Chine, et en Amérique Centrale. De récentes découvertes démontrent que l'écriture a été inventée en Égypte et en Indus indépendamment de la Mésopotamie, bien que leurs liens avec cette dernière ne puisse être écartée » (2) p.250

A ce point, la moindre des choses serait, je pense, de joindre l' Élam  à ce groupe de précurseurs ! Nous verrons bientôt pourquoi. Il est étrange qu'on l'oublie régulièrement. (L'Elam fait partie de l'actuel Iran)

 

image = Évolution de la notation des nombres : via petits éléments insérées dans les calculi (3000 av. JC) aux notations sur tablettes d'argile (2500 av. JC) - (Source = ANCIENTSCRIPTS.COM - http://ancientscripts.com/sumerian.html )

 

>>> La ''révolution urbaine'', clef pour l'apparition de l'écriture ?

 

Au III ième millénaire av. JC, Sumer était le lieu d’au moins douze cités-États différentes : Kish, Erech, Ur, Sippar, Akshak, Larak, Nippur, Adab, Umma, Lagash, Bad-tibira, et Larsa.

 

L'intéressant article de Jean-Louis HUOT (4) souligne les « étapes fondamentales » de l'Orient Ancien. Dans ce schéma, parallèlement à l'apparition progressive de l'urbanisation, puis de la ville, naît l'écriture qui permettra à l'État de se structurer.

 

Ce schéma du processus de la « révolution urbaine », documenté par plusieurs auteurs, est celui, mésopotamien, d'Uruk. Ainsi, la complexité liée au volume de population, à la variété des produits, et aux échanges commerciaux (à plus ou moins longue distance) dut être gérée par des systèmes comptables & administratifs de plus en plus sophistiqués pour l'époque.

 

Supposer que le schéma d'Uruk soit un schéma universel est l'hypothèse que bien des auteurs ont implicitement intégrée. Mais Uruk se niche dans une grande plaine alluviale fertile, tandis que l' Élam est principalement perché sur un haut plateau montagneux, riche en minéraux et en bois. A l'élevage pastoral des premiers répondait l'élevage transhumant des seconds.

Aussi, avec la découverte de l'existence d'un autre système d'écriture, le proto-élamite, géographiquement voisin, différent et contemporain de celui de Sumer, ces auteurs ne trouvaient pas en Élam le déroulement analogue attendu en amont de l'apparition de l'écriture. Ce qui les portait à des conclusions probablement hâtives et erronées.

 

L' apport de l'Article de Hugo NACCARO (5) est important. Il montre que l'organisation politique et économique, très différentes en Élam, jointe à une certaine hétérogénéité de populations, rendait impossible l'émergence d'une « entité culturelle proto-élamite » similaire à celle d'Uruk. Le haut Élam avait des dynamiques qui lui étaient propres, tant dans les domaines politiques qu' administratifs et même artistiques (céramiques). Aussi, les éléments d'écriture inventées en Élam répondaient à des problématiques spécifiques. Et l'écriture y constituait une sphère commune qui permettait à des éléments hétérogènes de s'exprimer, de communiquer et d'interagir en Élam.

 

Mais on a bien plus tard découvert que l'on pourrait quand même utiliser le raisonnement du ''fait urbain'' pour l'Elam, si on le souhaitait : pas loin de Suse, au bourg de Chogha Bonut / Susiane (7200 av. JC) des fermiers étaient établis avant les premières céramiques de Susiane. Tout près de là, le bourg de Choga Mish / Susiane (6900 av. JC) présente des pièces comptables (jetons d'argile, puis des tablettes) et des poteries décorées (musiciens). Ici, les pièces trouvées sont antérieures à celles de la période d'Obeid Sumérienne, ainsi qu'aux poteries de Samarra...

 

« Les plus anciennes traces d'écriture apparaissent vers 3300 av. J.-C. sur des tablettes d'argile provenant du Sud de la Mésopotamie (Uruk) et de l'Ouest de l'Iran actuel (Elam). » (6)

 

 

image = Calculi = Bulle-enveloppe et ses jetons de comptabilité. Mis au jour à l'Acropole de Suse/ Elam par Roland de Mecquenem – Photo par Marie-Lan Nguyen ( Wikimedia Commons / CC-BY 2.5 - License Creative Commons Attribution 2.5 Generic ) https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Accountancy_clay_envelope_Louvre_Sb1932.jpg .

 

 

>>> A l'origine de l'écriture en Élam et en Sumer : les « calculi »

 

Qu'est-ce que l'écriture ? On considère généralement que l'écriture est « un système d'intercommunication entre les hommes au moyen de signes visibles conventionnels  » (7)

 

Jean-Jacques GLASSNER résume en une phrase la croyance Sumérienne relative à l'invention de l'écriture ; croyance évoquée dans le récit Sumérien « Enmerkar et le seigneur d'Aratta » : «  si la langue orale est un don des dieux, l'écriture est une création humaine » qui -selon les Sumériens- n'intervint d'ailleurs pas aux origines des temps mais quelque temps ''après le Déluge''. (13)

 

Les premières inscriptions (pictogrammes) reproduisaient des choses observées, et sont donc indépendantes de la langue. Plus tard apparaissent des pictogrammes stylisés (qui peuvent évoluer vers des idéogrammes) et des représentations d'un mot (logogrammes). En Sumer, l'écriture cunéiforme commence à ce second niveau. Au troisième, les phonogrammes sont introduits et complètent la palette.

 

«  La plupart des spécialistes pensent que l'écriture dans son état le plus ancien a un caractère purement comptable. Il s'agit de garder en mémoire divers mouvements de biens : céréales, bétail et industrie dérivée (pain, étoffes de laine, etc.). »

Sur ce sujet, d'utiles informations et explications mathématiques sont disponibles ici : https://www.apmep.fr/IMG/pdf/IREM_Stage_PAF_28-09-2017.pdf

 

Les calculi ont donc été en usage ici ou là au Moyen Orient depuis au moins six millénaires avant JC. Bientôt les sceaux sur jarres apparaissent, avec leurs inscriptions.

 

Voici une bulle-enveloppe de Suse/ Élam et les calculi qu'elle contenait, datée de v. 3300 av. JC : http://classes.bnf.fr/ecritures/grand/e022.htm

 

Les calculi sumériens semblent avoir été plutôt développés dans un système sexagésimal, tandis que les calculi de l'Elam seraient plutôt dans un système décimal. Très vite, les échanges commerciaux Elam-Sumer ont combiné les deux systèmes.

 

Les calculi sont un moyen de représenter concrètement des nombres. Des symboles concrets (bille, cône, bâtonnet,...), petits ou grands, percés ou non, représentaient certaines valeurs spécifiques. Par exemple : 1, 10, 60, 600, 3600, etc. La combinaison de ces symboles permettait de représenter le nombre souhaité. On enfermait ensuite les calculi dans une boule d'argile creuse, on la fermait, et on la marquait d'un sceau.

Plus tard, on a représenté les calculi contenus dans la boule par des signes sur la boule elle-même. Les inscriptions et le sceau permettant de transmettre un message. Les calculi étaient dès lors inutiles quand on sait lire les signes. On a donc aplati les boules d'argile sous forme de tablettes plus commodes pour y graver sceau, symboles numériques, et description de l'objet.

 

« Ces trois premières étapes se sont succédées dans un laps de temps relativement court puisqu'elles sont toutes les trois attestées au même niveau, dans une même pièce, sur un même sol. Leur parfaite contemporanéité est en outre prouvée par le déroulement d'un même cylindre sur une bulle et sur deux tablettes (et sur un scellement fusiforme). » (8) Il s'agissait là du niveau 18 de l'Acropole de Suse/ Elam, daté de la seconde partie du IVème millénaire av. JC. Les niveaux plus anciens, ont aussi livré des éléments intéressants.

A Suse/ Élam, la stratigraphie et les méthodes ont permis des datations plus fiables qu'à Uruk.

 

 

image = Tablette d'argile en écriture proto-élamite (vers 3100 – 2850 av. JC) originaire du pays d’Élam - (Source : BLOGOSTELLE.BLOG par Maryse MARSAILLY - https://blogostelle.blog/ )

 

>>> Le besoin de nommer un ''premier'' inventeur de l'écriture

 

Dans un Article (12) , Dominique CHARPIN souligne que les débuts de l'écriture proto-élamite et celui de l'écriture sumérienne sont contemporains, datés de la seconde moitié du IV ème millénaire av. JC, et que l'écriture proto-élamite « constitue une invention indépendante ».

 

La langue Élamite a connu plusieurs Systèmes d'écriture qui lui étaient propres : Le proto-élamite apparaît à la fin du IV ième millénaire en utilisant les pictogrammes (signes simples ou composés) et les idéogrammes ; et une écriture syllabique.

 

Françoise GRILLOT, experte en grammaire élamite précise : « (…) antérieurement à ces systèmes d'écriture, notons, d'une part, la présence de deux systèmes utilisés sur poteries, qui, dès le Ve millénaire, réalisent la communication, soit à l'aide de marques (incisées ou peintes) presque toujours abstraites, soit à l'aide de figurations symboliques (peintes) plus ou moins stylisées ; d'autre part, l'existence d'un système d'écriture à notation numérale sur bulles, puis sur tablettes, datant du milieu du IVe millénaire. Certains éléments des systèmes représentés sur poteries trouvent leur correspondant graphique, et dans le système à notation numérale, et dans l'écriture proto-élamite. » (14)

 

Le Père SCHEIL, orientaliste faisait justement remarquer qu' «  après avoir constaté dès la plus haute antiquité, l'existence aux pays élamites de plusieurs races et de plusieurs langues, serait-ce merveille d'y trouver un nouveau système d'écriture ? Il est plutôt puéril de vouloir, dans cette partie du monde oriental, ramener toute culture à une source primordiale unique, fût-elle sumérienne, fût-elle sémitique. » (11) … Ou Élamite...

 

 

image = Vase caréné à motif de plumes de Suse/ Élam – vers 4200 – 3800 avant JC - (Source : BLOGOSTELLE.BLOG par Maryse MARSAILLY - https://blogostelle.blog/ )

 

 

>>> Une gestation précédée d'échanges entre Élam & Sumer.

 

Les premières traces d'extraction de métaux en Sud-Est d'Iran remontent à la moitié du Ve millénaire av. JC. Il s'ensuivit rapidement des échanges commerciaux de produits finis (et bruts) avec des contrées tant voisines que lointaines.

Le processus qui mènera finalement à l'écriture est fort long (siècles). Il est associé à l'évolution des technologies de gestion administrative des flux commerciaux et financiers.

 

« L'écriture n'est pas née ex-nihilo, mais s'est développée à partir d'essais plus ou moins réussis (...) » (10) mais, du fait de la nécessité pour ce faire de disposer de la stabilité d'une population autochtone antérieure, «  l'hypothèse de la ''migration'' de Sumériens porteurs de l'écriture risque fort de n'être qu'un mythe moderne. » (9)

Effectivement.

 

Partant de ces mêmes considérations, Samuel Noah KRAMER en est arrivé à imaginer une hypothétique « période pré-sumérienne » (15) L'archéologue considère que cette période connut « une civilisation agraire et villageoise  » et précise « qu 'elle fut apportée en basse Mésopotamie par des immigrants venus du sud-ouest de l'Iran, que l'on a pu identifier grâce à leur poterie peinte, d'une forme caractérisée ».

Quand on dit « sud-ouest de l'Iran », c'est l' Élam...

 

Pierre AMIET rapporte qu'à Suse (Élam), un potentat humain, personnage mythique ''vêtu d'une jupe brodée'' «  apparaît comme une préfiguration du roi sumérien, de sorte qu'il mérite d'être défini comme proto-royal  » et Pierre AMIET présente le roi-prêtre sumérien d'Uruk comme « héritier du potentat proto-royal de Suse I  ». (9)

 

L'ouvrage de Cameron PETRIE (8) apporte des éléments allant à l'encontre de l'idée répandue selon laquelle le plateau iranien (Elam) aurait bénéficié du développement et des innovations de la plaine (Sumer/ Uruk).

Il note que l'imagerie des sceaux (cylindres ou tampons) est liée à la complexité des pratiques administratives, laquelle s'amplifie notoirement en Élam à partir du début du IVe millénaire.

Les premières empreintes attestées de sceaux cylindres ont été de Suse/ Élam (Acropole 1.20). Les sceaux s'y développèrent grandement en diversité et en nombre, bien avant d'apparaître en Sumer/ Uruk. L'inverse nétant pas vrai. Ainsi, tous les thèmes d'Uruk étaient déjà pratiqués à Suse, tandis qu'aucun thème d'Uruk n'a migré sur Suse. Certains thèmes sont restés spécifiques à Suse/ Élam (ours, oiseau à tête de lion,...)

 

Dès lors, vu les incertitudes de datation sur la zone sumérienne d'Uruk (4) (5) et vu les datations plus fiables dans le site élamite de Suse (8), et sachant que les Élamites étaient une population autochtone présente antérieurement en Élam, pourquoi donc l'hypothèse d'une légère avance des Élamites n'a-telle pas été mise en avant pour considérer les Élamites ''possibles premiers inventeurs de l'écriture '' ? … Et en tout cas contributeurs dans la phase initiale de l'invention Sumérienne de l'écriture cunéiforme ?

 

Certains groupes de langues Sémitiques et Indo-européennes ayant plus tard contribué à la diffusion de cette écriture cunéiforme, invention Sumérienne géniale.

 

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On l'a dit : l' Élam a aussi, de son côté, développé son propre système d'écriture.

On suppose généralement que le système d'écriture Élamite est apparu indépendamment, à la même époque que le cunéiforme Sumérien, dans la contrée voisine de Sumer.

Est-ce une coïncidence ? Cameron PETRIE observe que cette question n'a pas été jusqu'à présent approfondie sur le terrain. (d'autant que l' Élamite ancien n'a pas pu être complètement déchiffré, et reste en partie incompréhensible.)

 

Cependant, sur la période pré-Sumérienne de l'écriture, tant les considérations d'AMIET que celles de PETRIE, que celles de KRAMER indiquent que l' Élam a montré avoir été précurseur par rapport à Sumer dans plusieurs domaines considérés essentiels dans le processus d'apparition de l'écriture.

Certains disent clairement : « L’Élam est une des plus anciennes civilisations enregistrées dans le monde. » (20)

 

L'archéologue Youssef MADJIDZADEH, quant à lui, explique que les objets attribués au site de Jiroft (Iran), qu'il présente dans son ouvrage (21), suggèrent clairement qu'une partie importante de l'art Sumérien provient du Sud-Ouest de l'Iran. Et que l'examen des objets récupérés nous amène à revoir nos analyses sur les origines de la civilisation Mésopotamienne, mais surtout de celle Sumérienne.

Ces objets étaient souvent en chlorite. Jean-Louis HUOT souligne que « Lorsqu'ils furent retrouvés sur le sol mésopotamien, on les crut fabriqués sur place mais la source devait être recherchée beaucoup plus à l'est et au sud. On en a retrouvé (…) depuis Mari (…) jusqu'à la vallée de l'Indus, en passant par Sumer [Sippar, Kish, Fara, Nippur, Tello, Ur, Uruk, Diyala], le sud et l'est de l'Iran, la Baluchistan et la rive arabique du golfe.  » (23) p. 133

 

Le point fondamental est que la civilisation Sumérienne pourrait s'être bâtie sur une (ou plusieurs) civilisation(s) voisine(s), plus évoluée(s).

A ce propos, mais vu sous un autre angle, l’Égyptologue Alain ANSELIN notait que « l'écriture sumérienne ne convenait pas aux phonèmes du sumérien, ce qui suppose sa coupe sur un autre patron linguistique. » (…) « L'Elam paraît aux hautes époques, avoir fourni son substrat à Sumer » Il suggérait donc que les Sumériens, utilisateurs de cette écriture, pourraient en être les héritiers, et non les inventeurs. (24)

 

En (22), une synthèse est proposée sur le sujet du nouveau site archéologique de Jiroft/Iran.

On attend donc avec impatience le résultat des fouilles...

 

 

JPCiron

 :: :: :: :: :: :: :: :: NOTES :: :: :: :: :: :: :: :

 

.. (*) - « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. » Discours de la Méthode - Descartes

 

..... (1) – Site AncientScripts.com – par John A. HALLORAN, 'une pointure' en informatique, passionné par la linguistique. http://www.ancientscripts.com/author.html#

 

Petite présentation des premières formes identifiées d'écriture :

 

Les écrits sur des 'os d'oracles' Chinois remontent à 1500 BCE. http://www.ancientscripts.com/chinese.html

 

Le premier alphabet proto-Cananéen/ proto-Sinaïtique ( vers 1900 BCE ) est consonantique et a inventé l'ordre des lettres qui a été conservée jusqu'à nos jours. Cette culture Sémitique a largement influencé ses consoeurs voisines, en particulier dans les domaines religieux. http://www.ancientscripts.com/protosinaitic.html

 

Le "Quipu" d'Amérique du Sud est apparu vers 2600 BCE. Il exprime des logogrammes et des phonogrammes. http://www.ancientscripts.com/quipu.html

 

La Civilisation de la Vallée de l'Indus (Harappa) recèle des écrits de langue non encore déchiffrés, mais dont la structure suggère une origine dravidienne. Les premiers remontent à 2600 BCE. http://www.ancientscripts.com/indus.html

 

L'écriture cunéiforme Sumérienne ( 3300 BCE) a connu un beau succès. Elle a ainsi été utilisée pour écrire nombre d'autres langues du Moyen Orient : Sémitiques (Akkadien,...), Indo-Européennes (Hittite,...), Langues isolées (Élamite, ...). Le Sumérien est une langue agglutinante isolée non liée à l'Elamite voisin. http://www.ancientscripts.com/sumerian.html

 

L'Élamite est différent du cunéiforme Sumérien, et il est au moins aussi ancien ( 3300 BCE ). http://www.ancientscripts.com/elamite.html C'est aussi une langue agglutinante isolée, également de très probable origine Dravidienne.

 

Les premiers écrits de l’Égypte Ancienne sont généralement datés d'autour de 3100 BCE. Cependant, les écrits et les sceaux d'Abydos remontent jusqu'à 3400 BCE. http://www.ancientscripts.com/egyptian.html

 

.. (2) - Ouvrage (Volume IV )«  Harappan Civilization – Theoretical and the Abstract » par Mukhtar AHMED – Publisher CreateSpace - 2014

https://www.amazon.co.uk/Ancient-Pakistan-Archaeological-Civilization-Theoretical/dp/1496082087

 

.. (3) – Ouvrage « La plus vieille religion » par Jean BOTTERO – Gallimard – 1998

 

.. (4) - Article « Vers l'apparition de l'État en Mésopotamie » par Jean-Louis HUOT - Dans Annales. Histoire, Sciences Sociales 2005/5 (60e année), pages 953 à 973 - https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-953.htm

 

..... (5) – Article « Le phénomène Proto-Élamite et la construction archéologique de la révolution proto-urbaine en Iran du Sud-Ouest » par Hugo NACCARO – Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne – 2017 - https://books.openedition.org/psorbonne/6733?lang=fr

 

.. (6) – Article « Mathématiques en Mésopotamie, de Sumer à Babylone. » par André BONNET – Université de Provence - Institut de Recherche pour l'Enseignement des Mathématiques – 2017 - https://www.apmep.fr/IMG/pdf/IREM_Stage_PAF_28-09-2017.pdf

 

.. (7) – Essai « Pour une théorie de l'écriture » par Ignace J. GELB – Flammarion - 1973

 

.. (8) – Ouvrage « Ancient Iran & its neighbours : Local Developments and Long-Range Interactions in the 4th Millenium BC  » Edited by Cameron A. PETRIE – Published by Oxbow Books – 2013

https://www.bookdepository.com/Ancient-Iran-Its-Neighbours-Cameron-Petrie/9781782972273

 

.. (9) – Ouvrage «  L'Antiquité Orientale » par Pierre AMIET – PUF - 1971

 

.. (10) – Ouvrage « Les premières Civilisations du Proche Orient » par Francis JOANNES – Belin – 2006

 

..... (11) – Article « Documents archaïques en écriture proto-Élamite  » par le Père Jean-Vincent SCHEIL - Dominicain et Orientaliste - Revue Biblique (1892-1940) Nouvelle série, Vol. 2, No. 3 (JUILLET 1905), pp. 372-376 - https://www.jstor.org/stable/44100878?seq=1

 

.. (12) - Article « L’Élam et les Élamites » par Dominique CHARPIN, directeur d'études à l'EPHE, Sorbonne – Clio – 2002 - https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/l_elam_et_les_elamites.asp

 

.. (13) – Ouvrage «  Écrire à Sumer – L'invention de l'écriture  » par Jean-Jacques GLASSNER – Seuil - 2000

http://www.seuil.com/ouvrage/ecrire-a-sumer-jean-jacques-glassner/9782020385060

 

..... (14) – Article «  Éléments de l'ancienne structure nominale élamite.  » par GRILLOT Françoise. In : Paléorient, 1985, vol. 11, n°2. Actes du séminaire CNRS/NSF de Bellevaux (24-29 juin 1985) : L'évolution des sociétés complexes du sud-ouest de l'Iran. pp. 55-56 ;

doi : https://doi.org/10.3406/paleo.1985.4378 https://www.persee.fr/doc/paleo_0153-9345_1985_num_11_2_4378

 

.. (15) - Ouvrage « L'histoire commence à Sumer  » par Samuel Noah KRAMER – Flammarion - 2017

 

..... (16) – Définition de « Sémite » (Littré) = « Nom de peuples asiatiques ou africains qu'on rattache, d'après la Bible, à Sem, comme à leur auteur. Les Sémites comprennent les peuples qui parlèrent ou qui parlent babylonien, chaldéen, phénicien, hébreu, samaritain, syriaque, arabe et éthiopien.  »

 

.. (17) – Langues Sémitiques - https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_s%C3%A9mitiques (17a : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Arbre_des_langues_sémitiques2.svg )

 

.. (18) - Ouvrage « Aux Origines de l’Égypte, Du Néolithique à l'émergence de l’État » par Béatrix MIDANT-REYNES – Fayard – 2003

Mention y est faite d'afflux de populations entre 4300 et 3700 en vallée du Jourdain, dont les traditions sont en rupture nette avec les groupes précédents. La structure des habitations y évoquent clairement l'Égypte (Maadi). Il en est de même des statuettes variées qui y ont été trouvées (de style Badari et Nagada I). (p. 279 à 295)

 

.. (19) - Références sur thèmes « antériorité » et « le bien et le mal »

 

Zoroastre : Son credo et son eschatologie (de la Genèse au Royaume de Dieu)

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/zoroastre-son-credo-et-son-210639

 

Zoroastre : Sa révolution théologique

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/zoroastre-sa-revolution-210455

 

Zoroastre : Une antériorité bien dérangeante

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/zoroastre-une-anteriorite-bien-211845

 

La Création : les deux récits du Pentateuque témoignent de nos lointaines Racines : Égypte Antique, Babylone, Perse.

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/la-creation-les-deux-recits-du-210306

 

.. (20) – Article «  La civilisation Élamite – Période Proto-Élamite – v. 3200 à v. 2700  » par ANTIKFOREVER - http://antikforever.com/Perse/Elam/elam.htm

 

..... (21) – Ouvrage «  Jiroft : The Earliest Oriental Civilization  » par Youssef MADJIDRADEH - Ministry of Culture and Islamic Guidance - 2003

 

.. (22) – Petite présentation du Site de Jiroft / Iran.

 

Note d'Information PERROT – MADJIDZADEH de 2004 :

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_2004_num_148_3_22768

 

Document Wikipedia sur la Civilisation de Jiroft :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_de_Jiroft

 

Suite à un changement de cours de la rivière qui a découvert d'antiques tombes, les pillards y ont récupéré des objets que l'on a retrouvé dans les salles de ventes du monde (parmi des contrefaçons, aussi). Les objets étaient souvent en chlorite, dont beaucoup de vases. On ne savait pas précisément d'où venaient ces pièces, ce qui n'a pas stoppé les ventes... En 2001, alertées, les autorités iraniennes envoient l'armée sur place, et le pillage est puni de la peine de mort.

 

On considère que cette cette civilisation était déjà présente au IV ième millénaire. Certains la considèrent Elamite, d'autre pensent qu'elle correspond à un autre des peuples du plateau iranien.

 

Il y en fait une cinquantaine de sites archéologiques dans la région de l'actuelle ville de Jiroft. Le principal est Konar Sandal (site de plusieurs centaines d'hectares), situé au carrefour des routes du lapis-lazuli d'Afghanistan, de la Bactriane, de l'Elam, de l'Indus, de la Mésopotamie, et de l'accès au Golfe Persique via Tepe Yahya, vers l'Arabie et la haute Égypte.

 

A Konar Sandal, deux plateformes cultuelles -et/ou palais- spectaculaires en terrasse (datées initialement de 2900 à 2600 av. JC, de 280m et de 350m de côté, hautes respectivement de 17m et de 21m) évoquent les futures ziggurat de Mésopotamie dont la plus ancienne était celle d'Ur-Nammu, datée fin du III e millénaire.

 

On a retrouvé aussi des sceaux-cylindres présentant une grande variété et d'originalité de motifs. Ce qui témoigne d'une gestion administrative développée.

 

Des représentations d' hommes-scorpions ont été représentés, motif que l'on trouvera plus tard en Mésopotamie.

 

Intéressante est la présence de décors représentant ensemble serpent et aigle. Qui évoque irrésistiblement le Mythe mésopotamien d'Etana (vers 2500 av. JC ?) dans lequel l'aigle et le serpent se lient d'amitié (selon traduction Gabriele Rossi-Osmida)

image = Homme-scorpion (Iran) - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Brettspiel_aus_Iran,_Dschiroft,_Keramik,_2900-2300_v.C._(2).jpg

Crédit : NearEMPTiness / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)

.. (23) – Ouvrage « Une Archéologie des peuples du Proche-Orient , Tome I, Des premiers villageois aux peuples des cités-États (Xe – IIIe millénaire avant JC)  » par Jean-Louis HUOT – Ed. Errances – 2004

.. (24) – Ouvrage « Le Mythe d'Europe, de l'Indus à la Crète » par Alain ANSELIN – Anthropos – 1982 -

.. (25) - Ouvrage «  La Civilisation de Égypte Pharaonique  » par François DAUMAS – Arthaud – 1965

.. (26) – Ouvrage « L' invention de Dieu » par Thomas RÖMER – Seuil - 2017

« On ne peut parler de juif ou de judaïsme avant l'époque perse,voire avant l'époque hellénistique, car c'est seulement vers le IV ième ou III ième siècle [avant JC] que se met en place un système religieux qui ressemble à ce que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de judaïsme. » p. 20

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60 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 avril 2020 10:58

    l’écriture, c’est avant tout la comptabilité, et non pas la littérature ou la religion

    quels que soient le lieu et la date de cette « invention », la technique est sans doute plusieurs origines, mais un point commune : l’agriculture/élevage

    les nombre de têtes, c’est le « capital », important à évaluer avec des bâtons sous forme décimale (les dix doigts) ou duodécimal (les 3 phalanges des 4 doigts opposés au pouce qui les utilise comme boulier), et la quantité de grain récolté qu’il est également important d’enregistrer, car c’est la survie du groupe gérée par un pouvoir plus ou moins contraignant qui contrôle le flux

    dans les régions pratiquant l’irrigation (Mésopotamie et Egypte), la répartition de l’eau d’un manière rationnelle (et non pas équitable puisque tout appartient aux castes de « prêtres » très peu nombreux) nécessite également le marquage durable , comme les ardoises des bougnats, pour connaitrela consommation de chaque parcelle.

    après, c’est une question de perfectionnement...


    • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 12:13

      @Séraphin Lampion

      Bonjour,

      Merci pour ces précisions.

      Oui, le pouvoir local contrôle les flux et les stocks.


      Tant que l’on reste dans le domaine comptable, ces nombres sont maîtres.

      Mais on passe ensuite aux billets à ordre, jugement de tribunal, ou invocation des dieux, etc Et là intervient la langue. Chaque langue a ses propres concepts, dont certains sont exclusifs/ absents. Et la manière de penser, le ’’logiciel’’ est différent.


      Il s’agit alors peut-être plus d’enrichissement intellectuel que de perfectionnement.


    • Étirév 22 avril 2020 11:13

      Du langage à l’écriture

      Parmi les objections des partisans de la Révélation masculine se trouve celle qu’ils tirent de l’origine du langage.

      Les théologiens, suivant la tradition, mettent toutes les perfections au commencement (qui fut le régime féminin), tandis qu’ils ne voient maintenant, et avec juste raison, que décadence et corruption. Ils soutiennent que l’homme primitif était en possession d’une langue parfaite qui lui avait été enseignée par Dieu lui-même. Et pour soutenir cette assertion, ils affirment qu’il eût été impossible à l’homme d’arriver à trouver le langage par ses propres forces et sans une intervention divine.

      Nous admettons tout cela, mais nous affirmons que ce n’est pas un Dieu surnaturel qui a appris à l’homme à parler, c’est une Divinité naturelle, la Déesse-Mère, c’est-à-dire la Femme, plus avancée que l’homme dans l’évolution psychique et mentale, ce que tout le monde peut constater chez nos adolescents. Déjà la petite fille parle plus tôt que le petit garçon, mais, à l’âge de la maternité, c’est bien elle qui enseigne à ses enfants la première langue.

      Ceux qui ne comprennent plus les origines et qui nient l’action maternelle dans la formation des sociétés primitives, ont expliqué l’origine du langage par une évolution lente, faite de tâtonnements.

      Donc la Déesse-Mère a fait la langue, puis après cela elle a fait les lettres.

      Hésiode dit : « Les Muses ont reçu le don des lettres ».

      La première écriture, la proto-graphie, fut universelle comme la première langue fut universelle.

      Tous les vestiges archaïques se ressemblent.

      L’écriture fut d’abord formée de signes idéographiques.

      Il est si naturel que l’écriture ait été, au début, la représentation d’une idée par un dessin, d’un objet par l’image de l’objet, qu’on ne conçoit même pas que cela ait pu commencer autrement.

      D’autant plus que ce système d’écriture existe encore dans certains pays, notamment en Chine.

      Mais il restait à savoir comment l’écriture idéographique est devenue alphabétique.

      Une des choses qui ont le plus frappé les premiers humains, c’est la différence des sexes. Il est bien certain qu’ils ont représenté le garçon par le signe « I » et la fille par le signe « O » ; et ces deux signes primordiaux qui ont servi à désigner le masculin et le féminin sont l’origine des lettres ; ils sont arrivés, en se modifiant de différentes manières, à former l’alphabet. Les lettres sont faites de « I » et de « O » combinés.

      Le système d’écriture ionien, en les combinant de 25 manières, en forma un alphabet, le même dont nous nous servons.

      Quand la pudeur sera née, beaucoup plus tard, on dira que ces deux signes représentent une baguette et une bague.

      On les retrouve partout sous cette idée nouvelle et ils deviennent des symboles.

      Le système du symbole féminin (la bague) se développe puissamment en Europe.

      La bague servira à sceller les décrets (ceux du pontife Janus, diront les auteurs masculinistes).

      Dans certaines langues, comme l’hébreu, le « I », devenu le « Y o d », servira à représenter le sexe masculin.

      Quoi d’étonnant que la différenciation sexuelle ait été la grande préoccupation de ces primitifs, et que toute la symbolique s’y soit rapportée ?

      Les lettres carrées (cunéiformes) semblent dérivées aussi des signes par lesquels les Orientaux désignaient les sexes.

      Le triangle la pointe en bas y représente le sexe féminin, c’est le pubis, et la pointe en haut le sexe masculin. Puis on les réunit, ce qui déjà devient un signe plus compliqué.

      Les premiers signes idéographiques « I » et « O » sont restés longtemps dans les usages pour désigner les sexes.

      On les retrouve encore aujourd’hui sur tous les appareils : « ON/OFF »
      Faits et temps oubliés


      • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 12:21

        @Étirév


        Bonjour,


        Merci pour votre contribution.


        Il est vrai que ce site ’livresdefemmeslivresdeverites’ apporte souvent une analyse sous un angle qui ne nous est pas habituel, mais qui a sa logique et sa valeur propre.


        Les filles ont toujours eu un avantage, intellectuellement. Très tôt à l’école, j’avais remarqué que la compagnie des filles était plus intéressante. Heureusement j’étais costaud et les gamins cessaient vite de se moquer.


        Et les premières divinités féminines reflétaient sans doute la structure de la société, ’’reproduite’’ au ciel. Presque partout, les mâles ont ensuite pris le dessus. Ici-bas ET par conséquent au Ciel...

        Il y a encore les Minangkabau en Indonésie, qui ont conservé leur structure féminine. Ce qui démontre que cela peut très bien marcher !


        Une première langue universelle me semble difficile à imaginer, par exemple quand les sapiens se sont hybridés avec les néandertaliens... la langue la plus ’’pure’’ aurait donc été celle de néandertal ? Qui lui-même est issu de formes humaines et pré-humaines antérieures... plus proches de la langue parfaite donc...

        Bien des animaux communiquent via un langage sonore, chimique, ou autre.


      • eau-mission eau-pression 22 avril 2020 13:44

        @Étirév

        Une remarque de béotien. Le début du langage chez le bébé, c’est le « pointer du doigt ». Je n’ai pas entendu dire que l’âge où est atteint cette étape dépende du sexe du bébé.

        Sans doute qu’historiquement, ça a toujours été la mère qui a reçu la première ce signe, qui fabrique un lien mental entre les individus.

        Après, est-ce que le bébé, selon qu’il a zizi ou zézette, est regardé de la même façon par la mère ? Je veux dire que l’usage qu’il voit du langage peut être induit par la maman.

        Tout ce que je sais, c’est que notre lien au réel dépend du sexe. Une femme dira « au creux des reins » pour évoquer un ressenti intime. En tant qu’homme, honnêtement, je ne vois pas trop l’équivalent pour moi. Pudeur ?


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 11:29

        Merci pour ce sujet passionnant. Il est dit que Thot fut à l’origine du langage et de l’écriture. L’Egypte n’est pas loin du Mali. Pour inscrire des signe sur une surface, il faut au préalable qu’ils prennent sens dans la pensée. Le Mali n’est pas loin de l’Egypte et nous savons qu’ils lisaient l’avenir dans les lignes du placenta. Une piste parmi d’autres.....


        • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 12:29

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Bonjour,

          Chaque contrée, proche ou lointaine, d’hier ou d’aujourd’hui, s’est construit, en son propre temps (souvent en l’empruntant à d’autres), les représentations mentales qui lui permettent de donner un sens au monde et aux choses.
          Thot est l’une des origines présumées... Mais je ne parierait pas un baril de pétrole dessus...  smiley
          Les Sumériens pensaient que le langage a été donné par les dieux, mais que l’écriture est une invention qui est d’origine humaine. Quand ils disent ’les hommes", ils entendaient bien sûr les Sumériens.


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 12:46

          @JPCiron
           La mère d’Hermès qui nous ramène à Thot s’appelait Maïa. D’où l’origine du mot maïeutique : accoucher par le langage. 

          nom féminin
          1. PHILOSOPHIE
            Méthode suscitant la mise en forme des pensées confuses, par le dialogue (Socrate, dans les œuvres de Platon). les première forme de langage sont apparues parce qu’il fallait communiquer une pensée de plus en plus complexe. et l’écriture pour laisser une trace,... Moi je parie un baril sur Thot, d’autant plus qu’il n’est pas cher.... smiley. En astrologie la planète du langage (Dieu) est mercure. Qui nous ramène encore à Hermes. Le mercure est associé à un signe d’air (gémeaux). Et il ne peut existe de langage sans souffle ou air. Le souffle divin...

        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 12:59
           - Les Hébreux Sumériens donnèrent à Thot le nom d’Enoch et la Bible dit qu’il est le seul seul homme ayant marché avec Dieu. Thot Hermès ...

          • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 13:35

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Les Hébreux Sumériens >
            .
            Les Sumériens avaient disparu depuis des poignées de siècles avant que les Hébreux n’apparaissent.... d’abord dans la Bible il me semble.
            .

            .


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 14:00

            @JPCiron Le premier langage du bébé est le babil. Baby (baby) lone vient de l’akkadien : bäb-ili (cela ne s’invente pas,...). Babylone est bien le symbole du langage. Le reste demande un très long développement....http://colinearcenciel.eklablog.com/babylone-et-summer-la-mesopotamie-a127859854


          • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 15:49

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            < ... babil ... vient de l’akkadien bäb-ili ... >

            .

            Ne pas confondre

            .

            Le latin balbutire a donné en Français ancien différent mots selon les époques/ régions : balboyer / baboyer / balbier >> qui ont donné babiller en français moderne.

            .

            Entre-temps, le sens du mot a glissé. Il signifiait initialement bégayer.

            .

            En Akkadien Bāb-Ilum signifie « la porte des dieux ». Dans le récit biblique , ce mot prend un tout autre sens en raison d’une confusion avec la racine hébraïque BLBL, qui signifie « bredouiller », « confondre ». ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_de_Babel )

            .
            Ne pas prendre pour argent comptant tout ce que l’on trouve dans la Bible !!
            .


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 16:23

            @JPCiron J’ai fait mon mémoire sur la dyslexie et donc, c’est certain, le sujet me passionne. Prenons simplement la lettre « b » qui engage le mot : bouche et évoque la forme du corps d’une femme enceinte de son « b »é« b »é. Il y aurait tant à dire : une « b »ible. la forme des lettres n’est pas innocente.


          • QAmonBra QAmonBra 24 avril 2020 11:44

            Merci @ JPCiron pour le partage et l’excellence de l’article.

            (. . .) "En Akkadien Bāb-Ilum signifie « la porte des dieux »." (. . .)

            Quand on voit la splendeur reconstituée des portes de Babylone, on ne peut qu’être d’accord avec l’expression akkadienne !

            Par ailleurs et compte tenu qu’en arabe Bab = porte et Illah = Dieu, la langue arabe serait elle héritière, entre autres, de l’Akkadien, donc une des plus anciennes langues vivantes au monde ?

            Au delà de l’influence historique, actuelle et méconnue de cette langue sur le français moderne usité au quotidien, parlerions nous également arabe, sans le savoir, par et comme le grec ancien et le latin composant principalement notre belle et riche langue « françoise » ? 

            Ou, sous un autre angle, de par notre culture fondamentalement méditerranéenne, serions nous culturellement bien plus sémite qu’un scandinave ou un anglo-saxon ?


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 24 avril 2020 11:56

            @QAmonBra

            Mais Dieu est verbe et la « b »ouche (comme l’OR eille) sont bien la porte des Dieux. L’Akkadien est chamito-sémitique.


          • JPCiron JPCiron 24 avril 2020 22:31

            @QAmonBra

            Bonjour QAmonBra,
            C’est toujours avec plaisir de vous croiser.
            Et Merci pour votre généreuse appréciation.
            .
            Par ailleurs et compte tenu qu’en arabe Bab = porte et Illah = Dieu, la langue arabe serait elle héritière, entre autres, de l’Akkadien, donc une des plus anciennes langues vivantes au monde ? >

            L’Akkadien est sans doute la plus ancienne des langues sémitiques connues au Moyen-Orient. Elle dérive d’une hypothétique langue nommée ’’proto-sémitique« , née en Afrique. L’ Akkadien est apparenté au Berbère, à l’Égyptien ancien, etc
            L’autre branche sémite a donné le Cananéen, l’Ougaritique (très proche de l’Hébreu), l’Arabe, etc

            L’Arabe et l’Hébreu sont proches (rameaux sur la même branche) tandis que l’Akkadien est sur une autre branche.
            Tous ont leurs aïeux communs un Afrique, au Sahara, du temps où la vie y était encore douce. Avant donc l’aridification qui progressa au 7 ou 8 ième millénaire qui poussa les populations vers le nord (Méditerranée) et vers l’Est (Egypte >> Palestine etc) ou (Ethiopie >> Sud Arabie >> Mésopotamie)

            Avec le contenu des mots d’aujourd’hui, on dirait que toutes les langues sémitiques sont par origine fondamentalement ’’Arabe’’.

            Il n’est pas très glorieux pour certains -ni honorable d’ailleurs- de renier ses origines, et de s’en inventer d’autres.

            serions nous culturellement bien plus sémite qu’un scandinave ou un anglo-saxon ? >

            Pour l’Europe du sud, sans doute que oui.

            Nous honorons les Grecs car ils nous admirons les productions de leurs Anciens. Beaucoup de ces derniers n’ont fait que nous faire bénéficier de la sagesse et du savoir qu’ils recevaient de l’Orient aux mille différents visages.

            Mon sentiment est que la Méditerranée est potentiellement un ’’pôle’’ intéressant, une fois que ses intégrismes »des quatre vents" auront réduit leur emprise.

            .
            Je suis en train de finir un article sur l’origine des Sumériens. De faire des recherches sur un sujet ou sur l’autre donne de nouvelles couleurs au monde...
            .


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 13:06

            Thot est associé à Métatron/ Dieu Egyptien de l’écriture et de la géométrie. En 2013, je suis en année 11 : c’est le chiffre de Métatron.

            Dans le pseudépigraphe 3 Hénoch, il est relaté comment Hénoch est enlevé au ciel et nommé gardien de tous les trésors célestes, chef des archanges, et le préposé immédiat auprès du « Trône divin », à qui sont révélés tous les secrets et les mystères. Dans cet ouvrage, il est identifié à Metatron, l’ange qui communique la Parole divine. Dans la littérature rabbinique, la kabbale et les ouvrages de mystique juive, il est celui qui a communiqué la révélation divine à Moïse.

            Le Targum Jonathan Genesis dit qu’Hénoch servit devant le Seigneur et qu’il fut retiré pour monter au firmament où son nom devint Metatron le grand scribe. Dans son commentaire des Cinq livres de Moïse, Menachem[Qui ?] écrit que le Seigneur prit Hénoch pour qu’il se tienne devant le Trône de Sa majesté, devant les roues de Son chariot, pour accomplir les tâches du Plus-Haut. Il fut porté au ciel dans un chariot tiré par des chevaux de feu et entra en présence de Dieu, des bêtes sacrées, des séraphins, ophanim et chérubins et des roues du chariot6.


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 13:12

              Le fait de trouver les premières traces d’écrits ou de langage à Summer ne prouve rien. Les plus antérieures ont pu être perdues.


              • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 22 avril 2020 16:12

                « Le premier alphabet proto-Cananéen/ proto-Sinaïtique ( vers 1900 BCE ) est consonantique et a inventé l’ordre des lettres qui a été conservée jusqu’à nos jours. »

                 

                Fernand Crombette a démontré dans son livre « Joseph maître du monde et maitre es sciences »

                que c’est le Joseph biblique second derrière Pharaon qui a inventé l’alphabet hébreux et donc après l’entrée de sa famille en Egypte en 1755 av J.C.

                Le simple bon sens permet de le penser puisque Les 70 hébreux sont entrés en Egypte sans alphabet en 1755 av J.C. et en sont ressortis par Moïse en 1540 av J.C. avec une écriture alphabétique en Hébreux pour écrire les 5 livres de Moïse.

                C’est aussi ce que supputait Weill : « Comme ces caractères ont été trouvés dans les mines où travaillaient les captifs des Egyptiens, on peut penser que c’est chez un peuple soumis à l’Egypte et en relations suivies avec l’Egypte que l’invention s’est produite ; donc en Egypte par un non-Egyptien. »

                 

                http://ceshe.chez.com/travaux/histoire/joseph.htm

                « En effet, l’écriture avait été inventée dès avant le Déluge comme en témoignent les bois-parlants de l’Ile de Pâques, les inscriptions de Mohendjo-Daro dans la vallée de l’Indus et les peintures rupestres des cavernes ; le système hiéroglyphique avait été repris après le Déluge par les descendants de Cham, en particulier par Ludim-Thôt en Egypte. Mais, comme Crombette l’a découvert, ces hiéroglyphes servaient beaucoup plus à la magie qu’au simple échange d’informations. Or les Hébreux, fils de Jacob et adorateurs du Dieu unique ne pouvaient utiliser ce système d’écriture. C’est pour eux que Joseph inventa l’alphabet qui, par la séparation des consonnes et des voyelles, interdisait de pratiquer la magie. Cette découverte est confirmée par trois inscriptions hiéroglyphiques se rapportant à Joseph qui se lisent : "Celui qui a réduit l’écriture à ses premiers éléments, qui est arrivé à produire au grand jour la raison des sons«  ; et encore »Auparavant, les images s’adaptaient aux mots en commun et il fallait une multitude de formes. L’oracle des grands docteurs, Joseph, est venu le premier isoler les fragments qui produisent les paroles et de ces premiers éléments composer une série de quelques-uns"  ; et enfin "Joseph, supérieur aux grands sages, venu des palmeraies, a disjoint les paroles pour s’abstenir de jeter des sorts". Les noms des lettres hébraïques ont des noms égyptiens et il est facile de montrer comment ces lettres dérivent des hiéroglyphes qui représentent ces noms. Nous n’énumérerons pas toutes les lettres, mais donnerons simplement le tableau de la figure 2 qui décrit la parenté entre l’alphabet hébreu et le démotique. il faudrait une conférence particulière pour traiter toute cette question ; nous ne le ferons pas dans le cadre de cet exposé. Les personnes intéressées peuvent se reporter au chapitre de Joseph maître du monde et maître ès-sciences intitulé « Joseph analyste du langage ». »


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 16:51

                  @Daniel PIGNARD

                  On retient surtout de Joseph qu’il interpréta le songe du Pharaon. Ce qui relève d’une forme de magie. Ce n’est pas par hasard que Thomas Mann a écrit : Joseph et ses frères ainsi qu’un livre moins connu sur Hermès. Mais la bible est le fruit d’une névrose obsessionnelle : obsédée par le sale et le propre,....On sépare (Fais ce que je dis mais pa ce que je fais,...). La spiritualité qui est de nature hystérique fait exactement le chemin inverse : il n’y a pas de bien sans mal et inversement. Lire : la philosophie du Christ de Dibombari MBOCK.


                • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 21:58

                  @Daniel PIGNARD

                  Bonjour,
                  .

                  « Le premier alphabet proto-Cananéen/ proto-Sinaïtique ( vers 1900 BCE ) est consonantique et a inventé l’ordre des lettres qui a été conservée jusqu’à nos jours. »> 
                  .

                  La première inscription alphabétique remonte je crois à la dague de Lakish (vers 1600 av. JC) – Quelques signes ressemblent au futur alphabet proto-cananéen, et aussi aux anciens hiéroglyphes Égyptiens...


                  Que l’alphabet proto-cananéen ait été dérivé des signes égyptiens est probable, vu l’histoire millénaire de l’écriture en Égypte voisine.

                  Si vous voulez dire que les initiateurs des futurs alphabets sémitiques sont les Égyptiens, je tendrais à être à priori d’accord avec vous.


                  Le premier alphabet consonantique dont l’ordre des lettres a été conservé jusqu’à nos jours est l’’alphabet ougaritique de 30 lettres, qui remonte vers le XIVe siècle avant JC.

                  .


                • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 22:11

                  @Daniel PIGNARD
                  .

                  <  les mines où travaillaient les captifs des Égyptiens >

                  .

                  Les Valeurs Morales millénaires des Égyptiens leur interdisaient l’esclavage, que les Israélites (et les autres populations de langues sémitiques du coin) pratiquaient allègrement. Par contre, les Égyptiens ont pratiqué le travail obligatoire rémunéré. Ce qui n’est pas la même chose. Et les prisonniers suivaient ce régime avant d’être plus tard intégrés à la population

                  .

                  L’ hypothèse de l’ invention de l’alphabet par des mineurs (illettrés ? Érudits ?) me laisse perplexe. Par contre, les Égyptiens peuvent avoir utilisé des mercenaires « asiatiques » (pas dans les mines) qui pourraient avoir transmis ce qu’ils ont appris lors de leurs déplacements.



                • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 22:26

                  @Daniel PIGNARD

                  < le Joseph biblique second derrière Pharaon qui a inventé l’alphabet hébreu >

                  .

                  Quand a-t-on pour la première fois entendu parler des Hébreux, historiquement. Quelle contrée a utilisé ce terme dans sa littérature ou dans ses correspondances diplomatique ?

                  J’aimerais le savoir, car je n’ai personnellement rien trouvé pour les époques qui nous intéressent.

                  .

                  Par contre, la Bible en parle . Or, la Bible est datée du moment où les textes ont été rassemblés par Esdras, le fonctionnaire Israélite du Roi Perse. Vers 450 av. JC. Mais on n’est plus sûrs du contenu (5 livres) qu’après leur traduction en Grec, vers 300 av. JC.

                  .

                  On ne pourrait donc pas parler d’ Hébreux avant cela. La Bible n’ayant rien d’un livre historique, surtout dès que l’on s éloigne dans le passé.

                  La « sortie d’Égypte » est mythique = aucun historien de l’antiquité n’en parle. Ni de Moïse d’ailleurs.

                  .

                  Puisque les caractères de la dague de Lakish (= la pièce la plus ancienne ?) a des caractères ressemblant étrangement à des hiéroglyphes égyptiens, on doit honnêtement privilégier la piste de l’invention égyptienne des premiers caractères du futur alphabet en langue sémitique.


                • JPCiron JPCiron 22 avril 2020 22:57

                  @Daniel PIGNARD

                  Joseph inventa l’alphabet qui, par la séparation des consonnes et des voyelles, >
                  .
                  Les langues sémitiques ont peu de voyelles. C’est pourquoi leurs alphabets sont consonantiques.
                  J’en déduis que Joseph n’était pas de langue sémite. Et c’est un autre alphabet d’une autre région du monde qu’il aurait inventé.
                  .

                  <En effet, l’écriture avait été inventée dès avant le Déluge comme en témoignent les bois-parlants de l’Ile de Pâques, les inscriptions de Mohendjo-Daro dans la vallée de l’Indus et les peintures rupestres des cavernes >
                  .
                  Ai-je bien lu ??
                  L’auteur se mélange complètement dans les dates !
                  Je ne sais de quelles peintures rupestres il parle. Mais l’Ile de Pâques et la civilisation de l’Indus sont choses bien postérieure au très ancien « déluge » que décrivent beaucoup de traditions de multiples cultures du monde.
                  .
                  Mon sentiment est qu’il y a danger de raisonnement circulaire quand tous les éléments d’une argumentation ne sont issues que d’un seul Livre.

                  .


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 avril 2020 09:11

                  @JPCiron

                  La Bible n’ayant rien d’un livre historique, surtout dès que l’on s éloigne dans le passé.

                   

                  « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. » (Luc 16 :31)

                  « De même que Jannès et Jambrès s’opposèrent à Moïse, de même ces hommes s’opposent à la vérité, étant corrompus d’entendement, réprouvés en ce qui concerne la foi. Mais ils ne feront pas de plus grands progrès ; car leur folie sera manifeste pour tous, comme le fut celle de ces deux hommes. » (2 Tim 3 :6-9)

                   

                  A partir du moment où vous me dites que la bible n’a rien d’un livre historique, je vous laisse faire vos recherches seuls car on ne pourra pas converger.

                  Ce que j’expose maintenant n’est donc pas pour vous mais pour les autres lecteurs qui écoutent Moïse.

                   

                  Les preuves matérielles du récit de l’exode biblique par Moïse :

                  https://www.agoravox.fr/commentaire5726065

                   

                  Moïse nous parle du livre de la loi dans

                  Exode 17 :14 : « L’Eternel dit à Moïse : Ecrit cela dans le livre pour que le souvenir s’en conserve. »

                  JPCiron veut ignorer ces paroles pour ne pas avoir à se souvenir.

                  JPCiron prétend donc par ce subterfuge que la bible n’a été écrite que sous Esdras soit vers 450 av J.C alors que ce livre de la loi est daté du temps de Moïse entre 1540 et 1500 av J.C.

                   

                  Voilà où en sont les historiens qui se piquent de leur grand savoir en rejetant l’historicité de la bible.

                   

                  Exode 24 :4 ;  « Moïse écrivit toutes les paroles de l’Eternel. »

                  Exode 24 :7 ; « Il prit le livre de l’alliance et le lut en présence du peuple. »

                  Deut 29 :20 ; 30 :10 ;

                  Deut 31 :26 ; « Prenez ce livre de la loi, et mettez-le à côté de l’arche de l’alliance de l’Eternel, votre Dieu. »

                  Josué 1 :8 ; « Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche, médite-le jour et nuit… »

                  Josué  8 :34 « Josué lut ensuite toutes les paroles de la loi. »

                  Ce livre de la loi écrit par Moïse est donc daté entre 1540 et 1500 av J.C.

                   

                  Les textes n’ont pas été rassemblés par Esdras mais le livre de la loi a été retrouvé du temps du roi Josias par Hilkija le souverain sacrificateur. Voir 2 Rois 22 :8-13 et 2 Chr 34 :14-18.


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 avril 2020 09:32

                  @JPCiron

                  Pour les bois parlant de l’île de Pâques, je pense en effet que Crombette se trompe dans les dates et dans le scénario qu’il développe pour l’île de Pâques et j’en ai fait la remarque au Ceshe en son temps.

                  Pour les inscriptions de Mohendjo-Daro dans la vallée de l’Indus, je n’ai pas étudié la question mais une cité qui n’a pas été recouverte par les limons du déluge ne peut être datée d’avant le déluge à mon avis.


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 avril 2020 09:40

                  @JPCiron

                  « Mon sentiment est qu’il y a danger de raisonnement circulaire quand tous les éléments d’une argumentation ne sont issues que d’un seul Livre. »

                   

                  La bible n’est pas un seul livre mais 22 livres dans l’ancien testament et 26 livres dans le nouveau testament, livres écrits par des auteurs différents et à des époques très différentes.


                • Gollum Gollum 23 avril 2020 10:12

                  @JPCiron

                  Laissez tomber. Pignard est un délirant comme seul le christianisme a su en produire, persuadé que l’Univers a 6000 ans et se base sur un autre délirant, Fernand Crombette, qui a « prouvé » que Jérusalem était bien au centre de la terre, rien que ça... entre autres délires.. Je me suis promené sur son site et c’est un régal de conneries à l’état pur.

                  Et évidemment seuls contre tous et ce sont eux qui ont raison.


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 avril 2020 11:35

                  @Gollum

                  Fernand Crombette a prouvé que sa méthode de déchiffrage des hiéroglyphes étaient bien plus productive que celle de Champollion et surtout la preuve ultime est qu’il est le seul a avoir déchiffré le disque de Phaestos avec une double version très crédible.

                   

                  Disque de Phaestos et explications :

                  Le nombre de cases est le même que pour le jeu de l’oie+1 actuel (63 cases).
                  De plus l’énigme a été résolue par Fernand Crombette il y a bien des années et on peut lire les 2 traductions de ce disque dans son livre « Clartés sur la Crête »

                  Ce n’était pas un simple jeu, car l’une des traductions donne la règle du jeu de l’oie, mais une autre traduction (Courant avec les hiéroglyphes) donne l’épopée de Dédale (constructeur du labyrinthe) et d’Icare (son fils) enfermé dans le labyrinthe, d’où la forme en escargot rappelant le labyrinthe.

                  La méthode de Crombette, vu qu’il n’avait qu’un dictionnaire latin-copte copte-latin, a été :
                  Reconnaissance du signe et désignation du rébus en français.
                  Traduction de cette désignation en latin.
                  Traduction du latin en copte (langue monosyllabique).
                  Introduction d’une plasticité dans la consonance copte.
                  Retraduction en latin quand on y trouve un sens et un contexte.
                  Retraduction en français.

                   

                  Le disque de Phaestos Extrait du volume 1 de « Clartès sur la Crète ». 

                  « . Le disque (de Phaestos) attend toujours ses déchiffreurs. Ses deux faces restent muettes, aussi éloquentes qu’elles puissent paraître au premier abord.
                  . Peut-être un chercheur professionnel viendra tôt ou tard cueillir les lauriers promis à celui qui découvrira le secret de cette impénétrable plaque d’argile.
                  . Peut-être même un génial « outsider » saura-t-il pénétrer l’énigme de ces images en spirale et, moderne Thésée, découvrir cet autre labyrinthe de l’île de Minos. »
                  (« Le déchiffrement des écritures », d’Ernst DOBLHOFER, editions Arthaud)

                   

                  Ernst Doblhofer ne croyait pas si bien dire.

                  Fernand Crombette fut ce « chercheur professionnel » que, pendant 35 ans, puisant à toutes les sources sérieuses d’information, recueillit des trésors, dont cette traduction est un exemplaire particulièrement considérable.
                  Il fut cet « outsider » qui pénétra le secret du labyrinthe de l’île de Crète, mystérieuse et demeurée telle, malgré les noms célèbres qui lui sont associés : Evans, Kober, Dussault, Hrozny, Glotz,…
                  F. Crombette le « génial déchiffreur » des deux faces du célèbre disque, moderne « Thésée » qui, dans le silence et la ténacité, a découvert ce que tant d’autres avaient cherché en vain dans le bruit et la publicité. Nous en saurons de plus sur Dedale et Icare et… sur le « Jeu de l’Oie » !

                   

                  http://crombette.altervista.org/testi/43211.pdf


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 12:29

                  @Daniel PIGNARD Le jeu de l’Oie, 64 cases, comme dans le yi-king, (64 héxagrammes) et l’ADN (

                  Résultats de recherche
                  Extrait optimisé sur le Web
                  Quatre bases nucléiques déterminent la séquence d’un ARN messager — adénine, uracile, guanine, et cytosine — de sorte qu’il existe 43 = 64 codons différents, codant pour 22 acides aminés et l’arrêt de la synthèse) Lire : le 8ème jour de PTAH. 

                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 12:32

                  @Mélusine ou la Robe de Saphir. L’oie d’HERMES : http://www.lebistrotdelarosecroix.com/2015/08/l-oie


                • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 12:33

                  @Daniel PIGNARD

                  Oui, la Bible n’a rien d’un livre historique. Sa fiabilité décroît très rapidement dès que l’on s’enfonce dans le passé de ceux qui l’ont écrit ou rassemblé. Soit en gros le Ve siècle avant JC.

                  Ainsi, la Bible parle du pharaon, sans jamais dire lequel. Car les archives d’aucun pharaon ne parle de la sortie d’Egypte. A cette époque théorique de Moïse, l’Egypte était maîtresse de l’autre rive de la Mer Rouge ! 
                  Cet épisode est un des nombreux épisodes inventés pour créer un passé glorieux à des populations qui ont toujours été conquises par les Égyptiens, les Babyloniens ou les Hittites... Créer un passé imaginaire glorieux, voilà un objectif essentiel de l’oeuvre.

                  Ensuite, vous démontrez pour moi le mécanisme du raisonnement « en vase clos » :
                  Vous partez de l’hypothèse que la Bible dit le Vérité, sans accepter de pouvoir jamais avoir tort :
                  « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. » (Luc 16 :31)

                  <A partir du moment où vous me dites que la bible n’a rien d’un livre historique, je vous laisse faire vos recherches seuls car on ne pourra pas converger. >

                  .
                  Bonne route !
                  .
                  Je l’ai dit souvent : la confusion est entretenue (sans doute pour des raisons théologiques) entre le Livre qu’a ’’découvert«  » le Roi Josias vers -600 (la Loi de Moïse) et le Livre qu’a compilé Esdras, vers -450. 
                  Celui d’Esdras (Pentateuque) a été traduit en Grec >> c’est une source identifiée. Celui de Josias est mentionné, mais on n’en a pas  que je sache un détail exhaustif.

                  Par ailleurs, les villes qu’a traversé Abram selon la Bible, n’existaient pas encore aux temps hypothétiques déduits de la Bible.
                  .
                  Il y a matière à se poser des questions.
                  .Par honnêteté intellectuelle.


                • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 13:36

                  @Daniel PIGNARD

                  Pour les inscriptions de Mohendjo-Daro dans la vallée de l’Indus, je n’ai pas étudié la question mais une cité qui n’a pas été recouverte par les limons du déluge ne peut être datée d’avant le déluge à mon avis. >
                  .

                  Tout cela dépend où se trouvait la contrée considérée.
                  Rappelons que cette histoire de « déluge » apparaît un peu partout dans le monde. Il y a donc un phénomène physique réel là-dessous. Sans doute une grosse éruption volcanique quelque part, qui dérangea fortement le climat.
                  .
                  Ainsi, sur les plateaux et montagnes de la Bactriane, la tradition parle d’un « Hiver interminable’’ qui menaça de faire périr tous les êtres vivants. C’était la neige qui s’accumulait en masses impénétrables. La Tradition rapporte le mythe d’un  »Noé" qui, dans cette zone où il n’ a pas de mer, rassembla des milliers d’animaux de différentes sortes dans une énorme grotte, en attendant le dégel. Il sauva donc le vivant. Lui aussi.

                  .


                • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 13:41

                  @Daniel PIGNARD

                  La bible n’est pas un seul livre mais 22 livres dans l’ancien testament ...>.> 
                  .
                  Le Roi Perse a fait rédiger Le livre de la Loi de la province Perse de Jehud. Il est composé de 5 parties : le Pentateuque.
                  .
                  Je parle de celui-là.
                  .


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 avril 2020 19:45

                  @JPCiron

                  « Créer un passé imaginaire glorieux, voilà un objectif essentiel de l’oeuvre. »

                   

                  Ah oui, et Jésus qui a dit qu’aucun trait de lettre ne sera ôté à l’écriture marcherait dans cet objectif ?

                  Jésus et les apôtres ont reconnu la véracité de toute l’écriture sainte et vous seriez, vous les historiens, plus forts que Jésus ?

                  Et l’adultère de David, et le meurtre de David sur Uri le Héthien fait-il partie du passé imaginaire glorieux ?


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 17:06

                  L’enfer est pavé de bonnes intentions est l’exemple type d’un : bien qui produit l’inverse. Et nous sommes en plein dans l’actualité. On confine (pour sauver des vies) et en même temps on génère probablement un mal encore plus grand. 


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 avril 2020 17:15

                    Et l’inverse, le confinement peut être un mal qui débouche sur un bien : la prise de conscience de l’existence de notre planète pour le futur. C’est l’avantage de l’hermétisme, il ne bride pas la pensée comme la bible dans des diktats dignes de Créon,...


                    • mursili mursili 23 avril 2020 04:43

                      En marge de cette intéressante recherche, cet hommage à Jules Oppert, qui fut l’un des pères de l’assyriologie et l’un des principaux déchiffreurs de l’écriture cunéiforme. 

                      https://www.persee.fr/docAsPDF/crai_0065-0536_1906_num_50_9_71937.pdf

                      Sur Jules Oppert aussi, cet article de Brigitte Lion et Cécile Michel : « Jules Oppert et le syllabaire akkadien »

                      https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00781407/document

                      L’une des énigmes du déchiffrement des textes akkadiens était qu’un mème signe pouvait avoir plusieurs valeurs phonétiques, un peu comme les kanji japonais. C’est ainsi que le sumérien qui n’est pas une langue sémitique a pu être déchiffré. Une polémique opposa Oppert à Joseph Halévy qui ne voulait pas croire à l’origine sumérienne de l’écriture.


                      • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 10:16

                        @mursili

                        Bonjour,

                        Votre couvre-chef est divin...


                        Un grand Merci pour votre contribution.

                        Je n’ai pour l’instant lu que le premier lien

                        https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1906_num_50_9_71937

                        .

                        J’y ai vu des noms illustres : Henry Rawlinson plaçait Jules Oppert « père de l’Assyriologie ». J’ai vu aussi le Père Jean-Vincent Scheil, Eugène Burnouf,...

                        .

                        J’y apprends qu’ Oppert découvre la Polyphonie de de signes dans les textes de la bibliothèque d’Assurbanipal, ce qui éclaire d’autres traductions d’idéogrammes et aussi la grammaire.

                        .

                        Il y a aussi l’intéressante « question sumérienne » = l’écriture sumérienne n’a pas été inventée par un peuple sémite

                        .

                        «  Antérieurement au VI ième millénium avant notre ère, un peuple allié aux races ougriennes et tartares descendait de Haute-Asie, traversait le pays de l’Aral et de la Médie, et s ’établissait en Mésopotamie. L’écriture qu’il créa se composait d’abord d’images qu’il défigura peu à peu et dont les traits sont devenus des caractères cunéiformes. Sa langue est apparentée aux langues altaïques. Le nom que lui a donné Jules Oppers en 1869 lui est resté : le peuple sumérien. »

                        Oppers considère que l’idiome est Touranien.

                        .

                        J’avais noté les migrations Touraniennes alors que j’étais sur l’étude de la vie de Zoroastre. Ces Touraniens étaient (en Bactriane) décrits comme des pillards nomades venus du Nord.

                        https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/zoroastre-son-pays-et-sa-vie-210393

                        .

                        L’intuition de lien avec certains éléments des langues altaïques était certainement bon. Mais d’autres éléments font que, autant les éléments communs Sumer-Altaï sont bien là, autant ils sont aussi avec d’autres peuples. J’en parlerai dans un prochain Article.

                        .

                        Dans le lien, je découvre la Thèse de Joseph Halévy en 1874 qui évoquait ’’le roman préhistorique des suméristes’’.

                        Je dois dire que, si les arguments utilisés par Halévy ont depuis un peu rouillé, par contre l’esprit a survécu jusqu’à nos jours.

                        .


                      • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 16:11

                        @mursili

                        Le texte sur le syllabaire akkadien est aussi intéressant.
                        https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00781407/document

                        .
                        Il y est clairement fait référence à l’erreur d’appréciation de Oppert sur l’origine Ouralo-Altaïque.
                        .
                        Le texte met bien en évidence les ’monstres’ de travail et de génie que sont la petite équipe d’érudits qui ont travaillé sur ces textes anciens.
                        .
                        On apprécie l’honnêteté intellectuelle d’Oppert pour affirmer une chose une fois, deux fois, et de reconnaître à la troisième qu’il s’est initialement trompé.
                        .
                        Voilà qui donne confiance dans son jugement.
                        .
                        Merci encore pour ces références intéressantes.

                        .


                      • Jean Keim Jean Keim 23 avril 2020 08:25

                        Hiers, j’ai écouté une fillette interprétant au violon une musique connue, et j’ai eu un flash, ce n’est pas seulement un être humain qui se produit sur fb, mais c’est, non pas intellectuellement mais réellement, toute l’humanité qui joue ce morceau de musique, toute l’humanité est dans les notes, le professeur de musique, le luthier, le bûcheron, le routier, le cantonnier, l’électricien, les parents, le compositeur, l’inventeur du solfège, le papetier, le copieur-colleur sur l’ordi, etc., etc., ainsi de proche en proche, de lien en lien, chacun est concerné, acteur, responsable de toute la communauté, passer à côté de cette évidence c’est ériger autour de soi une fortification parfois imprenable.

                        Alors affirmer ou même simplement penser que j’ai fait cela, j’ai inventer ceci, je suis le créateur de mes œuvres sont des illusions.

                        Nous avons le bonheur d’être des êtres vivants et d’appartenir à une humanité multiple, plurielle, riche de ses particularités et de ses singularités, humanité qui ressemble à une prairie couvertes de milliers de plantes différentes, chacune à sa place, sa niche au milieu de la diversité, il n’y a pas de Mozart, d’Einstein, de Jaurès, de Gandhi, et même de Gautama ou de Jésus, sans la participation de toutes les manifestations de la Vie.

                        Alors chacun d’entre nous ne peut pas être un être exceptionnel, reconnu comme tel, parce que ce n’est qu’une idée, une pensée, une chimère, certains ont poussé cette exigence jusqu’à en devenir monstrueux, il n’y a pas Mozart mais seulement sa musique qui fait partie de notre patrimoine tant qu’elle est dans notre mémoire, Mozart sera oublié, sa musique également, un jour les pyramides ne seront plus que de la poussière, ensuite parait-il des atomes, mais la Vie une et multiple ne disparaîtra jamais car elle est l’essence même de ce qui est.

                        Alors nous ne sommes pas Mozart, mais si nous jouons le mieux possible notre partition dans notre communauté, des choses exceptionnelles sortiront d’elle, et elles seront le don que la Vie se fait a elle même, nous ne sommes rien – sinon une personnalité factice – c’est une chance exceptionnelle.


                        • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 10:48

                          @Jean Keim

                          Bonjour,
                          Merci pour cette note-analyse à laquelle j’adhère je pense pleinement.

                          < affirmer ou même simplement penser que j’ai fait cela, j’ai inventer ceci, je suis le créateur de mes œuvres sont des illusions.>

                          Chacun est le résultat d’un parcours individuel et familial, issu d’une ou plusieurs cultures et traditions, qui s’enracinent bien au-delà d’une poignée de millénaires, dans une évolution insondable.

                          Nous ’délivrons’ en l’espace d’un instant ce que nous sommes devenus après tout ce temps d’un passé lointain, que nous partageons entre égaux avec/parmi d’autres êtres vivants.

                          .


                        • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 16:22

                          @Jean Keim

                          Je viens de terminer la lecture d’un texte proposé par @mursili 

                          Ref. : Brigitte Lion, Cécile Michel. Jules Oppert et le syllabaire akkadien. Colloque Histoire de déchiffrements., Oct 2007, Nanterre, France. pp.81-94. ffhalshs-00781407 https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00781407/document

                          .
                          Lequel me semble dire autrement ce que vous disiez dans votre intervention :
                          .

                          La conclusion de l’Expédition Scientifique en Mésopotamie [ de Jules Oppert] exprime son enthousiasme d’humaniste et la foi qu’en homme du XIXe siècle il place dans les progrès de la Science : «  C’est la seule discussion des faits qui fera jaillir la lumière, qui mettra la vérité dans tout son jour, et la fera passer dans le domaine public, en dissipant la dernière ombre qui offusque toute découverte, celle de la personnalité. Que les efforts des philologues du XIXe siècle rendent lisible de nouveau une grande page depuis longtemps effacée de l’histoire humaine, peu importe celui qui en aura enseigné la lecture à la postérité, et qui aura révélé aux générations futures la vérité, comparable au diamant, dont l’éclat ne perd ni ne gagne, quel que soit le mineur qui l’ait trouvé, quel que soit le patient ouvrier qui l’ait mis en œuvre. »

                          .


                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 10:22

                          Voici qui apportera un éclairage : La bible d’avant la bible : https://www.cairn.info/revue-pardes-2012-1-page-15.htm


                          • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 15:01

                            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                            .
                            Oui, voilà un travail intéressant qui fait un parallèle entre la Bible et l’Histoire.
                            Merci.
                            .


                          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 15:23

                            @JPCiron Je vous remercie aussi. Je suis sur la piste des akkadiens,...


                          • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 16:33

                            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                            .
                            Laissez-leur une chance... smiley


                          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 12:53

                            Ce n’est pas par hasard que Thot est représenté avec une tête d’oiseau. Le langage des oiseaux est relié à l’inconscient. Si l’homme a eu la possibilité de parler c’est parce qu’il s’est verticalisé., Ce qui lui a aussi permis d’observer les oiseaux et intégrer leurs vocalises complexes. Les grandes religions sont représentées par des oiseaux (la Colombe après le déluge,...). Le jeu de l’OIE est celui de l’ouïe. 

                            L’expression « langue des oiseaux » (on emploie également l’expression synonyme de « langue des anges ») a une origine confuse et plurielle :

                            • une première interprétation possible est qu’elle renvoie au fait que les oiseaux sifflent des mélodies, des musiques pour l’oreille humaine, mais dont on ne réalise pas le sens caché. C’est l’idée d’une langue sacrée, cachée, que l’homme n’« entend pas » (dans le sens de comprendre). Grasset d’Orcet reprend ce point de vue (voir ci-après). Cette interprétation renvoie également au mythe grec de Tirésias qui, apercevant un jour deux serpents s’accouplant sur le mont Cithéron (ou sur le mont Cyllène), de peur tua la femelle d’un coup de bâton. Tirésias fut alors transformé en femme. Sept ans plus tard, il revit des serpents accouplés. Il tua alors le mâle pour redevenir un homme. Tirésias fut ensuite confronté aux dieux Zeus et Héra qui se disputaient pour savoir si l’homme éprouve un plus grand plaisir dans l’amour que la femme. Consultant Tirésias en sa qualité d’initié aux deux sexes, ayant connu les deux situations, le jeune homme répondit que selon lui le plaisir des femmes est neuf fois plus intense que celui des hommes. Héra, outragée, le frappa alors de cécitéZeus compensa ensuite le châtiment infligé en accordant à Tirésias le don de prophéties infaillibles et celui de comprendre le langage des oiseaux.

                            On peut voir également dans le dieu HermèsMercure chez les alchimistes, le créateur de la langue des oiseaux. Ailé, il représente le principe volatil et ésotérique du mystère de la Nature.


                            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 13:09

                              Monin remarque à ce propos que le mot « O.I.s.E.A.U » a la particularité de faire appel à presque18 toutes les voyelles. Or, pour les kabalistes, les voyelles sont les lettres du fondement de la création, comme si en soi il résumait l’essence du cosmos, de là une hypothèse de l’origine de l’expression « langue des oiseaux », non en référence aux volatiles mais au fait qu’elle prend part au plan gnostique.


                              • Gollum Gollum 23 avril 2020 13:18

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                Or, pour les kabalistes, les voyelles sont les lettres du fondement de la création

                                Surtout que la Kabbale étant une doctrine juive elle se base sur un alphabet dépourvu de voyelles. smiley

                                Ah Mélu, c’est toujours un régal de vous lire. smiley


                              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 13:26

                                @Gollum Mais le peuple juif est le peuple élu. On ne donne pas des perles au goys.


                              • JPCiron JPCiron 23 avril 2020 13:43

                                @Gollum

                                Je confirme... jusqu ’avant saturation, cependant.


                              • Gollum Gollum 23 avril 2020 13:51

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                Oh mais je n’ai pas besoin de vos perles frelatées...

                                Il y a d’ailleurs une deuxième erreur dans votre post c’est qu’il n’y a qu’une seule lettre qui est le fondement de la Création.

                                C’est la lettre Beith. C’est écrit, en toutes lettres (sans voyelles), dans le Sepher Ha Zohar. quand les lettres défilent une à une devant le Saint, béni soit-il smiley


                              • Gollum Gollum 23 avril 2020 13:52

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                Vous vous auto-plussez maintenant ? smiley Vous êtes tombée bien bas. 


                              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 13:56

                                @Gollum pour convaincre des hommes, une femme doit se multiplier par deux. C’est mon amie qui est d’accord avec moi.


                              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 23 avril 2020 14:02

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                Toujours la même histoire de la maman et la pute ...lol


                              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 14:02

                                @Gollum
                                La tradition chrétienne assimile souvent Jésus-Christ à l’alpha et l’oméga


                              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 avril 2020 13:51

                                Les cons« omme »s sont masculines et les « voy »elles"féminines. vieilles guerres des sexes.

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