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Avez-vous lu Mein kampf ?

Mein kampf est en vente libre en France. Le best seller d’Adolf Hitler (1889-1945) n’a jamais été interdit dans notre pays, sauf pendant la seconde guerre mondiale où sa traduction a été prohibée par son auteur lui-même.

Mais, si la vue de ce fatras idéologique vous insupporte tant que ça, lisez donc le passionnant Mein kampf, histoire d’un livre.

Le documentariste Antoine Vitkine y retrace la genèse de cette « bible nazie » et de son devenir après la fin de la seconde guerre mondiale. Un livre qui ne nie pas l’histoire, mais qui la décrypte simplement, des fois qu’elle repasserait les plats.
 
Adolf Hitler : écrivain. En 1925, explique Antoine Vitkine dans Mein kampf, histoire d’un livre (paru chez Flammarion), c’est le métier que le chef du parti nazi déclare exercer sur ses avis d’imposition. Hitler écrit son bréviaire en 1924, alors qu’il est enfermé depuis novembre 1923 dans sa cellule de la forteresse de Landsberg, en Bavière, pour sa tentative de putsch. Il y restera un peu plus d’un an, temps qu’il mettra à profit pour commettre son livre de destruction massive. Anecdote significative : c’est le banquier Emil Georg, directeur de la Deutschbank, qui lui offre la Remington sur laquelle il tape son bouquin.
 

Max Amman qui dirige Eher-Verlag, une maison d’édition rachetée par le tout jeune parti nazi en 1920 et qui édite le Völkischer Beobachter, l’organe officiel des nationaux socialistes, publie Mein Kampf à la sortie de prison du futur chancelier. Amman a été le sergent de Hitler pendant la Grande guerre. C’est lui, précise Vitkine, qui l’a encouragé « à écrire cette autobiographie ». Amman s’attendait, en la publiant, à ce que son auteur relate son coup d’état raté. Il n’en est rien et il fut même « un peu déçu de n’y trouver que des répétitions de choses qu’il avait entendues mille fois de la bouche du Führer »… C’est l’éditeur qui trouva le titre définitif du bouquin paru d’abord en deux tomes, en 1925 et 1926. Hitler l’avait baptisé Quatre années et demie de combat contre les mensonges, la sottise et la lâcheté. Titre nul et contenu à l’avenant.
 
On se demande pourquoi Mein Kampf est encore lu aujourd’hui ? Ce qu’il renferme est suffisamment vague pour satisfaire le premier paumé qui espère en retirer quelque chose. « Dans la mesure où c’est polysémique, très touffu, dense, assez peu structuré et logique cela peut donner lieu à toutes sortes d’interprétations, de mises en exergue de certains détails », acquiesce Antoine Vitkine. De quoi satisfaire les amateurs de runes et de soucoupes volantes. Mais pas seulement.

Car Mein kampf n’a pas été (et n’est pas), lu que par les seuls amateurs d’heroic fantasy et de gothic metal. En Turquie il s’en vend environ 80 000 par an. En Inde, il fait un tabac. Dans les pays arabes, n’en parlons pas. Pour les nationalistes de tous poils, Mein kampf reste une référence : « C’est le symbole du rejet de la démocratie parlementaire, de toutes les valeurs des lumières. Finalement Mein kampf, pour Hitler, ce n’est pas autre chose qu’un projet rejetant toutes les valeurs de la démocratie occidentale. C’est pour cette raison qu’il trouve des échos dans le monde », explique Antoine Vitkine dont l’essai, fort documenté, fourmille de détails passionnants sur cet ouvrage définitivement à part, non seulement du fait de son contenu et de son histoire, mais aussi du fait de son impact, toujours actuel. Le nationalisme n’explique pas tout. La part d’inexplicable le restera sans doute à jamais. Un noyau irréductible d’irrationalité.
 
Avant d’être un essai, Mein kampf, histoire d’un livre est un documentaire diffusé sur Arte en 2008 dont on peut voir les images dans cet article.

Mais petit retour en arrière. Près de dix ans après sa sortie de Landsberg, en 1933, Hitler renoncera, dans un bel élan de patriotisme, à son traitement de chancelier. Ses droits d’auteur sont tellement énormes qu’il peut se le permettre. De 1925 à 1945 il s’écoule en Allemagne plus de 12 millions d’exemplaires de cette autobiographie en forme de projet politique. Le livre se vend d’abord moyennement. Il faut attendre le début des années 30 pour qu’il atteigne des chiffres de ventes conséquents. Et jusqu’au moment où Hitler est élu (démocratiquement) lui et son livre n’inquiètent pas vraiment : « Du côté des communistes, écrit Antoine Vitkine, force politique majeure tant dans les urnes que dans la rue, l’inattention à Mein kampf est grande ; le KPD considère en effet le NSDAP comme un parti sans idées ni principes car pour l’essentiel, il serait le faux-nez de la bourgeoisie réactionnaire allemande ». Pour le PC Allemand, l’ennemi principal est la social-démocratie.
 

A partir des années 30, donc, Mein kampf prend son envol. Une fois son auteur au pouvoir c’est un phénomène éditorial de premier plan. Peut-être le premier coup marketing de l’histoire de l’édition moderne. On l’offre aux jeunes mariés dans les mairies, aux meilleurs ouvriers pour les récompenser... La radio en fait la réclame, des placards publiés dans la presse « conseillent » de le lire. On en édite des versions « allégées », des opuscules ne contenant que quelques citations ou des tirages de luxe sur papier bible et même, pour les huiles, des tirages avec kolossale couverture en marbre gravée. Comme dans Astérix.

Après 1945 et jusqu’à aujourd’hui, et c’est là que le livre de Vitkine est novateur, vu que personne n’avait encore écrit sur le devenir de ce bouquin à partir de la fin de la guerre, les droits d’auteur de Mein kampf tombent, après décision des juristes de Nuremberg, dans les poches du land de Bavière, là où, vous vous en souvenez peut-être, Hitler remplissait sa déclaration fiscale. En Bavière, on ne peut pas dire qu’on soit non plus hilare de gérer les droits inhérents à ce livre sulfureux dont on peine à prononcer le titre Outre-Rhin, persuadé qu’il s’agit d’une formule magique pour convoquer les démons. Mais bon, il faut comprendre les Allemands.

« L’Allemagne, souligne Vitkine, n’en a pas fini avec ce livre qui représente le dernier tabou du nazisme. Les Allemands sont favorables majoritairement à l’interdiction ». En 2015 il tombera pourtant dans le domaine public. Il faudra bien alors trouver une solution. L’Allemagne pourrait s’orienter vers une édition commentée comportant un appareil critique, voire très critique, et le vote d’une loi spéciale maintiendrait l’interdiction de traduction ou de publication intégrale non commentée. Un appareil critique pour Mein Kampf ? Pour dire quoi ? Rares sont ceux à réclamer la disponibilité de cet ouvrage sur le marché. Et il ne s’agit pas forcément de nostalgiques du troisième Reich. Il y a longtemps que ces derniers l’ont acheté au Danemark, l’ont téléchargé ou commandé via une librairie en ligne.
 

Pourquoi interdire Mein kampf ? Qui peut craindre ce document qui aujourd’hui n’a d’autre valeur qu’historique ? Qui peut se nourrir de ce salmigondis, de cette bouillie avec des vrais morceaux d’antisémitisme et de nationalisme dedans, résidus de pensées obscures glanées ici et là dans les marécages putrides de l’opinion européenne fin de siècle ? Pour Antoine Vitkine, « Mein kampf est le reflet d’une époque, d’une idéologie qui dépassait et le contexte de 1923 et la personne de Hitler. Mais, par ailleurs, une fois qu’il a été écrit, pour Hitler il a été très important, notamment parce qu’il l’a aidé à parvenir au pouvoir. Sans Mein kampf il n’y a pas de Hitler. Ce livre lui a aussi permis de cristalliser ses idées qui existaient avant son écriture. A partir de là elles sont vraiment inscrites dans le marbre et ce qui est fascinant c’est qu’il s’y tient durant toute sa carrière politique. Il ne déroge pas ».

Certes nous conférons encore malgré nous quelque pouvoir obscur à ce vieux grimoire qui a causé tant de souffrances. Dévitalisé comme une vieille dent, il ne risque plus guère de mordre. Ce qui doit aujourd’hui nous inquiéter et mobiliser notre vigilance ce n’est pas le retour du vieux nazisme, mais ses métamorphoses nouvelles et inattendues. Peut-être que celui qui écrit le nouveau Mein kampf tient un blog ou s’enfièvre contre les « sionistes » sur Agoravox ou ailleurs ?
 
En France, depuis 1979 et un procès intenté par la Licra, l’éditeur de Mein Kampf, les Nouvelles Editions Latines, a interdiction de le vendre sans y joindre un avertissement expliquant le contexte dans lequel il est apparu et le mal qu’il a causé en Europe. C’est le seul changement notable dans l’histoire de la traduction française de ce livre qui n’a pas bougé d’un iota dans la fond ni dans la forme depuis sa publication en 1934. Détail amusant c’est l’ancêtre de la Licra, la Lica, qui, dans les années 30, insiste pour qu’il soit publié : « La traduction du livre Mein kampf représente l’action la plus importante de la ligue », déclareront même ses représentants à l’époque. 
 

Fernand Sorlot, fondateur des Nouvelles éditions latines en 1928 (et non en 1931 comme l’écrit Vitkine), est le premier et le seul éditeur français a en avoir publié la version française complète. Sans autorisation. Il voulait alors montrer aux Français ce qu’Hitler avait dans le ventre et ce qu’il préparait pour l’avenir.

Arrivé au pouvoir, le chef du parti Nazi, devenu chancelier du Reich, autorisait les traductions de son bouquin à dose homéopathique. Pas question de laisser penser dans le monde qu’il était prêt à mettre l’Europe à feu et à sang, qu’il allait en détruire une bonne partie de la population, bref que grâce à lui nos grands-parents allaient vivre une saison en enfer.
 
Non, l’idée c’était juste de dire qu’il était un réformateur, un pacifiste, qu’il ne voulait que le bien de l’Europe et le bon développement de l’Allemagne. Le monde entier fut autorisé à traduire des passages de Mein kampf. Aux Etats-Unis où ses idées intéressèrent Monsieur Ford (le constructeur d’automobiles financera d’ailleurs le chef Nazi), au Portugal, au Brésil, en Croatie, en Italie et même en Angleterre où une partie de la population (hormis Churchill qui comprend immédiatement de quoi il retourne), et notamment un certain Oswald Mosley, fondateur du Parti fasciste britannique, s’éprend naïvement du livre. A l’époque Hitler imaginait un partage du monde farfelu entre le Royaume uni et l’Allemagne.

Quant à la France, l’ennemie intime, pas question d’y traduire, seulement par bouts infimes, et encore, l’ouvrage capital du nazisme. Fernand Sorlot, nationaliste extrême, maurrassien convaincu, décide donc de passer outre secrètement pour le porter à la connaissance des français le projet politique d’Hitler. De l’historien Marc Bloch à Trotski alors en exil, en passant par Léon Blum, seuls quelques esprits éclairés et lucides comprirent quel danger se préparait.

Le plus clairvoyant restera l’écrivain André Suarès, fondateur de la NRF avec Gide, qui, dès 1934, dans La Revue littéraire, écrit ceci : « On feint de croire que l’homme de Mein kampf n’est pas celui qui règne sur l’Allemagne désormais : on soutient qu’en dix ans il a dû changer et n’être plus si sauvage. Quel aveuglement ! Dans ce livre, il y a tous les crimes de Hitler commis cette année, et tous ceux qu’il pourra commettre encore. Ils y sont, il les annonce, il s’en vante plus même qu’il ne les avoue. Il dit, en terme exprès, qu’il faut mettre le feu au Reichstag, et il l’a fait […] Que vous faut-il de plus que ce livre ? Il confesse les intentions. Tout y est, et tout y aura été, quoi que cet homme fasse. Il serait bon que tous les Français le connaissent, et on les empêche de le lire ». Cet article sera mal compris, mal reçu.
Mein Kampf sera traduit en français. « en avril 1940, écrit Vitkine, juste avant l’offensive contre la France, Goebbels lui-même, devant quelques amis, confesse sa surprise : "en 1933, à la place du président français, j’aurais dit : l’homme qui est devenu chancelier, qui a écrit Mein kampf dans lequel il dit ceci et cela, cet homme ne peut être toléré comme voisin. Soit il disparaît, soit nous l’envahissons. Ça aurait été logique. Or les Français n’ont rien fait, ils nous ont laissé faire et maintenant nous sommes prêts, nous allons commencer la guerre" ».

Aussitôt les Allemands entrés dans Paris, ils édictent une liste (la liste Otto) de livres interdits parmi lesquels figurent les ouvrages de Freud, Max Jacob, Thomas Mann… et Adolf Hitler, naturellement, car ils ont encore cette traduction en travers de la gorge. Malgré cette interdiction, Sorlot continuera à vendre (et à imprimer), clandestinement, Mein Kampf. Après guerre le Comité National de la Résistance lui intentera un procès pour fait de collaboration (il faut dire qu’il éditera au grand jour les discours de Pétain…), mais l’éditeur trouvera un défenseur en la personne du résistant Emmanuel d’Astier de la Vigerie venu de cette extrême droite patriote qui ne confondit jamais verre de rouge et vert de gris (c’est un mot, je vous l’accorde).

Aujourd’hui, les Nouvelles éditions latines estiment qu’elles écoulent chaque année entre 1000 et 1500 exemplaires du best seller de Hitler. Moins que dans les années 60 à 80 où l’ouvrage, alors étudié en faculté, était plus abondamment commandé par les librairies universitaires. 
 
Tout cela, et bien d’autre choses encore, Antoine Vitkine le raconte très bien dans son Mein kampf, histoire d’un livre. Mais il y a une seule chose qu’il n’arrive pas vraiment à expliquer. Et c’est précisément ce qui fait, encore et toujours, la force de cet étrange bouquin mal fichu : écrit il y a 85 ans pour des allemands qui venaient de subir l’humiliation de la défaite, pourquoi donc passionne-t-il encore les foules ?

par Olivier Bailly (son site) mercredi 1er juillet 2009 - 378 réactions
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  • Par Gazi BORAT (xxx.xxx.xxx.192) 1er juillet 2009 09:24

    @ Massaliote..

    Marx n’est pas "l’inventeur du communisme"...

    Ce qui est curieux, c’est que, par contre, sont toujours écartés les liens entre le national socialisme allemand et le capitalisme..

    On oublie ainsi qu’Adolf Hiotler admirait profondénment Henry Ford, beaucoup plus pour le système industriel qu’il avait créé que pour ses délires antisémites ("The International Jews", pire, à mon sens que "Mein Kampf").

    Ouvriers sous contrôle total, police interne contrôlant la vie privée, système de classification des travailleurs selon leurs aptitudes et rendements..

    Que l’on fusionne les usines de Dearborn et les structures de triage de bétail humain d’Ellis Island, que l’on y ajoute la mise à mort des travailleurs non viables et (obsession très allemande) le recyclage des "déchets", on obtient cette monstrueuse usine qu’était Auschwitz...

    Le grand Capital allemand avait besoin d’un fêlé nationaliste pour éviter toute révolution menée par le prolétariat allemand.

    Il le trouva en la personne d’un raté bavarois, qu’il finança d’importance et n’eut guère à se plaindre des retours sur investissements. Jamais les firmes allemandes n’engrangèrent autant de bénéfices qu’avec les commandes de guerre et la main d’oeuvre réquisitionnée..

    A côté de la machine concentrationnaire nazie, le goulag soviétique faisait l’effet d’un gigantesque foutoir..

    gAZi bORAt

  • Par Actias (xxx.xxx.xxx.34) 1er juillet 2009 08:34
    Actias

    L’article trés bien écrit même si le travail de recherche étant prémaché par le documentaire.

    "Détail amusant c’est l’ancêtre de la Licra, la Lica," La lica qui considère donc bien, comme Hitler, qu’on ne saurait considérer l’antisémitisme comme un vulgaire racisme réservé aux noirs, jaunes ou je ne sais quoi. Comme quoi, le futur rédacteur du futur Mein Kampf est peut etre en ce moment en train de briller dans une ces répugnantes institutions plutot que de poster sur Agoravox.

    Sinon, en Europe, on sait tout et on perçoit le monde de manière juste, contrairement aux arabes, indiens et je ne sais quoi. Je peux confirmer qu’en Inde, Adolf Hitler est encore assez populaire (les touristes allemands on parfois du mal a comprendre ce qui leur arrivent). Il faut les pardonner, les indiens ce ne sont qu’à peine des hommes (ou peut etre qu’ils ont apprécié l’occupation anglaise autant que nous l’occupation allemande ... sauf que nous et les anglais on est les gentils). On trouve Mein Kampf dans toutes les librairies, et il n’y a pas d’avertissement dedans !

    Si les allemand veulent perpetuer la tradition Nazi en interdisant des livres sur leur territoires, leur schizofrénie ne les regardent qu’eux memes, mais qu’on ne les erigent pas en modele.

    Enfin bref, je ne regrette pas la défaite Nazi (je suppose que je dois le préciser pour les esprits simplets) mais ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire, et c’est ça qu’il faudrait commencer par ne jamais oublier.

  • Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.157) 1er juillet 2009 09:53
    Le péripate

    La persistance des idées socialistes est un perpétuel sujet d’étonnement. Pourtant, communisme et fascisme ont dévasté le 20 ème siècle. Mais il y a de profondes raisons psychologiques à l’anti-libéralisme. Dans les sociétés d’ordre, la place de chacun était déterminé par la force, la tradition. Dans une société libérale, chacun est possiblement n’importe où. Aussi, comme tous ont toujours quelqu’un de proche qui est plus élevé que lui, et que la raison n’en est pas la tradition, la tentation de faire porter la responsabilité de ce qui peut être ressenti comme un échec est facilement transféré sur le "capitalisme". Ainsi l’égalité des chances, même relative, nourri l’envie et le ressentiment, et rend l’individu sensible à une variante ou une autre d’un socialisme, communisme, fascisme, nazisme, islamisme.
    La société ouverte aura toujours des ennemis.

  • Par Massaliote (xxx.xxx.xxx.32) 1er juillet 2009 09:06

    J’ai lu Mein Kampf, c’est une sorte de délire assez grand guignolesque avec quelques chapitres plus structurés, pas de quoi passionner les foules.

    Mais je voudrais savoir pourquoi on laisse éditer le Capital de MARX sans opuscule d’accompagnement expliquant les ravages que le communisme a fait dans le monde ?

    Il est vrai que "tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres"
    ("La ferme des animaux" G. Orwell) 

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