• vendredi 10 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > PGM : des mutants dans l’assiette !
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(20 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

PGM : des mutants dans l’assiette !

Face au refus des OGM par les consommateurs, les professionnels de l’agroalimentaire se tournent vers une nouvelle voie : les PGM ou Plantes Génétiquement Modifiées. L’idée est simple : induire des mutations « bénéfiques » dans des semences par irradiation ou par exposition à des produits chimiques mutagènes. Un procédé pour le moins aléatoire aux conséquences mal connues.

Malgré des moyens importants, les grands groupes de l’agroalimentaire ne parviennent pas à imposer les OGM. Les européens en particulier font de la résistance ! La fameuse patate OGM autorisée par la commission européenne "uniquement" dans un but industriel et la nourriture des animaux fait grand bruit dans les Etats membres et tout porte à croire qu’une majorité de pays de l’union n’en voudront pas. Mais les industriels ont déjà trouvé une alternative pour l’alimentation humaine : les Plantes Génétiquement Modifiées ou PGM.
 
Les mutations induites
 
Concrètement, il s’agit de modifier le patrimoine génétique d’un végétal sans introduire le moindre bout d’ADN issu d’un autre organisme comme dans le cas des OGM. Il faut donc utiliser des solutions qui vont agir au cœur de l’ADN de la plante, pour transformer les gènes existants. On va donc utiliser des produits chimiques connus pour leurs effets mutagènes, ou irradier directement les semences…Dans les deux cas, les scientifiques emploient alors des doses insuffisantes pour stériliser la graine, mais suffisantes pour induire les mutations. Une fois les semences exposées, on les met en culture dans des conditions spécifiques afin d’identifier de nouvelles caractéristiques intéressantes.
 
Le procédé est complètement aléatoire car cela induit des dizaines de mutations génomiques incontrôlées mais qui sont espérées bénéfiques et sans effets indésirables trop importants (ou trop visibles…).
 
Des mutations qui rapportent…
 
Comme pour les OGM, le but recherché est d’améliorer la productivité des plantes, leur aspect ou d’autres caractéristiques qui permettront d’augmenter la rentabilité. De plus, l’intérêt final pour les industriels est de posséder des semences brevetées, qui pourront être vendues de manière exclusive. Certes, tout comme la FAO1 et l’AIEA2, les promoteurs du procédé parlent (encore !) de vaincre un jour la faim dans le monde… Mais aujourd’hui, l’intérêt pour les consommateurs n’est pas leur première motivation, d’autant que le procédé risque d’appauvrir les qualités nutritionnelles des plantes, par son impact potentiel sur les processus de fabrication des protéines, vitamines… (quand les mutations ne risquent pas de provoquer l’apparition de composés toxiques !).
 
Autre avantage et non des moindres du procédé de mutations induites : échapper ainsi à la réglementation sur les OGM (car ici, on n’ajoute pas de matériel génétique extérieur). De plus, la détection du traitement est impossible. Ainsi, inutile de suivre des réglementations contraignantes,  aucune obligation d’étiquetage spécifique ou d’information du consommateur ! Seule inquiétude pour les producteurs : mettre en place des tests bons marchés pour vérifier que personne d’autre n’exploite les plantes brevetées.
 
Ne croyez pas que ces PGM soient encore dans les laboratoires : la FAO et l’AIEA ont déjà produit un orge qui pousse à 2000 mètres d’altitude ou un riz qui pousse dans l’eau salée…
Une petite suggestion aux professionnels de l’agroalimentaire afin d’assurer des débouchés aux PGM : les CGM pour consommateurs génétiquement modifiés. Il suffirait d’irradier le public, en espérant qu’une mutation apparaisse et supprime toute opposition aux produits génétiquement modifiés (et même mieux tout sens critique)…. Mais pour transformer l’homme en mouton, il va falloir modifier beaucoup de gènes…
 
 
Pierre Ferrandon et Alain Sousa 
 
 
1. Food and Agriculture Organisation
2. Agence Internationale de l’Energie Atomique 
 
par CRIIRAD (son site) mardi 16 mars 2010 - 28 réactions
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(20 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par JL (xxx.xxx.xxx.74) 16 mars 2010 11:03
    JL1

    La puissance de ces multinationales est considérable et nous entraîne chaque jour un peu plus vers des voies sans issues. Il y a de quoi s’inquéter quand on sait que des pays entier en arrivent à vendre leurs terres arables par millions d’hectares à des multinationales pour y cultiver des OGM ou PGM. Que ces OGM ou PGM consomment une quantité phénoménale d’eau, une ressource déjà rare, voire manquante pour les agricultures vivrières !

    "L’uniformité c’est la mort, la diversité c’est la vie." (Bakounine)

    Les OGM c’est la mort de la diversité, à terme c’est la mort de l’humanité !

  • Par bo (xxx.xxx.xxx.63) 16 mars 2010 12:56
    bo

    Sauf que pour commercialiser les semences vous devez avoir un accord des autorités.
    La procédure de référencement s’applique à toutes les semences... ce qui fait que vous n’avez pas le droit de commercialiser les semences naturelles ou plants que vous ramasser dans la nature.
    C’est ainsi que de nombreuses espèces d’arbres fruitiers sont en voie de disparition.
    Cette réglementation a été obtenue par les lobbies des multinationales.
    Le référencement est très couteux et très long.... ce qui exclue le particulier qui voudrait vendre un plant d’arbre fruitier et à fortiori une graine de plante "non issue de la recherche industrielle".
    @+ Faith

  • Par bo (xxx.xxx.xxx.63) 16 mars 2010 14:45
    bo

    Le monde existe depuis longtemps, la culture aussi..... l’emploi de semences sélectionnées se sont progressivement développées sur des siècles (puis accélérés depuis 1945 : travail d’origine de l’INA avec de bons résultats..) ... ce qui est en cause c’est la réglementation draconienne sur les semences qui n’existe que depuis 20 ans !
    En obligeant à n’utiliser que des semences référencées par les grandes multinationales vous allez affamer le monde : interdire les cultures traditionnelles en Afrique...obliger les paysans du tiers monde à acheter chaque année des semences "stériles"... bravo !!
    Pour votre information en France pour cultiver un hectare de maïs en 2010 le coût d’achat des semences plus engrais est cette année supérieur à 450 € par hectare.
    L’achat ne suffit pas, il faut labourer, semer : cela coûte du fioul, de l’amortissement de matériel.
    Ensuite, il faut traiter avec des pesticides dans tous les cas de figures (maïs OGN ou pas : les OGN ne dispense pas de traitement contre les mauvaises herbes et petits autres prédateurs de la nature). Pour votre info un traitement toutes les 2 à 3 semaines est nécessaire.
    Et bien sur, il faut arroser.. puis ramasser.
    La vente s’effectue avec un calcul qui est déterminé par le degré d’humidité de votre récolte par rapport à un prix de référence du marché déterminé en fonction de l’offre, de la demande et de la spéculation (notamment à l’aide de produits dérivés swappés..)
    Résultat, cette année, avant les aléas de la météo, tous les spécialistes tablent sur une perte nette à l’hectare d’environ 200 €......(rendement entre 110 et 140 q par hectare).....et cela sans compter l’heure de travail qui comme chacun sait "ne se compte pas en agriculture" sauf quand vous avez un salarié agricole au 35 heures.....
    Cette "filière" est très malade.... dans le sud-ouest, les agriculteurs ont survécu l’année dernière grâce au "gras"... 2010 va être une année dramatique pour l’agriculture française
    Les conditions du travail agricole et son cadre économique ont été totalement bouleversée depuis 20 ans.
    Les législations "stupides" entassées de Bruxelles... et l’appétit des producteurs de semences en position de monopole.... sont en train de tuer une grande partie de l’agriculture européenne et bien sur française....

  • Par Faith (xxx.xxx.xxx.15) 16 mars 2010 10:31

    Content de voir enfin un article parlant de la mutagénèse... ça change (un peu) des OGMs !
    Cela dit, c’est peut-être un peu tard :
    En 1994, la FAO a estimé que presque 70 % du blé dur cultivé en Italie provenaient de variétés obtenues par mutation, et qu’il y avait 200 cultivars de riz dérivés de programmes de sélection par mutagenèse. En résumé, les programmes de mutagenèse ont été largement utilisés par les sélectionneurs, et la plupart de nos cultures à fins alimentaires proviennent directement ou indirectement de tels programmes

    Autrement dit, nous en consommons déjà tous depuis de très nombreuses années (la technique a commencé à être utilisée en 1965)

    Pour ce qui est des semences brevetées... j’ai du mal à voir le problème : personne n’est obligé de les acheter. Si les agriculteurs choisissent ces plantes, c’est peut-être parce qu’ils y trouvent un intérêt, non ?
    De plus, un brevet est limité dans le temps (10/15 ans avant de tomber dans le domaine public, non ?) et les semences standard sont librement utilisables...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox