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Du Salon de l’Agriculture à La ferme enchantée

Le Salon International de l’Agriculture a ouvert ses portes le samedi 27 février 2016 pour les fermer le dimanche 6 mars. Comme chaque année, toutes sortes d’animaux et une grande variété de produits des terroirs de France sont mis à l’honneur durant cette manifestation très attendue des Franciliens. Dans le climat de lutte engagée par les exploitants agricoles, ce 53e Salon « bien sous tous rapports » apparaît pourtant comme un séduisant trompe l’œil...

JPEG Ils sont tous là, quelque part sur les 220 000 m² d’exposition du salon pour être admirés par les 700 000 visiteurs attendus porte de Versailles : chevaux et juments, taureaux et vaches, moutons et brebis, boucs et chèvres, porcs et truies, sans oublier les nombreux représentants de la basse-cour ou des clapiers. Sont également présents pour l’évènement les compagnons à quatre pattes : les chats, impeccablement peignés pour se produire en public, et les chiens, souvent moins cabots que leurs maîtres.

Pas de vieilles haridelles, de vaches efflanquées, de brebis pelées ou de coqs anémiés : les 3 850 animaux exposés sont magnifiques, sélectionnés pour leur port altier, leur pelage soigneusement lustré, leur plumage irréprochable, et la qualité de leur rendement. Ces bêtes au pedigree remarquable sont toutes inscrites au registre généalogique de leur espèce et appelées à concourir lors du prestigieux Concours général agricole qui, chaque année, désigne les champions et les championnes du Salon dans chaque catégorie.

Parmi elles, Cerise, une superbe vache « bazadaise » : drapée dans sa robe grise, cette fille d’un certain Ugolin et d’une dénommée Sylvie subit sans broncher le mitraillage des photographes désireux de garder une image de la « mascotte » du 53e Salon. Il est vrai qu’elle est bien jolie, Cerise, grâce à un étonnant produit de beauté : du liquide lave-vaisselle, un vieux truc des éleveurs pour lustrer le poil de leurs bêtes à concours.

Être primé à Paris ne concerne pas les seuls animaux, cela vaut également pour les produits du terroir : vins, bières, apéritifs, charcuteries, fromages, produits laitiers, conserves de fruits et légumes ou plats cuisinés. Mais la concurrence est rude : nombreux sont en effet les producteurs et les artisans qui concourent dans l’espoir de décrocher une médaille d’or, d’argent ou de bronze, comme aux Jeux Olympiques ! Et pour cause : une telle récompense est synonyme d’une augmentation significative des ventes dans les circuits de distribution et sur le web.

Car c’est un fait avéré, le médaillon du Concours général agricole de Paris agit comme un aimant sur les consommateurs, ce label étant à leurs yeux le meilleur gage de qualité, loin devant les labels fantaisistes qui prolifèrent sur les rayonnages de la grande distribution. La réalité est pourtant plus nuancée comme l’ont montré les enquêteurs du magazine 60 millions de consommateurs dans leur dernier numéro. Non que les produits exposés sur les stands alimentaires du Salon et médaillés par les jurys soient médiocres, loin s’en faut, mais il en est d’aussi remarquables parmi les absents. 

Au-delà des Concours généraux dont ils ne maîtrisent pas les codes, ce que les visiteurs viennent avant tout chercher au Salon de l’Agriculture, c’est une immersion dans un monde agricole fantasmé. Un lien souvent plus ou moins conscient avec un vécu lointain ou les récits de parents ou grands-parents ayant naguère, comme tant d’autres Français, déserté le monde rural pour le monde urbain. Les organisateurs ne s’y trompent pas : tout est fait, dans les différents halls d’exposition, pour donner corps à cette image d’Épinal propre à ravir petits et grands et assurer le succès commercial de l’évènement. Et cela avec l’aide des médias grand public dont les journalistes se montrent peu avares en clichés élogieux, voire dithyrambiques, sur « la plus grande ferme de France ».

 

Des supplétifs de l’industrie agroalimentaire

Or, le monde agricole contemporain ressemble très rarement à ce qui est présenté sur les stands de la porte de Versailles. L’agriculture moderne en France est en effet très largement dominée par un modèle productiviste destructeur de sols du fait de l’emploi massif d’engrais, de pesticides ou de fongicides, générateurs ici et là de graves pollutions des rivières, des rivages ou des nappes phréatiques. Ne nous y trompons pas : les paysans respectueux de la nature ne sont qu’une petite minorité au sein d’une profession largement engagée dans une voie irresponsable par la FNSEA

Même constat pour les éleveurs : bien peu nombreux sont ceux qui disposent d’un cheptel élevé dans un milieu naturel et nourri sans recours à des compléments industriels n’ayant plus grand-chose à voir avec l’alimentation saine des générations animales d’antan. Très majoritairement élevés en batteries concentrationnaires, les animaux ont perdu leur statut d’êtres vivants dignes de respect. Désormais, ils ne sont plus que des machines à viande, à lait ou à œufs entre les mains d’exploitants passés de l’état de paysans à celui de supplétifs de l’industrie agroalimentaire. Ce faisant, ils sont devenus les complices d’une maltraitance imposée par les cahiers des charges drastiques qui régissent leur activité.

Là encore cela se fait sur la base de choix dictés à leurs adhérents par une FNSEA aux liens incestueux avec l’industrie, dominée par des dirigeants souvent porteurs eux-mêmes d’une double casquette à l’image de Xavier Beulin. Car non content d’être l’actuel président de la FNSEA, l’homme est également à la tête du très puissant groupe industriel Avril – 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires ! –, propriétaire de marques comme Lesieur, Puget, Fruit d’Or, mais également leader européen du biodiesel sous la marque Diester. Rappelons que Xavier Beulin émarge en outre au Conseil d’Administration du Crédit Agricole, cette banque si douce aux gros producteurs et si dure envers les plus modestes.

Qui peut sérieusement croire que la FNSEA est au service des petits paysans qui, au fil des décennies, ont façonné nos paysages et enrichi notre patrimoine culturel ? Il ne faut pas rêver, ces exploitants-là sont condamnés à disparaître s’ils ont suivi les consignes du syndicat majoritaire en se ralliant à une agriculture productiviste mortifère pour les petites exploitations. Comment pourrait-il en aller autrement alors que ces exploitations n’ont aucun poids dans les négociations avec la distribution et sont les premières victimes de la suppression des quotas voulue par la FNSEA et mise en place dans le cadre de la PAC par les autorités européennes.

Par chance, tous les exploitants agricoles n’ont pas commis l’erreur de s’engager dans cette voie productiviste déshumanisée et suicidaire pour les « petits ». C’est notamment le cas des tenants d’une agriculture véritablement raisonnée, des exploitants bio, ainsi que des éleveurs qui, parfois sous les quolibets des productivistes, ont fait le choix des méthodes traditionnelles et des circuits courts. Autrement dit, le choix de la qualité dans le respect des terroirs et du bien-être animal. Certes, la majorité de ces « vrais paysans » ne prétend pas à s’enrichir et ne touche rien des 9,5 milliards d’euros de subventions européennes qui vont principalement dans les poches des gros producteurs. Mais ils vivent dignement de leur métier sans jamais éprouver le sentiment de culpabilité qui mine leurs collègues vendus à l’industrie.

L’agriculture française est victime d’un problème structurel majeur. Il est urgent qu’elle se réforme pour se recentrer sur ce que les paysans français savaient si bien faire sur le territoire, mais ont très largement abandonné pour des chimères industrielles : des produits de qualité comme ceux qui sont exposés à la porte de Versailles, mais sont devenus si peu représentatifs de l’agriculture française. Urgent également de favoriser partout les circuits courts d’abattage, de transformation et de distribution, y compris l’émergence de coopératives.

Il est urgent enfin que l’agriculture française pèse de tout son poids (la France reste le 1er producteur européen) pour renégocier la PAC dans une optique radicalement différente visant au maintien à la terre des emplois respectueux des terroirs par le biais d’une réorientation des subventions vers les productions de qualité et non plus vers des produits destinés à alimenter les circuits de la « malbouffe ».

Cela fait des décennies que la Confédération paysanne plaide pour un modèle qualitatif qui permette d’échapper à la dictature des prix. Et cela fait des décennies que la voix de ses dirigeants est étouffée par celle des puissants dirigeants de la FNSEA, ces fossoyeurs productivistes très largement responsables de la crise paysanne actuelle et des drames qu’elle engendre ici et là. La voix du bon sens sera-t-elle entendue ? Eu égard aux intérêts industriels en jeu, rien n’est moins sûr...

 

Pour terminer sur des notes plus souriantes... 

En cette période de zoom médiatique sur un monde agricole en plein doute, impossible de passer sous silence le film La vache qui connait actuellement un grand succès populaire. Réalisée par le cinéaste Mohamed Hamidi, cette très jolie fable – plébiscitée au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez – montre le périple de Fatah, un modeste paysan (l’épatant Fatsah Bouyahmed), et sa vache Jacqueline entre un village algérien perdu au cœur du bled et le Salon de l’Agriculture de Paris où Fatah entend faire concourir sa belle « tarine » au Concours général. Incontestablement, la détente, la bonne humeur et une humanité de bon aloi sont au rendez-vous dans ce « feel good movie » comme diraient les Britanniques. Dans le climat de morosité ambiant, c’est toujours bon à prendre.

 

Enfin, pour rester sur une note optimiste, pourquoi ne pas aller visiter La ferme enchantée ? Une exploitation étonnante à bien des égards... (À chanter, pour ceux que cela tente, sur l’air de l’inoubliable Chanson sans calcium des Frères Jacques).

 

C’est une ferme enchantée / Dans un coin isolé / Au milieu des tourbières. / On dit qu’elle est exploitée / Par un curieux fermier / Époux d’une sorcière.

Leurs vaches donnent un lait bizarre, / On dirait du Ricard, / C’est extraordinaire ! / Même les petites brebis / Produisent du chablis / Quand c’est pas du sancerre !

Les canards sont très sympas / Car ils pondent du foie gras / Truffé tous les dimanches. / Dans l’étang on voit nager / De beaux saumons fumés / Prédécoupés en tranches.

Et puis il y a des dindons / Tous farcis de marrons / En prévision des fêtes, / Sans oublier les gorets / Qui marchent au beaujolais / Que produisent les biquettes.

Le fermier m’a invité / Dans sa ferme enchantée, / C’est vraiment formidable / De se griser le palais / En dégustant du lait, / Ça paraît incroyable !

Mais quel est ce bruit strident / Qui me perce le tympan ? / C’est mon réveil qui sonne. / Adieu mon beau Paradis, / Faut qu’ je sorte du lit, / Beau rêve, je t’abandonne.

 

Fergus

 

Précédents articles consacrés au monde rural :

Une cloche dans la tourmente (juillet 2014)

Aux sources du Tarn : noces d’or lozériennes (juin 2014)

1957 : jour de batteuse (septembre 2013)

Aubrac : du granit, des vaches, et une incomparable sérénité (août 2012)

Sous le regard des vautours : bienvenue sur le Causse Méjean (août 2012)

Pierrounet, rebouteux de l’Aubrac (avril 2010)

Le village englouti (décembre 2009)

1965 : un dimanche au village (novembre 2009)

Ah... la vache ! (août 2009)


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204 réactions à cet article    


  • Abou Antoun Abou Antoun 29 février 08:44

    Excellent article, Fergus ! Compliments, rien à ajouter. Habitant en zone rurale je ne puis que confirmer toutes vos affirmations et les approuver.


    • Fergus Fergus 29 février 09:13

      Bonjour, Abou Antoun

      Un grand merci pour ce soutien.

      Issu d’une famille de paysans, j’ai moi-même encore des cousins exploitants et je suis désolé de constater de quelle manière évolue ce métier, très largement phagocyté par la doxa FNSEA et mis en péril par la fuite en avant productiviste.

      Il est évident que le modèle de production français doit être réformé, et le plus tôt sera le mieux. En attendant que ce travail en profondeur puisse voir le jour, des lois sur la rémunération des producteurs doivent être mises en place. Mais elles ne doivent pas être un frein à la nécessaire réforme. Bref, un équilibre pas facile à trouver.


    • Abou Antoun Abou Antoun 29 février 09:47

      @Fergus
      mis en péril par la fuite en avant productiviste
      Dans une logique capitaliste et productiviste, c’est la fuite en avant. Les convertis (par les banques et les industriels de la chimie et des industries mécaniques) obligent les autres à suivre sous peine de mettre la clé sous la porte. Aujourd’hui le consommateur est (un peu) regardant sur la qualité et les labels, mais dans les années 50-60 on ne regardait que l’étiquette des prix.
      Pour les agriculteurs cela a été un piège tendu par les banques (crédit) et les industries. Ils se sont trouvés obligés de suivre et ensuite une fois pendus, obligés de produire toujours plus toujours plus vite pour faire face à leurs dettes.
      On ne peut ni les plaindre ni leur jeter la pierre, les agriculteurs sont des humains comme les autres soumis au mêmes peurs et aux mêmes sollicitations Ils ont été pris entre le marteau de l’appât du gain et l’enclume de la faillite.
      De toutes façons, la sédentarisation, l’agriculture et l’élevage, relativement récentes (10000 ans) signifiaient le début de l’esclavage des animaux et des hommes. On voit où on en est.


    • Fergus Fergus 29 février 10:05

      @ Abou Antoun

      A toutes ces utiles précisions, ajoutons le rôle ambigu des « SAFER », organismes dépendant du ministère, mais assez largement soumis au lobby FNSEA.

      Or, ce sont les SAFER qui décident quels jeunes agriculteurs peuvent s’installer ici ou là, et cela sur des critères pour le moins opaques. Le jeune qui a un projet innovant - par exemple en utilisant les techniques sans labour - de nature à ringardiser les méthodes industrielles n’a actuellement quasiment aucune chance de pouvoir s’installer.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 février 18:40

      @Fergus, vous dites :
      " L’agriculture française est victime d’un problème structurel majeur. Il est urgent qu’elle se réforme pour se recentrer sur ce que les paysans français savaient si bien faire (...) : des produits de qualité comme ceux qui sont exposés à la porte de Versailles« .
      Du blabla de propagande européenne. 


      Et à quoi cela peut-il servir de produire de la qualité, puisque Bruxelles défend avant tout la concurrence sans frontière avec de la malbouffe mondialisée ?  » Intermarché était d’accord pour acheter de la viande française plus cher, l’ Europe s’y ait opposée.

      L’ Europe considère que cet accord est discriminant vis à vis des pays tiers, c’est à dire les pays extérieurs à l’ UE. Elle défend « le libre marché mondial », « la libre concurrence » etc..., et pas du tout la qualité ! Non seulement nos agriculteurs sont en concurrence avec les moins disant, à l’intérieur de l’ UE, mais aussi, « avec les pays tiers » = le monde entier. La FNSEA a bon dos...

      Vos diatribes contre la FNSEA ne servent qu’à cacher le fait que l’ UE a ouvert les portes à la mondialisation, supprimé toutes les régulations, et que les agriculteurs français vont en crever.


      Mais peut-être que Mélenchon va tout changer ?? Il veut sortir des Traités européens et de l’ euro.
      Vous qui défendez une Europe fédérale, vous n’allez plus pouvoir voter pour lui, alors ?

    • Fergus Fergus 29 février 19:52

      Bonsoir, Fifi Brind_acier

      « Du blabla de propagande européenne. » 

      Ah bon ? Ecoutez donc Laurent Pinatel, le porte-paroles de la Confédération paysanne - pas particulièrement « européiste », comme vous dites -, et peut-être sortirez vous de vos diatribes et anathèmes constants contre l’UE pour analyser un peu plus objectivement les causes de la crise et la manière dont la PAC a été assez largement influencée par le puissant lobby FNSEA depuis des décennies. Et cela jusque dans la suppression des quotas ! 


    • Porcu Nustrale 29 février 20:38

      @Abou Antoun


      Oui, excellent article qui mélange avec un art bien maîtrisé le vrai et le faux, surtout le faux.

      Article purement et exclusivement idéologique construit sur l’effet miroir, du fergus quoi....

       Très bien réalisé en effet.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 février 20:49

      @Fergus
      La FNSEA fait partie du lobby européen COPA COGEPA, pro agriculture industrielle. Plus les lobbies de l’industrie chimique, du matériel agricole, de la grande distribution etc Ce sont ces lobbies qui dictent les lois de la Commission européenne, qui seule a droit législatif.


      Il n’y a aucun moyen par votre bulletin de vote, ni d’interdire les milliers de lobbies qui font la loi à Bruxelles, ni de voter contre les Commissaires européens, car ils ne sont pas élus !

      La Confédération paysanne, pas plus que vous, ou les citoyens, n’ont aucun moyen de changer quoi que ce soit à ce système.
      Vous vendez du vent.

    • Fergus Fergus 1er mars 09:21

      @ Fifi Brind_acier

      « Il n’y a aucun moyen par votre bulletin de vote, ni d’interdire les milliers de lobbies qui font la loi à Bruxelles, ni de voter contre les Commissaires européens, car ils ne sont pas élus ! »

      Bien sûr que si ! La commission est le bras armé du Conseil européen. Sa composition est proposée par les Chefs d’Etat et de gouvernement, et validée par le parlement. Si la coloration politique majoritaire est appelée à changer en Europe, la Commission changera également de ligne politique. Cela se nomme un processus démocratique.

      Je vous fais humblement remarquer que, comme la Commission, le gouvernement français n’est pas non plus composé d’élus !


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er mars 12:13

      @Fergus
      Quand la majorité des Chefs d’ Etats votent contre les OGM, la Commission européenne les impose quand même  ! C’est comme le 49-3 en France !
      C’est une dictature, ce que vous ne voulez pas voir, tellement vous l’aimez votre Europe !


    • Fergus Fergus 1er mars 13:19

      @ Fifi Brind_acier

      « C’est une dictature »

      Ridicule ! Comme l’explique très bien Libération, il y a eu là manque de majorité qualifiée pour s’opposer à cette mesure. Cela, ajouté au rôle subalterne du parlement relativement au Conseil européen a abouti à laisser la décision à la Commission, comme le prévoient les textes en vigueur.

      C’est tout à fait regrettable, en effet, mais cela ne justifie pas un jugement péremptoire comme le vôtre.

      Il n’en est pas moins vrai qu’il faut faire évoluer les institutions vers un renforcement du pouvoir du parlement relativement à la Commission. Nombre de personnalités européennes en sont conscientes et œuvrent dans ce sens.


    • Abou Antoun Abou Antoun 1er mars 22:58

      @Porcu Nustrale
      Oui, excellent article qui mélange avec un art bien maîtrisé le vrai et le faux, surtout le faux.
      Eh bien dites nous ce qui est faux et argumentez !
      Il existe de nombreux points où je ne suis pas d’accord avec Fergus, mais sur cette question je pense qu’il est très juste.


    • aimable 2 mars 17:07

      @Fergus
      sur ouest France une vidéo titrée , si Le Foll avait raison, un journaliste explique qu’en France c’ est la f n s e a qui nomme le ministre de l’ agriculture et ceci quelque soit la couleur politique du gouvernement , intéressant n’est ce pas !


    • Fergus Fergus 2 mars 17:23

      Bonjour, aimable

      Intéressant, en effet, mais pas réellement surprenant : si la FNSEA ne nomme pas stricto sensu le ministre, il ne fait aucun doute qu’elle est consultée en coulisse en amont de toute nomination tant le lobby agricole est puissant, et surtout craint des exécutifs, quelle qu’en soit la couleur politique.


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 29 février 08:44

      Bonjour Fergus.


      Cet état des lieux est, hélas, la réalité, et les perspectives ne sont pas roses dans le secteur.

      Bravo pour l’image du « supplétif de l’agro-alimentaire » qui représente bien l’évolution entre les monde paysan et celui des techniciens agronomes.

      • Fergus Fergus 29 février 09:21

        Bonjour, M de Sourcessure

        Merci pour votre commentaire.

        En ce qui concerne l’image que j’ai utilisée, il en est une autre dont j’ai déjà fait usage en commentant d’autres articles à propos des éleveurs. Trop d’entre eux sont effet devenus, à mon point de vue, « des kapos de l’élevage concentrationnaire ».

        Une image certes dure, mais qui reflète bien la réalité de nombreux exploitants dont le moral est miné par la prise de conscience de cette déchéance de fait relativement à ceux qui les ont précédés.

        A cet égard, il en est un - éleveur de poulets en batterie dans le Finistère - dont j’ai vu la descente aux enfers et perçu la honte qu’il ressentait par rapport à ses parents paysans dont il était arrivé à se féliciter qu’ils aient disparu prématurément pour ne pas voir ce désastre humain.


      • Shawford OR ANGE SKINK 29 février 08:54

        @Fergie

        On dirait du Na Boom par certain égards, mais je m’égare ce n’est ni votre genre, ni votre inclinaison, ni votre talent propre d’entendre les ultra sons qui parcourent l’agora, dommage.

        Pour le reste l’article est bon, très terre à terre, vive les bazadaises !  smiley


        • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 29 février 08:59

          @OR ANGE SKINK

          « inclination ! » : 
          • Disposition naturelle, qui porte quelqu’un vers quelque chose, vers un genre d’activité, d’occupation, etc. : Avoir une inclination pour la musique.

          pas « inclinaison » !

        • Shawford OR ANGE SKINK 29 février 09:04

          @La source me susurre

          Tout à fait, très justement corrigé et orienté, merci. Et puis vous entendez donc les ultra sons, vanderful, puisque vous ne venez me donner la répartie si opportunément et à propos (l’ai-je bien dite cette fois-ci smiley )


        • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 29 février 09:06

          @OR ANGE SKINK

          ça roule :.))

        • Fergus Fergus 29 février 09:27

          Bonjour, OR ANGE SKINK

          Merci, et vive les bazadaises, en effet. Il y en a de très jolies, non seulement dans cette belle ville girondine peu connue des touristes, mais également aux alentours. Les premières en jupes courtes l’été venu, les secondes revêtues de leur robe grise en toutes saisons. smiley


        • Auxi 29 février 17:00

          @OR ANGE SKINK


          et à propos
          puisque vous ne venez me donner

          l’ai-je bien dite cette fois-ci
          Non. L’à-propos prend un trait d’union. Et le point d’interrogation à la fin d’une question, c’est pour les chiens ?

        • Shawford OR ANGE SKINK 29 février 17:16

          @Auxi

          D’énormes progrès à faire en vegemite galactique Auxi, apparemment ! smiley

          Pour le compte il n’y avait aucune interrogation de ma part, et une histoire de contre proposition négative qui nous concerne à tous les deux avec de Source sure, et qui vous aura a priori échappé, et dans laquelle la syntaxe approximative de mon clavier fourchant a de toute façon vocation :

          1- à attirer les cochons corses ou pas corses comme autant de mouches importunes, mal comprenantes et toujours mal intentionnées,
          2- à pouvoir vous demander à mon tour, qu’est ce que vous foutez là ?
          Si vous avez une bonne raison autre que celle de faire votre censeur(e), je suis tout ouïe, au surplus si vous ne comprenez pas ou ne voulez pas chercher à comprendre le vegemite (toujours à ma sauce à moi comme j’ai envie de l’entendre), et bien bye bye, on se passera de vous sans souci smiley


        • Auxi 29 février 17:53

          @OR ANGE SKINK
          vegemite galactique


           ???

          • rocla+ rocla+ 1er mars 09:30

             


            Monsieur  Auxi  dit des  conneries, sans le savoir .


            Monsieur Auxi  :



             Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis des conneries 
             sans que j’en susse rien , et je vous suis le plus obligé du 
            monde de m’avoir appris cela. ».

            Le bourgeois gentilhomme    , Monsieur Auxi  parlant  comme 
            Monsieur Jourdain fait de la prose . 



          • moi29 moi29 29 février 09:15

            Ce que vous ne verrez pas au salon parce que c’est abject :



            Ce qu’on ne vous dira pas au salon tout en vous demandant d’être solidaire de la profession :


            • Abou Antoun Abou Antoun 29 février 09:34

              @moi29
              Merci pour ces liens.
              Pour les porcs, on atteint le summum de l’horreur. Mais concernant la torture des animaux il y avait déjà dans les années 70 des documentaires sur l’élevage des poulets en Amérique.
              Depuis c’est la norme, y compris en Europe et en France.
              La mauvaise foi de Dominique Langlois est confondante. En outre il a le teint rubicond des gars qui ne crachent pas sur la bouteille.


            • Fergus Fergus 29 février 09:40

              Bonjour, moi29

              Merci pour ces liens édifiants.

              Je ne connaissais pas ces immondes cages à porcs, encore plus abominables que les pires enclos individuels. Ajoutons à cela la castration et le coupage des queues à vif, ou le meulage des dents des porcelets, et le tableau sera complet.

              A noter que depuis la norme européenne de 2013, les conditions d’élevage des porcs auraient dû être sensiblement améliorées, mais la majorité des élevages français industriels restent non conformes. Et la diminution drastique du nombre des contrôleurs par le pouvoir sarkozyste n’a rien arrangé à cette scandaleuse situation.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 février 19:15

              @Fergus
              Ce sont les lobbies industriels qui grenouillent à Bruxelles qui dictent leurs lois : 
              - La Commission européenne va proposer de renouveler l’autorisation du glyphosate.


              - L’UE veut assouplir les règles du bio. Donc plus de pesticides et d’engrais dans le bio.

              - C’est encore l’ UE qui a autorisé les brevet sur les semences naturelles etc

              La FNSEA n’existe qu’en France, les directives européennes s’appliquent à tous les pays de l’ UE. Et si un pays refuse de transcrire une directive, il doit payer des pénalités de plusieurs millions d’euros.
              Comme c’est déjà arrivé à la France : 10 millions d’euros d’amende !

            • foufouille foufouille 29 février 10:27

              « Certes, la majorité de ces « vrais paysans » ne prétend pas à s’enrichir et ne touche rien des 9,5 milliards d’euros de subventions européennes »
              pour chaque crédit comme les autres. exonérations de charges ou pire « bénévolat » comme pour les AMAP.
              une expo payante est comme un zoo, tu viens pour voir des animaux, pas des cadavres.
              c’est comme les expos de poules de races : l’éleveur espère vendre.
              je me souviens d’un zoo horrible celui de l’auxois avec des animaux vivants dans la crasse et sans nourriture.


              • Fergus Fergus 29 février 11:44

                Bonjour, foufouille

                « une expo payante est comme un zoo, tu viens pour voir des animaux »

                En effet, et comme je l’ai écrit, alimenter tes fantasmes sur l’agriculture et l’élevage.

                Pour ce qui est des AMAP, il y a une véritable difficulté de fidélisation, eu égard à la nature de la formule qui implique pour les clients une consommation orientée, d’où un turn-over de cette clientèle. Ce n’est pas le cas dans les structures de vente coopérative, mieux armées pour concurrencer la grande distribution lorsqu’elles ont fait clairement le choix de la qualité.

                Je ne connais pas les conditions fiscales dont bénéficient les AMAP. Peut-être pourrais-tu apporter des précisions...


              • foufouille foufouille 29 février 12:44

                @Fergus
                le A est pour association. le plus gros problème est que les paniers sont plus orientés famille ou couple végétarien donc trop gros pour pas mal de gens.
                celles qui ne sont pas trop cher et n’abusent pas de la demande de coup de main n’ont pas de problèmes. certains légumes qui ne vont pas plaire peuvent être un frein.
                vu la plupart des prix au kilo, ce n’est pas pour tout le monde.


              • pemile pemile 29 février 13:04

                @foufouille « certains légumes qui ne vont pas plaire peuvent être un frein. »

                Aujourd’hui, pas mal d’asso de paysans utilisent des sites web pour assurer une vente directe de type « drive » permettant de commander les produits et de les retirer soit directement dans la ferme la plus proche de chez soi, soit par livraison sur le lieu de travail.

                Ces assos de producteurs proposent une grande variété de produits, viande boeuf, porc, poulet, lapin, mouton, chèvre, fruits, légumes, oeuf, pain ,farine, fromages, charcuteries, miel, jus de pomme, cidre, bières, etc.


              • foufouille foufouille 29 février 14:58

                @pemile
                la livraison reste rare et vu les prix les clients sont peu nombreux.


              • pemile pemile 29 février 17:33

                @foufouille « vu les prix les clients sont peu nombreux. »

                Non, en vente directe, à produit équivalent, les prix sont les mêmes qu’en supermarché.


              • foufouille foufouille 29 février 19:27

                @pemile
                non, c’est très rare sauf pour le haut de gamme du super. la plupart ne font même pas de caissette avec un peu de tout sauf en grosse quantité.
                ils ont des sites internets ......


              • Etbendidon 29 février 10:37

                Ben moi je suis allé au stand des canards coin, coin, coin, coin

                 

                Y avait à la queue leu leu

                Le canard ça boume, boum, boum , boum

                Puis les canards cabanou et grunichou, mon dieu qu’ils étaient chou

                Et le canard indigné chalou qui faisait cocococo

                Et tout à la queue, le canard fergusoin qui faisait tsoin tsoin dans le foin

                 

                Et on a tous chanté :

                 

                C’est la danse des canards

                Qui en sortant de la mare

                Se secouent le bas des reins

                Et font coin-coin

                Faites comme les petits canards

                Et pour que tout l’monde se marre

                Remuez le popotin

                En f’sant coin-coin



                • rocla+ rocla+ 29 février 10:52

                  @Etbendidon


                  Pareil  , je suis allé au stand des communistes en phase germinale , 
                  il y avait Robert Gil avec son livre de chevet « les patrons c ’est des salauds  » 
                  Sampiéro qui trépignait  en hurlant   « les dividendes les dividendes  » 
                  je suis pas resté très longtemps , ça criait trop fort ... smiley
                  j’ ai  caressé l’ occiput de quelques ânes alentour   ...

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