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Elle est trop sensible — les ondes ont bon dos

L’électrosensibilité est cette nouvelle maladie, qui peut devenir très handicapante, provoquée selon les personnes qui disent en souffrir par les ondes qui nous entourent : téléphone portable, borne WiFi, four micro-ondes, antennes-relais, écran de télévision, etc. Parce que certaines personnes disaient souffrir à proximité des bornes et antennes, des associations citoyennes ont pris leur bâton de pèlerin pour faire baisser les seuils d’émissions des ondes radioélectriques.


Pour ce faire, elles se sont fondées sur des rapports scientifiques qu’elles considèrent comme définitifs, abandonnant pour les besoins de la cause le sens critique et la méthode scientifique qui devraient prévaloir en pareille circonstance. Voyons un peu de quoi il retourne et si les effets pervers d’une générosité précipitée n’ont pas débordé la philanthropie initiale.
La justice française
 
Dernièrement, trois procès ont condamné les opérateurs à démonter certaines de leurs infrastructures, leur présence créant un trouble généré par la peur qu’elles inspirent. La cour d’appel de Versailles, dans son arrêt du 4 février 2009, écrit ainsi que la réalisation du risque reste hypothétique. Elle fonde son jugement non pas sur une nuisance avérée, mais sur le manque de garantie d’une absence de risque, provoquant une crainte légitime constitutive d’un trouble. Elle en déduit un préjudice moral résultant de l’angoisse créée par la seule présence de l’antenne-relais.
 
C’est-à-dire que la justice reconnaît que les gens qui se plaignent de la présence des antennes sont en droit de le faire, non parce que les ondes radio produites par ces antennes leur causeraient effectivement des dommages physiques, mais parce qu’elles ont peur des dommages que les antennes pourraient être susceptibles de causer. Les riverains ayant porté plainte l’ont fait parce qu’ils souffraient de maux de tête, de palpitations cardiaques et de nausées, mais la cour d’appel n’en a pas tenu compte. Pourquoi ?
 
 
L’Organisation mondiale de la santé
 
L’Organisation mondiale de la santé donne une explication :
Certaines personnes qui se plaignent d’un ensemble diffus de symptômes les attribuent à une légère exposition aux champs électromagnétiques produits sur leur lieu de résidence. Il s’agit notamment d’anxiété, de céphalées, de tendances dépressives voire suicidaires, de fatigue et d’une réduction de la libido. Jusqu’à présent, les données scientifiques ne confirment pas l’existence d’un lien entre cette symptomatologie et l’exposition à des champs électromagnétiques.
 
Rappelons ici le contexte dans lequel l’OMS s’autorise à faire pareille déclaration :
Au cours des 30 dernières années, environ 25 000 articles scientifiques ont été publiés sur les effets biologiques et les applications médicales des rayonnements non ionisants. […] S’appuyant sur un examen approfondi de la littérature scientifique, l’OMS a conclu que les données actuelles ne confirment en aucun cas l’existence d’effets sanitaires résultant d’une exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité.
 
Pourtant, des personnes souffrent de troubles réels (rougeurs, picotements, sensations de brûlure, fatigue, difficultés de concentration, étourdissements, troubles du sommeil, nausées, palpitations, troubles digestifs, etc.). Certaines de ces pathologies, particulièrement invalidantes, réclament une prise en charge médicale, psychologique et sociale, qui doit être faite par les organismes de santé publique. Certains pays considèrent même l’électrosensibilité comme un handicap. Des associations de défense des personnes se disant électrosensibles se fondent sur le rapport BioInitiative pour invalider la position de l’OMS et prouver l’incidence physiologique des ondes radio sur certains organismes particulièrement réceptifs.
 
 
Le rapport BioInitiative
 
Pour les associations de défense des personnes électrosensibles, le rapport BioInitiative dresse un complet état des connaissances de l’effet sur l’homme ou les organismes vivants des rayonnements non ionisants des lignes électriques et de la téléphonie mobile. […] Ce rapport récapitulatif passe en revue plus de 1500 travaux publiés. […] Sur le plan scientifique, il n’y a plus de débat. La toxicité de la téléphonie mobile est un fait établi.
 
Ite missa est ? Pas tout à fait.
 
Les études produites par le rapport sont des expériences publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture. Jusqu’ici, tout va bien. Mais, contrairement à ce que dit le texte promotionnel et militant ci-dessus, l’état des connaissances présenté par le rapport est incomplet. C’est-à-dire que les contributeurs de BioInitiative ont omis de rapporter les études qui, sur des sujets semblables, donnaient des résultats différents. Partant, les conclusions données ne peuvent être objectives.
 
 
Méthode scientifique ou Canada Dry ?
 
Les critiques du rapport BioInitiative, faites par plusieurs comités scientifiques, ne portent pas sur les études qui y sont reprises, mais sur la façon dont celles-ci sont sélectionnées et présentées.
 
Les critiques portent sur :
• Une sélection d’études scientifiques en fonction de critères arbitraires,
• L’élimination tout aussi arbitraire d’études scientifiques similaires pouvant avoir des conclusions différentes à celles des études retenues,
• La déclaration erronée en ce qui concerne la vue d’ensemble (overview) de la connaissance scientifique que le rapport prétend avoir,
• Des erreurs méthodologiques importantes : on ne peut, par exemple, établir une analyse scientifique objective à partir d’une sélection arbitraire,
• On ne saurait par conséquent obtenir une synthèse scientifique objective de ces analyses,
• Les confusions graves entre « effet biologique » et « dommage biologique »,
• Le mélange des incidences sur la santé des champs basses fréquences et hautes fréquences,
• L’absence de données scientifiques nouvelles,
• L’absence de relation entre les affirmation des conclusions (concernant les maladies notamment) et les études des effets des champs électromagnétiques (CEM) sur la santé.
 
Aucun des comités ne doute que les CEM ont des effets biologiques. Mais ils ne parviennent pas à comprendre comment la somme de ces études permettrait de déduire que les expositions de la vie quotidienne, avec les normes actuelles, présentent un danger avéré pour la santé humaine. Pour eux, l’absence de méthodologie scientifique interdit d’en tirer des conclusions quant aux modifications des normes actuelles, revendication faite par les auteurs du rapport dès ses premières pages.
 
Ils disent d’autre part que plusieurs études récentes (dont certaines sont publiées par la BioElectromagnetics Society) permettraient de tirer des conclusions différentes de celles des sections du rapport.
 
Il est par conséquent impropre d’affirmer que le rapport BioInitiative est une preuve scientifique définitive.
 
Les comités scientifiques ayant émis ces critiques sont les suivants :
Conseil de la santé des Pays-Bas
Direction de la santé du Danemark
Office de la protection contre les radiations allemand
Centre australien de recherche sur les effets des fréquences radio
 
JFC, contributeur d’AgoraVox, rapporte que le nº 285 de la revue Science et Pseudo-Sciences d’avril-juin 2009 vient de paraître. Dans son dossier intitulé « Ondes électromagnétiques : mythes, peurs et réalités » on trouve entre autre une analyse critique du rapport BioInitiative par Jean-Paul Krivine : « Le Rapport BioInitiative ou l’apparence du sérieux scientifique ».
 
 
Et les électrosensibles dans tout ça ?
 
En 2005, une méta-étude a analysé les résultats de trente-et-une expériences qui vérifiaient si les champs électromagnétiques causaient l’électrosensibilité. Chacune d’entre elles exposait des personnes qui se déclaraient atteintes d’électrosensibilité à des champs électriques et/ou magnétiques, fictifs ou réels, à de multiples fréquences, dans des expérimentations en double aveugle (le sujet et l’agent expérimentateur à ses côtés ne savent pas si le champ est fictif ou réel). L’objectif pour le sujet est de déterminer s’il a été exposé (détection du champ) et rapporter d’éventuels symptômes.
 
Cette étude concluait que :
Les symptômes décrits par les personnes souffrant d’« électro-hypersensibilité » peuvent être sévères et parfois handicapants. Cependant, il s’est révélé difficile de montrer que, dans des études en aveugle, l’exposition à des champs magnétiques pouvaient être à l’origine de ces symptômes. Ceci suggère que l’électro-hypersensibilité n’est pas reliée à la présence de champs magnétiques, bien que des recherches supplémentaires sur ce phénomène soient nécessaires.
 
Rubin, Das Munshi, Wessely, « Electromagnetic Hypersensitivity : A Systematic Review of Provocation Studies » (Psychosomatic Medicine 67:224-232 — 2005)
 
Depuis lors, plusieurs études ont confirmé ces conclusions, dont certaines ont été réalisées par la société BioElectromagnetics, de laquelle sont issus certains contributeurs du rapport BioInitiative…
 
 
Oui, mais les vrais électrosensibles dans la vraie vie de tous les jours ?
 
Et bien parvenu à ce point de l’exposé, je suis partagé. Non pas entre la véracité de leurs propos et l’infirmation de ceux-ci par les études scientifiques, mais entre le parti d’en rire ou de m’offusquer de la situation. En effet, il existe peut-être un paradoxe : l’agitation médiatique autour des ondes (favorisée et amplifiée par les associations de défense des personnes électrosensibles) et la peur que cette agitation provoque dans le public, peuvent générer de véritables drames humains parmi les personnes les plus fragiles psychologiquement.
 
Ainsi, chez certains malades présentant des affections cliniques, la conviction qu’ils sont électrosensibles peut évoluer vers une chronicité pathologique. Toutes sortes de troubles et de désordres peuvent alors intervenir :
• Souffrances physiques et psychologiques (occupation des pensées, anxiété, état dépressif, stress…),
• Comportements d’évitement de l’exposition,
• Organisation de la vie du malade autour de ce problème,
• Absentéisme, incapacité de travail,
• Isolement social,
• Difficultés financières dues aux déménagements et aménagements électriques de la maison.
 
Comment certaines associations entretiennent-elles, sans doute involontairement, ces troubles et désordres du comportement ? En construisant tout un univers apparemment rationnel, qui renforcera le malade dans l’idée qu’il a de la réalité des causes de sa maladie. Ici, il est très important de distinguer deux types d’associations militantes, certaines d’entre elles (dont Robin des Toits) dénonçant publiquement les procédés détaillés ci-dessous.
 
 
Que faire si je suis électrosensible ?
 
Attention, c’est du brutal :
 
Nous conseillons aux personnes hypersensibles aux hautes fréquences d’acheter des rouleaux de feuilles d’aluminium destinées à l’emballage des denrées alimentaires. Il existe actuellement des rouleaux d’aluminium présentant une bonne résistance mécanique (Toppits® avec alvéoles de renforcement, largeur 44 cm, rouleaux de 10 mètres).
 
Lorsque la personne doit circuler dans des zones où des champs à hautes fréquences existent, elle glisse sous une casquette ou sous un chapeau (qui peut être élégant) une feuille de cet aluminium modelant le dessus du crâne en forme de casque. […]
 
Elle protège également sa cage thoracique (coeur) en se confectionnant au besoin un sous-vêtement tapissé de feuille d’aluminium ou réalisé avec une coupe de couverture de survie.
 
On pourra, si l’on préfère la confection au fait maison, s’adresser à la société ShieldWorks (Radiation Protection Technology). Ces premiers éléments et ce dernier conseil sont issus du site Teslabel Coordination.
 
On peut aussi trouver sur le site de NextUp comment tapisser sa chambre, sa maison, son lit, son bureau pour se protéger et se faire un chapeau en aluminium très élégant. S’il ne vous fallait cliquer que sur un lien pour vous faire une idée, le revoici.
 
Une fois que l’on est bien convaincu que la soupe électromagnétique peut nous faire mourir, on cherche à savoir si son chez-soi est contaminé. Coût d’une étude : de 200 à 500 €.
Voir ici ou .
 
On peut aussi faire son marché, ou partager de bonnes adresses entre électrosensibles.
 
Concernant les soins et pour finir en beauté dans une émission pipeule entre Raël et les frères Bogdanoff, on trouve : Soigner les ondes nocives grâce à la guérison spirituelle en tant que soin holistique et à la canalisation d’énergie christique (par téléphone).
 
Je vous avais prévenus.
 
On peut rire. Et s’inquiéter en même temps de la façon avec laquelle la science et la méthode scientifique sont triturées, de la façon dont l’information qui devrait rendre compte de la connaissance scientifique ne cherche même plus à distinguer la science de la pata-science, de la façon dont le quidam abandonne son sens critique au profit des opérateurs qui lissent toute aspérité ou de leurs détracteurs qui érigent l’exception en règle. 
 
Ou on peut encore chercher à s’informer raisonnablement en ne prenant rien pour acquis, en prenant quelques précautions d’usage et d’économie (éteindre sa borne WiFi la nuit, utiliser une oreillette, éteindre son mobile de temps en temps…) et en éteignant définitivement son tube cathodique — en un seul geste, tu protèges ta cervelle et ton intelligence.
 
 
Note :
Cet article a été rédigé avec une casquette du Stade Toulousain sur la tête, doublée d’une feuille d’aluminium ménager (on ne sait jamais).
 
__________
 
• Wikipédia : Risques sanitaires des télécommunications
• Organisation mondiale de la santé : Les Champs électromagnétiques — Récapitulatif des effets sanitaires 
• Robin des Toits : Le Rapport BioInitiative
• Charlatants.info : Les faux rayonnements peuvent aussi faire mal 
• Charlatans.info : Le portable et le cancer 
• Charlatans.info : Antennes-relais et rayonnement 
Le Cercle zététique 
par San Kukai (son site) jeudi 16 avril 2009 - 91 réactions
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  • Par San Kukai (xxx.xxx.xxx.189) 16 avril 2009 18:39
    San Kukai

    @ Alpo


    Vous écrivez :
    Tiens, voilà un article, tout à la gloire de nos industriels. Etonnant... il serait sans doute intéressant de connaitre les liens de l’auteur avec ce milieu…

    Où avez-vous vu dans l’article un seul argument en faveur des opérateurs ?
    Quand je parle dans l’article des opérateurs qui lissent toute aspérité, cela signifie que je chante leurs louanges ?
    Parce que je ne prends pas fait et cause a priori pour les associations de défense des électrosensibles, je ne peux être qu’à la solde des opérateurs ?

    Soyons sérieux, les opérateurs se prennent tout seules les pieds dans le tapis et ont tellement mauvaise presse qu’il est inutile d’en rajouter à leur sujet, les associations de chargent d’eux avec efficacité.

    Ma position n’est pas de dire que les opérateurs sont les méchants et les associations les gentils, ou l’inverse, mais d’essayer de comprendre si les uns et les autres ne sont pas en train de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Je ne me place pas dans le débat politique, je tente simplement de remettre la situation dans le débat scientifique. Au milieu de tout ça, il y a de vraies personnes qui souffrent et qu’on ne peut pas aider en leur parlant d’omerta française sur les téléphones comme le fait l’article que vous mentionnez.

    La recherche scientifique n’est bien entendu pas limitée à la France s’agissant des études sur les effets des champs électromagnétiques. Vous pourrez vous en rendre compte par vous même en allant sur le site de l’OMS, qui recense l’intégralité des études à ce sujet. C’est sur cette base de données que se fondent les scientifiques qui tentent d’en tirer des conclusions pour la santé humaine.
  • Par San Kukai (xxx.xxx.xxx.208) 18 avril 2009 10:25
    San Kukai

    Bonjour Michel,


    Merci beaucoup pour ce billet qui dépasse largement le simple cadre des OMG et peut parfaitement s’appliquer aux ondes des antennes-relais.

    Dans les arguments non-scientifiques utilisés par les détracteurs des antennes, il y a :
    • Les assureurs n’assurent pas les risques des antennes-relais, donc elles sont dangereuses pour la santé humaine.
    • Certains pays ont abaissé les seuils d’émission des antennes-relais, c’est bien parce qu’il y a un danger.
    • Les juges nous ont donné raison dans trois affaires, c’est la preuve que les ondes sont nocives.
    • La presse se fait largement l’écho de notre combat, c’est la preuve que nos arguments sont bons.
    • L’Académie de médecine s’est déjugée sur l’affaire de l’amiante, on ne saurait lui faire confiance par conséquent en ce qui concerne les ondes radio.
    • Il existe une incompatibilité entre certaines normes techniques, donc il y a un risque prouvé pour la santé humaine, etc.
    Ce sont de fausses déductions, qui d’un strict point de vue scientifique ne peuvent être reçues comme des preuves.

    Le militantisme (dont les intentions peuvent être tout à fait honorables par ailleurs) ne peut se satisfaire de la réponse et de la démarche scientifique ; il voit une urgence alors que la science réclame du temps pour parvenir à une certitude. Pour satisfaire sa notion d’urgence, il grappille çà et là les études scientifiques dont les résultats paraissent bénéfiques pour sa cause, amalgame des faits et des opinions, des déductions hasardeuses, des témoignages tronqués, et fait de tout cela une pelote inextricable dont le politique ne saurait se dépêtrer.

    Le politique a alors deux solutions :
    • Soit il fait appel à un comité d’experts (dont la légitimité sera systématiquement démontée, notamment par ceux qui n’en font pas partie) qui rendra un avis scientifique,
    • Soit il rend un avis politique allant dans le sens du courant médiatique (en pensant peut-être un peu à son siège et aux élections futures).

    J’abonde tout à fait dans ton sens s’agissant de la nécessité de bien faire la part des choses entre ce qui est de l’ordre de la connaissance scientifique et ce qui ressort de la responsabilité politique.

    Avec mes considérations les plus lumineuses.
  • Par San Kukai (xxx.xxx.xxx.134) 21 avril 2009 12:51
    San Kukai

    Merci beaucoup pour ce commentaire, JFC. La traduction est parfois très amusante et il faut se référer au texte original pour décrypter certains éléments, mais le fond est parfaitement compréhensible. La collusion d’intérêts pour ce qui concerne Cindy Sage est manifeste.


    Celle-ci pourrait être secondaire si elle n’était accompagnée d’une orientation manifeste à interpréter les données, voire à outrepasser les conclusions des autres auteurs des parties du rapport BioInitiative, ainsi que l’expose le Conseil de la santé des Pays-Bas :

    The first section, written by one of the main initiators of the BioInitiative report, contains the summary and conclusions, which in many cases go further than the conclusions reached by the authors of the review sections. It is unclear if or how this has been discussed with them, whether they support the phrasing of conclusions in the Summary and on what basis the author reached different conclusions.

    Le texte dit, pour le résumer, que Cindy Sage a rédigé les conclusions du rapport et que celles-ci dépassent sur de nombreux points les conclusions des autres rédacteurs. La raison de cette distorsion n’est pas expliquée dans le rapport.

    Le rapport BioInitiative est donc une compilation d’études sélectionnées selon des critères qui ne sont pas exposés, alors qu’il se présente comme faisant état de l’ensemble de la recherche. À partir de cette sélection d’études, un spécialiste (qui n’est parfois pas un scientifique) tire des conclusions — lesquelles ne peuvent qu’être erronées, la démarche scientifique n’étant pas respectée. À partir de ces conclusions et en les outrepassant (sans qu’il soit expliqué pourquoi), Cindy Sage tire les siennes propres (sans que celles-ci soient apparemment validées par les auteurs des sections). 

    Cindy Sage a en outre signé à elle seule sept des dix-sept sections du rapport. Rappelons que sa firme, Sage Associates, vend des solutions pour éviter la « pollution radioélectrique », dont des études, l’installation d’équipements spéciaux, de réseaux de fils électriques dans les locaux d’habitation et de travail, etc.

    Je déteste les attaques ad hominem, mais, dans le cas présent, de nombreux éléments peuvent conduire à fortement douter de l’honnêteté scientifique de Cindy Sage.

    C’est sur la foi de ce document dont les conclusions ne présentent aucune garantie scientifique que les associations fondent leur combat. De surcroît, le rapport BoInitiative est cité par l’arrêt du 4 février de la cour d’appel de Versailles, ainsi que par le Parlement européen comme étant l’état ultime de la recherche en matière d’ondes radioélectriques. C’est donc à partir de conclusions forgées pour l’essentiel par une personne dirigeant un cabinet de consulting vendant des études et des solutions sur les ondes radioélectriques, et sur la foi d’un rapport bâti sans fiabilité scientifique, que nos responsables politiques et notre justice prennent leurs décisions…

    Je ne comprends pas comment ce qui m’apparaît comme une manipulation n’éclate pas en scandale… Comment les opérateurs, premiers concernés par les effets de ce rapport, ne l’ont pas fait dézinguer. Serait-il de leur intérêt d’avoir l’obligation d’installer prochainement des milliers d’antennes supplémentaires et d’enrichir ainsi les industriels qui n’en demandaient pas tant ? Serait-il de leur intérêt de devoir augmenter les forfaits des clients à cause du surcoût engendré par des mesures divisant par cent les normes actuelles (61 V/m => 0,61 V/m) ? Je n’ose le penser…
  • Par San Kukai (xxx.xxx.xxx.134) 20 avril 2009 11:54
    San Kukai

    Votre remarque me rappelle les deux seuls risques identifiés des téléphones portables :

    • Celui d’avoir un accident quand on téléphone en conduisant,
    • Et celui de se prendre une mandale quand on gêne les gens autour de soi en parlant trop fort.

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