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Pourquoi le programme économique de Donald Trump remontera le prix du pétrole à 100 dollars, et dopera l’économie mondiale ?

« Une méthode révolutionnaire basée sur une logique transhistorique pour expliquer l’évolution économique du monde de 1945 à nos jours. Elle donne aussi un éclairage sur le programme économique du nouveau président américain Donald Trump et les retombées qui se dessinent sur le cours du prix du pétrole et son pendant, la croissance économique mondiale.  » L’auteur

 

 Les accords pétroliers historiques, auxquels sont parvenus les quatorze pays de l’OPEP et la Russie, à Alger, le 30 septembre 2016, puis à Vienne le 30 novembre 2016, et enfin l’engagement des pays non-OPEP, le 10 décembre 2016, pour réduire leur production de 562 000 barils, suffiront-ils à inverser le cours baissier du prix du pétrole ? Il faut rappeler qu’au cours de la dernière réunion en décembre, à Vienne, les onze pays hors OPEP (Azerbaïdjan, Bahreïn, Bolivie, Brunei, Guinée équatoriale, Kazakhstan, Malaisie, Mexique, Oman, Soudan, et Soudan-Sud) ont déclaré qu’ils sont solidaires avec les décisions du cartel pétrolier. Ce qui est incontestablement une victoire pour les pays exportateurs. Certes, une hausse des cours a suivi, le baril de pétrole WTI américain a dépassé les 54 dollars, le Brent les 57 dollars. Et nombre d’analystes européens, russes, arabes prédisent que les cours vont remonter, lorsque les réductions seraient appliquées à partir du 1erjanvier 2017.

Cependant une reprise des prix stimulée par la décision de l’OPEP de réduire le surplus pétrolier dans les marchés pourrait encourager la production de pétrole schiste aux États-Unis, qui aura pour conséquence de limiter l’impact de l’accord pétrolier. Comme l’observe Heinz-Peter Bader : « Le pétrole de schiste américain : un danger pour l’OPEP. Jeudi, l'ancien secrétaire adjoint américain à l'Énergie Charles McConnell a déclaré à Sputnik que l'accord de l’OPEP ne durerait pas longtemps et que s'il durait quand même, les producteurs américains de pétrole de schiste seraient en mesure de combler la demande mondiale. » Il est donc difficile d’avoir une réponse sur l’impact que pourraient avoir les accords historiques sur les cours compte tenu de l’écueil dû au pétrole de schiste américain.

 

Cependant, au-delà des accords pétroliers de l’OPEP et du pétrole de schiste, une autre situation va venir du programme économique de Donald Trump, qui sera appliqué dès sa prise de fonction, et aura à bouleverser l’économie mondiale. Qu’en sera-t-il de l’évolution des cours des prix du pétrole dans les quatre années à venir et, bien entendu, l’impact de ce programme sur l’économie mondiale ?

 

 

 1. Les six stades historiques de 1945 à 2016

 

 Pour comprendre l’analyse qui va suivre, il faut considérer que la phase de dépression économique aujourd’hui pour les pays pétroliers, en recul de croissance due à la chute pétrolière, comme pour les pays d’Europe confrontés à des politiques d’austérité depuis huit années, n’est pas venue ex nihilo, mais relève d’un processus historique précis. Comme d’ailleurs l’instabilité politique en Europe, les gouvernements successifs qui changent en Grèce, Espagne, Italie, Royaume-Uni (Brexit), Autriche, et dans d’autres pays, jusqu’au printemps arabe et les guerres civiles qui ont suivi (Syrie, Libye, Irak, Yémen, Somalie). Les conflits armés entre les groupes islamiques dont le groupe Boko-Haram et les forces gouvernementales de plusieurs pays d’Afrique ont toutes les mêmes causes géopolitiques et géoéconomiques.

Aussi pour suivre l’évolution du monde et arriver à ce qui se passe aujourd’hui, et ce qui est potentiel demain, ou ce qui est susceptible d’arriver sur le plan économique, financier, pétrolier et monétaire, divisons la période qu’a vécu l’humanité depuis 1945 à aujourd’hui en sept stades historiques. Un postulat que nous expliquerons au fur et à mesure que les événements contenus évolueront, et montrerons que ce sont eux qui ont déterminé aujourd’hui le la « mondialisation » du monde.

Le premier stade historique part de l’année 1945 et finit en 1971, année où le dollar américain cesse d’être adossé à l’or. Le deuxième stade historique part de la fin du premier stade, 1971, et se termine en 1979, année où la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé brusquement le taux d’intérêt directeur, de 10% à 20%. Année aussi qui a vu émerger la République islamique d’Iran suivi du deuxième choc pétrolier (triplement du prix du baril de pétrole). Le troisième stade historique part de 1979 et se termine en 1991. Deux faits majeurs marquent la fin de cette période. Les États-Unis, à la tête d’une coalition internationale, entrent, en 1991, en guerre contre l’Irak. Le deuxième fait historique majeur : le 26 décembre 1991, l’Union soviétique cesse d’exister.

Le quatrième stade historique part de 1991 et se termine en 1999. Trois événements majeurs marquent cette période. L’embargo est décrété contre l’Irak, il durera douze années. Les conflits armés suite à l’éclatement de l’URSS, et la Fédération de Yougoslavie. Le lancement de la monnaie unique, l’« euro ». Le cinquième stade historique part de 1999 et se termine en 2017. Il sera marqué par plusieurs guerres (Afghanistan, Irak, Syrie, Yémen, Libye) et attaques terroristes dont l’attentat du 11 septembre aux États-Unis. Le sixième stade historique part en 2017 avec l’élection du 45ème président américain, Donald Trump.

Les questions fondamentales que l’on peut poser sur ce marquage historique sont : « Quels enseignements peut-on tirer de ces stades historiques ? Que sera le cours du prix de pétrole en 2017 et dans les quatre années à venir du mandat de Donald Trump ? Quel impact aura la politique économique américaine sur l’économie mondiale. »

 

 

  2. Premier stade historique 1945-1971 - Les Trente Glorieuses

 

 En 1945, la Deuxième Guerre mondiale se termine. Hiroshima et Nagasaki, à trois jours d’intervalle (6 et 9 août 1945) sont pratiquement rasés de la surface de la terre. Le monde en sort meurtri, dévasté par pratiquement six années de guerre. Après ces dévastations, une nouvelle ère commence pour l’humanité. La Reconstruction de l’Europe, du Japon, de l’Union soviétique, la décolonisation de l’Afrique et de l’Asie en marche, la fin des empires coloniaux, la création de l’ONU, de la Banque mondiale, du FMI, du Conseil de Sécurité et d’autres institutions internationales ont été des facteurs déterminants dans le changement de la structure du monde.

La reconstruction s’achève pratiquement à la fin des années 1950. Le processus de reconstruction et d’édification de nouvelles nations (issues de la décolonisation) sera très favorable à la première puissance mondiale, devenus, à la fin de la guerre, l’atelier du monde. Les États-Unis totalisent plus de 50 % de la production industrielle et agricole mondiale. Une phase de reconstruction dopée par le plan de Marshall, en 1947, sera plus que bénéfique à l’économie américaine. Aussi peut-on énoncer que la reconstruction de l’Europe, du Japon et l’édification des nouvelles nations ont constitué le moteur qui a tiré la première industrie du monde, les États-Unis. En effet, sans ce moteur qu’est devenu le reste du monde (reconstruction de l’Europe, du Japon, édification de nouvelles nations), l’économie américaine aurait subi une grave crise économique, qui rappellerait la crise 1929, et les millions d’emplois détruits par la dépression des années 1930. A l’époque, 15 millions de chômeurs pour les États-Unis et 6 millions pour l’Allemagne.

Dès l’année 1958, la convertibilité externe des monnaies européennes est rétablie. Après la reconstruction et le retour de la compétitivité de l’Europe et du japon dans le commerce opérée, une inversion de moteur s’est opérée dans le monde. « Ce n’est plus l’Europe et le Japon qui tirent l’économie américaine, mais les États-Unis qui deviennent un moteur pour les économies de leurs alliés. » Le processus sera encore plus prononcé pour le Japon, qui devient un miracle asiatique, en partie grâce à la fixité du taux de change yen-dollar, 360 yens pour un dollar, jusqu’en novembre 1969. Le paradoxe que l’on constate dans ce processus est que les excédents américains se sont transformés en déficits. Ceux-ci ont permis à l’Europe et au Japon d’accumuler de l’or et des dollars, pour reconstituer leurs réserves de change, grâce auxquelles ils ont opéré la convertibilité externe de leurs monnaies. Une situation comparable à celle d’aujourd’hui, la Chine a accumulé des réserves de change considérables avec l’Europe et les États-Unis, lesquelles ont permis d’intégrer le yuan ou renminbi (monnaie du peuple) au panier de devises DTS (Droit de Tirage spécial) du FMI, en septembre 2016, qui jusque-là ne comprenait que le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen.

Or, dans les années 1960 et début des années 1970, le système monétaire de Bretton Woods de 1944 basé sur le dollar-or était encore en vigueur. Ce qui signifie les déficits américains vis-à-vis de l’Europe et du Japon se sont traduits par une baisse du stock d’or aux États-Unis. Ces derniers, faut-il rappeler, détenaient au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les 2/3 de l’or mondial. Et comment comprendre ces déficits américains ? Tout simplement par la rivalité qui opposait les deux superpuissances du monde. Dans la course aux armements qui s’était engagée entre les États-Unis et l’URSS, en pleine guerre froide. Une production massive d’armements conventionnels pour les trois armes (air, mer, terre) et non conventionnels (missiles balistiques nucléaires). Une rivalité dans les programmes pour la conquête spatiale. Le déploiement des forces américaines tout azimut sur mer, air et terre, avec l’implantation de centaines de bases militaires dans le monde. On en dénombre plus de 800 bases militaires sur les cinq continents. Les États-Unis jouaient en quelque sorte le rôle de parapluie militaire sur les visées soviétiques en Europe et en Asie.

Dès lors, peut se comprendre cette montée en puissance de l’Amérique dans des domaines géostratégiques aussi vitaux que nécessaires qui ont rendu inévitable les déficits extérieurs, procédant ainsi l’inversion du moteur mondial. Le complexe militaro-industriel contrebalancé par le complexe militaro-industriel soviétique, le déploiement des forces armées américaines dans le monde et la consommation intérieure plus forte en Amérique qu’en Europe et au Japon expliquent ces décennies de croissance d’après-guerre. Ce qu’on appelle aussi les « Trente Glorieuses  ». Mais, dès la fin des années 1960, la situation se détériore entre l’Europe et les États-Unis. Les crises monétaires s’exacerbent, le dollar-or est remis en question. Les États-Unis, n’ayant plus assez d’or pour défendre leur monnaie, amènent les pays d’Europe à refuser les dollars. Les États-Unis suspendent la convertibilité du dollar en or, le 15 août 1971. Cette suspension sera en fait définitive.

 

 

 3. Deuxième stade historique 1971-1979 –Origine de l’inflation mondiale

 

 Entre 1971 et 1973, les crises monétaires ne s’atténuent pas. Malgré le mécanisme du Serpent monétaire européen pour stabiliser les monnaies européennes entre elles et le dollar, la situation reste toujours conflictuelle sur le plan monétaire. Si les Banques centrales européennes refusaient de soutenir le dollar, et de plus ont adopté le régime de changes flottants, les États-Unis auraient de grandes difficultés pour financer leurs déficits commerciaux. Le problème qui se posait, c’est que « ce sont les États-Unis par leurs déficits extérieurs qui soutiennent la croissance mondiale. Sans ces déficits, qui soutiendra l’économie mondiale ? C’est simple, le monde sera privé de moteur. »

Pour répondre, il faut revenir aux origines de la frappe monétaire. Et le Moyen-âge, en tant que période intermédiaire entre l’Antiquité et l’époque contemporaine, nous paraît le mieux à nous éclairer sur les phénomènes monétaires souvent mal saisis. Au Moyen-Âge, le pouvoir monétaire était centralisé entre les mains du roi, comme aujourd’hui par l’Etat. Lorsque des fortes dépenses royales affectaient le budget du roi (train somptuaire de la cour, guerre contre un autre royaume), les caisses royales se vidaient, et l’argent vient à manquer. Ceci est valable aujourd’hui pour un pays qui entre en guerre, ou se livre à des fortes dépenses (train de vie élevé, dépense d’armements, etc.). L’exemple de l’Amérique endettée est parlant.

Le grenier du roi où se trouvent les réserves de céréales commence aussi à se vider. Et les céréales, au Moyen-Âge, constituaient une nourriture de base vitale pour les populations des royaumes. Pour prévenir les famines, il faut rappeler que les céréales étaient sous la garde du roi. Supposons que des fortes dépenses royales ont affecté le prix des biens et services dans le royaume. Et cette hausse des prix est due au recours de la frappe monétaire par les services financiers du roi pour financer le surplus de dépenses. Supposons qu’il se produit une situation de crise financière. Le roi ne peut lever de nouveaux impôts, la situation sociale du royaume a empiré, en raison de la famine, de l’appauvrissement de la classe paysanne et manufacturière (artisans), y compris princière. Et le risque des troubles dans le royaume est potentiel. Le roi doit réagir à cette situation. Une possibilité pour cette situation de crise, comme au temps de guerre, est d’user de la frappe de monnaie et augmenter le prix du blé. La hausse de la frappe de monnaie sera contrebalancée par la hausse du prix du blé.

Supposons que les princes du royaume frappent aussi de la monnaie. Et le roi consent vu le rapport de forces. Cependant seule la monnaie du roi a cours dans l’achat du blé. Les princes qui ne disposent pas suffisamment de blé pour nourrir leurs populations sont obligés de se procurer la monnaie du roi par les échanges de biens que leurs serfs produisent sur les marchés pour se fournir en blé dans les magasins du roi. On vient au constat suivant : « La hausse de la frappe de monnaie du roi en concomitance avec celle du prix du blé touche tant la classe populaire que la classe princière. Les deux classes sociales subissent une perte du pouvoir d’achat. »

Une exception cependant. Les paysans qui disposent d’une quantité importante de blé pour leurs semences, attirés par la hausse des prix, profitent de cette situation pour vendre une partie de leur semence. Ils sont encouragés pour augmenter les terres cultivables. Cultiver plus de blé leur permet, par la vente de plus de récoltes avec les nouveaux prix, gagner plus d’argent. De plus, dans les nouvelles terres cultivables, ils peuvent être aidés par de nouveaux de bras. En cas de guerre terminée, des soldats-paysans (mobilisés) libérés amènent plus de paysans à travailler la terre. Devant la hausse du prix du blé, les artisans augmentent à leur tour le prix de leurs produits, pour compenser la perte de pouvoir d’achat. Si la situation est conjoncturelle, et l’économie du royaume se rétablit, le roi met fin au surplus de la frappe monétaire et à la hausse des prix du blé. En revanche, si l’économie du royaume ne se rétablit pas, et les hausses se répètent, il se produit une spirale inflationniste qui obligera le roi, devant le risque de troubles graves, de mettre fin à ce processus dangereux. Et la nécessité de diminuer la frappe monétaire, imposer un prix donné du blé et une austérité dans tout le royaume.

Ce processus dans l’époque féodale se retrouve encore aujourd’hui. Une Banque centrale d’un pays qui voit ses réserves de change diminuer, et qui est confrontée à une crise de liquidités en devises internationales (recul des recettes dans le commerce extérieur, fuite de capitaux à l’étranger) se trouve, devant le constat que la quantité de monnaies émises dépasse la quantité de devises et d’or en réserve, c’est-à-dire les contreparties physiques internationales qui ont diminué (auxquelles les monnaies nationales étaient adossées), encore forcée d’en émettre la monnaie nationale pour financer (sans contreparties physiques) l’économie. C’est-à-dire à procéder à de la création monétaire ex nihilo (à partir de rien) ou planche à billet. La baisse des réserves de change qui oblige la Banque centrale à augmenter la masse monétaire pousse en même temps l’Etat à prendre une série de mesures pour faire face à la chute des réserves de change. D’instaurer des taxes aux produits importés (automobiles, produits de luxe, etc.), augmenter le prix de l’essence, etc., pour freiner les importations et préserver les réserves de change, ou du moins à les faire durer plus.

Au final, on constate bien que la Banque centrale de cet Etat qui a augmenté la quantité de monnaie et provoqué, par le biais des institutions de l’Etat, la hausse des prix a procédé, comme les financiers du roi qui ont augmenté la frappe monétaire et le prix du blé.

Evidemment, cette augmentation de la masse monétaire adossée à des réserves de change qui diminuent se traduit par une dépréciation de la monnaie de ce pays. Une dépréciation qui rend les importations plus chères et les exportations moins chères. Ce cas de figure peut être rentable pour un pays qui exporte des biens industriels et manufacturés, mais ne l’est pas pour un pays monoexportateur. Par exemple, un pays comme l’Algérie, qui exporte essentiellement des hydrocarbures et dont les prix sont fixés par les marchés internationaux, n’a pas d’instruments macroéconomiques pour influer sur son économie. La seule alternative qui lui reste, c’est d’amener le cartel pétrolier à influer sur le prix du pétrole, comme elle l’a fait en septembre 2016, ou à se tourner vers d’autres gisements inexploités. Et encore faudrait-il qu’ils soient rentables. Si l’Algérie n’arrive pas à influer sur l’OPEP, il s’ensuit pour son économie, une spirale inflationniste. Une faible rentrée de devises entraîne une spirale de déficits commerciaux récurrents lesquels, à leur tour, provoque une hausse des prix récurrents. Une situation qui se termine par une crise de liquidités en devises internationales et endettement. L’insolvabilité de l’Algérie entraîne inévitablement le recours aux institutions internationales (FMI, etc.), avec toutes les conditionnalités drastiques qu’elle aura à appliquer en échange d’un prêt financier minimal juste pour que l’économie ne sombre pas dans une crise grave, et que les conditionnalités soient appliquées.

Dans l’exemple de l’Algérie, comme dans tant d’exemples de par le monde dans les années 1980, et pour ne citer que celui récent de la Grèce après la crise financière de 2008, on constate bien une similitude entre le modèle du royaume médiéval et le modèle de l’Etat contemporain. Et cela passe par une augmentation de la quantité de monnaies et de la hausse des prix nationaux, indifféremment d’un Etat moderne ou d’un royaume médiéval.

On peut étendre le modèle médiéval à la conjoncture économique mondiale des années 1970. Postulons que les États-Unis sont ce royaume, et supposons qu’ils sont en difficulté financière. Les émissions monétaires des États-Unis pour financer leurs déficits commerciaux s’assimilent à la frappe monétaire du pouvoir royal. L’augmentation du prix du pétrole lors du krach pétrolier de 1973 s’assimile à l’augmentation du prix du blé entreposé dans le grenier du roi. Ce que la monnaie du roi est au blé, le dollar américain l’est au pétrole (monnaie de facturation). La décision des pays arabes d’augmenter le prix du pétrole lors de la guerre du Kippour (quatrième guerre israélo-arabe) n’a été qu’un moyen politique pour l’Amérique de se décharger sur une partie tierce. Car si c’était réellement les pays arabes qui ont augmenté unilatéralement le prix du pétrole, les États-Unis n’avaient qu’à agir sur les émissions de liquidités en dollars (les diminuer) pour pousser les prix à la baisse. D’autre part, la survie des régimes politiques absolutistes des pétromonarchies dépend entièrement du parapluie nucléaire américain. On voit donc mal les monarques arabes se mettre à mal contre leur protecteur.

Par conséquent, les États-Unis se trouvaient astreints à augmenter les liquidités pour monétiser leurs déficits extérieurs. Par ces émissions monétaires, l’Amérique répercutait le financement de ses déficits extérieurs sur le reste du monde. Par son statut de première puissance monétaire dans le monde, et son pouvoir de créer et d’augmenter de la monnaie à partir de rien (planche à billet) mais adossée à l’augmentation du prix du pétrole, l’Amérique obligeait les pays consommateurs nets de pétrole à acheter les dollars sur les marchés pour régler leurs importations de pétrole que leurs facturent les pays pétroliers arabes et du cartel pétrolier, l’OPEP.

Si les États-Unis avaient répondu positivement aux demandes des Européens, en 1971, de financer ses déficits commerciaux par une hausse d’impôts, il n’y aurait évidemment eu ni inflation ni choc pétrolier en 1973, et donc pas de surplus de dollars créés par la Fed pour permettre la hausse du prix du pétrole. Pour preuve, l’exemple récent de la crise pétrolière en 2014 éclaire l’impact du problème monétaire dans le monde. La Fed, ayant mis fin au dernier programme de quantitative easing (QE3) au deuxième semestre 2014, a provoqué un retournement des prix du pétrole. En décembre 2014, le prix du baril fluctuait autour de 60 dollars, loin des 115 et 120 dollars en juin 2014, et des années qui ont précédé.

Restons dans le modèle du royaume médiéval. Les pays européens peuvent être assimilés aux princes qui ont procédé à la frappe de leurs monnaies, devenues concurrentes à la monnaie du roi. Les pays européens, par leurs monnaies convertibles et leur puissance exportatrice, concurrençaient dès les années 1960, les États-Unis, et par conséquent, le dollar américain. A l’instar des princes qui ont acheté la monnaie du roi pour se pourvoir en blé, les pays européens ont acheté des dollars pour importer le pétrole pour leurs économies. La hausse des prix pétroliers se généralisant aux autres matières premières et produits industriels et manufacturés, va pousser les États européens, à l’instar des princes à frapper plus de monnaies, à augmenter la création monétaire ex nihilo. Ce qui est naturel, tout pays qui a une monnaie reconnue internationalement augmente la quantité de monnaie s’il se trouve pénalisé par un autre pays reconnu internationalement sur le plan monétaire, et qui a augmenté unilatéralement une quantité de monnaie. Ainsi, on comprend pourquoi une hausse de liquidités des pays européens contre une hausse de liquidités américaines s’est généralisée, et a créé une spirale inflationniste. A chaque déficit commercial, les États-Unis émettaient plus de dollars. Suivis par les pays européens, ce surplus de création monétaire sans fin, sans contreparties de richesses productives, adossé au seul pétrole et qui a impacté les autres matières premières et produits finis, a provoqué, en mars 1979, un second choc pétrolier.

Le paradoxe qui ressort montre que, bien que des siècles nous séparent de l’époque médiévale, le principe de la frappe monétaire n’a pas changé. Il a toute sa valeur aujourd’hui. N’ont changé que les formes qui sont plus modernes aujourd’hui. Les Bourses mondiales et les marchés monétaires sont interconnectés. Une hausse de liquidités opérée par un pays est immédiatement sanctionnée par les marchés internationaux. Nous avons « ce Tout le monde qui surveille tout le monde ». Et c’est dans l’intérêt des États. On comprend pourquoi le grenier du roi n’est plus rempli de blé, mais de pétrole, et les guerres et conflits armés qui s’y jouent au Moyen-Orient et au Maghreb n’en finissent pas. Ils finiront que lorsque le pétrole de cette région ne serait plus le grenier américain, qu’il devienne une matière première comme les autres matières, sans portée géostratégique.

Au-delà de toutes considérations, force de dire que cette forte hausse du prix du pétrole suivie de la hausse des matières premières et des produits finis est de portée historique, dans le sens qu’elle a eu un impact positif pour l’économie mondiale. Puisqu’elle a permis de transférer un pouvoir d’achat aux pays exportateurs de pétrole et de matières premières, transformant le reste du monde en deuxième moteur au côté du premier moteur, les États-Unis, pour l’économie mondiale. Le problème donc n’est pas la hausse du prix de pétrole qu’ont bénéficié les pays exportateurs de pétrole ou les déficits commerciaux américains, mais le sauvetage de millions d’emplois dans les pays industriels, et ce uniquement par une absorption mondiale plus étendue dans le monde. Enfin, un autre point et non moins important, la hausse du pétrole a permis d’équilibrer dans une certaine mesure les échanges économiques entre le Nord riche et le Sud pauvre. Et c’est ainsi que l’on doit comprendre le travail des forces historiques dans la marche du monde.

 

 4. Troisième stade historique 1979-1991 - L’endettement mondial

 

 Evidemment le processus inflationniste comme il s’était développé ne pouvait durer indéfiniment. La spirale des déficits occidentaux et leur monétisation nécessitaient forcément un troisième choc pétrolier. D’autant plus que les pays arabes, d’Afrique et d’Amérique du Sud n’ont pas fait bon usage de la masse de pétrodollars qu’ils ont reçus. Des usines clé en mains, produits en main, n’ont jamais réellement fonctionné. Des détournements massifs de capitaux arabes, africains et sud-américains sont allés grossir les avoirs des banques américaines et européennes. Et étrangement, le recyclage des pétrodollars que les pays arabes, africains, sud-américains, investissaient en Occident, paradoxalement leur retournaient sous forme de prêts pour les ligoter dans l’endettement.

Et le plus incroyable, les pays arabes, par exemple, n’avaient pas compris le processus, pensant qu’ils allaient, par l’arme pétrolière, imposer un « Nouvel Ordre Economique Mondial » (NOEI), alors qu’en réalité, ils n’étaient que des instruments dans la stratégie américaine pour dominer le monde.

Et c’est ce qui s’opéra à la fin de l’année 1979, le nouveau gouverneur de la Banque centrale américaine (Fed), Paul Volcker, relevait brusquement le taux d’intérêt directeur à court terme nominal pour combattre la spirale inflationniste, le faisant passer de 10 % à plus de 20 %. L’inflation atteignait cette année 13,5% en moyenne. Si le remède a été très sévère pour lutter contre l’inflation, il demeure cependant que le reste du monde fut frappé aussi soudainement par l’endettement. De plus, les dettes libellées en dollars montèrent, vu l’appréciation considérable du dollar sur les marchés monétaires. L’afflux massif de capitaux vers les États-Unis a porté le taux de change du dollar à des sommets sans précédent.

L’inflation a certes fortement baissé, passant à 3,2%, en 1983, mais au prix, il faut le souligner, d’une grave récession aux États-Unis en 1982. Le taux de chômage aux États-Unis a doublé, passant de 5,7 % en 1979 à 10,8 % en 1982, et 10,4 % en 1983. (1) Comme dans le modèle royal, devant le risque de soulèvements populaires, le roi devait mettre fin à la spirale haussière du blé. Par conséquent, il devait cesser la frappe de monnaie sans contreparties productives, imposer un prix fixe du blé, diminuer les dépenses royales, mener une politique d’austérité pour lutter contre la crise économique dans le royaume.

Et la Fed n’a pas dérogé au principe monétaire médiéval. Serrant le robinet monétaire, à l’instar du roi, elle a mis en difficulté, par l’endettement, pratiquement l’ensemble des pays du monde. Une politique d’austérité à l’échelle mondiale. Cependant, contrairement aux dépenses royales revues à la baisse et une politique d’austérité dans le modèle médiéval, les États-Unis se sont lancés dans des réductions massives d’impôts, des dépenses d’armements (la guerre des étoiles) et des fortes dépenses pour doper la consommation, ce qui a creusé fortement les déficits budgétaires et courants durant les deux mandats de l’administration Reagan.

Comment comprendre ce pouvoir financier américain qui finance sans difficulté ses déficits budgétaires et courants ? Qu’il répercute sur le reste du monde. D’autant plus que la Réserve fédérale a fortement diminué les injections monétaires. Il est évident que la hausse du prix du pétrole maintenue après le deuxième krach pétrolier – le prix du baril est passé de 12 dollars à 36 dollars, dans la première moitié de la décennie 1980 –, conjuguée à la forte appréciation du dollar, ont fait que les pays importateurs nets du reste du monde ont enregistré des déficits importants dans leurs balances commerciales, dus essentiellement au coût important des importations pétrolières. De plus, les pays du Sud ont vu leurs dettes contractées, auprès des banques américaines, fortement augmentées sous le double impact : hausse du taux d’intérêt des banques occidentales et du taux de change du dollar américain. Une inversion de transfert de richesses s’est produite dans le monde. Si dans les années 1970, une partie de la richesse mondiale s’est transférée au reste du monde, en particulier vers les pays exportateurs de pétrole, dans les années 1980, la richesse s’est inversée, et transférée vers les États-Unis, l’Europe et le Japon. 

L’Europe et le Japon ont été frappés par le deuxième choc pétrolier (hausse du prix du pétrole), par l’appréciation du dollar US et par la fuite des capitaux vers les États-Unis (attirés par la hausse du taux d’intérêt américain). Par contre, les États-Unis n’ont pas souffert de la hausse des prix du pétrole qui facturé en dollars, il ne tient qu’à la Fed d’en émettre. D’autre part, la politique monétaire restrictive de la Fed américaine ne laissait aucune marge de manœuvre, sur le plan monétaire, à l’Europe. Toutes injections de liquidités pour monétiser leurs déficits pétroliers étaient sanctionnées par les marchés. C’est ainsi que le franc français est passé de 4,066388 FR/USD, en décembre 1979, à 10,111696 FR/USD, en mars 1985. Le change du dollar a plus que doublé. Le deutschemark de 1,735014 DEM/USD, en décembre 1979, à 3,110070 DEM/dollar, en mai 1985. La livre sterling 0,454852 GBP/USD, en décembre 1979, à 0,911996 GBP/USD, en février 1985. (2) 

On comprend dès lors que les États-Unis ne pouvaient être comparés à ce roi qui augmentait la masse de monnaie tout en augmentant le prix du blé pour financer ses déficits, et qui ensuite, devant une spirale inflationniste, procéda au processus inverse, par crainte de son peuple. Les États-Unis qui régnaient en maître sur le monde, par ces deux donnes géostratégiques majeurs, le dollar et le pétrole, ou le pétrodollar, ne pouvaient être comparés qu’à un Empire, à l’instar de l’Empire de Rome. Les autres peuples ne sont pas le peuple de Rome. Les États-Unis avaient une liberté totale sur le plan monétaire. Comme l’a énoncé John Connally, secrétaire d'Etat au Trésor sous la présidence Nixon : « Le dollar est notre monnaie mais votre problème ».

Cependant, au-delà des problèmes impériaux, un mérite ressort dans ce processus. Qu’il s’agisse d’un Empire, d’un royaume ou d’un État moderne, la politique monétaire ultra-restrictive menée par les États-Unis était ultra-nécessaire car elle extirpait le mal à la racine. Destructrice quant à la valeur du travail, l’inflation si elle était poursuivie aurait constitué un danger pour l’économie mondiale.

Avec le succès de la politique monétaire et financière, et la dépendance du reste du monde des marchés financiers, surtout avec la nouvelle donne, l’endettement mondial, les États-Unis et l’Europe ont opté pour la « dérégulation de leurs systèmes financiers ». L’Occident trouvait rentable de libéraliser la finance mondiale. Une dérégulation des marchés financiers dans le monde permettait à l’Amérique et à l’Europe, grâce au recyclage des pétrodollars et à l’endettement, d’ouvrir les barrières protectionnistes qu’opposaient les États du reste du monde pour protéger leurs économies et leurs systèmes bancaires. Mais cette situation d’endettement mondial va atteindre des limites, en 1985. Des continents entiers (Afrique, Amérique du Sud, une partie de l’Asie, et le bloc socialiste de l’Est) ployaient sous le poids de la dette. Une situation de marasme et de faillite économique pour un grand nombre de pays dans le monde va provoquer, en 1986, un contrechoc pétrolier. Le prix du baril de pétrole a faibli jusqu’à atteindre 10 dollars.

Dès 1985, Les grands pays occidentaux, prévoyant le retournement pétrolier, programmaient l’atterrissage en douceur du dollar, par les accords de Plaza, à New York, le 22 septembre 1985. Le contenu de ces accords non connus va amener le taux de change moyen du dollar/franc passer de 8,665503 FR/USD, en septembre 1985, à 6,680336 FR/USD, en septembre 1986. Le dollar chutera encore, pour atteindre, en décembre 1987, la valeur de 5,536810 FR/USD. Même évolution pour le deutschemark et la livre sterling. (2)

Ce contrechoc pétrolier a eu aussi des conséquences sur l’Empire. En effet, les États-Unis, frappés économiquement et financièrement par la crise pétrolière, ne pouvant créer fortement des dollars ex nihilo pour financer leurs déficits – le prix du pétrole trop bas – ont cherché à aspirer les capitaux allemands, par une hausse du taux d’intérêt directeur de la Fed, en 1987. La Banque centrale de la République fédérale allemande, anticipant une hausse qui se précisait du taux d’intérêt de la Fed américaine, releva son taux d’intérêt directeur la première pour parer une fuite de capitaux allemands vers les États-Unis. Ce relèvement du taux d’intérêt de la Bundesbank provoqua une riposte immédiate et violente de la Fed. Une injection massive de liquidités en dollars par la Fed créant une panique des investisseurs et des retraits massifs de capitaux se solda par un krach de Wall Street, le 19 octobre 1987. Selon les médias, 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière s’évaporèrent en une journée. Il a fallu le voyage éclair du nouveau gouverneur de la Fed, Alan Greenspan, et du secrétaire américain du Trésor, James Baker, pour rencontrer en Allemagne, le ministre allemand de l’économie, Gerhard Stoltenberg, et le président de la Bundesbank, Karl Otto Poehl, pour trouver un compromis, enrayer la baisse du dollar et mettre fin à la crise.

Cette situation difficile de l’économie mondiale se terminera par de profonds changements dans le monde. Chute du mur de Berlin, en 1989, fin de l’Union soviétique, en décembre 1991, éclatement de la Fédération de Yougoslavie, en 1992, guerre contre l’Irak lancée par les États-Unis à la tête d’une coalition internationale, en 1991, la Chine se convertit au socialisme de marché, en 1980. Ces événements majeurs qui changent la configuration du monde témoignent que les problèmes économiques, financiers et monétaires et les crises qui en résultent relèvent de puissantes forces historiques. A l’instar des forces souterraines qui ébranlent la surface de la Terre et changent la configuration des mers et continents.

Le Japon est lui aussi dans l’œil du cyclone. Depuis la réévaluation de sa monnaie par les accords de Plaza – le taux de change du yen est passé de 236,739103, en septembre 1985, à 127,701089 JPY/USD, en février 1989 – il a été touché par la plus grave crise immobilière et financière de son histoire, en 1990. L’indice-phare de la Bourse de Tokyo, le Nikkei 225, est passé de son sommet historique à 38 957,44, le 29 décembre 1989, à 15 000, en 1992. Après plus de deux décennies depuis la crise, le Japon est toujours enlisé dans la déflation.

Sur ces événements que se termine le Troisième stade historiqe.

 

 5. Quatrième stade historique 1991-1999 – Le monde en mutation

 

 Le quatrième stade historique est une période de transition d’un processus qui a pris naissance avec la grande inflation des années 1970. Le retournement de la politique monétaire fortement restrictive de la Réserve fédérale américaine portait en lui cette grande mutation du monde qui a commencé à paraître dès le début des années 1980. Le monde tel qu’il était configuré était instable. Deux mondes s’affrontaient depuis 1945. Un monde devait disparaître. Le moins viable était le régime soviétique. Certes, ce régime était nécessaire pour la fécondation du nouveau monde tel qu’il était apparu à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le recouvrement des indépendances de continents entiers. D’autre part, les pays du tiers monde étaient prédestinés à jouer un rôle central, via leur absorption mondiale, dans la stabilité économique mondiale dans les années 1970. Et c’est une évidence : Sans le Tiers monde, l’Occident serait parti pour une autre crise économique mondiale, comparable à celle de 1929.

Le monde changeait, la démographie mondiale explosait grâce aux progrès de la science, de l’industrie, de l’agriculture et de la médecine. De 2,2 milliards d’êtres humains en 1945, la population mondiale en 1975 passait à 4 milliards. 25 ans après, à 6,1 milliards. Aujourd’hui, les services de l’ONU l’estiment à 7,43 milliards d’êtres humains vivant sur Terre. Et le monde se régionalisait face à la démographie galopante et la concurrence internationale dans le commerce mondial. Les peuples cherchent à se parer des crises économiques en s’associant dans de vastes blocs économiques. Une option presque de survie qui leur assure une garantie sur l’avenir.

Cette option s’appliquera même à l’Empire. La crise de l’endettement mondial et les difficultés économiques, financières, monétaires et militaires que rencontrent les États-Unis, pourtant première puissance du monde, les poussent à copier l’Europe. Ils se sont engagés dans une vaste zone de libre-échange, à l’échelle sous continentale. En s’unissant au Canada et au Mexique dans l’ALENA, les États-Unis entendent renforcer leur économie et celles de leurs voisins immédiats pour opposer une zone nord-américaine aux autres zones régionalisées. Le traité L’ALENA est entré en vigueur le 1er janvier 1994. La Fédération de Russie fait de même avec la CEI (Communautés des États Indépendants). En Europe, l’organisation à l’échelle communautaire s’affine. Le traité de Maastricht en 1992 institue une Union européenne et prévoie le lancement d’une zone monétaire, la zone euro. Le 1er janvier 1999, la monnaie unique, l’euro, devient une réalité.

L’Amérique du Sud se régionalise aussi. Une communauté économique regroupe plusieurs pays d’Amérique du Sud, le MERCOSUR est lancé en 1991. En Asie, l’ASEAN+3 ou ASEAN Plus TROIS (Corée du Sud, le Japon et la Chine) est lancé en mai 2000 à Chiang Mai. Tous ces marchés régionaux visent à faire front à la nouvelle donne du monde, la mondialisation. Seuls les pays arabes et africains manquent à l’appel. Les regroupements économiques dans le monde arabe et africain sont encore au stade de balbutiement. Ainsi constate-on que régionalisation du monde à marche forcée témoigne que le monde est devenu à la fois trop petit et trop complexe.

Cette régionalisation est marquée par une nouvelle donne, la troisième révolution industrielle, c’est-à-dire les Nouvelles technologiques de l’information et de la communication (NTIC). Internet constitue aujourd’hui un formidable instrument mondial d’information, de communication, d’une base de données unique au monde. Dans toutes les langues, dans toutes les disciplines scientifiques, technologiques, économiques, financières, monétaires, militaires, culturelles, médicales…, il contribue fortement au rapprochement des peuples. Un simple clic et vous avez toutes les informations sur le monde, qui se comptent par milliers, de centaines de milliers voire des millions de sites. Des renseignements et des explications sur n’importe quel domaine de la vie humaine sont donnés. Internet fait désormais partie du quotidien des hommes.

D’autre part, la libéralisation financière (investissements massif américains, européens, japonais et des pays riches asiatiques) fait des prodiges. C’est elle qui a permis le transfert d’entreprises occidentales (délocalisations) qui n’étaient pas rentables vers les pays à faible coût de main d’œuvre. Cette libéralisation a joué comme un courant convectif d’une masse d’air chaude surplombant une masse d’air froide. C’est ainsi qu’un cycle de croissance économique vertueux s’est opéré entre 1993 à 2000 dans le monde. S’il favorisera l’Occident, en tant que maître de l’œuvre de cette libéralisation et des délocalisations qui ont suivi dans le cadre d’un monde mondialisé, en réalité, C’EST LE RESTE DU MONDE QUI TIRERA LE PLUS GRAND PROFIT PUISQU’IL BENEFICERA A LA FOIS DES ENTREPRISES OCCIDENTALES ET DES CAPITAUX OCCIDENTAUX. Mondialisation oblige ?

Tony Blair dira un jour que les délocalisations d’entreprises occidentales appartiennent à un processus naturel de l’Histoire. Certes, cela est vrai, elles relèvent d’une évolution naturelle de l’humanité, mais il demeure que l’histoire a agi aussi par ruse (Hegel) pour favoriser toujours plus l’équilibre entre les peuples. Ce qui a amené la Chine en trois décennies à se transformer en atelier du monde. Nonobstant les crises financières mexicaine (1994), asiatique (1997), brésilienne et russe (1998), qui seront vite dépassées par l’accélération de la frénésie de la consommation et le boom des valeurs technologiques aux États-Unis qui stimuleront fortement la croissance mondiale.

 

 6. Cinquième stade historique 1999-2017

 

 6.1. 1999 - 2000 : L’euro et la guerre des devises

 

 Le 1er janvier 1999, une nouvelle monnaie, l’« euro », est lancée en Europe. Le 4 janvier 1999, les marchés financiers des onze pays de la zone euro basculent en euros. Trois jours après, le 7 janvier 1999, Keizo Obuchi, Premier ministre japonais, vient en Europe saluer l'événement, « l'entrée de l'euro dans l'économie mondiale ». A Paris, à Rome comme à Francfort, le Premier ministre japonais propose que le yen devienne, avec le dollar et l’euro, le troisième pilier d'un nouveau système monétaire international.

Dès son entrée en lice sur les marchés monétaires, l’euro en hausse reflétait la bonne santé de l'économie européenne. La baisse du prix du pétrole compris entre 10 dollars (février 1999) à 14,5 dollars (avril 1999) soutenait la bonne forme de la monnaie européenne. Mais, dès l’été 1999, la situation change, le prix du pétrole commence à augmenter, et l’euro à se déprécier. Le retournement de l’euro préfigure-t-il une guerre monétaire entre les États-Unis et l’Europe ?

 

En juin 1999, la Fed américaine relève d'un quart de point le niveau du loyer de l'argent à 5%, afin, dit-elle, de contenir une forte hausse des prix à la consommation. Après six hausses de 0,25 points, le taux d’intérêt américain passe, le 16 mai 2000, à 6,5%. Quant à la Banque centrale européenne, pour contrecarrer la fuite des capitaux vers les États-Unis, elle relève son taux d’intérêt directeur de 2,5% (14 avril 1999) à 3%, le 10 novembre 1999. Après cinq nouvelles hausses, le taux de la BCE passe à 4,75%, le 11 octobre 2000.

 

Pour le pétrole, il a atteint son cours le plus bas en 1998, environ 10 dollars baril. Cette baisse du cours du pétrole est liée à la crise asiatique de 1997 suivie de la crise russe et brésilienne en 1998. Mais, dès mars, le prix du pétrole passe à 14 dollars. « En mars 1999, à la Haye (Pays-Bas), dix des onze pays membres de l’OPEP, à l'exception de l'Irak, décident, pour redresser le marché, de réduire la production mondiale de 2 millions de barils par jour jusqu'en mars 2000. La part de l’OPEP, essentiellement l'Arabie Saoudite, est de 1,7 million de barils et quatre producteurs de pétrole non-membres de l’OPEP soutiennent cette initiative en réduisant eux aussi leur production de près de 400 000 barils/jour. En août 1999, le baril repasse la barre des 20 dollars, soit le double de janvier et retrouve son niveau d’octobre 1997. La discipline a donc payé au sein de l’OPEP.

Pour une fois, les quantités retirées du marché, conformément à l'accord de La Haye, conclu en mars, atteignent 90% de l'objectif visé. Jusque-là, l’OPEP avait toujours eu les plus grandes difficultés à faire appliquer par ses membres les quotas de production arrêtés collégialement. Novembre 1999, deux des principaux producteurs de pétrole, l'Arabie Saoudite et le Venezuela confirment qu'ils se tiendront bien à l'accord de réduction de la production. Le prix du baril grimpe à 25 dollars. Lors de la réunion ministérielle de l'organisation, en mars 2000, et plutôt satisfaits du relèvement des cours, les membres de l’OPEP conviennent d'un mécanisme d'ajustement du prix destiné à maintenir le baril entre 22 et 28 dollars. Si le prix de la «  corbeille  » de référence du pétrole OPEP, inférieur au Brent de référence de la Mer du Nord, dépasse les 28 dollars pendant 20 jours consécutifs, 500 000 barils par jour seront lancés sur le marché. A l'inverse, si le prix descend en dessous de 22 dollars pendant la même durée, 500 000 barils par jour seront retirés.

Les producteurs de pétrole partagent en effet avec leurs clients, en particulier les pays industrialisés du nord, le souci de ne pas atteindre des cours trop élevés qui auraient pour résultat, en cassant la croissance, une réduction de la demande et la recherche d'autres sources d'énergie. Deux annonces saoudiennes d'augmentation de la production, en avril et juin, n'ont pu empêcher les prix de poursuivre leur hausse. Le 15 août 2000, le baril de Brent dépasse les 32 dollars, son niveau le plus haut depuis novembre 1990 suite à l'invasion du Koweït par l'Irak. Mais la corbeille de référence du pétrole OPEP n'a dépassé que sporadiquement les 28 dollars, fixés comme plafond, et le mécanisme d'ajustement ne devrait pas être mis en œuvre avant la réunion ministérielle de l’OPEP, le 10 septembre, ni même avant le Sommet de l’OPEP, du 26 au 28 septembre au Venezuela. » (3)

 

Les observateurs, représentants hors OPEP du Mexique, de Russie, d'Oman et d'Autriche, qui ont assisté aux réunions de l’OPEP entérinent l'accord de La Haye du 12 mars 1999, portant réduction de la production de 2,1 millions barils/jour. Le 23 septembre 1999, le cartel pétrolier reconduit les mesures de réduction pétrolière du 22 mars 1999. Cet accord donne un signal fort au marché. On parle déjà d'une baisse des réserves pétrolières américaines. Les milieux pétroliers pensent que le respect des engagements de réduction de production et le niveau de diminution des stocks américains conforteraient cette évolution en hausse des cours. La stratégie adoptée par l'OPEP semble avoir beaucoup de succès et la production actuelle maintenue jusqu'au mois de mars 2000. Pour la première fois depuis une décennie et demie, plus précisément depuis 1986, le prix du pétrole a évolué autour de 20 dollars, hormis la brève hausse, le 24 septembre 1990, à 40 dollars le baril, suite à l’invasion du Koweït par l’Irak. L'espoir est-il permis pour les pays de l'OPEP d’influer sur les prix, surtout que les prix du pétrole sont fixés au niveau de la bourse de Londres pour le Brent, et de la bourse de New York (NYMEX) pour le WTI. Cependant une question se pose sur l’OPEP. Peut-on penser que la remise en cause du cours du pétrole émane réellement des grands pays producteurs de pétrole ? Si c’est vrai, pourquoi les pays d’OPEP depuis 1986, hormis la hausse du prix de pétrole en 1990 (invasion du Koweït par l’Irak) qui n’a pas duré, n’ont jamais influé sur le marché pétrolier ? Le prix du pétrole est resté plombé autour de 20 dollars. Et si, comme on l’a vu dans les krachs pétroliers des années 1970, les pays d’OPEP sont encore utilisés par les dirigeants de la finance mondiale comme instruments pour les besoins de leur stratégie planétaire ? Et la remontée du prix du pétrole entre dans leur stratégie.

 

Pour comprendre, revenons au modèle royal. Supposons que les princes qui échappent à l’autorité du roi sur la frappe de monnaie, décident de ne plus utiliser leurs monnaies et s’entendent pour créer une monnaie commune qui rivalise avec la monnaie du roi. Cependant ils ne disposent pas de grenier à grain comme celui du roi. Ces princes disposent certes du blé mais insuffisamment, et restent donc dépendants du grenier du roi. Supposons qu’il n’y ait pas de pénurie de blé dans le royaume. Supposons que si ces princes arrivent à imposer leur monnaie commune, non seulement leur monnaie concurrencerait la monnaie du roi, mais le pouvoir monétaire qu’il aurait les libèrerait du financement des dépenses royales (somptuaires ou des guerres avec les royaumes voisins). Il faut aussi souligner que toute hausse de frappe de monnaie royale et de hausse du cours du blé s’assimile à une ponction de richesses, et donc à un impôt non-dit sur ses sujets, en particulier sur les plus riches, les princes.

Devant la nouvelle monnaie des princes, les financiers du roi, très avisés de la donne monétaire, conseillent le souverain de diminuer la frappe de monnaie et d’augmenter le prix du blé qui est entreposé dans le grenier du roi. La réduction de monnaies royales devenue effective, les paysans et artisans, sujets du roi, sont partagés entre la monnaie de leur souverain (qui devient rare) et la nouvelle monnaie commune des princes (disponible). Mais, comme ils ont besoin d’acheter le blé pour vivre, la préférence de la population du royaume se porte sur la monnaie du roi, donc plus recherchée par sa rareté. Les princes agiront de même pour leurs besoins de blé. De plus, les princes seront doublement pénalisés par la perte de valeur de leur monnaie (moins recherchée) et par la hausse du prix du blé.

Le même processus financier médiéval s’applique pour les États-Unis. Les financiers avisés du roi sont les Banquiers centraux, c’est-à-dire la Fed américaine. Quant aux princes qui ont créé une monnaie commune, ils symbolisent la zone euro. Pour contrer l’« euro » qui cherche à concurrencer le dollar, la Fed procède à la hausse du taux d’intérêt directeur pour attirer les capitaux vers les banques américaines. Conséquence : les capitaux européens, asiatiques, sud-américains…, convertis en dollars, sont investis aux États-Unis. Il se produit une diminution des dollars dans le monde. Ce processus nous rappelle la diminution de la frappe de monnaie du roi. Quant à la hausse du prix du pétrole dès 1999, elle se rapporte au prix du blé que le roi a augmenté. Une hausse du prix du pétrole et du taux de change du dollar (monnaie de facturation du pétrole) par rapport aux autres devises internationales pénalise doublement la zone euro et les autres pays du reste du monde, importateurs nets de pétrole.

On comprend donc pourquoi le taux de change euro/dollar, parti de 1,182 dollar à sa naissance, s’est déprécié fortement pour atteindre, en octobre 2000, 0,855159 dollar. (2) Et pourquoi la hausse du prix de pétrole est venu accentuer les déficits commerciaux ont accentué la dépréciation de l’euro. Une guerre monétaire se jouait entre les deux grands tenants de la finance mondiale, les États-Unis et la nouvelle zone monétaire européenne. On comprend pourquoi les pays d’OPEP n’étaient pas les vrais acteurs dans ce jeu monétaire à l’échelle planétaire.

Cependant, dans ce jeu monétaire, les États-Unis ont certes remporté une première manche sur les pays européens, mais il reste la deuxième manche. Précisément, l’afflux massif de capitaux entre 1999 et 2000 (fonds de pensions, assureurs américains et européens, excédents commerciaux chinois, japonais et des pays arabes exportateurs de pétrole) ont dopé le marché d’actions et obligataire à Wall Street. Ce qui n’est pas sans conséquence. Masquant la perte de compétitivité de l’industrie américaine par un dollar fort et la forte hausse des taux d’intérêt, l’économie américaine qui a performé artificiellement, gonflant la bulle des valeurs technologiques (Nasdaq), celle-ci a fini par éclater en 2000. Ce qu’Alan Greenspan, le président de la Fed, appelle l’« exubérance financière » n’a été en réalité que le résultat des manipulations monétaires de la Fed, qui entraient dans une stratégie financière américaine globale pour dominer le monde. L’euro, en 1999, apparaissait un intrus qui voulait une partie de la puissance financière que les États-Unis détiennent sur le monde.

 

 6.2. 2000 - 2008 : De la guerre de devises à la guerre contre l’Irak

 

 Le premier semestre 2001, les États-Unis entraient en récession. Le 3 janvier 2001, la Fed abaissa précipitamment le taux directeur de 6,5 % à 6 %. Le 31 janvier, la Fed diminue de nouveau le taux d’intérêt de 50 points, le faisant passer à 5,5 %. Après neuf baisses, le taux directeur est ramené à 1,75%, en décembre 2001. La situation financière malgré la baisse drastique du taux d’intérêt américain ne cesse de se détériorer, la chute des indices boursiers s’étend à toutes les places financières du monde. En 2002, le taux d’intérêt de la Fed est encore abaissé de 50 points, à 1,25 %. Malgré les injections massives de liquidités, après les attentats du World Trade Center, le 11 septembre 2001, la reprise économique se fait toujours attendre. Les valeurs indiciaires de toutes les Bourses du monde (États-Unis, Europe, Asie, Amérique du Sud) chutent pour près de 50%. Pour certains indices plus de 70 % par rapport à leurs sommets de 2000. Octobre 2002, le Nasdaq a atteint, le 10 octobre 2002, son bas historique de 1108, une chute de 78 % par rapport à son haut historique de plus de 5000 points.

Une dépression qui nous rappelle l’année 1982. Les États-Unis sont entrés en récession avec une montée du chômage – le taux de chômage aux États-Unis passe de 3,9 %, en 2000, à 6,2 % fin 2002. Nous avons une situation qui ressemble à la crise de 1982 aux États-Unis, avec les mêmes données macroéconomiques, la hausse du taux d’intérêt de la Fed et du prix du pétrole. L’HISTOIRE SE RÉPÈTE-T-ELLE ? Force pour nous d’énoncer qu’encore une fois les pays OPEP ont été manipulés, il faut souligner néanmoins qu’ils l’ont été dans le bon sens de l’histoire. Puisqu’avec les déficits courants américains en hausse (environ 400 milliards de dollars en 2000) et le fort transfert du pouvoir d’achat aux pays exportateurs de pétrole, les États-Unis et les pays pétroliers constituaient un moteur tirant de nouveau, entre 1999 et 2000, l’économie mondiale.

Cependant, malgré la baisse rapide du taux d’intérêt américain et les injections de liquidités opérées par la Réserve fédérale, les crises boursières en cascades ont continué aux États-Unis, en Europe et dans les pays émergents, entre 2001 et 2002. Ce n’est qu’en 2003, avec la prise de Bagdad par l’armée américaine et l’euphorie de la victoire que la reprise économique a commencé aux États-Unis. Comment comprendre ces crises boursières en cascade, entre 2001 et 2002.

Pour décrypter cette situation, il faut revenir au modèle médiéval. Supposons que les princes du royaume ont créé une monnaie commune. Ces princes disposent certes du blé mais insuffisamment, et restent donc dépendants du grenier du roi. Supposons qu’il n’y ait pas de pénurie de blé dans le royaume. Confrontés à la stratégie du roi de diminuer la frappe de monnaie et d’augmenter le prix du blé, ils se trouvent pénalisés à la fois par la hausse du prix du blé qu’ils doivent acheter auprès des magasins du roi, et par la faiblesse de leurs monnaies face à la monnaie du roi, devenue rare, donc plus demandée.

Supposons maintenant qu’un souverain d’un royaume voisin leur propose de leur vendre du blé contre leur monnaie commune, et qu’en échange, il achète leurs produits. Les princes acceptent. Une telle situation sera forcément périlleuse pour le roi. Les princes n’auront plus besoin d’acheter de la monnaie du roi, puisqu’en commerçant avec le royaume voisin, ils vont acheter le blé qui leur manque, facturé en leur propre monnaie commune. Le roi qui soutire des revenus par ce mécanisme monétaire auprès de ses sujets, surtout de la classe princière riche, va se trouver pénalisé, donc en situation difficile pour financer ses dépenses (somptuaires et autres). D’autre part, les autres sujets du roi, c’est-à-dire la classe pauvre (paysans et artisans), pourraient même s’approvisionner auprès des princes s’ils trouvent le blé disponible. Poussant la monnaie commune des princes à s’étendre dans le royaume. Une telle situation amènerait la perte de monopole de la frappe royale, et donc s’instituerait un partage du pouvoir monétaire entre le roi et les princes. Qui s’assimilerait aussi à un pouvoir de ponction de richesses sur les seuls paysans et artisans. Donc à la plèbe du royaume d’en supporter le poids.

Ce processus financier médiéval énoncé s’applique à la conjoncture économique mondiale, à la fin des années 2000. Les princes et leur monnaie commune toujours assimilés aux pays de la zone euro, et à la monnaie unique, l’euro. Le royaume voisin s’assimile à l’Irak qui a décidé, en novembre 2000, de facturer ses importations pétrolières contre nourriture (programme de l’ONU), en euro, et d’acheter des produits européens. Une telle option constituerait pour l’Europe un début de libération de l’obligation d’acheter les dollars pour importer le pétrole des pays arabes. Si le libellé monétaire du pétrole en euro s’étendait à l’Iran, à la Libye, au Venezuela, à l’Algérie, et à d’autres pays du cartel pétrolier, il mettrait en danger le dollar américain. L’euro devenant progressivement l’égal du dollar. Ce qui est inacceptable pour l’Amérique. 

Le marché pétrolier du Moyen-Orient et du Maghreb étant vital pour l’économie américaine, une menace sur le dollar porterait un lourd préjudice à la suprématie du dollar et, par conséquent, à l’hégémonie américaine sur le monde. Dès lors, il était urgent et vital pour la puissance américaine que la Fed américaine limite les émissions monétaires en dollars, et poussent les marchés à baisser le cours du pétrole. Il était hors de question une relance de l’économie américaine avec des émissions massives de dollars adossées à une hausse du prix de pétrole. Une telle situation favoriserait la zone euro, et permettrait d’asseoir progressivement l’euro comme deuxième monnaie de facturation du pétrole. La zone euro achetant toujours du pétrole en Irak, facturé en euros. On comprend mieux pourquoi les corrections des Bourses mondiales inexpliquées étaient entretenues durant deux années, 2001-2002, dans le sillage des corrections de la Bourse de Wall Street.

Aussi constate-on, dès novembre 2000, après que l’Irak ait commencé à facturer le pétrole en euro, le prix du pétrole a commencé à baisser, passant de 33 dollars en août 2000 à 18,7 dollars en octobre 2001. (4) On comprend mieux pourquoi le président français Jacques Chirac, le chancelier allemand Gerhard Schröder et le président russe Vladimir Poutine étaient contre la guerre l’Irak. Les armes de destructions massives (ADM) n’étant qu’un prétexte pour mettre fin à l’euro, devenue grâce au gouvernement irakien, une monnaie de facturation du pétrole.

Au déclenchement de la guerre contre l’Irak en mars 2003, le prix du baril de pétrole atteignait les 32,7 dollars. Les dépenses américaines pour les préparatifs de guerre contre l’Irak expliquent le début de l’envolée du prix du pétrole. Là encore, les forces historiques mal cernées, la situation de guerre en Irak va être extrêmement préoccupante et douloureuse pour la région. Que le pétrole irakien soit de nouveau facturé en dollar ne changera rien au cours des événements. Non seulement la guerre lancée contre l’Irak est un échec, mais l’Amérique aura à faire face à deux crises, les plus graves de son histoire après 1929. La première immobilière, en 20007, la seconde financière, en 2008.

Deux crises dues aux dépenses de guerre et à la forte consommation des ménages américains qui reposait sur une formidable bulle spéculative immobilière entretenue. Les émissions monétaires américaines, à partir de 2003, étaient telles que la hausse du prix du pétrole ne suffisait pas pour arrêter la dépréciation du dollar. Le prix du baril de pétrole a atteint 80 dollars en 2006, plus de 100 dollars le baril entre 2007 et 2008. L’euro, en novembre 2003, cotait 1,20 dollar, en 2004, 1,35 dollar. Tout au long des années 2003-2008, il fluctuait entre 1,30 et 1,40 dollar.

Précisément pour maintenir le taux de change euro-dollar dans cette fourchette, et éviter que le dollar se déprécie fortement par rapport à l’euro, la Fed via les Bourses dut recourir à la hausse du prix de l’or. Celle-ci, à l’instar de la hausse du prix du pétrole (qui ne pouvait dépasser les 130 dollars, et lui éviter des sommets de 140, 150 dollars ou plus), permettait, en tant que contreparties physiques, de limiter la dépréciation du dollar américain compte tenu des formidables injections monétaires de la Fed pour soutenir l’effort de guerre, la consommation et l’investissement dans l’immobilier américain. C’est ainsi que le cours du prix de l’once d’or est passé d’environ 300 dollars, en 2002, à 1000 dollars en 2008.

Il est évident que la montée artificielle de l’immobilier américain grâce aux injections monétaires massives opérées par la Fed multipliées par le secteur financier américain ne pouvait se poursuivre indéfiniment. La Fed, prenant des précautions, parallèlement à ces injections massives de liquidités, a commencé à relever le taux d’intérêt directeur, le 30 juin 2004. En 17 hausses, le taux directeur a atteint 5,25% le 29 juin 2006. Cette hausse du taux d’intérêt américain mettant en difficulté les ménages américains sera le détonateur qui fera éclater la bulle immobilière, en 2007. Le monde entier prit connaissance de ce mot barbare, les « subprimes », dits les crédits hypothécaires à risque. L’été 2008 arrive, la crise immobilière se transforme en crise financière. L’économie américaine s’est arrêtée par une perte de confiance entre les banques dont les bilans, pour la plupart, sont truffés de créances à risque.

Pour refinancer l’économie américaine, la Fed avait déjà injecté des liquidités en 2007 pour venir en aide aux banques. Elle poursuivra cette stratégie d’assouplissement monétaire non conventionnel ou Quantitative easing en 2008. Le plan Paulson arrêté par le Congrès américain, en automne 2008, fait partie du Quantitative easing 1. Et là encore ces injections monétaires ex nihilo ont nécessité une hausse massive de contreparties physiques dont le pétrole qui a atteint, à l’été 2008, 147 dollars le baril, et le cours de l’or, 1000 dollars l’once. Malgré ces contreparties auxquelles le dollar était adossé, celui-ci s’est fortement déprécié, atteignant 1,60 dollar pour un euro.

Que peut-on dire de ces événements difficiles qui se sont succédé entre 2000 et 2008 ? Que la crise monétaire entre les États-Unis et l’Europe d’une part, et la guerre anglo-américaine contre l’Irak pour la mainmise américaine sur le pétrole irakien, d’autre part, ont eu des conséquences lourdes sur le monde musulman. Un monde éclaté qui s’est entredéchiré, comme on le constate aujourd’hui, en guerre les uns contre les autres. Un monde qui se cherche et n’a pas trouvé une assise géopolitique et géoéconomique stable. Néanmoins, au-delà des guerres et des souffrances des peuples, de nouveau les États-Unis par les guerres et les déficits extérieurs élevés et le monde arabe, les pays d’OPEP et la Russie, qui ont bénéficié paradoxalement d’un imposant pouvoir d’achat tout le long des années 2003-2008, grâce au cours élevé du prix du pétrole, sont devenus un formidable moteur pour la croissance économique de l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Asie, particulièrement la Chine. Ce qui eut un effet d’entraînement, de tirée, par exemple, la Chine devient à son tour tirant par la formidable demande de pétrole et de matières premières pour son industrie. Ce qui nous fait conclure que le grenier pétrole-or métal, comparable au grenier de blé du roi, a été mutatis mutandis un instrument transhistorique, réactualisé en ce début de XXIe siècle, au service du développement de l’humanité.

 

 6.3. 2008 - 2017 : Les Quantitative easing, un formidable levier de 

 sauvetage des banques et de relance économique

 

 Qui a gagné dans la crise financière de 2008 ? Nous savons que les économies occidentales ont été fortement secouées par la crise, en raison du dopage spéculatif de l’immobilier et de la consommation tirée artificiellement par les subprimes et étendue aux autres pays du monde. En 2009, dans un contexte de récession généralisée, les pays occidentaux ne s’en sont sorties que grâce aux politiques d’assouplissement monétaire non conventionnel massives (quantitative easing). Quant aux pays émergents surtout asiatiques, en particulier la Chine, qui ont bénéficié des délocalisations occidentales et de joint-ventures d’entreprises avec l’Europe, le Japon, les États-Unis et les dragons asiatiques, ils ont accumulé des réserves de change considérables. De même, pour les pays exportateurs de pétrole qui ont vu les prix de pétrole s’envoler à des sommets historiques, ont amassé des excédents commerciaux considérables. Le monde hors-Occident, en particulier les pays émergents et exportateurs de pétrole, ont accumulés des réserves de change importantes. Ils ont en plus remboursé en grande partie leurs dettes extérieures. Ils sont donc les principaux bénéficiaires de ce premier cycle de croissance en ce début du XXIe siècle.

La Fed américaine a tenté de contrer la crise immobilière en 2007. Mais le mal est fait. Les 10 baisses du taux d’intérêt directeur, à partir de 18 septembre 2007, le ramènent de 5,25 % à 0,25 %, le 16 décembre 2008. Il restera inchangé pendant sept années. Le 16 décembre 2015, c’est-à-dire sept années après jour pour jour, la Fed relève le taux d’intérêt directeur de 0,25 % à 0,50 %. De nouveau, le 16 décembre 2016 – une date devenue fétiche –, donc une année après jour pour jour, il passera de 0,50 % à 0,75%. Pour parer à la crise, différents plans de sauvetage des banques (dont le plan Paulson) sous l’administration Bush, et plans de relance après l’investiture d’Obama, ont été mis en œuvre dans le cadre du Quantitative easing 1 (QE1). Mais en 2009, la situation économique se détériore, la plupart des économies occidentales entrent en récession.

Dès l’année 2009, les banquiers centraux se concertent à l’échelle planétaire (G7, Davos, Jackson Hole…). C’est la Réserve fédérale américaine qui prend l’initiative, et lance le deuxième Quantitative easing (QE2), en 2010. En effet, après le Quantitative easing1 (QE1) américain qui a débuté en 2007 et pris fin en juin 2009, d’un montant de rachats de créances publiques et privées de 1700 milliards de dollars, un deuxième programme QE2 est lancé, le 3 novembre 2010. La Fed rachetait pour un montant de 600 milliards de dollars de bons de Trésor américains et de titres privées (créances toxiques), aux banques américaines, jusqu’à la fin du deuxième trimestre de 2011. Le montant du QE2 passera à 1000 milliards de dollars, en juin 2011. (5)

En septembre 2011, la Fed lance l’opération Twist. Semblable au QE2 sauf que les liquidités injectées sont stérilisées, c’est-à-dire sans création monétaire. Dans le but de baisser les taux d’intérêt des titres publics, la Fed mettait en place un programme d’allongement des échéances, appelé « Matury Extension Program » ou opération « Twist », qui consistait à vendre des bons de Trésor d’une échéance de moins de trois ans et, d’un montant équivalent, acheter des titres d’échéances plus longue, comprise entre 6 et 30 ans. Ce programme, d’une ampleur initiale de 400 milliards de dollars, et qui devait se terminer fin juin 2012, a été prolongé jusqu’à fin de 2012. L’opération Twist n’a pas augmenté le bilan de la Fed.

Un troisième programme QE3 est lancé le 13 septembre 2012. La Fed décide d’acheter pour 85 milliards de dollars d’actifs (dettes souveraines et créances privées) par mois, avec toujours le même objectif : peser sur les taux à la baisse et favoriser la reprise économique. La nouvelle présidente de la Fed, Janet Yellen, qui a remplacé Ben Bernanke, en février 2014, continue le programme QE3, cependant avec une diminution progressive d’un montant de 10 milliards de dollars par mois, et le maintien des taux directeurs à leur plancher. Le taux de chômage aux États-Unis continuant à se réduire. (5)

Les Banques centrales de la zone euro, du Royaume-Uni et du Japon, pays aussi émetteurs de monnaies internationales, suivent la politique monétaire de la Fed. Pour éviter les appréciations erratiques de leurs monnaies, surtout si le dollar se déprécie fortement, ce qui les défavorise dans le commerce international, ces Banques centrales procèdent aussi à des injections de liquidités dans le cadre de Quantitative easing (rachat de dettes publiques et privées). Ainsi, en zone euro, un Fond Européen de Stabilisation Financière (FESF) a été constitué en 2010. Il sera remplacé par le Mécanisme Européen de Stabilisation, en 2012. Le 22 janvier 2015, un nouveau QE sous une appellation européenne (qui ne change rien au principe de l’assouplissement monétaire non conventionnel) est lancé par la Banque centrale européenne (BCE). Il prend effet en mars 2015 et court jusqu’à septembre 2016. Le rachat d’actifs par mois est fixé à 60 milliards d’euros par mois. Le 8 décembre 2016, le programme d’achat d’obligations souveraines a été prolongé jusqu’en mars 2017, le montant porté à 80 milliards de dollars par mois, avant d’être ramené à 60 milliards par mois entre avril et décembre 2017. La BCE a déjà consacré à ce programme d’assouplissement quantitatif (QE) 1400 milliards d’euros depuis son lancement en mars 2015. (6) Le Royaume-Uni a procédé à plusieurs QE. De même pour le Japon, des QE dits abenomics (du nom du Premier ministre Shinzo Abe) ont été lancés.

Que peut-on dire de ces liquidités de monnaies internationales injectées par les quatre grandes Banques centrales du Monde ? On peut dire indéniablement qu’elles ont joué un rôle déterminant dans la reprise économique occidentale, et par ricochet sur la croissance mondiale ? On peut même énoncer que c’est le reste du monde qui en a bénéficié le plus, et ce en regard des réserves de change qu’il a accumulées après 2009. En effet, avec des prix du pétrole qui sont restés très hauts, hormis la courte période entre fin 2008 et mi-2009, à 40 dollars, le prix du baril est rapidement remonté, se situant à plus de 70 dollars fin 2009. A 90 dollars en 2010, 110 dollars en 2011. Il fluctuera ensuite entre 110 et 130 dollars jusqu’à l’été 2014, date à laquelle il a commencé à baisser. En décembre 2014, le prix du pétrole a fortement baissé, autour de 60 dollars.

La situation qui se pose est que si les pays occidentaux ont, entre 2008 et 2014, utilisé massivement des quantitative easing pour relancer leurs économies, il demeure que les pays hors-Occident, principalement émergents et exportateurs de pétrole, ont de nouveau accumulé, durant ces années, des formidables excédents commerciaux, se traduisant par une forte augmentation de réserves de change. C’est ainsi que les réserves de la Chine sont passées de 1 966,20 milliards de dollars, en 2008, à 3 952,130 milliards de dollars. (7) Bien que le taux de croissance de la Chine ait chuté, passant à 7,2 % en 2012, la Chine a continué à enregistré des excédents commerciaux imposants surtout avec les États-Unis. Les réserves de change de la Russie passent de 427 milliards de dollars, en 2008, à 537,618 milliards de dollars, en 2012. Elles n’ont baissé qu’à partir du deuxième semestre de 2014, suite à des attaques spéculatives et à la baisse des prix de pétrole et du gaz. Les réserves de change des pays exportateurs de pétrole s’établissent comme suit : l’Arabie Saoudite, premier producteur et premier exportateur des pays de l’OPEP, 743 milliards de dollars, en 2014 ; les autres pétromonarchies arabes, 750 milliards de dollars ; Algérie, ses réserves passent de 143,102 milliards de dollars, en 2008, à 193,269 milliards de dollars en juin 2014. La dette extérieure, pratiquement remboursée, s’établie à 3,719 milliards de dollars. (8)

Ces réserves de change font bien état d’un enrichissement du reste du monde face à un Occident qui s’appauvrit. Oui, il y a bien sûr, l’Allemagne, le moteur principal de la zone euro, qui elle est un cas particulier.

Que peut-on énoncer de ce déséquilibre entre l’Occident et le reste du monde ? Sinon que c’est un processus naturel auquel les grandes puissances financières occidentales ne peuvent rien, sinon qu’elles sont astreintes d’augmenter les liquidités pour sauver leurs économies. Et ce sauvetage a inféré sur les économies du reste du monde. La guerre lancée contre l’Irak, la forte consommation américaine, et les déficits courants que les États-Unis ont enregistrés sont les principales causes de ce déséquilibre financier dans le monde. Les déficits américains, pour rappel, sont passés de 474 milliards dollars en 2002, à 530 milliards en 2003, à 666 milliards en 2004, à 804,9 milliards de dollars, en 2005, à 856,7 milliards de dollars, en 2006, 6,5 % du PIB, 711,6 milliards de dollars, 5,3 % du PIB, en 2007. Il faut encore indiquer le déficit budgétaire américain pour l’exercice 2008 / 2009. Clos fin septembre, il a marqué un record, à 1 409 milliards de dollars, soit 9,9% du PIB américain. 

D’autre part, on ne doit pas perdre de vue que ces déficits financés par les États-Unis conjugués aux recettes pétrolières des pays exportateurs de pétrole ont les économies du reste du monde, dont la formidable croissance économique de la Chine. Il en va de de même pour les Quantitative easing américains, européens, anglais et japonais, auxquels sont venus s’adosser les prix du pétrole et l’or dont les hausses ont joué comme contreparties physiques, dans le but d’éviter une inflation généralisée des prix des biens et services dans le monde, comme dans les années 1970.

Parallèlement à la forte hausse du prix du pétrole, entre 110 et 130 dollars le baril, le prix de l’once d’or est passé de 1000 dollars en 2008 à 1200 dollars en 2009, 1400 dollars en 2010 et 1900 dollars en 2011. Le record de l’once d’or a été atteint le 6 septembre 2011 à 1921,17 dollars. Cette hausse du prix du pétrole-or métal nous rappelle le grenier du roi. Sans la hausse du prix du pétrole et de l’or, les Quantitative easing opérés par les Banques centrales occidentales auraient été impossibles. Sauf si ces Banques auraient opté pour une inflation généralisée, qui serait pire que l’inflation des années 1970. Ce serait insensé pour l’économie mondiale. Tout le monde y perd, et ce serait la fin de la suprématie du dollar sur le monde.

 

 6.4 2008 - 2017 : La face cachée des Quantitative easing. Déflation mondiale

programmée et désendettement extérieur de l’Occident

 

 Donc, tout a bien marché pour les pays émergents et les pays exportateurs de pétrole, et moins bien pour les pays occidentaux, en particulier l’Europe, au point que s’est opéré le Brexit, le 23 juin 2016, entérinant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Nombre d’économistes, de politiques, sont d’avis contradictoires sur le bien-fondé de l’apport financier des programmes de d’assouplissement monétaire quantitatif non conventionnel. Pour les uns, l’apport des QE était la seule voie possible pour sortir le système bancaire de la crise (sauvetage) et procéder à la relance de l’économie occidentale. Pour d’autres, les États-Unis utilisent les QE à un rythme effréné, fabricant de l’argent presque gratuitement, sans réel impact sur l’industrie. D’autre part, nombre d’analystes pour la zone euro pensent que la Banque centrale européenne ne fait pas de strict QE. Ils reconnaissent cependant que la BCE donne de l’argent gratuit aux banques qui ne le réinjectent pas dans l’économie réelle. Ils trouvent la justification dans le fait que l’Allemagne ayant peur de l’inflation, l’Europe ne peut faire de QE stricto sensu.

Si on suppose que c’est le cas, une question s’impose : Quel est l’intérêt des banques européennes de garder des liquidités créées presque gratuitement, échangées contre des bons de Trésor ou de titres privés ? Et c’est ce qui se passe d’ailleurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon ? Il est évident qu’il y a forcément un but dans ce stockage d’argent presque gratuit au niveau des banques occidentales, qui n’est pas réinjecté dans la sphère de l’économie réelle. Ce qui ne fait que pénaliser les entreprises américaines, européennes et japonaises, et maintenir une situation de marasme économique. Comme on le voit en Europe, au Japon. Aux États-Unis, malgré un taux de chômage à 4,9 %, la Fed américaine n’est toujours pas satisfaite, et maintient le taux d’intérêt toujours très bas.

On doit donc déduire que le système financier occidental doit trouver certainement plus rémunérateur de stocker ces liquidités que de les injecter dans l’économie réelle. Surtout que les rachats de dettes souveraines et de titres privés augmentent le bilan des Banques centrales. Et les Banques centrales ne trouvent rien à redire, et, à longueur de discours, haranguent les marchés que ces liquidités servent pour relancer les économies occidentales.

Mais alors où se trouvent la réponse, l’énigme de ce processus qui explique pourquoi les banques occidentales préfèrent garder ces liquidités au lieu de les réinjecter ? Pourquoi les banques thésaurisent ? Pourquoi elles détiennent une fraction importante des QE oisives ? Alors que le rôle des banques est de fructifier l’argent, d’accorder des crédits pour soutenir la croissance. 

Revenons au modèle royal médiéval. Supposons que le roi et les princes ont émis des liquidités importantes pour leurs dépenses royales et princières. Les artisans et paysans, compte tenu de leur faible consommation, ont beaucoup épargné. Cette création monétaire pose un problème pour le roi et les princes. S’ils continuent à émettre de l’argent, et malgré la levée d’impôts, ce sera toujours leurs sujets qui bénéficieront de ces liquidités. Supposons que le roi et les princes s’entendent, et trouvent une issue à ce problème. Pour pondérer la frappe de monnaie, qu’elle ne soit pas excessive, ils décident d’émettre des titres royaux et princiers contre intérêt (comparables aux bons de Trésor américains, européens, japonais actuels). Les paysans et artisans achètent ces titres royaux et princiers contre de la monnaie. Par ces titres, le roi et les princes se trouvent endettés auprès de leurs sujets.

Supposons que le roi et les princes s’entendent une nouvelle fois, et décident d’augmenter la frappe de monnaie plus que nécessaire, mais gardent le surplus de liquidités dans leurs coffres. Le roi augmente le prix du blé qui sert de contreparties physiques aux émissions monétaires. Et les princes de leur côté font de même. Ce processus va durer le temps que le roi et princes aient accumulé suffisamment de liquidités (non utilisées) dans leurs coffres. Supposons que disposant de liquidités suffisantes, ils décident de diminuer la frappe monétaire et, parallèlement, diminuent le cours du blé. Une diminution de la frappe monétaire n’exige plus de hausse du prix du blé, comme contrepartie physique à la création monétaire. Que se passera-t-il lorsque l’argent deviendra rare, et le prix du blé bas. Il va se produire une baisse des prix dans le royaume. L’activité économique va forcément diminuer. Et les artisans et paysans vont se trouver obligés de se tourner vers les finances du roi et des princes pour échanger leurs bons de Trésor royaux et princiers contre de l’argent liquide. Ce qui va leur permettre de compenser la rareté de liquidités et d’augmenter les transactions commerciales. Par ce processus, le roi et les princes, récupérant les titres d’emprunts que leurs sujets leur ont rendus, vont se désendetter. A la fin de ce processus, la situation financière du royaume se rétablit, et un nouveau cycle de financement commence.

Ce processus financier montre que les artisans et paysans ont accumulé de l’argent grâce aux dépenses royales et princières dans une première phase ce qui a augmenté l’activité économique et l’emploi dans le royaume. On peut l’assimiler à la phase ascendante d’un cycle économique. Cependant l’accumulation de gains financiers sous forme de bons de Trésor et l’endettement du roi et des princes ne peuvent être une fin en soi. Pour que le système économique fonctionne, il faut que s’opère le processus inverse, expurger du moins en partie les gains financiers en les remettant en circulation. C’est ce qui s’est passé avec la désaccumulation des gains financiers que les artisans et paysans ont enregistrés durant la phase de croissance. La phase descendante du cycle était nécessaire. Dans le sens qu’il n’y avait pas d’issues. Le système ne peut fonctionner avec un roi et des princes qui s’endetteraient indéfiniment auprès de leurs sujets.

C’est un peu ce qui se passe aujourd’hui. La fin des Quantitative easing aux États-Unis en septembre 2014 s’est opérée concomitamment avec la chute des prix pétroliers. La fin du QE met fin mécaniquement au surplus de la hausse des prix du pétrole. Par conséquent, un baril à 60 dollars était ce qui est requis aux injections monétaires normales, c’est-à-dire dans un cadre d’assouplissement quantitatif cette fois-ci conventionnel. Et les déficits commerciaux des pays exportateurs de pétrole ainsi que des pays émergents nécessitant le recours aux réserves de change entrent dans un processus tout-à-fait naturel. A l’instar des sujets du roi et des princes, les pays émergents et pétroliers se trouvaient dans l’obligation de présenter leurs bons de Trésor auprès des guichets des banques américaines, européennes et japonaises pour percevoir les montants dont ils ont besoin pour financer leurs économies. Ainsi s’opérait une diminution progressive des réserves de change des pays du reste du monde, en concomitance avec un désendettement progressif des États-Unis, de la zone euro, du Royaume-Uni et du Japon. C’est la phase descendante du cycle.

D’autre part, ce processus de quantitative easing ne peut nous surprendre. En effet, le phénomène de dévaluation monétaire est similaire sauf qu’il agit non sur la masse monétaire mais sur l’unité monétaire. On sait que le prix d’un bien est le produit d’une masse de monnaie donnée par la valeur de l’unité monétaire. Prenons un pays qui a des problèmes de liquidités en réserves de change. Supposons qu’il a perdu des réserves de change et que la masse monétaire de monnaie reste inchangée voire même augmentée pour financer l’économie de cette Etat. La monnaie de cet Etat est surévaluée. Supposons que la Banque centrale de ce pays augmente fortement le taux d’intérêt et lance des emprunts publics. Particuliers, entreprises, banques, etc., qui sont attirés, par exemple, par un taux d’intérêt de 15 % vont s’empresser d’acheter ces titres publics. Cet Etat évidemment va s’endetter, et sera confronté chaque année à une lourde charge de la dette sans compter les capitaux qu’il doit rembourser à des échéances données. Pourra-t-il honorer ces dettes ? Il le pourra s’il y a croissance. Et le plus souvent, ce n’est pas le cas. Une seule issue, il procède à la dévaluation de la monnaie. Il dévalue, par exemple, la monnaie de 40 %. Par cette décision, toute la masse monétaire de cet Etat s’est dégonflée de 40 %, ce qui a impacté mécaniquement la dette publique, les avoirs des agents publics et privés.

Les quantitative easing opérés par les Banques centrales occidentales visent le même processus sauf que la dévaluation n’agit pas sur l’unité monétaire mais sur la masse monétaire. Si la BCE continue aujourd’hui le QE, c’est simplement qu’elle a pris du retard par rapport à la Fed. C’est ainsi qu’apparaît que les Quantitative easing ou assouplissement monétaire non conventionne ont non seulement permis le sauvetage des banques occidentales et la relance de l’économie mondiale, mais ont atténué ultérieurement le déséquilibre macroéconomique entre l’Occident et le reste du monde. La déflation mondiale qui a sévi après la crise financière et qui est sur le point de se terminer aujourd’hui s’est avérée un passage obligé. En conséquence, la crise pétrolière et la fin des quantitative easing étaient nécessaires, une accumulation prolongée de réserves de change par le reste du monde était contre-productive pour l’économie mondiale.

 

 7. Sixième stade historique 2017- 2020… Le baril de pétrole porté à 100 dollars et plus

 

 Evidemment cette situation déflationniste était vécue difficilement par les pays occidentaux, en particulier l’Europe. Comme en témoigne la situation de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie. Et même de l’Autriche, de la France, du Royaume-Uni qui a fini par sortir de l’Union européenne (Brexit). Les peuples européens ont perdu confiance en leurs dirigeants. Le riche est devenu plus riche et le pauvre est devenu plus pauvre. Ces inégalités se sont étendues au reste du monde. A voir le nombre de milliardaires lourds en Chine qui ont dépassé le nombre de milliardaires américains. L’inexorable montée en puissance du populisme en Europe et aux États-Unis constitue un témoignage parlant que les peuples d’Europe et d’Amérique aspirent à un mieux-être, à voir leurs conditions d’existence s’améliorer.

On comprend pourquoi partout en Occident, les partis populistes et d’extrême-droite enregistrent des succès électoraux. S’explique aussi le succès du discours de Donald Trump, devenu le 45ème président des États-Unis. Comme l’énonce son programme sur le site de la Maison Blanche. « By standing side-by-side with America’s workers and businesses, the President’s policies will unleash economic growth, create 25 million new jobs, and help Make America Great Again. » Traduit : « En se tenant au côté des travailleurs et des entreprises américaines, les politiques du président libéreront la croissance économique, créeront 25 millions de nouveaux emplois et aideront à rendre la grandeur de l’Amérique encore une fois. » (9) Et ce qu’aspirent les Américains, en réalité, c’est un travail, un salaire conséquent pour vivre et une vie décente. Et cette aspiration est valable pour tous les peuples.

Pour ce qui est du chômage aux États-Unis, on annonce fin 2016 un taux de 4,9 %. Comment se fait-il que Donald Trump promettait, lors de la campagne électorale, la création de 25 millions d’emplois durant son mandat, s’il était élu, alors que le taux de chômage américain est faible ? Le total de la population active étant de 253,229 millions d’Américains en juin 2016. 

 

Or, dans des médias, il est énoncé que « le taux de participation à la population active qui était de 63 % au mois de mars 2016 a baissé depuis et vient d’atteindre 62,6 % au 31 Mai 2016 et n’avait pas été si faible depuis Novembre 1977, lorsque le taux de participation était de 62,8 %… Le nombre d’américains se trouvant hors de la population active (en dehors du marché du travail) vient d’atteindre un nouveau record au 31 Mai 2016, selon les nouvelles données sur l’emploi publiées ce vendredi 03 Juin 2016 par le département du travail américain (Bureau of Labor Statistics-BLS). Le Département du Travail Américain (Bureau of Labor Statistics – BLS) rapporte ce vendredi 03 Juin 2016 que 94,708 millions d’Américains (âgées de 16 ans et plus) n’étaient ni employés le mois dernier, ni en recherche active d’un emploi sur les quatre dernières semaines. […] Le taux de chômage serait de 23 % au 31 mai, 2016, selon le site Shadowsstats. […] Jacques Attali-Août 2014 énonce que « Le chômage est à 17% aux États-Unis et non de 6% ». (10)

Dans le journal Le Monde : « Le taux de chômage, qui avait nettement reculé en mai 2016, est reparti à la hausse. Fin juin, il s’élevait à 4,9 % de la ­population active, soit un gain de 0,2 point sur le mois. Ces évolutions contradictoires s’expliquent principalement par l’évolution du taux de participation, c’est-à-dire la proportion d’Américains qui ont un travail ou qui sont à la recherche active d’un emploi. En juin, il est passé de 62,6 % à 62,7 %.  » (11)

 

On prend conscience que la réalité est tout autre entre le taux de chômage officiel et le taux de chômage réel qui prend en compte ceux qui ne sont pas décomptés. Le taux de chômage réel aux États-Unis montre le ras-le-bol des Américains sans travail. Le SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program), connu sous le nom de « Food Stamp Program », est le plus grand programme alimentaire fédéral des Etats-Unis, voire du monde. Il est destiné aux personnes à faible revenu qui ont besoin d'une aide financière (les bons alimentaires) pour se nourrir décemment. Pour pouvoir en bénéficier, il faut avoir des revenus mensuels inférieurs à un certain seuil (973 $ nets pour une personne vivant seule). Près de 46 millions d'Américains, soit 15 % de la population vivait en avril 2011 grâce à des bons alimentaires, a indiqué vendredi 5 août le ministère de l’agriculture des Etats-Unis. Ce chiffre record a augmenté de 2,5 % entre mai 2010 et avril 2011. (12). Un total de 48,75 millions d’Américains pauvres se nourrissait, en juin 2016, à l’aide de tickets de rationnement (SNAP).

Quant à la politique monétaire, Donald Trump dénonce l’artificialité du processus mené par la Réserve fédérale américaine. « Ils maintiennent les taux au plus bas pour que tout le reste ne s’effondre pas. A un moment donné, les taux vont devoir changer. […] Nous avons une économie artificielle. […] La seule chose qui soit forte, c’est le marché artificiel des actions », a-t-il dit en réponse à un journaliste l’interrogeant en marge d’un déplacement de campagne dans l’Ohio sur un possible relèvement des taux dès ce mois-ci. […] N’étant pas à une contradiction près, Donald Trump expliquait, dans une interview accordée au magazine Fortune, au mois d’avril, qu’il était favorable à la politique de taux bas de la Fed. Il annonçait qu’il remplacerait Janet Yellen s’il était élu, tout en reconnaissant « qu’elle a fait un travail utile ». Mme Yellen, nommée par le président Barack Obama pour un mandat de quatre ans, occupe, depuis février 2014, le poste le plus puissant de la finance mondiale. » (13)

Si le discours populiste de Donald Trump a porté, le faisant élire président des États-Unis, une question se pose : Comment Donald Trump compte-t-il redresser la situation économique, et réaliser ce qu’il a promis à ses électeurs ? Le programme économique qu’il défend est connu dans ses grandes lignes. 1. Dépenses d’infrastructure, pour un montant de 1000 milliards de dollars sur dix ans, 2. Baisser les impôts et faire passer le nombre de tranches d’impositions de sept à trois, 3. Reconstruire l’armée américaine en faisant sauter les coupes budgétaires automatiques qui limitent la croissance des dépenses, 4. Amender Obamacare, et revoir la couverture sociale pour l’ensemble du peuple américain.

Un tel programme va nécessiter des injections monétaires massives. Selon des analystes, un montant de l’ordre de 10 000 milliards de dollars. « Après le temps des promesses électorales, Donald Trump va devoir se confronter à la réalité. Et celle-ci ne s’annonce pas très engageante, si l’on en croit les dernières projections budgétaires du bureau du budget du Congrès américain (CBO), une instance non partisane. Selon les éléments publiés mardi 24 janvier, la dette publique américaine devrait augmenter de 10 000 milliards de dollars (9 330 milliards d’euros) au cours de la prochaine décennie. Une anticipation inquiétante au moment où le nouveau président entend procéder à des baisses « massives » d’impôts, augmenter le budget de la défense et lancer un ambitieux plan d’investissement dans les infrastructures de 1 000 milliards de dollars. » (14)

Ce montant de 10 000 milliards de dollars ne doit pas étonner quand on sait que les deux mandats de Barack Obama ont accru la dette publique des États-Unis de quelque 9 000 milliards de dollars. La faisant passer de 10 000 Mds USD en 2008 à plus de 19 000 Mds USD en 2016. De plus, avec les Quantitative easing, les États-Unis se sont fortement désendettés. La Chine a perdu aujourd’hui quelque 1000 Mds USD sur les 4000 milliards qu’elle avait accumulés en 2014. « La Chine puise dans ses réserves. En 2016, les réserves de changes de la République populaire ont reculé de près de 320 milliards de dollars. Pékin dispose cependant encore d'un large matelas de sécurité de 3.011 milliards de dollars, les plus importantes réserves de change du monde. » (15) La Russie a vu aussi ses réserves de change fortement baisser, passant de 537 Mds USD, en 2012, à 390 Mds USD, en novembre 2016. L’Algérie de 194 Mds USD à 114 Mds USD. Et tous les autres pays émergents et exportateurs de pétrole sont concernés par les pertes de réserves de change. Par conséquent, l’endettement extérieur américain a baissé vis-à-vis du reste du monde. Il en va de même pour la zone euro, le Royaume-Uni et le Japon.

La première remarque essentielle que l’on doit dire d’abord est que le programme projeté par Trump vient en droite ligne de la politique économique d’Obama durant ses huit ans de mandature. En clair, Donald Trump doit la réalisation à venir de son programme à l’héritage économique et financier que lui a laissé son prédécesseur. Sans la sortie de la crise financière de 2008, et sans les QE, c’est-à-dire les liquidités créés ex nihilo, qui sont venues à la fois relancer l’économie occidentale et du monde et dégonfler la dette extérieure américaine, le programme du nouveau président américain serait irréalisable. Donald Trump ne pourrait ajouter de la dette à la dette extérieure. Les États-Unis seraient tout simplement en faillite vis-à-vis du reste du monde. Ils ne pourraient répondre au service de a dette externe sauf à créer de l’inflation, ce qui signifierait le déclin du dollar.

Ce qui nous fait dire que c’est l’héritage d’Obama qui permettra à Donald Trump de réaliser son programme. Ouvrant ainsi un nouveau cycle de financement. Comment va s’opérer ce nouveau cycle ?

Tout d’abord, les États-Unis enregistrent année après année des déficits jumeaux, budgétaire et courant. Pour l’année 2015, « Le déficit des finances de l'Etat fédéral s'est établi à 587 milliards de dollars sur la totalité de l'exercice clos fin septembre 2016 contre 439 milliards en 2015.  » (16) Quant au déficit courant, pour l'ensemble de l'année 2015, il a atteint 484,1 milliards de dollars, le plus important depuis 2008. (Reuters France)

Dès lors, la seule issue pour réaliser le programme de Trump, ce sont des injections monétaires comme ont procédé ses prédécesseurs, c’est-à-dire Bush junior et Obama. On peut postuler que la politique américaine tout en étant restrictive sur le plan du taux d’intérêt sera très expansive sur le plan monétaire. Ce processus commencera dès 2017. Dans un premier temps, le dollar va s’apprécier par rapport aux autres monnaies avec la hausse du taux d’intérêt de la Fed, mais les injections de liquidités qui s’opèreront sur injonction de Trump feront forcément baisser le dollar par rapport à l’euro, la livre sterling et le yen. Une dépréciation du dollar qui sera inévitable, comme dans les années 2002 à 2008 sous Bush, et 2008 à 2014, sous Obama.

Pour éviter une dépréciation continue et risquée pour le dollar, le recours à l’augmentation du cours du pétrole est lui aussi inévitable. C’est une condition sine qua none pour la réalisation de l’ambitieux programme du nouveau président qui veut créer 25 millions d’emplois. Et cela passe par une financiarisation de l’économie américaine que la Fed nolens volens sera obligée d’opérer. Il faut le répéter « Sans ces liquidités massives, il est strictement impossible pour Donald Trump de remplir ses promesses. » Par conséquent, le prix du pétrole sera probablement porté à la fin de l’année 2017 à plus de 70 dollars voire 80 dollars. Evidemment tout dépendra de l’application programme économique qui, bien qu’il ne soit pas divulgué, est connu dans ses grandes lignes. On peut penser que Trump cherchera à accélérer le processus.

En 2018, le prix du pétrole pourrait même atteindre 100 dollars le baril si Donald Trump augmente rapidement les dépenses publiques et la baisse d’impôts pour les entreprises américaines. Les baisses d’impôts s’apparentent à des subventions pour doper la compétitivité des entreprises américaines. Qui seront évidemment contrebalancées par des émissions monétaires conséquentes par la Fed. Le relèvement du taux d’intérêt directeur de la Fed sera probablement porté à 1,5 % en 2017. Cependant, il ne constituera pas un frein à la croissance pour l’économie américaine. Bien plus, il attirera des liquidités du monde entier vers les places financières américaines, ce qui dans un certain sens, par le recyclage, permettra de pondérer la politique monétaire américaine. Plus d’achats d’obligations souveraines américains par les pays du reste du monde. Le processus continuera en 2019, et 2020, avec un prix du baril au-dessus des 100 dollars, hormis quelques rares exceptions de chute qui ne seront pas durables.

Pour les pays d’OPEP, ils n’auront plus à se conformer aux accords pétroliers conclus à Alger et Vienne, fin 2016. Le pétrole de schiste américain ne sera pas une entrave pour la hausse des cours pétroliers. Lui aussi jouera un rôle dans la pondération du dollar mais aussi en création d’emplois.

L’Europe, face à la politique de dépenses pour la relance de l’économie américaine, va se trouver confrontée dans un premier temps à la hausse du taux d’intérêt directeur de la Fed, et son pendant, l’appréciation du taux de change du dollar. Il en ira de même pour le Royaume-Uni et le Japon. Cette appréciation du dollar comme on l’a énoncé ne sera pas durable. Un dollar apprécié n’est pas dans l’intérêt des entreprises américaines, il sape leur compétitivité. Et les injections de liquidités auraient rapidement fait déprécier la monnaie américaine. Il peut arriver que la dépréciation du dollar sera si forte que le prix du pétrole porté à 120 voire 130 dollars le baril ne suffira pas pour pondérer la baisse du dollar. L’or, en tant que contreparties physiques, sera alors mis à contribution. Se rappeler le prix de l’or, qui a touché un plafond en 2011, plus de 1900 dollars l’once, lorsque la Fed a commencé à injecter des liquidités dans le programme du QE2, de 2010 à 2012.

L’objectif des autorités monétaires américaines est d’éviter une émission monétaire inflationniste. Par conséquent, la Fed est tenue de maintenir le taux d’inflation à 2 %, ou proche de cette valeur. Se comprennent alors les garde-fous tels le pétrole et l’or, y compris la hausse des prix des matières premières, pour pondérer la dépréciation du dollar. Se rappeler lors du sauvetage des banques, au plus fort de la crise en 2008, même les prix des produits agricoles, facturés en dollars, ont augmenté provoquant une crise alimentaire.

L’Europe, le Royaume-Uni et le Japon vont aussi réagir à la politique monétaire fortement expansive des États-Unis. La baisse du dollar fait apprécier leurs monnaies sur les marchés monétaires. Ils vont donc contrebalancer cette politique, et, à leur tour, agissant de concert avec la Fed, procéder à des émissions monétaires ex nihilo. Ce qui permettra à la fois : 1. de limiter l’appréciation de leurs monnaies, et défendre leur compétitivité commerciale, 2. par l’appréciation de leurs monnaies par rapport du dollar, diminuer le coût de leurs importations pétrolières du Moyen-Orient et du Maghreb, 3. Par les émissions monétaires ex nihilo, dégonfler la facture de leurs importations pétrolières.

Pour le reste du monde. Les pays exportateurs de pétrole OPEP et non-OPEP recommenceront à accumuler des réserves de change. Ils se transformeront de nouveau, au côté les États-Unis par leurs déficits, en moteur pour l’économie mondiale.

Quant à la Chine comme pour le Mexique, les mesures protectionnistes lancées par Donald Trump changeront peu à l’évolution économique mondiale. L’économie américaine est tellement imbriquée dans l’économie mondiale qu’elle n’a aucune échappatoire pour s’en sortir. Le dollar comme pour les autres grandes monnaies (euro, livre sterling et yen) ont tous un statut mondial. Et le maître de l’œuvre, au niveau mondial, c’est l’Amérique. Elle n’a pas d’issue pour sortir de la mondialisation, sauf à couper le cordon ombilical qui lie le dollar au pétrole, à l’or et aux autres matières premières.

Si les États-Unis le feront, ils pourront alors dire « Adieu le complexe militaro-industriel. Adieu les 800 ou 900 bases militaires dans le monde. Adieu les task-groupes aéro-navals qui sillonnent mers et océans dans le monde. Adieu la conquête spatiale. Ou, à défaut, une forte limitation des programmes ambitieux de l’Amérique. Un risque même de Brexit en Amérique, un Califorexit. » Ce sont ces enjeux et ces avoirs géostratégiques qu’ont les États-Unis qui leur interdisent un repli sur soi. Ce que Donald Trump n’y pourra rien, qu’à s’exécuter comme ses prédécessurs

Par conséquent, la Chine accumulera aussi de nouveau des réserves de change. Un protectionnisme américain contre la Chine est à relativiser, car il la poussera à se projeter dans d’autres directions du monde. Par exemple, de tisser plus de relations économiques avec l’Europe, la Russie, le monde musulman et le monde africain.

Ceci étant, il reste néanmoins un écueil à la réalisation du programme économique annoncé par Trump, lors de sa campagne électorale, c’est la Fed. La gouverneure Janet Yellen a déjà, en janvier 2017, attiré l’attention du Congrès américain que Donald Trump va augmenter l’endettement des États-Unis. Mais l’homme anti-système, dans son bureau ovale, ne l’entendra pas ainsi. Il va forcer la main au comité de la Réserve fédérale américaine. Janet Yellen et son comité (FOMC) ne pourront rien opposer. A quoi servirait d’étouffer l’économie américaine, et par ricochet l’économie mondiale, en continuant à limiter les injections monétaires et maintenir le cours du pétrole baissier ? Et le taux de chômage américain de 4,9 % ne reflète pas la réalité. Sinon à maintenir une situation de stagnation et de marasme économique mondial qui ne sera pas favorable ni à la prospérité américaine ni au reste du monde. Le chômage dans le monde ne fera qu’augmenter, les salaires baisser, les prix montant, les inégalités se creusant entre les classes populaires y compris moyennes et la classe riche, et le populisme dans le monde monter en puissance.

Surtout que le comité (FOMC) de réserve fédérale américaine et bien sûr Janet Yellen et Donald Trump savent que la dette publique américaine est toujours soutenable, tant que le dollar garde le statut international qu’il a aujourd’hui. Qu’aucune monnaie du monde ne peut encore se comparer à lui.

Que la dette fédérale américaine passerait au bout du premier mandat de 19 000 à 24 000 milliards de dollars, et s’il est réélu, et probablement il le serait s’il aurait rempli ne serait-ce qu’une petite partie de son programme, ce qui le rendrait crédible, et que la dette passerait de nouveau de 24 000 à 29 000 milliards de dollars – comme l’écrivent des analystes : « La dette américaine qui est de 20 000 milliards de dollars en janvier 2017 passera en 2021 à 28 000 milliards de dollars. » (17) –, n’empêcherait pas de dire qu’elle est soutenable.

 Pour parler proprement de soutenabilité de la dette publique américaine, qu’en est-il réellement ? Tout d’abord une première réponse. Un taux de croissance promis par Trump à 4% par an ferait progresser le PIB américain de 37 %, en 8 ans. Le PIB passerait de 19 000 milliards de dollars à 26 000 milliards de dollars. Le ratio dette fédérale/PIB serait porté à 111,5 %. Comparons ce ratio dette/PIB au ratio laissé par Obama : « « L’année fiscale 2016 vient de se clôturer aux États-Unis. L’occasion de faire le point sur la dette de la première puissance économique mondiale. Elle s’est creusée à hauteur d’environ 7,5 % du PIB 2016, soit un peu plus de 1,4 trillion de dollars ! C’est ce que nous apprend Simon Black, ainsi que bien d’autres faits intéressants sur la solidité financière des USA, à travers cet article publié sur SovereignMan.com le 3 octobre 2016 :« C’est officiel. Le gouvernement américain a clôturé l’année fiscale 2016, qui a pris fin le vendredi 30 septembre, avec une dette totale s’élevant à 19.573.444.713.936,79 $. » (18)

En 2016, le ratio dette publique/PIB est de 107,5 %. Au final, l’écart entre les deux mandatures de Trump et l’année de prise de fonction n’aura fait augmenter l’endettement public américain que de 4 %. D’autre part, en cas de hausse d’endettement extérieur, et c’est le plus important, rien n’empêchera Donad Trump d’ordonner à la Réserve fédérale un quatrième Quantitative easing, au cours de sa mandature, pour dégonfler la dette extérieure américaine. Un QE4 contrebalancé par un QE (LTRO ou autre appellation) par la BCE, un QE de la BoE, un nouveau abenomic par la BoJ, permettrait de nouveau de dégonfler les dettes extérieures des États-Unis, de l’Europe et du Japon. Ce qui signifierait pour les pays exportateurs un retournement pétrolier, et donc un nouveau rééquilibrage macroéconomique entre l’Occident et le reste du monde. Qui toucherait évidemment les pays émergents.

Voilà, à peu près, avec une très forte probabilité, ce qui se passera dans les années à venir. L’auteur, dans cette analyse-prospective, n’est pas devin, il n’a fait que donner un sens aux enseignements que fournissent les forces transhistoriques, qui sont compréhensibles et à la portée de tous. Ces forces, que nous le voulions ou non, jouent précisément à chaque fin d’un cycle pour réenclencher la machine économique mondiale, nonobstant ceux qui, au sommet, veulent se mettre au travers de l’Histoire, et de la prospérité économique des peuples. 

Pour terminer et mettre en relief ceux qui bloquent dans un certain sens les avancées des peuples, évoquons ce qu’a énoncé Henry Ford, en 1922. « It is well enough that people of the nation do not understand our banking and monetary system, for if they did, I believe there would be a revolution before tomorrow morning. » En français, cela se lirait : « Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. »

Au sens historique, il n’y aurait ni ne pouvait y avoir de révolution contre les banques pour la simple raison que les peuples ne savaient pas, et ce non-savoir entrait dans cette auto-organisation du système bancaire et monétaire mondial qui n’est pas venu de lui-même, mais venu des forces historiques même qui l’ont engendré. Dans le sens que le dollar, la Fed et les États-Unis ne sont pas venus d’eux-mêmes, mais sont venus par l’histoire. Il y a un sens herméneutique dans cette organisation financière dont le pétrole est devenu un pilier, malgré lui. Parce que c’était et c’est encore nécessaire, le monde ne relève pas du hasard, mais est déterminé par l’histoire. Et le monde l’apprend au fur et à mesure qu’il avance dans l’histoire. Quoi que l’on dise, le système financier et monétaire global comme il a été constitué et l’est aujourd’hui n’est pas négatif en soi, puisqu’il a été et est historiquement nécessaire. C’est cela que l’on doit comprendre. Il est nécessaire parce qu’il le doit aux forces de l’histoire, sauf qu’il a besoin d’être orienté. Et pour terminer, l’auteur, d’une ville d’Algérie (Blida) où il habite, lance un message « aux politiques, politologues, économistes, chercheurs et journalistes, où qu’ils soient dans le monde, de ne pas laisser les Banquiers centraux, les dirigeants de la finance mondiale, disposer de l’humanité, à leurs convenances.  »

 

Medjdoub Hamed
Auteur et Chercheur indépendant en Economie mondiale, Relations internationales et Prospective
www.sens-du-monde.com

 

Notes :

1. États-Unis - Taux de chômage
http://fr.tradingeconomics.com/united-states/unemployment-rate

2. « Historique des taux de change depuis 1953 à aujourd’hui », par L’OBS. 13 octobre 2016

http://fxtop.com/fr/historique-taux-change.php

3. « Pétrole - Prix du baril : de 10 à 30 dollars en 18 mois », par RFI. 24 août 2000.

http://www1.rfi.fr/actufr/articles/008/article_3087.asp

4. Cours du pétrole et prix des carburants. 02.02.2015
https://www.lcl.com/guides-pratiques/zooms-economiques/petrole-carburant.jsp

5. « Les politiques monétaires dites « Quantitative Easing » », 23 février 2014
 http://bts-banque.nursit.com/Les-politiques-monetaires-dites

6 « La BCE prolonge son programme de rachat jusqu'en décembre 2017 », par la tribune.fr. Le 08/12/2016

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-laisse-ses-taux-inchanges-623283.html

7. http://data.lesechos.fr/pays-indicateur/Chine/balance-des-paiements-courants.html

8. Tendances monétaires et financières au second semestre 2007-au second semestre 2008- au second semestre de 2009-au premier semestre 2014-au premier semestre 2015 http://www.bank-of-algeria.dz 

9. « Bringing Back Jobs And Growth » Traduit : « Rétablissement des emplois et de la croissance » Site de la Maison Blanche
https://www.whitehouse.gov/bringing-back-jobs-and-growth

10. « États-Unis : Nouveau Record au 31 Mai 2016 : plus de 94,7 millions d’américains sont en dehors de la population active », Le juin 2016
http://www.businessbourse.com/2016/06/03/etats-unis-nouveau-record-au-31-mai-2016-plus-de-947-millions-damericains-sont-en-dehors-de-la-population-active/

11. « Aux États-Unis, l’emploi repart, mais les doutes demeurent », Le Monde. Le 09 Juillet 2016
http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/09/aux-etats-unis-l-emploi-repart-mais-les-doutes-demeurent

12 « Près de 46 millions d'Américains vivent grâce à des bons alimentaires », Le Monde. Le 05/08/2011
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/05/pres-de-46-millions-d-americains-vivent-grace-a-des-bons-alimentaires

13. « Nouvelle charge de Donald Trump contre la Réserve fédérale  », Le Monde. Le 06 septembre 2016
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/09/06/nouvelle-charge-de-donald-trump-contre-la-reserve-federale

14. « Les promesses de Donald Trump à l’épreuve de l’augmentation de la dette américaine », par Le Monde Economie. Le 25/01/2017

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/25/les-promesses-de-donald-trump-a-l-epreuve-de-l-augmentation-de-la-dette-americaine

15. « Chine : les réserves de change ont fortement reculé en 2016 », par la tribune.fr. Le 07/01/2017

http://www.latribune.fr/economie/international/chine-les-reserves-de-change-ont-fortement-recule-en-2016-628939.html

16. « USA : le déficit budgétaire repart à la hausse », par Lefigaro.fr avec AFP. Le 14/10/2016 
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/10/14/97002-20161014FILWWW00402-usa-le-deficit-budgetaire-repart-a-la-hausse.php)

17. « Trump va augmenter la dette américaine de façon exponentielle », par Gold Broker. Le 19 novembre 2016

https://www.goldbroker.fr/actualites/trump-va-augmenter-la-dette-americaine-de-facon-exponentielle

18. « Dette américaine 2016 : un coût plus élevé que le plan Marshall ! », par or-argent.eu. Le 4 octobre 2016

http://or-argent.eu/dette-americaine-2016-un-cout-plus-eleve-que-le-plan-marshall/

 


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25 réactions à cet article    


  • soi même 8 février 2017 13:34

    Tout cela pour dire que le capitalisme n’est pas un synthème naturel et copie très mal les lois naturelles des grands prédateurs qui se garde bien d’épuiser les sources vivrières donc ils dépendent pour vivre.
    .
     


    • Le421 Le421 8 février 2017 17:27

      @soi même
      Le capitalisme n’est qu’une succession de fuites en avant sans regarder jamais les dégâts faits derrière.
      Le leitmotiv des capitalistes, c’est de parler des millions de morts du communisme, même si ce n’est quantifiable que de façon subjective.
      Mais on ne comptabilisera jamais les morts d’une entreprise de tee-shirt en Inde quand l’usine s’écroule comme victime directe du capitalisme. Ni les suicides d’ouvriers menés à bout, ni, ni...Etc
      Parce que là, les millions de morts, ça serait une autre tisane.
      Et de deux maux, on choisit le moindre.
      Une croissance infinie dans un monde fini demande la création d’urgence de moyen de transports spatiaux ultra rapides...
      OK ?


    • baldis30 8 février 2017 16:46

      bonjour,

      beaucoup de considérations économiques, beaucoup trop alors qu’il y a un élément fondamental évoqué au début de l’article :

      « Le pétrole de schiste américain : un danger pour l’OPEP »

      Ma réponse est non, fondamentalement NON ! Tout repose sur cette assertion qui est loin d’être vérifiée !

      Pourquoi ? pour une raison simple : séismicité anthropique ! Enorme ... HENAURME ! Où ? Aux USA et comme exemple parfait un zone s’étendant du Kansas ( comté de Wichita) aux environs d’Oklahoma City en Oklahoma. Une véritable table vibrante comme chacun peut s’en rendre compte en recherchant avec Google ( ou un autre) « USGS, Latest earthquakes maps ». Il est indiscutable parce que c’est la reproduction parfaite de situations connues dans d’autres zones d’exploitation d’hydrocarbures ou d’autres produits.

      Et devant l’opinion, quoique Trump, Clinton ou Obama puissent en penser cela ne peut pas durer en Amérique. Que par des tours de passe-passe politicien de style colonialiste des sociétés US aillent exploiter dans des pays où le renversement des pouvoirs en place est un jeu bien connu reste possible : les peuples sont priés de fermer leur gueule sinon on la leur ferme définitivement à coups de fusillades, ou de maladies ! Restent effectivement les déserts où l’aléa ne croise la vulnérabilité que sur les installations propres de l’extraction .. (selon l’une des définitions du risque) !

      Si dans ces zones la vulnérabilité n’est plus le sujet fondamental, le transport vers les zones de consommation, pose des problèmes d’infrastructures .... donc ce n’est plus marginal ....

      Il faut aussi savoir qu’en raison toujours du même problème de séismicité anthropique l’extraction classique en Californie n’est plus ce qu’elle fut ... Evidemment le Texas, c’est pas un désert, mais au niveau de son gouvernement local ce le fut et cela l’est peut-être encore ...


      • Hamed 8 février 2017 19:05

        @baldis30

        Bonsoir. Vous dîtes :" « Le pétrole de schiste américain : un danger pour l’OPEP »Il est un danger pour l’OPEP. Cela est sûr si Donald Trump n’a pas été élu président des Etats-Unis. L’oligarchie financière mondiale a fait des faux calculs pensant que c’est Hillary Clinton qui le serait. Mais voilà, l’Histoire a décidé autrement et a choisi Trump, qui lui va fausser les calculs oligarques qui n’ont rien compris à l’histoire.

         

        Cordialement 


      • Onecinikiou 8 février 2017 23:59

        @Hamed


        Bonsoir,

        Vous mettez bien en évidence l’importance des cycles dans le fonctionnement du capitalisme, avec ses phases d’inflation puis de déflation, servant (autant que faire se peut) à purger les bulles de crédit et d’endettement. 

        Je remarque que les liquidités qui sont captées par l’oligopole financiaro-bancaire et ses succédanés leur permettent, une fois le basculement opéré et la phase de déflation atteinte, de racheter à vils prix et qui plus est en monnaie de singe des bien parfaitement matériels eux. Des biens mal acquis, pourrait-on dire. Le crime en tout cas semble parfait. 

        En revanche je suis dubitatif sur la période actuelle : en effet si la dernière séquence a pu établir une baisse de l’endettement extérieure des Etats-Unis, celle-ci s’est faite en contre-partie d’un accroissement considérable de l’endettement intérieur notamment au bilan de la FED. 

        Or cette dette existe belle et bien, comment selon vous sera-t-elle purgée ? Car elle ne peut pas croitre et rouler sur elle-même indéfiniment...

        Il me semble que, concernant cette nécessaire catharsis, trois options s’offrent à nous : 
        1/ La guerre,
        2/ L’inflation,
        3/ Le défaut.

        Sachant que les points 2 et 3 sont aussi potentiellement facteur de guerre. 

      • Hamed 9 février 2017 01:17

        @Onecinikiou

        Bonsoir

        Enfin une réponse intelligent e. Tout d’abord, je se suis très heureux que vous ayez compris mon analyse. Cependant avec des mais. Tout d’abord les liquidités injectées par la Fed américaine, la BCE , La BoE et la BoJ ne sont pas de la monnaie de singe. Pour vous imagez, représentez le système économique mondial, et donc l’économie mondiale, et donc l’humanité entière, comme un seul corps vivant constitué d’organes, d’un cœur, de poumons, d’un foie de réserve, des muscles, des membres, etc., et pensez que le sang qui circule, c’est la monnaie. Et cette pompe de la monnaie, c’est-à-dire le cœur du système humain, sont ces grandes Banques  centrales. Pensez-vous que les liquidités qu’elles injectent sont de la monnaie de singe. 

        Pensez-vous que les êtres humains, tous les êtres humains ont leur destin lié à cette monnaie de singe. Pouvez-vous vivre, vous onechicou, sans monnaie de singe. Le problème n’est pas la monnaie de singe, mais la quantité dont l’humanité a besoin pour faire fonctionner l’humanité. Voilà la vraie question.

        Ceci dit, vous êtes dubitatif sur la période actuelle. Je vous pose la question et toujours par analogie avec ce grand corps humain qu’est l’humanité. S’il y a baisse d’endettement, ne pensez-vous pas que le coeur du monde se porterait mieux. L’endettement c’est un peu comme le sang vicié du système, un sang qui a travaillé. Et si l’endettement extérieur a baissé aux États-Unis, il a baissé aussi en Europe zone-euro, au Royaume-Uni, au Japon, ces pays sont émetteurs des principales monnaies internationales. Et que les bilans de ces Banques centrales augmentent, où est le problème ? Le bilan augmente certes, mais qui est le prêteur ? Et qui est le créancier ? Ces Banques centrales ont acheté ces dettes (bons de Trésor, obligations, etc.), elles ont émis des liquidités à partir de rien, mais ces liquidités ont une valeur internationale et tout le monde en désire. Donc, en acheteurs de dettes, ils deviennent propriétaires de dettes donc des créanciers. Et qui est l’émetteur de ces bons de Trésor ? C’est le Trésor public de l’Etat. Or, la Banque centrale comme le Trésor, c’est l’Etat. En d’autres termes. L’Etat est à la fois le créancier et le prêteur. Et si on change l’Etat en une personne, par exemple, vous avez émis un emprunt et vous l’avez récupéré ensuite en créant de l’argent. Désormais, en récupérant l’emprunt vous devenez créancier à vous-même. Qu’allez-vous faire de vos emprunts que vous avez racheté, et personne ne vous doit de l’argent, puisque, en les achetant, vous avez les remboursés. Donc l’endettement extérieur s’est transformé en endettement intérieur uniquement de la Banque centrale, c’est-à-dire à elle-même, c’est-à-dire à zéro pour les bons qu’elle a racheté, ou pour être plus juste qu’elle a remboursé au nom de l’Etat qui coiffe tout Trésor et Banque centrale.

        Il y a cependant une autre possibilité de la dette que la Banque centrale a rachetée. Et si on assimile toujours que la Banque centrale c’est vous. Soit vous les maintenez comme écriture comptable et vous ne dîtes rien sur leur sens, et laisser les économistes épiloguer se perdre dans les dédales de la rhétorique, soit si vous êtes honnêtes, vous les effacez puisque le rachat a détruit l’emprunt, vous en tant qu’Etat au même titre que le Trésor, vous ne devez rien à personne. Soit vous leur donnez une nouvelle vie, vous allez les revendre ces bons de Trésor. Mais même si vous allez les revendre, normalement ils apparaîtraient comme des nouveaux bons de Trésor. 

        Pourquoi des nouveaux ? Parce que la Banque centrale a remboursé ceux qu’elle a racheté. Et normalement cela équivaut à leur destruction. Et comme personne ne peut contrôler la Banque centrale, et personne ne peut lui faire subir un audit, et elle a cherché à être indépendante du pouvoir politique, et elle a partiellement réussi.

        Donc, mon ami, il n’y a ni la guerre, ni l’inflation ni le défaut. La partie rachetée de la dette extérieure est détruite.

        Lisez un article qui vient de paraître aujourd’hui sur le budget France :

        Nouvelle alerte de la Cour des comptes sur le déficit public

        Ingrid Feuerstein Le 08/02 à 07:26Mis à jour à 08:12

        Dans son rapport annuel paru ce mercredi, la Cour des comptes appelle à un effort bien plus drastique sur la dépense publique. Depuis 2012, 40% de la réduction du déficit serait imputable à la diminution de la charge de la dette.

         

        http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0211781882327-nouvelle-alerte-de-la-cour-des-comptes-sur-le-deficit-public-2063449.php

        Voilà, ma réponse un peu en rapide. J’espère qu’elle vous satisfasse. Si je pourrais, j’écrirais un article sur ce qui ressort des bilans des grands banques centrales occidentales.

        Merci pour la réponse. Cordialement


      • phyto 9 février 2017 17:22

        "@Onecinikiou Or cette dette existe belle et bien, comment selon vous sera-t-elle purgée ? Car elle ne peut pas croitre et rouler sur elle-même indéfiniment..."

        Effectivement, on dirait que l’augmentation des taux penche pour la solution 2, quel nouveau paradigme pour l’inflation, l’avenir -proche ?- nous le dira  smiley


      • Alren Alren 8 février 2017 17:00

        Un texte beaucoup trop long. J’aime lire, mais là ...

        Vous rêvez Hamed d’une remontée du cours du pétrole qui permettrait à votre pays, l’Algérie de sortir du marasme où l’ont plongée les dirigeants se réclamant du FLN, corrompus jusqu’à la moelle et qui n’ont pas su ou voulu diversifier les ressources de votre beau pays : le tourisme, l’énergie solaire, la production agricole de fruits et légumes primeurs bio.

        Vous oubliez que le pétrole comme source d’énergie sera toujours davantage concurrencé par le gaz naturel. Or si on peut le liquéfier pour le transporter par mer comme les Français ont réussi à le faire avec le Jules-Verne, il est beaucoup plus facile de l’amener chez le consommateur européen par des tuyaux, surtout que son caractère gazeux rend l’opération beaucoup plus facile qu’avec le brut qui est visqueux. Ce qui avantage clairement les pays qui possèdent une continuité territoriale avec l’Europe.

        De plus le gaz naturel n’a pas besoin de raffinage comme pour le pétrole. Le méthane dont il s’agit, de formule CH4, contient en proportion beaucoup plus d’hydrogène rapporté au carbone que le fioul, produit donc davantage d’eau que de CO2. Le gaz, comme source d’énergie est ainsi plus écologique que les produits pétroliers.

        Comme matière première de la pétrochimie, la concurrence viendra des algues qui permettent déjà de faire des matières plastiques biodégradables, gros atout à l’heure où l’on a découvert le "continent de plastique" au large d’Hawaï qui tue la faune marine.

        Donc s’il y a davantage de consommation de méthane, il y aura moins de consommation de pétrole. La production de celui-ci risque d’être d’autant plus excédentaire qu’il affrontera également les énergies renouvelables et les baisses de consommation d’énergies de chauffage par une meilleure isolation des habitations.

        L’Algérie doit impérativement penser l’après-pétrole comme le font les pétromonarchies du Golfe sur les conseils des experts occidentaux, pour ménager l’avenir de la jeune génération.

        Sans doute pour cela faudra-t-il dégager par les urnes les dirigeants actuels de ce pays, cesser de renier la France et la langue française, promouvoir plus de laïcité en revoyant le Code de la famille pour une réelle égalité homme-femme ...

        Oui je sais, je propose une révolution ! Mais je la crois indispensable, en toute amitié.



        • Hamed 8 février 2017 18:54

          @Alren

          Merci pour la réponse. Le problème n’est pas de rêver pour l’Algérie, mais de voir les forces historique où qu’elles nous mènent. Je crois que vous n’avez pas compris le texte. Je ne regarde pas le pétrole comme une fin en soi. Ni le problème de l’Algérie, ni de renier la France et la langue française, ce n’est absolument pas le but visé dans cette analyse.

          Cette analyse cherche à montrer que Donald Trump, sans le savoir, et qui ne recherche que la croissance économique américaine passe par la croissance économique mondiale. Donc par l’économie de l’Europe, de la France, de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal, du Royaume-Uni. La Banque centrale européenne sera amené à injecter des capitaux à investir dans l’économie réelle, donc dans des entreprises (PMI et PME) donc à créer de l’emploi. 25 millions d’emplois de créés aux Etats-Unis permettra de créer 15 millions d’emplois supplémentaires. Et en Asie, en Afrique... Le monde est mondialisée. C’est cela l’objet de mon analyse qui est une prospective basée sur des données réelles. Comme en 2012, j’avais écris que la crise pétrolière n’est pas loin. Et toute crise dans le monde est avant tout financière et monétaire. Pourquoi la guerre en Syrie , Pourquoi Israël au Proche-Orient ? Parce qu’il y a le pétrole. Et le dollar est adossé au pétrole. Enlevez le pétrole. Et les Arabes d’Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes, et leurs voisins reviendront à leurs chameaux. Même la lait de la chamelle sera insuffisant pour les nourrir. Sauf que le monde est ainsi configuré.

           

          Quant à Donald Trump, il est très mal vu par l’oligarchie financière américano-européenne. Cette même oligarchie bloque le système économique et financier mondial. Elle ne veut pas de croissance ni pour l’Europe ni pour les États-Unis, ni pour les reste du monde. Surtout pour la Russie qui lui tient tête. Et la riposte ne serait-ce que pour la Russie, L’oligarchie mondiale veut faire baver la Russie non seulement par les sanctions internationales, mais aussi par la chute du prix du pétrole.

          Mais voilà, arrive un Donad Trump qui chamboule tous les plans et même veut devenir ami de Poutine, ce qui est une bonne chose.

           

          Par conséquent, Alren, mon analyse n’a rien à voir au problème de liquéfaction de gaz, du méthane, de la laïcité, de nos dirigeants, etc. Sinon merci. Cordialement. 


        • Hamed 8 février 2017 18:58

          @Alren

          Une précision. 25 millions d’emplois créés par Donald Trump permettra de créer 15 millions en Europe. Et plusieurs dizaines de millions en Afrique, en Amérique du Sud et en Afrique. Le tribut de la mondialisation financière et monétaire.

        • Dzan 8 février 2017 17:02

          Eh bé mon couillon, j’ai calé au 5 eme paragraphe.


          • babadjinew babadjinew 9 février 2017 06:20

            Étrange comme nous sommes prompts à remettre en cause, merdia, politique, sociologue, voir médecin (très souvent a raison) mais rarement les approximations « économique ».


            Quelque part il existe des lois physique : Stock !!! Le pétrole PIC à été passé, la production malgrés les dires des seuls producteurs décline. 

            Donc certainement que le baril grimpera, mais en aucun cas cela ne généra de l’emploi en masse pour la simple raison qu’il n’y aura plus assez de pétrole en volume pour faire fonctionner l’ensemble de nos outils !!!. 

            Wake Up !!

            ... 

            • phyto 9 février 2017 17:19

              Merci pour votre article, il me semble très intéressant notamment sur les cycles économiques, toutefois je n’ai pas tout compris, sans être spécialiste il me parait logique que la politique de D.T fasse monter le prix du barril car il veut relancer l’économie réelle au USA... et pour ce faire utiliser la planche à billets... mais ce que je n’arrive pas à comprendre (sans doute parce que je n’ai pas la compréhension économique et une vision simpliste de l’économie, je n’en vois pas toutes les subtilités) c’est que cet argent des QE and co est de la fausse monnaie crée ex nihilo et qui au final finira par valoir peu voire très peu, d’ailleurs déjà le pétrole remonte, l’or aussi, le dollar papier est adossé sur quoi les GAFA, l’armée américaine, le pétrodollar ??

              Il me semble qu’un pétrole cher ne va pas relancer l’économie réelle mais bien la ralentir en relançant l’inflation, le coût des importations et en conséquence la baisse des échanges et la baisse de la création de richesses mercantiles !

              D.T n’est pas Donald Trump D.T est la conséquence d’un changement brutal qui arrive celui de la baisse des ressources et donc de l’augmentation des prix, D.T est ce que les peuples ne veulent pas -ne peuvent pas- voir la fin d’une économie aux ressources infinie et le début d’une ère nouvelle celle de la raréfaction des ressources et de ses conséquences ! n’est-il pas ?

              Nous avons tous une vision ego-centré, moi le premier mais la vôtre ne l’est-elle pas aussi ?

              Bien cordialement,


              • Hamed 9 février 2017 21:10

                @phyto

                Merci pour votre réponse que j’apprécie. Je vais essayer de ous expliquer le plus simplement possible. Pensez que vous êtes Donald Trump. Ceci pour l’éclairage. Et vous avez un défi, c’est celui de créer de l’emploi et de la croissance pour votre pays. Et votre pays est la première puissance du monde sur tous les plans hormis démographique. En plus, votre pays est endetté, très endetté. Et chaque année votre pays accumule des déficits jumeaux (budgétaire et courant). Donc avec le reste du monde, vous êtes endetté. Comment vous allez faire pour relancer la croissance. Vous n’avez que la planche à billet comme recours. Et rien d’autres. Et vous bénéficiez de la confiance du monde, et la confiance sur votre monnaie, le dollar. Donc vous y allez et demandez à votre Banque centrale de créer de la monnaie, des liquidités autant que vous voulez, évidemment selon un programme défini. 

                 

                Certes vous allez créer de la monnaie, à partir de rien, donc ex nihilo, c’est-à-dire sans contreparties productives, il y aura forcément danger pour votre monnaie sur les marchés. Les dollars, au sens absolu des échanges, c’est une marchandise qui s’échange contre une autre marchandise. Avec vos dollars, vous pouvez acheter une voiture, comme vous pouvez acheter un kg de viande ou de tomate. Le dollar constitue une valeur monétaire avec laquelle vous pouvez acheter des biens. Donc c’est aussi un bien, sauf qu’il a une forme monétaire. Alors qu’une voiture a une forme industrielle, elle sort de l’industrie automobile. Une tomate, elle sort de l’industrie agricole.

                 

                Donc vous voyez bien qu’il n’y a pas de différence entre une monnaie et un bien industriel, agricole ou autre. Si vous avez une forte production d’automobile et qu’il y a un surstockage, les prix des voitures vont forcément baisser. D’ailleurs les usines peuvent fermer. De même, si vous avez des tonnes et tonnes de tomates, et celles-ci sont périssables, vous devez vite les vendre sinon elles pourrissent et vous allez perdre beaucoup d’argent. Donc vous baissez les prix. Et moins elles se vendent, plus les prix baissent. Eh bien , la monnaie c’est la même chose, plus vous fabriquez de l’argent sur les marchés, plus la monnaie se déprécie comme les tomates. L’hyperinflation de 1923 en Allemagne, où il fallait des milliards d’unités monétaires allemandes pour acheter une baguette de pain.

                 

                Précisément, Donald Trump est confronté à ce dilemme qui n’est pas en réalité un dilemme. Pour la seule raison que le dollar est la première monnaie mondiale. Toutes les autres monnaies du monde sont vassales au dollar. Donc il y a un état de dépendance voire même de soumission des autres monnaies euro, livre sterling, yen et récemment le yuan administré, celui-ci ne flotte pas. Mais pourquoi le dollar joue le rôle de suzerain par rapport aux autres grandes monnaies internationales ? Un point cependant, avant de parler de la suzeraineté du dollar sur les grandes monnaies du monde. Il faut préciser que toutes les autres monnaies convertibles ou non convertibles des 174 pays du monde, qui se situent à l’extérieur de ce club des 5 Grandes Monnaies, sont toutes, à leur tour, des monnaies vassales à ces cinq monnaies. Et c’est la raison pour lauelle on dit qu’elles sont ancrées à un panier de ces 5 monnaies. Ou si elles sont dollarisées, le panier de monnaie devient une monnaie, le dollar. Rt c’est valable pour les autres monnaies ancrées totalement à l’euro...

                 



              • Hamed 9 février 2017 21:14

                @phyto

                SUITE...


                Pourquoi le dollar est suzerain, ce n’est pas seulement en tant que monnaie de réserve la plus importante par rapport à l’euro, à la livre sterling..., ce n’est pas la monnaie de réserve qui commande les émissions monétaires mais bien la monnaie d’utilisation dans les échanges. Et c’est cette donne qui permet à la première puissance du monde d’émettre sans crainte un surplus de dollars pour financer, ou monétiser ses déficits extérieurs avec le reste du monde. Parce que le surplus de dollars que la Fed injecte par milliards est absorbé dans les transactions commerciales internationales. Le monde entier recherche les dollars. La plupart des matières premières est libellée en dollars. Et ces matières premières jouent comme contrepartie physiques aux émissions monétaires américaines. Et parmi ces matières premières, la palme revient au pétrole des pays du Golfe, qui sont majoritaires dans le cartel pétrolier. Et les pays du Golfe dictent la loi au cartel pétrolier, et impose la facturation pétrolière en dollars. Et le monde entier qui achète le pétrole l’achète en dollars. 

                 

                Et ce monde entier qui achète les dollars sur les marchés monétaires paie ce déficit extérieur américain. Si l’Amérique fait la guerre, par exemple, en Irak, c’est le monde entier qui finance la guerre contre l’Irak. C’est cel a le non-savoir du prisonnier. L’humanité est prisonnière de ce paradoxe du dollar.

                 

                Et trump sait tout ça, il n’est pas milliardaire pour rien. En plus, c’est un fonceur, et il ne fonce pas à l’aveuglette comme les médias veulent le faire croire. Et la Fed attend avec inquiétude ce fonceur mais très prudent malgré les apparences. Et ne devient pas qui veut milliardaire et président de a première puissance mondiale. Et je pense que sa présidence sera très utile pour la croissance économique de l’Europe. Il créera certainement de l’emploi en Europe. Et avec de la monnaie de singe mais extrêmement utile aux monnaies vassales, i. e. euro, livre sterling, yen, yuan.

                 

                Et si vous étiez à la place de D. T., et même si vous ne connaissez pas bien l’économie, vous aurez les meilleurs économistes à vos côtés, vous ferez la même chose.

                 

                Voilà j’espère vous avoir éclairé. Vous pouvez me poser des questions, j’essayerai de vous répondre. Cordialement


              • phyto 10 février 2017 19:12

                @Hamed "ce n’est pas la monnaie de réserve qui commande les émissions monétaires mais bien la monnaie d’utilisation dans les échanges.« 

                Merci d’avoir expliqué votre démonstration, toutefois si comme vous le dites : »ce n’est pas la monnaie de réserve qui commande les émissions monétaires mais bien la monnaie d’utilisation dans les échanges." alors cette monnaie risque bien de perdre de sa valeur car sous le protectionnisme, les échanges vont diminuer et le dollar aussi, d’ailleurs les taux remontent doucement mais sûrement, l’inflation pointe le bout de son nez, avec un pétrole cher c’est tous les produits qui augmentent dans une société mondialisée, mais ce n’est pas tout, le coût du nucléaire augmente aussi, pour des raisons de sécurisation, de vieillissement, de l’EPR et j’en passe... c’est bien le coût de toutes les énergies qui augmentent. L’énergie plus rare, plus chère, aura pour conséquence moins d’échanges donc la monnaie des échanges risque de baisser.

                Je crois que Donald est là parque que la situation est impossible, si le pétrole aug moins d’échanges, si le pétrole baisse finit les pétroles de shiste and co donc bonjour les importations au USA et la dette qui explose avec...

                D.T est là parce que la situation est impossible je le répète et D.T a un EGO encore plus démesuré que tous les autres, il croit avoir des solutions, mais son remède sera à coup sur plus mauvais que le mal, dans une situation ou le mensonge est roi, il faut que le roi se fasse encore plus gros que le mensonge, et un jour pouffffff tout éclate smiley


              • Hamed 10 février 2017 22:55

                @phyto

                Bonsoir phyto

                 

                J’apprécie votre raisonnement. Ce que vous dites est juste, mais ne l’est qu’en apparence. Tout d’abord le protectionnisme. Beaucoup de ténor populiste appelle au protectionnisme. Marie Le Pen, et d’autres, et Donald Trump lui-même. On veut se faire, et les populistes s’y accrochent parce qu’ils n’ont pas d’autres solutions à suggérer. Or, mon ami, le protectionnisme est impossible. On peut se protéger certes mais sans abuser. Le protectionnisme des années 1930 fait partie du passé, c’est un peu comme ces grandes radios des années 1940 ou la télévision noir et blanc. Le monde avance, et il se mondialise. Il n’y a pas de place pour le compartimentage du monde. Impossible de s’isoler. Celui qui s’isole est perdu.

                Ceci pour le premier point. La monnaie aujourd’hui ne risque pas de perdre de la valeur. Là aussi c’est impossible. C’’est comme le protectionnisme. On est loin de l’hyperinflation des années 1930 à des années-lumière. La monnaie certes se déprécie par rapport à une autre, elle peut même se déprécier à 100 % voire plus, sur les marchés monétaires, mais cette dépréciation est à relativiser. On a eu le taux de change du franc dans les années passer de 4 Fr et des poussières pour un dollar en 1979 à 10 Fr pour un dollar en 1985. De même 0,8 euro pour un dollar en 2000 à 1,60 dollar juillet 2008, augmentant de 100%.

                 

                Et s’il y a des mesures protectionnistes qu’il faut relativiser, parce que les mesures de rétorsion annulent tout intérêt de cette donne car le protectionnisme vise à préserver l’emploi, et donc personne ne gagne dans cette fermeture des frontières, et donc un protectionnisme très relatif provoque forcément un freinage dans les échanges, et la baisse des liquidités dans le monde. Le monde passe en déflation. Que le dollar diminue et que l’euro s’apprécie ne changera rien puisque la situation reste figée, une économie stagnante. Les valeurs boursières stagnent ou montent à chaque injection monétaire qui va vers la spéculation et non l’économie réelle. Et une déflation provoque une baisse du prix du pétrole, et des autres matières premières. La stagnation s’étend au reste du monde. Mais qui créé cette stagnation ? Il est évident que c’est l’Occident, les grandes Banques centrales du monde.

                 

                Et c’est là l’intérêt du nouveau président américain. Donald Trump n’est pas de cet avis. Il a été riche, et il l’est encore. Et ce qu’il dit frappe. En effet, Il dit que « l’Amérique lui a tout donné. Et il veut rembourser en bien ce que l’Amérique lui a donné en bien, en richesse, en bonheur, il a construit, il a bataillé, etc. » Cela ne veut pas dire qu’il est un saint. Sauf qu’il veut, en remboursant le bien qu’il a eu de l’Amérique et de sa bonne étoile, aider l’Amérique profonde, qu’il nomme les « oubliés du système », les millions de chômeurs américains qui ne croient à leurs politiques.

                 



              • Hamed 10 février 2017 22:56

                @phyto

                SUITE...

                Et vous dîtes « Je crois que Donald est là parque que la situation est impossible, si le pétrole aug moins d’échanges, si le pétrole baisse finit les pétroles de shiste and co donc bonjour les importations au USA et la dette qui explose avec... »

                 

                En apparence le pétrole augmente moins d’échanges. Non plus d’échanges si le pétrole augmente car il ouvre voie à une demande mondiale plus forte pour les pays industriels. De même si la dette augmente aux États-Unis, elle ouvre voie à une autre demande mondiale plus forte de biens et services. L’Europe et l’Asie peuvent exporter et augmenter l’emploi. Le pétrole de schiste va profiter de la hausse et pousser à la création de l’emploi et à la consommation. De même, l’Europe et l’Asie tirée par la demande mondiale, en exportant vont permettre une plus forte consommation intérieure. Une économie européenne tirée en interne qu’en externe.

                 

                Quant à ce que vous me dîtes : « D.T est là parce que la situation est impossible je le répète et D.T a un EGO encore plus démesuré que tous les autres, il croit avoir des solutions, mais son remède sera à coup sur plus mauvais que le mal, dans une situation ou le mensonge est roi, il faut que le roi se fasse encore plus gros que le mensonge, et un jour pouffffff tout éclate. »

                 

                Tout d’abord le roi ce n’est pas lui, mais les forces de l’histoire qui l’ont intronisé. Prenez un exemple. Vous, par exemple, vous êtes vivant parce que vous avez été créé vivant. Donc il y a quelque étoile qui veille sur vous dès votre naissance. Vous tombez malade, ce qui est normal. Une petite maladie passagère peut arriver, et cela passe. Un peu comme une économie mondiale qui subit un petit trou d’air, et ça passe. Si vous tombez gravement malade, supposez que vous êtes au XIXe siècle, et que le remède n’existait pas, les antibiotiques n’ont été découverts qu’au XXe siècle, vous allez mourir. Donc vous mourez. Mais vous êtes ni au XIXe ni au XXe siècle. Vous êtes au XXIe siècle, et vous êtes parti pour vivre jusqu’à 90 ans et plus.

                 

                Eh bien, c’est la même chose pour l’économie mondiale, D.T. n’’st qu’un instrument des forces historiques qui ont amené les antibiotiques, l’informatique, les Banques centrales, etc. Le roi, mon ami, c’est le progrès du monde. Et D. T. ou un autre font partie du remède. Dans le sens que l’économie doit repartir avec ou sans D. T. Pensez-vous que la Grèce va rester indéfiniment sous perfusion.

                J’espère vous avoir éclairé. Et je vous répète n’hésitez pas à vos questions.

                J’essaierais avec un article si je pourrais donner une vision à ce

                 problème.


                Cordialement


              • phyto 16 février 2017 17:30

                @Hamed vous avez écrit :"En apparence le pétrole augmente moins d’échanges. Non plus d’échanges si le pétrole augmente car il ouvre voie à une demande mondiale plus forte pour les pays industriels. De même si la dette augmente aux États-Unis, elle ouvre voie à une autre demande mondiale plus forte de biens et services. L’Europe et l’Asie peuvent exporter et augmenter l’emploi. Le pétrole de schiste va profiter de la hausse et pousser à la création de l’emploi et à la consommation. De même, l’Europe et l’Asie tirée par la demande mondiale, en exportant vont permettre une plus forte consommation intérieure. Une économie européenne tirée en interne qu’en externe.« 

                C’est là nos deux points de désaccord :
                1) si le pétrole aug, il me semble que tout augmente et que donc les échanges baisses
                2) Si la dette américaine augmente il faudra que les taux augmentent, donc crédit plus cher et moins d’échanges là aussi

                Donc de mon point de vue avec un pétrole en hausse et la »les« dettes qui augmentent on va vers une diminution des échanges... Trump est là parce que déjà les »richesses" baissent en Amérique, en Europe et ailleurs !


              • Hamed 17 février 2017 12:26

                @phyto

                @Phyto

                Bonjour Phyto,

                Bien réfléchi. Cependant, vous êtes dans l’erreur du fait que votre pensée ne cerne ce qui est propre au Français, Allemand, Américain, et les autres consommateurs en Europe, y compris au Brésilien, au Chinois, enfin, à tous eux qui importent net le pétrole. Contrairement aux consommateurs des pays pétroliers qui paient moins cher le pétrole. Donc de ce point de vue là, vous avez raison de dire « si le pétrole augmente, il me semble que tout augmente et que donc les échanges baisses ». Mais là, vous raisonnez en consommation nationale, et non en international. Précisément si vous payez plus cher le pétrole, à travers l’essence, et que tout augmente, ces augmentations qui se chiffres en milliards d’euros, de dollars, de yens, etc. vont vers les pays pétroliers. Ce qui les amène à leur tour à consommer plus, à acheter plus de richesses en Europe, aux États-Unis, en Chine, entraînant plus d’échanges, plus d’emplois justement dans ces pays qui paient cher le pétrole. C’est un peu comme si vous offrez de l’argent aux autres à travers ce mécanisme pour diminuer la destruction de l’emploi chez vous. Est-ce que c’est plus important de payer un peu plus cher le pétrole et de garder l’emploi ou de ne pas payer le pétrole plus cher mais en revanche de risquer de perdre de l’emploi au plus grand nombre.

                Pour le deuxième point, c’est la même chose. Tout d’abord si la dette américaine augmente, le taux d’intérêt n’augmente pas obligatoirement. Le taux d’intérêt est resté à 0,25 %, depuis décembre 2008 jusqu’à décembre 2015. Soit 7 ans. Cependant quand vous dîtes « que les taux augmentent, donc crédit plus cher et moins d’échanges là aussi », là je suis d’accord avec vous. Quant à strictement les dettes américaine, européennes et d’une manière générale occidentale, « Ne vaut-il pas mieux que Français, Américains, Allemands, et autres, vous vous endettiez plus mais dans votre monnaie, et que les pays du reste du monde profitent de votre endettement pour créer des richesses, extraire du pétrole de leurs sous-sols afin que vous consommiez et qu’eux aussi consomment grâce à votre endettement. Un endettement qui engendrera de l’emploi tant chez vous que dans le reste du monde. » De manière évidemment cyclique ou si vous voulez discontinue, lorsque qu’à chaque fois le système nécessitera d’être expurgé d’un surplus d’endettement.

                J’espère vous avoir éclairé. Merci pour votre réponse critique. N’hésitez pas à poser vos questions.

                Cordialement


              • phyto 17 février 2017 23:08

                @Hamed
                Pour le point 1, je dirais que le problème c’est le phénomène d’entropie thermodynamique, plus le pétrole est cher, plus les produits sont cher—> moins les populations peuvent s’en acheter. Certes il y a un transfert des pays qui manufacturent vers les pays producteurs de pétrole, mais il y a une perte car l’énergie est plus cher pour tout le monde !

                Pour le point 2 c’est une histoire de temps, il arrive un moment où plus personne ne veut d’une monnaie pleine de dettes :
                https://www.letemps.ch/economie/2017/02/13/chine-japon-se-detournent-dette-americaine
                C’est ce qui est entrain de se passer a priori, Le Japon prend le relais de la Chine... mais le Japon est le plus industrialisé le plus endetté au monde !!

                Et il y a hélas un 3ème point, la dégradation écologique de la planète, ce qui accélère encore plus les principes un et deux, attachez vos ceintures !!


              • Hamed 18 février 2017 23:13

                @phyto

                Vous apportez le concept « entropie », et vous dîtes « Pour le point 1, je dirais que le problème c’est le phénomène d’entropie thermodynamique, plus le pétrole est cher, plus les produits sont cher—> moins les populations peuvent s’en acheter. Certes il y a un transfert des pays qui manufacturent vers les pays producteurs de pétrole, mais il y a une perte car l’énergie est plus chère pour tout le monde ! » C’est très juste. Et le concept-postulat ue vous avez émis : « Il y a une perte car l’énergie est plus cher pour tout le monde » est non seulement « juste » mais est vérifié par le 2ème principe de thermodynamique.

                Pour que vous ayez une idée, prenons des exemples précis. Un moteur de voiture, de camion, de bateau ou autre emploi, passe par le 2ème principe thermodynamique. Et donc l’entropie. Ce moteur quand il fonctionne a une entropie interne, à laquelle se surajoute l’entropie externe, c’est-à-dire l’énergie qui vient mouvoir le moteur conçu pour tracter un poids (voiture, camion...). Mais c’est un système irréversible, dans le sens que l’état 2 ne peut revenir à l’état 1, parce qu’il y a une fuite d’énergie à travers les frottements, l’échauffement, etc., et qui ont besoin d’être refroidi, sinon le moteur se détériorerait.

                Précisément, l’économie mondiale peut être assimilée à ce moteur. Vous avez les pays qui manufacturent et qui ont une entropie interne, et ont besoin d’énergie, donc de pétrole, et de matières premières pour faire fonctionner leur moteur industriel producteur, qui constituent une entropie qui leur est externe. Précisément pour passer d’un état 1 à un état 2, il faut qu’ils importent. Mais ce moteur industriel a besoin d’être refroidi. En effet, si tous ces pays manufacturent et s’échangent entre eux, non seulement, il y aura un blocage dans la production puisqu’il n’y a pas suffisamment d’absorption de richesses, et donc destruction d’emplois au bout du compte, d’autre part, le pétrole et les matières premières sont importées. Et cette entropie externe doit s’ajuster au moteur producteur qui manufacture aux pays exportant pétrole et matières premières.

                Et c’est là l’analogie avec le refroidissement du moteur. Si le moteur occidental est mal refroidi, c’est-à-dire l’évacuation de chaleur n’est pas optimal, il fonctionnerait forcément mal. Surstockage, diminution de la production, pertes d’emplois, etc. Si la croissance est réelle, le moteur est mieux refroidi, ce qui signifie qu’il exporte plus, plein emploi, du moins il s’en rapproche. Et tout le monde y gagne pays industriels et pays de pétrole et matières premières

                Et ce refroidissement vous le devinez qui est comme vous dites est une perte pour tout le monde, car l’énergie est plus chère pour tout le monde !  En effet, les pays qui manufacturent perdent puisqu’ils doivent exporter avec un prix de pétrole cher, mais gagnent en protection d’emplois, quant aux autres pays qui exportent pétrole et matières premières, certes, gagnent en pouvoir d’achat, mais sont à la traîne et n’économisent pas leur pétrole.

                Et la réalité évidemment se trouve précisément entre les deux situations économiques que viennent marquer les crises économiques. Parce que le monde évolue sans savoir qu’il est dans un certain sens un moteur humain à l’échelle planétaire.

                Comme d’ailleurs un être humain, comparable à un moteur, qui a une entropie interne propre et à laquelle se surajoute les aliments qui le nourissent, sauf que son refroidissement est autorégulé par son organisme. Sa température se situe aux alentours de 36,5°C. Son refroidissement s’opère mécaniquement par la transpiration, par moins de nourriture, par moins d’habit, etc. Donc il subit des pertes. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que mon exemple vous éclaire sur les problèmes économiques complexes et fortement intriqués, mais qu’il faut relativiser dans leurs principes complexes.

                Quant à la dégradation écologique, c’est un problème encore plus complexe parce qu’il intéresse le cosmos. Il n’est pas limité seulement à la Terre.

                Cordialement 


              • phyto 19 février 2017 00:59

                @Hamed :"Et ce refroidissement vous le devinez qui est comme vous dites est une perte pour tout le monde, car l’énergie est plus chère pour tout le monde !  En effet, les pays qui manufacturent perdent puisqu’ils doivent exporter avec un prix de pétrole cher, mais gagnent en protection d’emplois, quant aux autres pays qui exportent pétrole et matières premières, certes, gagnent en pouvoir d’achat, mais sont à la traîne et n’économisent pas leur pétrole"
                - Les pays qui manufacturent gagnent en protection de l’emploi, car ils exportent moins (leurs produits sont plus chers) et importent moins (les matières premières premières sont plus chères). ils gagnent en protection de l’emploi mais perdent en pouvoir d’achat...

                "Et la réalité évidemment se trouve précisément entre les deux situations économiques que viennent marquer les crises économiques. Parce que le monde évolue sans savoir qu’il est dans un certain sens un moteur humain à l’échelle planétaire."

                - Il me semble que cela était vrai tant que le pétrole était abondant et peu cher à extraire maintenant a priori c’est fini, le pic oil est sûrement arrivé reste donc le point deux (dont vous n’avez pas apporté de nouveaux arguments) créer de la dette pour suppléer au pétrole coûteux à extraire, d’ailleurs quel est le pays le plus endetté au monde ? c’est le même qui extrait le pétrole de schiste non ?

                - la dégradation écologique à surtout à voir avec le super-prédateur, il a soumis toutes les espèces animales et végétales, toutefois il n’a pas encore maîtrisé le climat, la terre fait peut-être une petite fièvre histoire de se débarrasser de son parasite comme l’humain tue un virus, n’est-il pas ?


              • Hamed 19 février 2017 19:14

                @phyto

                Il faut corriger ce que vous me faîtes dire : « Et ce refroidissement vous le devinez qui est comme vous dites est une perte pour tout le monde, car l’énergie est plus chère pour tout le monde ! En effet, les pays qui manufacturent perdent puisqu’ils doivent exporter avec un prix de pétrole cher, mais gagnent en protection d’emplois, quant aux autres pays qui exportent pétrole et matières premières, certes, gagnent en pouvoir d’achat, mais sont à la traîne et n’économisent pas leur pétrole" Sur ce point oui.
                Quant à - Les pays qui manufacturent gagnent en protection de l’emploi, car ils exportent moins (leurs produits sont plus chers) et importent moins (les matières premières premières sont plus chères). ils gagnent en protection de l’emploi mais perdent en pouvoir d’achat...
                Non, ils n’exportent pas moins ni n’importent moins. Cela dépend de quelle monnaie dépréciée, si c’est le dollar qui se déprécie face à l’euro, oui et encore il a toujours le pouvoir d’importer plus puisque les États-Unis créent des dollars à partir de rien, et s’endettent sans grand préjudice ce que l’économiste français Jacques Rueff appelait le privilège des déficits sans pleurs. Et si c’est l’Europe qui a sa monnaie qui se déprécie, elle gagne en exportant (moins cher) et importe moins, ce qui est compensé par l’Amérique. Et puis la dépréciation-appréciation est simplement un fétiche, car c’est tantôt l’Europe, tantôt les États-Unis, et le Japon et le Royaume-Uni qui suivent les deux Grands

                Dans les années 1970, la situation a été tout autre. C’était la fin des Trente Glorieuses. Le pétrole n’était pas plus abondant que maintenant. Il y avait des conflits économiques et monétaires entre les trois grandes puissances, les États-Unis, l’Europe et le Japon. Et le jeu se jouait à trois au niveau mondial. La dispute était serrée mais restait limitait à l’Occident, et qui avait une mainmise pratiquement totale sur les grands gisements de pétrole du monde. Et presque tous se situait au Maghreb et au Moyen-Orient.

                La situation a radicalement changé aujourd’hui. Il n’y a plus d’URSS ni de Chine communiste fermée. Tous les pays hors-Occident se sont convertis à l’économie libérale, c’est-à-dire l’économie de marché. Un nouveau monde a surgi, par conséquent de nouveaux enjeux. Et on comprend pourquoi la situation est conflictuelle aujourd’hui. D’abord entre les pays manufacturiers, les anciens et les nouveaux, et les pays exportateurs de pétrole et de matières premières qui sont aussi divisés. Et c’est entropie en augmentation par les frictions qui sont générées entre les pôles de puissances qui provoquent des crises. Le système économique mondial a besoin d’expurger cet excès de tension entre les pôles. J’espère que vous me comprenez, et dépasse ce que vous énoncez « ils exportent moins (leurs produits sont plus chers) et importent moins(les matières premières premières sont plus chères). »

                Quant au point 2, « Si la dette américaine augmente il faudra que les taux augmentent, donc crédit plus cher et moins d’échanges là aussi. J’ai déjà répondu que les taux n’augmentent pas forcément. Entre le 16 décembre 2008 et le 16 décembre 2015, il s’est passé 7 ans jour pour jour pour que le taux d’intérêt de la Fed fût relevé de 0,25% à 0,50 %. Ce qui est considérable. Oui, aujourd’hui, depuis le 16 décembre 2016, le taux est passé à 0,75 %. Cependant il demeure faible. Il reste cependant que plus le taux augmente, plus le crédit va être plus cher. Et justement c’est là où entre Trump ou plutôt les forces historiques vont devoir changer la trajectoire de l’économie mondiale. Le monde a besoin réellement d’investissements. Le populisme n’est ni une solution ni n’a la baguette magique pour redresser l’économie occidentale.

                Il faut des mesures saines, et celles-ci existent mais sont étouffées par le pouvoir financier occidental. Voilà, j’espère que vous êtes de mon avis.

                Cordialement


              • maQiavel maQiavel 9 février 2017 18:14

                Merci pour l’article , je vais lire ça.

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