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Pour une alternative aux idéologies marxistes/gauchistes

Pendant longtemps, l’idéologie marxiste a dominé la réflexion dans les universités française. Dans les années d’après guerre, elle était qualifiée « d’horizon indépassable de notre culture » par le philosophe Jean-Paul SartreAu cours des années 1970-80, le philosophe communiste Louis Althusser était considéré comme une espèce de Gourou à la Sorbonne ou Normal Sup par les étudiants qui se pressaient à ses conférences. A cette époque, la grande question de la gauche, communistes et socialistes confondus, était de savoir jusqu'où il fallait pousser le programme des nationalisations dans le « Programme Commun de gouvernement » pour « rompre avec le capitalisme » selon la phraséologie de l’époque utilisée par Jean-Pierre Chevènement comme les penseurs du PS. Bien de l’eau a passé sous les ponts, les anciens gauchistes ont fait carrière et prônent souvent aujourd’hui le libéralisme et les socialistes n'osent plus parler de "changer la vie" avec un gouvernement de gauche même si le slogan creux « Le changement, c’est maintenant ! » a été utilisé lors de la présidentielle de 2012. Ceci dit, même si les crimes du communisme ne sont pus masqués, si la Chine s’est convertie au capitalisme et le bloc soviétique s’est effondré, les erreurs et mensonges du marxisme ont été rarement systématiquement exposés, ce qui fait qu'il garde toujours une forte emprise sur la pensée de gauche, sur le syndicalisme et les universitaires en France. Aussi un effort de clarification idéologique est nécessaire.

INTRODUCTION

UNITE DE LA PENSEE MARXISTE

L'œuvre de Marx est souvent perçue à juste titre comme un tout dont les conceptions sur la nature, l'homme, l'histoire et l'économie se renforcent les unes les autres. Cela explique en partie son attrait sur des millions de gens tout au long du 20ème siècle. Rappelons en passant la citation de Jean-Paul Sartre, "le marxisme est l'horizon indépassable de notre culture". Cette citation suffirait à discréditer son auteur si la France n'était un pays où selon la formule reprise par de nombreux "intellectuels", "il valait mieux avoir tort avec Sartre qu'avoir raison avec Aron", ce qui était sûrement vraie pour la carrière universitaire, médiatique ou littéraire de ces nombreux penseurs qui ont toujours su penser dans le sens du vent, des idées à la mode. Toutefois, cette déclaration de Sartre contient une part de vérité, le marxisme est l’horizon indépassable de la culture athée, c’est lui et non l’existentialisme athée cher à Jean-Paul Sartre qui a poussé jusqu’au bout de sa logique la conception athée du monde, de l’homme, de la société, de l’histoire et même de l’univers.

MARXISME ET SCIENCE

Le marxisme ne peut être compris uniquement avec la raison car il fait appel aux sentiments, aux frustrations, et aux espoirs de l'homme au moins autant qu'à son intellect. Pourtant les marxistes ont usé et abusé du mot "scientifique". Il ne faut pas voir en cela l'amour de la science mais la recherche du pouvoir et de l'autorité qu'elle donne à ceux qui parlent en son nom. Les débats entre marxistes de diverses tendances ont eu et ont un caractère passionnel très éloigné des congrès scientifiques, car l'enjeu de ces discussions n'est pas la découverte de la vérité mais la domination de l'adversaire.

Aucun prix Nobel de biologie ou de physique n'est prêt à déclarer que le matérialisme dialectique propose une vision scientifique de l'univers. Même le professeur Monod (ancien prix Nobel de biologie), malgré ses sympathies envers les communistes, gardait assez d'honnêteté intellectuelle pour rejeter la prétention du marxisme à s'élever au rang de science. Les errements après la deuxième guerre mondiale de la « biologie marxiste-léniniste » du soviétique Lissenko qui voulait montrer l’influence du milieu sur les gènes des végétaux, ont montré combien ces prétentions scientifiques étaient en fait vraiment opposées à un véritable esprit scientifique. Mais les marxistes prendront toujours le masque de la science pour dissimuler l'aspect dogmatique de leur matérialisme. Toutefois, dans un sens, le marxisme est une science : c'est une science de la prise du pouvoir et du contrôle des masses. Dans ce domaine, il laisse loin derrière lui toutes les formes de machiavélisme, parce qu'il dissimule son cynisme sous une idéologie messianique et sait donner bonne conscience à ses partisans. Ceux-ci, avant de tromper les foules, commencent par s'aveugler sur la véritable nature de leur idéologie.

PARALLELE AVEC LE NAZISME - LE MARXISME AU DELA DES CONDAMNATIONS MORALES

Le nazisme lui aussi a tenté de dissimuler son caractère destructeur sous une pseudo science (la biologie, l'anthropologie, l'histoire, revues par les théoriciens nazis) et sous un pseudo messianisme, le peuple des Seigneurs dont le règne durerait mille ans. Mais si le nazisme a reçu presque universellement une condamnation morale bien méritée, le marxisme y a largement échappé. Pourtant, des deux côtés, l'idéologie a porté les mêmes fruits -. les camps de travail russes ou chinois ont même fait sensiblement plus de victimes que ceux d'Hitler. Alors, pourquoi cette indulgence face au marxisme ? Probablement parce qu'il est bien plus enraciné dans notre culture que l'idéologie nazie. Nous avons peur de condamner le marxisme trop clairement car nous savons que cela nous amènerait à remettre en question une grande partie des racines antichrétiennes et athées de la culture moderne, aussi l'accusation d'anticommunisme a-t-elle longtemps gardée un pouvoir paralysant. Le marxisme est le dernier fruit d'une longue évolution dans la civilisation occidentale vers certaines formes de matérialisme dont on trouve les origines dans certains aspects de la Renaissance. Il nous est difficile de discerner dans cette culture qui nous imprègne les germes du totalitarisme.

UN PROBLEME CULTUREL

Une véritable critique du marxisme doit comprendre sa genèse, les liens qui l'unissent à divers courants humanistes ou matérialistes et apporter une contre-proposition à sa conception du monde et son système de valeur. En effet, comment peut-on s'opposer à lui si, sur bien des points, on partage sa façon de penser, si l'on fait preuve du même scepticisme face à toute morale et toute religion et si l'on considère que les rapports entre individus et nations, sont avant tout des rapports de force. Au moins les marxistes justifient leur « réalisme » au nom de la « libération » de l'homme et de l'espoir révolutionnaire, mais quel espoir, quelles valeurs apportons-nous nous-mêmes ?

BESOIN D'UNE NOUVELLE CRITIQUE ET D'UNE CONTRE-PROPOSITION

S'il est salutaire de dénoncer l'échec des communismes soviétique et chinois, cela ne suffira pas à éliminer la phraséologie marxiste qui affleure régulièrement dans les média, cela n'améliorera pas non plus l'atmosphère politique et sociale en France. Il faut aller plus loin dans la recherche d'une contre-proposition aux principaux thèmes du marxisme et c'est ce à quoi ce texte cherche à contribuer.

MATERIALISME DIALECTIQUE - CONCEPTION DE L'HOMME

Au cœur de chaque idéologie ou religion, il y a une certaine conception de l'homme, de sa relation avec Dieu (s'il y a lieu) et avec la nature. C'est sans doute la réponse apportée à la question : "qu'est-ce que l'homme ?" qui nous permet le mieux d'évaluer un système de pensée.

Derrière toute la phraséologie humaniste utilisée par les communistes, il y a donc une certaine idée de l'homme bien qu'elle ne soit pas mise en valeur car, en général, les gens ne poussent pas jusqu'au bout leurs questions et préfèrent ne pas considérer les implications métaphysiques de leur engagement.

Pourtant, cette vision de l'homme constitue le noyau du marxisme et permet de le situer par rapport au christianisme et à l'humanisme. Elle nous permet de saisir ce qu'il y a d'abusif et de contradictoire dans l'utilisation que font les communistes des mots de " libération " ou de " démocratisation ".

Pour les communistes, l'homme est un être matériel au même titre que les animaux, mais il se distingue d'eux par son haut développement. La matière, selon le matérialisme dialectique, possède un dynamisme inhérent qui lui permet, à partir de composés inorganiques, de former des êtres vivants unicellulaires comme l'amibe. Ces êtres inférieurs ont évolué jusqu'à l'homo sapiens en passant par de nombreux stades. Pour un idéaliste, l'homme n'est pas un animal évolué, mais un être doué de raison, un être éthique qui possède des droits humains et une dignité due à une personnalité unique. Pour le matérialisme communiste, ce ne sont ni la raison, ni les droits, ni le caractère qui distinguent fondamentalement l'homme de l'animal, mais le travail social.

THEORIE MARXISTE DE L'EVOLUTION

Marx comme Engels admiraient la théorie de l’évolution par la survie des mieux adaptés selon Darwin, théorie qui correspondaient bien à leur idéologie d’une lutte impitoyable pour le développement. Ainsi Marx demanda à Darwin d’écrire une préface à son œuvre principale « Le Capital », ce que Darwin refusa. D'après Engels, la faculté de raisonner et le caractère se sont développés chez l'homme dans une relation dialectique avec le travail et particulièrement le travail social. C'est par l'utilisation d'instruments que des singes ont évolué progressivement jusqu'à l'homme. Le travail a intensifié le besoin de communiquer, origine du langage, et permit le développement de la raison. " La production de matériaux nécessaires au travail (outils de travail) distingue l'homme de l'animal plutôt que la conscience ou la religion" (Engels). La coopération dans le travail a amené les hommes à développer des relations étroites et à former des sociétés. L'ordre et la religion devinrent nécessaires pour faciliter la vie sociale et pour permettre aux hommes au pouvoir de gouverner efficacement. La personnalité, les critères de valeurs, les principes moraux, les droits et la liberté ne sont pas liés à la nature humaine aussi on ne peut les considérer comme absolus ; ils résultent simplement de la vie en société.

Pour les matérialistes conséquents on ne peut dire que chaque homme a une valeur unique. Le caractère et les droits résultant du travail social, on ne peut les reconnaître que chez ceux qui participent à ce travail. Or, selon les communistes, ce n'est que dans une société communiste que le travail social sera garanti et que l'exploitation sera supprimée. Aussi, la plus haute forme de travail social est l'activité révolutionnaire. Par la pratique révolutionnaire, la conscience de l'individu en arrive à saisir clairement la réalité sociale et historique dans laquelle il vit. Il peut donc agir librement et devient véritablement un homme. On ne peut donc reconnaître véritablement des droits et une dignité humaine que chez les révolutionnaires et ceux qui les soutiennent. Par contre, selon cette théorie, ceux qui s'opposent à la révolution n'ont pas plus de valeur que les animaux, aussi peut-on les supprimer sans pitié.

Considérant l'homme de ce point de vue, Staline et Mao-Tsé-toung ont pu justifier le massacre de dizaines de millions de personnes. Même si le côté humaniste des discours communistes séduit beaucoup de gens, il n'y a rien dans la philosophie marxiste qui permette de fonder la dignité et les droits de l'homme si ce n'est sa participation au travail social et son utilité dans le processus révolutionnaire.

CRITIQUE DE LA CONCEPTION MARXISTE DE L'HOMME

a) Critique scientifique

La conception de l'homme selon Engels se fondait sur la théorie de l'évolution continue de Darwin. Or, cette théorie a été progressivement remplacée par celle de l'évolution discontinue par mutations brusques. Aussi, on ne peut dire si c'est l'utilisation d'instruments, le travail social et le développement du langage qui sont la cause de l'apparition de l'homme, ou si, au contraire, ce sont de profondes mutations physiques et psychiques qui ont permis le développement du travail social et du langage. Ainsi, l'hypothèse d'Engels qui fait du travail social le moyen de la transformation du singe en l'homme, n'est pas vérifiée et la science moderne, depuis la découverte du rôle des codes génétiques, ne rejette pas à priori l'action d'une volonté créatrice derrière le processus de l'évolution.

b) Critique d'un point de vue humaniste

La conception communiste de l'homme est incompatible avec le respect des droits de la personnalité ou de la liberté de l'homme. Cette conception ne peut permettre de fonder véritablement une éthique ou des principes moraux. En effet, d'après les communistes, les droits, la liberté ou les principes moraux ne sont pas transcendants ou liés à la nature humaine, mais ils ne font que refléter un rapport de force, un compromis entre la bourgeoisie et le prolétariat, aussi, leur respect doit être subordonné à la réalisation du socialisme. Par conséquent, partout où des groupes d'inspiration marxiste ont pris le pouvoir, ils ont supprimé toutes les libertés fondamentales, (liberté de la presse, d'association, d'opinions, etc.).

Souvent les marxistes prétendent être des humanistes. Découlant du mouvement des lumières (Diderot, D'Holbach, Rousseau) le marxisme a effectivement quelques liens historiques avec l'humanisme, mais on ne peut le qualifier d'humaniste au sens actuel du terme. En effet, l'humanisme a toujours reconnu la dignité de la personne humaine et ses droits. Aussi, Marx et Engels se sont définitivement coupés du courant des humanistes matérialistes, en particulier de leur contemporain Ludwig Feuerbach, en subordonnant le respect de la dignité et des droits de l'homme au processus révolutionnaire.

L'humanisme a donné à l'homme la liberté de conscience nécessaire à la poursuite de la vérité. Cependant comme en général à l’exception de notable de l’humanisme intégral de Jacques Maritain, les humanistes ne font pas dériver la dignité humaine d'une source plus élevée, mais font de l'homme un absolu, l'humanisme risque de se diriger vers le totalitarisme. Ainsi la révolution française d'origine humaniste contenait en germe aussi bien un élan vers la liberté que le régime de la terreur.

MATERIALISME HISTORIQUE

1) BASE ET SUPERSTRUCTURE

En tant que matérialiste athée, Marx croyait que la conscience humaine était un produit de la matière. Il voyait en la matière la cause première et la réalité fondamentale, les pensées, les émotions et la volonté n'étant que des reflets de cette réalité dans le cerveau. Cette croyance somme toute métaphysique est la base de l'analyse marxiste de la société.

Marx distinguait dans la société un fondement et une superstructure. D'après lui le fondement est constitué par le système économique ou plus précisément les rapports de production. Les institutions et conceptions politiques religieuses et juridiques, la vie artistique et la philosophie forment la superstructure qui se développe à partir de ces rapports de production.

Marx appela les rapports de production (équivalent social de la matière) "l'être social de l'homme", et les idéologies de la superstructure (équivalent social de l'esprit) "la conscience".

"Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être, mais au contraire, c'est leur être social qui détermine leur conscience" (Marx : préface de la Critique de l'économie politique).

La superstructure est censée se développer suivant le progrès des rapports de production. Les rapports de production sont remis en question par le progrès des forces de production, un tel conflit engendrant de nouveaux rapports de production. Les luttes dans les superstructures reflètent les luttes dans le fondement.

Les progrès dans la superstructure sont réalisés par des luttes qui ont leurs causes dans des conflits entre des intérêts économiques opposés.

" Une superstructure est le produit d'un fondement donné. Aussi elle ne dure pas plus longtemps et disparaît lorsque les conditions économiques changent" (Staline : Linguistique et Marxisme).

2) CONCEPTION DE L'ETRE ET LA CONSCIENCE

Marx développa son analyse matérialiste de la société en réaction contre la conception idéaliste suivant laquelle les idéaux et les institutions sont les facteurs décisifs du progrès social. Selon la philosophie idéaliste, les hommes établissent les institutions selon leurs opinions religieuses et morales. La vie économique se développe ensuite à l'intérieur de ces institutions.

Par exemple, si l'on a supprimé le servage féodal, c'est parce que les hommes ont pris conscience qu'ils sont fondamentalement égaux, et par conséquent, ils doivent avoir les mêmes droits.

Selon l’approche idéaliste l'esprit précède la matière. L'homme fait d'abord un projet puis le réalise par son action. De même pour le progrès social, tout d'abord de nouvelles idéologies apparaissent, puis les institutions sont transformées, entraînant une amélioration des conditions économiques.

Comme pour de nombreux autres problèmes philosophiques, Marx a développé sa théorie sur l'être et la conscience en prenant le contre-pied des idées admises de son temps. D'après lui, l'effondrement de la société féodale ne vient pas des théories sur l'égalité entre les hommes, mais des nouvelles conditions sociales apparues avec le développement des manufactures préindustrielles.

Les communistes ne pensent pas non plus que l'avènement des sociétés communistes est dû aux théories marxistes. Ce sont les conditions économiques et sociales du capitalisme qui provoquèrent le développement de la théorie communiste. Les théories communistes ne sont que le reflet idéologique des contradictions, des conflits et des luttes propres aux sociétés capitalistes.

"Est-il besoin d'une institution profonde pour comprendre que les idées et les conceptions de l'homme, en un mot sa conscience, change chaque fois que les conditions matérielles de son existence et ses relations sociales se transforment ?" (Marx et Engels Manifeste du parti communiste).

Les matérialistes sont donc convaincus que ce ne sont pas les changements idéologiques qui affectent les conditions matérielles, mais la transformation des conditions sociales qui provoque l'évolution des consciences. Aussi, pour transformer les hommes et en faire de "vrais communistes", il faut contrôler leur environnement social.

Contrairement aux idéalistes, les communistes considèrent que les idées et les valeurs sont transitoires et malléables. Elles apparaissent et disparaissent en relation avec leur fondement économique.

"Chaque base possède une superstructure économique qui lui correspond. Le système féodal a sa propre superstructure, c'est-à-dire ses propres vues politiques, légales et autres, ainsi que des institutions correspondantes. Il en est de même pour le capitalisme et le socialisme". (« Matérialisme dialectique et matérialisme historique » J Staline).

AFFIRMATIONS INJUSTIFIEES

Sur beaucoup de points, la théorie marxiste de la base et la superstructure est faite d'affirmations arbitraires sans support théorique. Par exemple, Marx considère les rapports sociaux comme l'équivalent social de la matière et prétend que les conditions matérielles déterminent la pensée.

Cherchant dans la société quelque chose qui corresponde à la matière, Marx opta pour les rapports sociaux. Cependant, les facteurs d'ordre humain et culturels, tels que la conscience de l'homme affectent profondément les rapports sociaux.

Alors, pourquoi Marx a-t-il choisi quelque chose qui comporte un aspect spirituel comme équivalent de la matière ? La réponse est simple : il y était obligé, car il n'aurait jamais pu convaincre personne que les éléments purement matériels de la société (biens économiques, investissements de production) dominent et contrôlent les idées et institutions. En assimilant les rapports sociaux à la matière il rendait son matérialisme plus vraisemblable. Mais cette analyse n'est pas fondée sur une recherche scientifique, c'est plutôt le résultat d'un choix arbitraire en faveur du matérialisme. Bref, Marx ne peut pas démontrer que les rapports sociaux correspondent à la matière. La thèse de Marx suppose que le fondement supporte la superstructure et de plus qu'il détermine le caractère de cette superstructure.

Le but poursuivi par Marx était de nier le rôle moteur de la conscience et de la volonté humaine dans l'évolution des sociétés. Aussi, il devait soutenir que les forces de production progressent indépendamment de la volonté humaine.

Ses affirmations et ses pseudo démonstrations partent du désir de justifier et défendre ses positions matérialistes plutôt que du désir de comprendre la société et l'histoire par une analyse scientifique.

Si les affirmations de Marx étaient soutenues par l'histoire, il n'y aurait rien à dire contre son parti pris matérialiste et l'aspect dogmatique de ses théories. Mais les faits historiques réfutent complètement la théorie marxiste de la base et la superstructure.

LA REFUTATION DE L'HISTOIRE

Si la vision marxiste de l'histoire était correcte, les institutions de chaque époque devraient disparaître avec le renversement du fondement économique de cette époque. Si les idéaux et les institutions se maintiennent après la disparition de leur fondement respectif, cela signifie qu'ils ont une valeur qui transcende leur propre époque.

Selon Marx, l'art grec et le droit romain doivent leur existence aux rapports sociaux des sociétés esclavagistes. Ils auraient dû disparaître avec la suppression de ces rapports sociaux. Pourtant, ils sont toujours appréciés et le droit moderne s'inspire largement du droit romain. De même, le christianisme existe depuis plus de mille neuf cents ans bien que les relations de production aient changé de nombreuses fois durant cette période. Le confucianisme et le bouddhisme ont une histoire encore plus longue. Ces religions ont offert et offrent toujours une forte résistance à la tentative des communistes de les extirper d'Union Soviétique et de Chine.

Depuis, de nombreuses révisions ont été apportées au marxisme pour expliquer que les superstructures se maintiennent après la disparition de leur fondement. Aujourd'hui, les marxistes prétendent que les vues d'un âge révolu sont parfois conservées si elles sont utiles à une époque ultérieure. Selon eux, si le droit romain fut conservé dans le droit bourgeois c'est parce qu'il avantageait la bourgeoisie.

Engels a admis que si les idéologies et institutions sont généralement produites par les conditions économiques, le type particulier de gouvernement ou de société existant dans un pays à une époque donnée ne peut s'expliquer par les seules conditions économiques de cette époque. Divers facteurs propres au pays considéré, tels que la personnalité des dirigeants, le caractère national ou l'histoire passée du pays influencent la formation de ce type de gouvernement.

Bien que Marx eût affirmé que les idées et les institutions progressent suivant une loi objective parallèlement aux relations de production, ses successeurs ont admis qu'il n'en était pas toujours ainsi. Cela revient à admettre des contradictions au coeur du marxisme.

Si la société bourgeoise a largement utilisé les concepts du droit romain c'est parce que sa conception du droit est semblable en bien des points à celle des Romains. Si l'art grec est apprécié dans toutes les sociétés, cela signifie que les hommes de tous temps ont une sensibilité artistique commune. Si l'on admet l'existence d'une telle sensibilité, on porte atteinte au matérialisme strict. Cela implique qu'il existe des valeurs spirituelles sans rapport avec les rapports de production.

Marx ne pouvait accepter l'existence de telles valeurs après avoir critiqué sévèrement Feuerbach qui défendait de telles idées. Aussi il fut amené à prendre une position contraire aux évidences de l'histoire à cause de son parti pris matérialiste.

La conception idéaliste de l'histoire a souvent tendance à sous-estimer le rôle des facteurs économiques dans le progrès social. Mais le marxisme fait une erreur bien plus grossière en faisant des conditions économiques le moteur de l'évolution sociale et en affirmant que les forces productives se développent indépendamment de la volonté humaine.

Il semble que Marx n'a jamais compris ce qui fait l'unité d'une culture derrière ses aspects techniques, économiques, sociaux ou moraux. Sa volonté de tout réduire à des conditions matérielles l'a amené à sous-estimer l'importance des facteurs spirituels.

Une évolution décisive allant à l’encontre de la théorie d’origine du marxisme, fut celle d’Antonio Gramsci, fondateur du Parti Communiste Italien, qui dans une longue œuvre écrite en prison sous le fascisme italien, expliqua le refus des masses dans les pays capitalistes de faire la révolution par le concept d’hégémonie culturelle exercé par la classe dominante, d’où l’idée qu’une révolution culturelle devait précéder la révolution sociale et économique.

Après guerre, l’école de Frankfurt popularisa cette idée en l’associant à la psychanalyse, prônant le concept de révolution sexuelle comme un préalable à la révolution. Les principaux représentants de cette école, Wilhelm Reich et Herbert Marcuse eurent une influence décisive sur les mouvements de révolte étudiants dans les années 60-70 aux Etats-Unis puis en Europe. Il est bon de noter que Marcuse, vu souvent comme un apôtre de la révolution sexuelle, mit en fait un bémol à cette idée, écrivant dans l’Homme Unidimensionnel que la sexualité débridée dans un système capitaliste pouvait être utilisée pour mieux asservir les masses.

En conclusion, malgré ces différentes évolutions, révisions et contradictions apportées à la théorie originale, les marxistes ne feront jamais une approche objective de l'histoire tant qu'ils n'auront pas abandonné la théorie de la base et la superstructure.

INTRODUCTION AUX LOIS DE L'HISTOIRE

Pour les marxistes, Marx a fondé une science nouvelle, la "science de l'histoire". C'est dans le matérialisme historique que les communistes fondent leurs espoirs en un monde meilleur, leur foi dans le "sens de l'histoire". Le marxisme apporte la conception matérialiste de l'histoire la plus cohérente. Aussi, une étude critique nous amène à nous poser de façon pressante ces questions que Marx s'était posées et avait cru résoudre : Y a-t-il des lois objectives dans l'histoire ? L'histoire a-t-elle un sens ? Quels sont les rôles respectifs des facteurs matériels et spirituels dans le développement de l'histoire ? La tentative de Marx se révélera être un échec à cause de son orientation idéologique, mais sa critique de l'immobilisme des théories idéalistes de son temps est souvent justifiée et on ne saurait sous-estimer sa recherche d'une vision transformatrice du monde.

LOIS DU DEVELOPPEMENT DE L'HISTOIRE

Le grand philosophe de l'histoire au 19ème siècle, G.F. Hegel a construit sa théorie de l'histoire sur sa conviction que le monde matériel était la manifestation de l'Esprit ou de la Raison. Aussi, appliquant la dialectique à l'histoire humaine, il énonça une série de lois d'inspiration idéaliste selon lesquelles l'histoire se dirigeait vers la réalisation d'un Etat idéal. Marx était profondément influencé par les théories d'Hegel, bien qu'il fût un matérialiste convaincu. Aussi chercha-t-il à remanier ces théories selon ses propres convictions ou selon ses termes « remettre sur ses pieds la dialectique hégélienne ». Pour Marx, le progrès devait avoir une cause matérielle, aussi fallait-il chercher la raison du développement de l'histoire dans l'aspect matériel que présentent les différentes sociétés. Marx pensait que les relations économiques constituaient le fondement d'une société, ce qui correspondait à sa conception matérialiste de l'homme. En effet, selon lui, les besoins essentiels de l'homme étaient d'ordre matériel et la société s'organisait à partir de la nécessité de satisfaire ces besoins. Pour Marx, l'aspect matériel objectif de la société comporte deux éléments : les forces productives (c'est-à-dire les outils et la main d'œuvre) et les rapports de production (c'est-à-dire les rapports entre hommes axés sur les activités de production et d'échange et sur les moyens de production). Marx proposa plusieurs lois concernant le rôle des forces productives et des rapports de production dans le développement de l'histoire :

1. Les forces productives progressent constamment.

2. Le progrès des forces productives et des rapports de production se fait indépendamment de la volonté de l'homme.

3. Le progrès des forces productives détermine le développement, des rapports de production.

4. Lorsque les forces productives atteignent un certain stade de développement, les rapports de production deviennent un obstacle au progrès des forces productives, et la révolution éclate.

Nous allons examiner de plus près ces « lois ».

1. Les forces productives progressent constamment.

L'étude de l'histoire montre que les forces productives se sont continuellement développées de l'usage d'outils en pierre jusqu'à la technologie actuelle. Les outils ont évolué ainsi que l'expérience et les connaissances de la main d’œuvre. Marx a repris la théorie de l'auto-développement des idées de Hegel, la remplaçant pas celle de l'auto-développement des forces productives. Or, selon le matérialisme dialectique, les choses progressent à cause de la contradiction à l'intérieur de chacune d'elles et du conflit entre elles. Le progrès et les forces productives, cause du développement des rapports de production, doit donc provenir d'une contradiction entre deux éléments contenus dans les forces productives.

Quels sont donc ces deux éléments contradictoires ? Les forces productives comprennent les outils de production et la force de travail. Ces deux éléments sont-ils contradictoires ? Si oui, lequel représente l'affirmation, lequel représente la négation ? Marx et ses partisans ne répondent pas clairement à ces questions. Certains passages de l’œuvre de Marx laissent supposer que la cause première du progrès des forces productives est le désir de l'homme d’avoir une vie plus heureuse, ce qui pourrait être accompli par une simplification du travail et une amélioration des outils de production. Mais pourquoi Marx n'a-t-il jamais affirmé cela clairement ? La raison en est que s'il avait énoncé ce fait sous forme de loi, cela aurait signifié qu'il reconnaissait l'existence d'une cause et d'un but déterminés (satisfaire le désir de l'homme) à l'origine du développement des forces productives. Cela l'aurait conduit à admettre que la matière (les forces productives) était contrôlée par l'esprit (le désir de l'homme). Il aurait ainsi contredit sa propre philosophie (le matérialisme dialectique) qui nie que le progrès ait un but et que l'esprit dirige la matière. La cause du développement des forces productives se trouve au centre de la conception matérialiste de l'histoire. Son caractère ambigu et non-dialectique rend fragile tout l'édifice du matérialisme historique.

2. Le progrès des forces productives se fait indépendamment de la volonté humaine.

Selon Marx, même si le développement des forces productives nécessite l'apport de la volonté humaine, il se fait indépendamment de cette dernière. En effet, la conscience de l'homme est déterminée par les conditions matérielles dans lesquelles il vit. Aussi, ce sont les conditions matérielles et non la volonté de l'homme qui déterminent le progrès des forces productives.

Pour soutenir cette idée, Marx dit que James Watt n'a jamais prévu que sa découverte de la machine à vapeur amènerait la révolution industrielle. Mais, en réalité, il a fallu toute une série d'inventions pour déclencher la révolution industrielle. Chacune était le fruit de la volonté d'un chercheur mettant à profit les découvertes antérieures. Derrière toutes ces inventions se manifeste le désir objectif de l'homme d'inventer, de connaître et de maîtriser la nature.

Trois facteurs sont nécessaires au développement des forces productives :

  • le désir d'inventer, le chercheur doit faire preuve de persévérance et de ténacité ;
  • l'expérience et la connaissance scientifique
  • des conditions matérielles et sociales adéquates.

L'invention est le résultat de la relation entre des facteurs spirituels (le désir d'inventer et la connaissance scientifique accumulée entre autres) et des facteurs matériels. Marx a affirmé qu'un seul de ces trois facteurs, les conditions matérielles et sociales, déterminait les deux autres. La raison de cette affirmation n'est pas scientifique mais idéologique. Si Marx avait reconnu que la volonté ou la connaissance était l'élément le plus fondamental, il aurait porté atteinte à ses convictions matérialistes.

3 Le progrès des forces productives détermine le développement des rapports de production.

Selon Marx, si les instruments et les techniques de production changent, les relations de production sont aussi affectées. Par exemple, quand les forces de production atteignirent le stade de l'agriculture et de l'artisanat, les relations de productions furent celles de la société féodale.- Lorsque ces forces atteignirent le stade de l'industrie mécanisée, les rapports de production de la société capitaliste apparurent. Mais si ces faits montrent qu'il y a une interaction entre le progrès des forces productives et le développement des rapports de production, on ne peut en déduire que l'un détermine l'autre.

Marx a soutenu cette idée pour rester fidèle à son matérialisme. Pourtant nous voyons que les sociétés communistes censées connaître les rapports de production les plus avancés se sont établies dans des pays où les forces productives étaient peu développées, tandis que le capitalisme s'épanouit dans les nations ayant les forces productives les plus développées. Ce fait, ainsi que bien d'autres récuse la théorie de Marx sur la relation entre les forces productives et les rapports de production.

4. Lorsque les forces productives atteignent un certain stade, les rapports de production deviennent un obstacle au progrès des forces productives et la Révolution éclate.

Cette "loi" convenait à merveille aux desseins révolutionnaires de Marx, car elle lui permettait de prédire que la société capitaliste deviendrait inévitablement un frein au progrès des forces productives et devrait être finalement renversée par la société socialiste. Mais, depuis l'époque de Marx, une meilleure compréhension de l'histoire ancienne et l'échec des prévisions marxistes concernant la société capitaliste ont sérieusement discrédité cette théorie.

Marx maintint que la société antique esclavagiste s'effondra lorsque les esclaves se révoltèrent, établissant ainsi la société féodale. Bien que cette interprétation corresponde au matérialisme historique, elle n'est pas vérifiée par les faits. La société antique n'était pas exclusivement une société esclavagiste. Elle comportait simultanément des communautés de type primitif, une classe commerçante importante et un système esclavagiste. La chute de la société antique était due à la corruption du gouvernement impérial, au déclin de la mythologie fondatrice de la civilisation gréco-romaine, causé en partie par le développement du christianisme et à l'invasion des peuples barbares venus du Nord. Il n'y a pas eu les révoltes massives d'esclaves auxquelles Marx attribue la chute de la civilisation antique. Cette "loi" du matérialisme historique s'applique encore moins facilement aux temps modernes où les sociétés communistes sont obligées d'importer en grande partie leur technologie des pays capitalistes.

Considérant les quatre lois du développement de l'histoire selon Marx, elles apparaissent clairement comme le résultat d'analyses simplificatrices grossières. Par exemple, s'il est vrai que de grandes découvertes scientifiques ou des innovations techniques ont des répercussions sociales, il est tout à fait abusif d'en déduire que les forces productives déterminent les rapports de production. Les forces productives de l'Allemagne nazie étaient aussi développées que celles de l'Angleterre ; pourtant, ces sociétés n'étaient pas comparables.

Le but ultime de ces différentes « lois » était de présenter la lutte des classes (fruit de la contradiction entre les forces productives et les rapports de production) comme un phénomène objectif, matériel, naturel. Ainsi la lutte des classes devient-elle le moteur de l'histoire, le seul moyen effectif d'améliorer les conditions sociales et de rétablir la justice

THEORIES ECONOMIQUES DU COMMUNISME

Louis Althusser, le grand penseur marxiste des années 60-70 avant le meurtre de sa femme et son envoi consécutif en hôpital psychiatrique, proclamait : « Il faut lire Le Capital ». Cette œuvre est en effet la source des grands thèmes de l'idéologie et de la phraséologie marxistes. Même devant la réfutation par les faits de toutes les prévisions économiques de Marx, des expressions telles que : " l'exploitation est inhérente au système capitaliste", "la baisse des salaires est la tendance inéluctable du capitalisme", "la recherche du profit est incompatible avec la justice sociale" gardent leur popularité dans certains milieux. Ces phrases dépeignent le capitalisme comme un monstre insensible méritant toutes les condamnations morales devenant ainsi le bouc émissaire de tous nos maux. Un tel vocabulaire, qui prend sa source dans les théories marxistes, trouve un large écho à droite comme à gauche.

Il n'est pas question de contester l'existence de différentes formes d'exploitation, mais Marx donne une explication erronée de ce problème. Il n'en saisit pas les véritables causes et les mesures qu'il a proposées se sont toujours révélées inefficaces. Une étude des contradictions contenues dans les théories économiques de Marx nous permettra de juger du bien-fondé des accusations que l'on porte en général contre le capitalisme.

THEORIE DE LA VALEUR-TRAVAIL

C'est sur cette théorie que reposent les propositions économiques communistes. Selon Marx, les marchandises ont une valeur double, la valeur d'usage et la valeur d’échange. La valeur d'usage est l'utilité d'une marchandise, la qualité qui lui permet de satisfaire les besoins de l'acheteur ; elle ne peut être évaluée quantitativement. Pourtant, pour être échangée, les marchandises doivent posséder une valeur commune évaluable quantitativement : la valeur d'échange.

Essence de la valeur

D'où vient cette valeur double ? Selon Marx, elle provient des deux aspects du travail investi pour produire ces marchandises : le "travail utile" et le "travail humain abstrait". Le travail utile diffère suivant l'objet fabriqué et les matériaux utilisés ; il produit la valeur d'usage. Comme on ne peut comparer les travaux utiles entre eux, on ne peut comparer les valeurs d'usage entre elles. Mais, dans la production de chaque marchandise intervient l'effort du cerveau et des muscles, élément commun à toutes les marchandises et, par conséquent, source de la valeur d'échange. Marx l’appellera "travail humain abstrait".

Détermination de la valeur

Selon Marx, la valeur d'une marchandise est déterminée par la quantité de travail nécessaire à sa production. Cette quantité peut se mesurer en nombre d'heures de travail. Il ne s'agit pas toutefois du temps de travail individuel d'un ouvrier (dépendant de son adresse), mais de la durée moyenne de travail "socialement nécessaire".

Relation entre prix et travail

1 Selon Marx le prix d'une marchandise est l'expression monétaire de sa valeur. Il correspond donc à la quantité de travail nécessaire à la production d'une marchandise. Pour expliquer la fluctuation des prix sur le marché, Marx dit : Bien que le prix d'une marchandise change selon l'offre et la demande, il fluctue autour d'un prix moyen appelé le "prix naturel" représentant la valeur réelle de la marchandise ou le nombre d'heures de travail qu'elle contient.

Travail simple et travail complexe

Une marchandise produite par une main d’œuvre qualifiée sera de plus haute qualité qu'une marchandise produite par une main d’œuvre normale dans le même temps. Confronté à cette question, Marx dit que "Le travail qualifié requiert une connaissance et une habileté plusieurs fois supérieures à celles exigées par le travail simple. Aussi pour une même durée, la quantité de travail est-elle autant de fois supérieure." Si deux objets ont le même prix, ils contiennent la même quantité de travail simple, même si les temps de production ne sont pas égaux. Le travail complexe se convertit ainsi en travail simple sur le marché.

CRITIQUE DE LA THEORIE DE LA VALEUR TRAVAIL

Les marchandises ne sont pas toutes des produits du travail.

Selon la théorie de la valeur-travail toutes les marchandises sont les produits du travail. Pourtant des produits tels que la terre, le pétrole, le charbon sont mis en circulation sur le marché même s'ils ne requièrent pas de travail. A cela les communistes répondent que ces produits ne deviennent des marchandises qu'après avoir été extraits et transportés sur les lieux du marché. Cette objection n'est pas valable car ces produits peuvent être échangés à l'endroit même où ils ont été trouvés. (ex : l'achat de terrains pétrolifères).

Le travail n'est pas l'essence de la valeur des marchandises.

Si comme nous venons de le voir,, on ne peut dire que seul le travail produit de la valeur, nous pouvons par contre reconnaître avec Marx, que "rien n'a de valeur sans être utile". Cela nous amène à conclure que l'essence de la valeur d'une marchandise est son utilité et non le travail qu'il contient.

Le prix n'est pas l'expression de la quantité de travail. La conception des prix dans la théorie de la valeur-travail est basée sur l'existence d'un prix naturel autour duquel les prix oscillent. Toutefois, le phénomène de la fluctuation des prix était peut-être vérifiable à l'époque de l'économie de "laissez-faire" au XIXème siècle, mais on observe aujourd'hui une hausse continuelle des prix due à de nombreux facteurs (inflation, augmentation des salaires, influence des grandes entreprises ... ) Devant ce fait, la conception marxiste des prix s'effondre : le prix d'une marchandise ne correspond pas au nombre d'heures de travail moyen nécessaire à la production de cette marchandise.

Conversion du travail complexe en travail simple

Dans la théorie de la valeur-travail, Marx dit que le prix d'un objet est déterminé par la quantité de travail investi durant sa production. Puis, paradoxalement, il affirme à propos de la conversion du travail complexe en travail simple, que la quantité de travail est déterminée par le prix au cours du processus d'échange. Il s'agit là d'un raisonnement circulaire sans valeur.

La théorie de la valeur-travail s'écroule face à de tels faits et tels arguments. On peut se demander pourquoi Marx la défend avec un tel entêtement. La raison en est que cette théorie est nécessaire pour établir la théorie de la plus-value, qui, en "dénonçant les mécanismes de l'exploitation", pourra justifier une révolution violente menée par le prolétariat. Les erreurs de Marx viennent de ce qu'il concentre son attention uniquement sur la production sans considérer les autres étapes du processus économique.

THEORIE DE LA PLUS-VALUE et CONTRE-PROPOSITION

Par cette théorie, Marx essaie de prouver que, dans les pays capitalistes, les ouvriers sont forcément exploités et que l'écroulement de l'économie capitaliste est inévitable.

Où se forme le profit ?

Pour Marx, le profit n'est pas produit au cours du processus de circulation (sur le marché). En effet, si deux personnes échangent des objets de même valeur, elles n'en retirent aucun profit. Si elles échangent des objets de valeur différentes, le gain de l'une correspondra à la perte de l'autre, et, globalement, il n'y aura pas de profit effectué.

D'où vient donc ce profit, source du développement capitaliste ? Il ne peut être formé qu'au cours de la production. Le profit est la source du gain réel, et est obtenu lorsque les marchandises sont vendues à un prix correspondant au travail qui y est investi.

Source du profit

Différents facteurs sont nécessaires à la production : les matières premières, les machines, les locaux et la main d’œuvre. Mais pour Marx, seule la main d’œuvre (force de travail) produit du profit. Les machines, en particulier, ne sont pas sources de gain, car si elles transmettent une certaine valeur aux objets fabriqués, cette valeur correspond à leur dépréciation quotidienne. Ainsi, la valeur totale transmise par la machine aux marchandises est exactement égale au prix d'achat de cette machine.

Travail nécessaire et surtravail

"La valeur de la force de travail est déterminée par la valeur des biens nécessaires à la vie requis pour produire, maintenir et faire durer la force de travail" (Marx - Salaires, prix et profits).

"La force de travail est une sorte de marchandise". Marx

Si la valeur des biens nécessaires à la vie (en d'autres termes, les salaires) représentent 6 heures de travail, les travailleurs n'ont pas besoin de travailler plus de 6 heures. Les heures de travail correspondant au salaire sont appelées "heures nécessaires". Mais si la valeur du produit du travail des salariés n'est pas supérieure aux salaires, les capitalistes ne peuvent faire aucun profit. Les capitalistes font donc travailler les ouvriers plus longtemps que la durée à laquelle correspondent leurs salaires. Ce travail supplémentaire est appelé " surtravail ". Le surtravail produit de la plus value, source du gain. Mais les capitalistes ne versent pas le prix correspondant au surtravail aux ouvriers.

travail nécessaire surtravail

(travail rémunéré) (travail non rémunéré)

valeur plus-value

salaires profit

Ce raisonnement tend à montrer que seule la destruction du système capitaliste peut libérer les travailleurs de l'exploitation, puisque le profit, fondement du capitalisme, provient du non-paiement du surtravail.

Plus-value absolue et plus-value relative

Pour faire un plus grand profit, les capitalistes doivent augmenter la plus-value. Ils doivent donc prolonger le temps du surtravail. Il y a deux façons de le faire : prolonger la durée quotidienne du travail ou diminuer le nombre d'heures nécessaires. Si on utilise la première méthode, la plus-value obtenue est appelée plus-value absolue. Dans le second cas, on l'appellera plus-value relative. A cause de la pression sociale les capitalistes sont obligés de diminuer le temps de travail. Par conséquent, pour maintenir et même augmenter la plus-value, les capitalistes doivent diminuer le temps de travail nécessaire en améliorant la productivité. Ainsi, le coût des marchandises diminue, entraînant une baisse du coût des biens nécessaires à la vie et une baisse des salaires. Selon Marx, " L'augmentation de la productivité du travail par l'introduction de machine entraîne une chute de la valeur de la force de travail et une augmentation conséquente de la plus-value". Le surtravail continue donc d'exister et l'exploitation ne cesse jamais.

CRITIQUE DE LA THEORIE DE LA PLUS VALUE

Les machines et la production de valeur

La théorie de la plus-value est fondée sur l'affirmation que le profit est produit durant le processus de production et qu'il est dû au seul travail des ouvriers.

Cela implique tout d'abord que les machines ne produisent pas de valeur. Aussi Marx avança que la valeur fournie par les machines aux marchandises est égale à la valeur perdue par la dépréciation quotidienne de ces machines, ce qui revient à dire que les machines ne font que transmettre de la valeur mais ne produisent pas.

Cela est faux car ce qui est en jeu dans la dépréciation d'une machine c'est sa valeur d'échange et non son fonctionnement. L'utilité d'une machine ne diminue pas en proportion directe avec la baisse de sa valeur d'échange et la valeur produite par son fonctionnement est bien plus grande que la valeur perdue du fait de sa dépréciation. Le but et la cause de l'invention d'une machine est la recherche d'un certain profit. Une machine n'est pas simplement une masse de métal, mais l'inventeur lui transmet un pouvoir technique créateur aussi peut-elle être une source de profit tout comme la force de travail. Cela est évident pour n'importe quel entrepreneur. Or la théorie de la plus-value s'effondre si l'on reconnaît que les machines produisent de la valeur et sont une source de profit au même titre que le travail des ouvriers.

Profit et coopération

Le profit a deux aspects : le profit potentiel et le profit réel. Le profit potentiel est la source du profit ou la valeur qui est créée au cours de la production tandis que le profit réel ou le gain est acquis au cours de l'échange. La source de profit comme le gain sont produits par la coopération de nombreux éléments au cours de la production et de l'échange. La réalisation d'un profit nécessite la coopération entre les travailleurs, les capitalistes, les ingénieurs, les employés, etc. Tous ainsi que les machines y contribuent, aussi il est faux de dire que le profit n'est dû qu'au travail des salariés. L'exploitation n'est pas due à l'existence du profit mais à sa distribution injuste. Elle n'est donc pas liée au système capitaliste comme le croyait Marx et la révolution en tant que destruction du système capitaliste n'est pas le moyen qui supprimera l'exploitation de l'homme par l'homme.

Temps de travail nécessaire et surtravail

Selon Marx, une augmentation de la productivité entraîne une baisse de la valeur des biens nécessaires à la vie, donc des salaires, et il en résulte une diminution du temps de travail nécessaire. Cependant, on a pu constater que la valeur totale des biens de première nécessité des travailleurs ne diminue pas en dépit de la baisse du coût de production. Le niveau de vie des travailleurs a augmenté proportionnellement à la croissance économique. Il n'y a donc pas de relation entre les salaires et le temps de travail nécessaire. Pour parler clairement, les concepts de temps de travail nécessaire et de temps de surtravail sont totalement fictifs. Ils sont les fruits de la volonté de Marx de fabriquer une idéologie capable de détruire le capitalisme.

LOIS ECONOMIQUES MARXISTES

1) Lois de la baisse tendancielle du taux de profit

Pour augmenter la productivité, les capitalistes, poussés par la concurrence, investissent constamment en achetant des machines toujours plus perfectionnées. Mais cela finira par nuire aux capitalistes eux mêmes. En effet, les machines sont un capital constant et ne peuvent produire de la valeur. Aussi, la croissance du capital constant conduit nécessairement à une chute du taux de profil. Marx explique cela au moyen de la formule du taux de profit :

s(profit)

C+V

Si s le taux de plus-value s/V est constant, le taux de profit diminue quand le capital constant C augmente.

2) Loi de la paupérisation

Pour augmenter leur profit, les capitalistes font baisser les salaires. D'autre part, l'utilisation de machines fait diminuer la demande en main d'œuvre, et le chômage augmente. Les travailleurs sont de plus en plus exploités et pauvres.

3) Loi de l'accumulation du capital

A cause de la concurrence, les capitalistes doivent acheter de coûteuses machines. Ainsi, ceux qui n'ont pas suffisamment de capitaux sont condamnés à disparaître. Le capital possédé par les petits et moyens producteurs est absorbé et monopolisé par les grands capitalistes. La société finit par être divisée en deux camps antagonistes. La classe prolétarienne s'unit et se renforce. Par la suite, le prolétariat renversera inévitablement le capitalisme.

CRITIQUE DE CES LOIS

1) Lois de la baisse tendancielle du taux de profit

Si cette loi était vraie, il n'y aurait plus de pays capitalistes depuis longtemps. Marx pensait que l'effondrement du capitalisme allait se produire très rapidement, aussi le développement de l'économie capitaliste montre la fausseté de cette loi. Les machines sont un capital variable, elles sont source d'un bien plus grand profit que le travail humain. C'est la raison pour laquelle les capitalistes et les entrepreneurs investissent davantage dans de nouvelles machines. La valeur produite par les machines augmente en proportion du capital investi dans ces machines. Il en résulte une augmentation du taux de profit.

La théorie marxiste selon laquelle le taux de profit diminue lorsque l'on investit plus de capital est donc erronée.

2) Loi de la paupérisation

L'histoire postérieure à Marx prouve pleinement que cette théorie est fausse. Les travailleurs sont non seulement des producteurs mais aussi des consommateurs. Par conséquent, lorsque les salaires augmentent, la demande des biens de consommation augmente également, et un accroissement de la production devient nécessaire. C'est ainsi que l'économie se développe. L'augmentation du profit et d'accumulation du capital sont possibles sans pour autant exploiter les travailleurs et en augmentant les salaires.

3) Loi de l'accumulation du capital

Il est vrai que, dans les pays capitalistes avancés, l'on a assisté à la formation de grandes entreprises multinationales, mais le capital n'a pas été concentré entre les mains de quelques grands capitalistes. Même les travailleurs achètent des actions et deviennent des "capitalistes" puisqu'ils reçoivent des dividendes. D'autre part, dans les pays occidentaux, au cours des dernières décennies, le nombre des entreprises moyennes a considérablement augmenté. Cette augmentation est due au développement du tertiaire, c'est-à-dire des services ou dans un pays comme l’Allemagne, au développement de nombreuses entreprises industrielles qui satisfont des niches technologiques avec du travail de haute qualité. Les entreprises moyennes spécialisées dans un service particulier se développent bien dans un système de production capitaliste avancé. On peut ainsi constater qu'avec le développement du capitalisme, le capital est dispersé, popularisé, plutôt que concentré et que le renouvellement des grandes fortunes est accéléré, ainsi aux USA, on estime que plus de la moitié des hommes les plus riches recensés par Fortune 500, ont développé leur fortune en se lançant dans la production et les services depuis moins de 25 ans. Tout ceci va à l'encontre des prévisions de Marx.


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116 réactions à cet article    


  • Etbendidon 5 avril 2016 18:30

    QUOI un article anti marxiste sur AGORAVOX ???
    je rêve !
    peut etre qu’à force de gueuler pour la pluralité sur ce site, le grand manitou m’a entendu ?
     smiley
    Bon je n’ai lu que la moitié (très bien écrite) je me réserve la seconde pour demain
    J’ai mis 5 étoiles pour contre carrer l’abruti marxiste qui vous a mis une étoile sans lire l’article
    RIEN que le titre a du déclencher chez lui une irrésistible envie d’aller ....
     smiley
    Attendez vous à une série de cacas nerveux pas ordinaires
    MERCI l’auteur
    petit bémol : article trop long (le marxisme est un suppositoire difficile à enfiler)
    je vais suivre ce fil de près
    A+


    • JL JL 5 avril 2016 18:44

      @Etbendidon
       

       
      Il fut un temps c’était presque quotidien il y en avait plein, les Lucilio et autres Le Parisien Libéral (tiens, il est encore là celui-là), mais les auteurs se sont tellement ridiculisés qu’ils ont renoncé. 
       
      Même leurs copains d’idéologie n’arrivaient pas à les lire, ce que vous confirmez ici !
       
       smiley
       
      Ps. Il existe plein de sites où vous pourriez trouver votre bonheur. Pourquoi vous faire du mal en restant ici ?
       
       RePS : voilà que vous me mettez dans le doute : c’est marxiste ou anti-marxiste ? Lol !

    • Etbendidon 5 avril 2016 19:28

      @JL
      salut JL j’vais finir par vous aimer vous savez
       smiley
      Parceque le militant indigné de seine et marne qui nous gratifie tpus les jours d’un YFO, YAKa il est pas ridicule ?
      Et le CCRF tacotac et cie (je change les noms because censure) ????
      Et le grand reporter TINTIN et toute la daube
      Risquent pas de partir, il n’y a qu’ici qu’ils peuvent publier (meme au canada n’en veulent pas !)
       smiley
      Par contre de belles plumes ont déserté comme LA PLUME A GRATTER Marc Leroy entre autres
      faut dire qu’il vous faisait de l’ombre par la qualité de son style
      et j’ai d’autres exemples dans ma musette,
      Mais bon quand on est de mauvaise foi, on est de mauvaise foi comme disait Brassens
       smiley
      Et pi j’vais vous fairre une confidence, la poulitique j’en ai RAB
      Ce que j’aime c’est la déconne
      Et ICI j’suis servi, il y a un sacré PANEL (et je m’inclus, pas begueule moi)
       smiley


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 6 avril 2016 07:57

      @Etbendidon

      « le militant indigné de seine et marne qui nous gratifie tpus les jours d’un YFO, YAKa il est pas ridicule ? »

      Il est marxiste ?

    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 09:56

      @Etbendidon
      En tout cas, bravo pour avoir lu la moitié de cet article ainsi qu’) tous ceux qui en ont fait autant. Moi, j’ai eu du mal à le terminer et n’avais plus d’inspiration pour la conclusion. Je crois qu’il faudrait un autre article plus pratique qui montre comment des expressions comme la recherche du profit qui est quelque chose d’éminemment naturel ont été salies et déformées par une idéologie pseudo-scientifique. Bon, il faut reconnaître à Marx la volonté d’avoir voulu changer la société mais comme l’a montré la présidentielle de 2012, il ne suffit pas de proclamer « le changement, c’est maintenant » pour améliorer une situation.


    • escoe 6 avril 2016 10:50

      @Bernard Mitjavile
      la recherche du profit qui est quelque chose d’éminemment naturel

      Prouvez le


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 12:54

      @escoe Chaque entrepreneur, et nous sommes tous d’une certaine façon des entrepreneurs qui nous lançons dans des entreprises de tous ordres, s’attend à ce que son entreprise soit couronnée de succès, il ne rêve pas d’un échec total au démarrage, et donc s’attend à une forme de reconnaissance sociale et économique, à la vente des produits qu’il fabrique et au développement de sa petite entreprise. Le profit est ce qui marque la reconnaissance économique, le succès de la vente de ses produits, qui lui indique que son idée correspond bien à un besoin donné, qui récompense sa créativité et ce qui permet le développement ultérieur de son projet. Les hommes ne sont pas des losers de naissance, ils s’investissent pour le succès de leurs entreprises, ce qui est éminemment naturel. 

      Vous me direz que l’on peut imaginer une société où un entrepreneur serait récompensé par des bonnes paroles, des encouragements mais au final, c’est bien l’achat de ses produits à une valeur qui satisfait l’entrepreneur, c’est à dire l’achat pas à perte mais avec une marge permettant le développement ultérieur, qui est le critère objectif de satisfaction. Bon, j’ai l’impression d’enfoncer des portes ouvertes pour vous dire que la recherche du profit n’est pas quelque chose de mauvais en soi sinon, allez expliquer aux agriculteurs, commerçants, restaurateurs, industriels, chauffeurs de taxis, entrepreneurs dans tous les domaines, que c’est très bien de ne pas faire de profit et de travailler à perte, vous verrez comme vous serez reçu.

    • JL JL 6 avril 2016 13:11

      @Bernard Mitjavile

       
      ’’ La recherche du profit qui est quelque chose d’éminemment naturel’’
       
      Permettez moi de vous répondre par ce § extrait de ma page auteur :
       
      Il faut arrêter cette machine mortifère qu’est la recherche forcenée du profit devenue le tyran de l’humanité. ’’Sérieusement, vous croyez vraiment que Peugeot produit des voitures, Michelin des pneumatiques et Aventis des médicaments ? Bien sûr que non ! Ils produisent des profits. » (Jean-Pierre Berlan). Aujourd’hui, toutes les entreprises en sont là, et la colossale puissance de certaines d’entre elles entraîne des surproductions qui sont dangereuses par nature et mortifères à fortes doses. Ces surproductions sont aujourd’hui le cancer de l’activité économique. 

    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 14:08

      @JL D’accord, si le profit devient l’obsession première et non une partie normale de la récompense, c’est un problème. On en revient à la phrase de Jésus, « on ne peut adorer Mamon ((le dieu de l’argent) et Dieu à la fois ». Jésus n’était pas contre l’argent en lui même, voir sa déclaration sur rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu à propos de l’impôt mais contre l’idolâtrie de l’argent ou du profit.


    • JL JL 6 avril 2016 16:09

      @Bernard Mitjavile,

       
      vous me dites dieu, je vous réponds éthique :
       
       « Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin de travailler, plus besoin d’entreprises, plus besoin du capitalisme – les bons sentiments suffiraient. Si l’économie était morale, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin ni d’Etat ni de vertu – le marché suffirait. Mais cela n’est pas…. C’est parce que l’économie (notamment capitaliste) n’est pas plus morale que la morale n’est lucrative – distinction des ordres – que nous avons besoin des deux. Et c’est parce qu’elles ne suffisent ni l’une ni l’autre que nous avons besoin, tous, de politique. » ( "Le Capitalisme est-il moral ?’’ André Comte-Sponville)

    • Javascript Javascript 6 avril 2016 16:18

      @Bernard Mitjavile

      Bonjour l’auteur,

      J’ai lu l’intégralité de votre texte et je dois reconnaître que c’est plutôt bien écrit bien que violemment partisan. Mais bon, c’est de bonne guerre, donc rien à redire sur la méthode (je parle en tant que communiste moi-même, mais rangez le fusil, je viens en paix).

      Par contre j’avais une question pour vous après avoir bouclé ma lecture : A quoi sert votre article ?

      A moins que je ne sois sorti ce matin d’un coma dont j’ai oublié jusqu’à l’origine je crois me souvenir que notre globe terrestre baigne aujourd’hui dans sa presque globalité dans le bonheur capitaliste et libéral. 
      Or votre titre parle de trouver des alternatives aux idéologies marxistes et gauchistes...... je vous demande donc : pourquoi faire ? Elles n’existent plus de toute façon, Le PS est de droite, la chine est capitaliste, l’URSS est morte il y a déjà 30 ans, Cuba va accueillir des boites américaines et la Corée de nord n’est pas Marxiste mais Stalinienne. 
      Je ne vois donc pas l’intérêt de chercher une alternative au marxisme, elle existe déjà et est dominante partout, c’est bien sûr le capitalisme. 
      Ou alors c’est pour le plaisir de tirer sur une ambulance mais vu la taille de votre texte ce serait vraiment du sadisme si c’était le cas.


      Tout ça pour vous dire que j’ai lu votre papier avec un étrange sentiment de retour au 20ème siècle, Je ne souscrit pas à votre analyse mais elle est logique pour un auteur de droite, c’est juste que............ je n’en vois pas l’utilité en 2016.

    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 17:16

      @Javascript Bonne question, à quoi cela sert-il ? A vrai dire, je ne sais pas clairement. Seulement, je crois que la recherche de la vérité est toujours utile (« La vérité vous rendra libre » a dit quelqu’un il y a 2000 ans). Je comprends tout à fait votre sentiment d’un retour au 20ème siècle dans lequel je suis né et ai vécu une bonne partie de ma vie. En fait, ce que j’aime avec la pensée marxiste, c’est que c’est une pensée qui va logiquement jusqu’au bout des conséquences de ses présupposés matérialistes. Le matérialisme de la culture actuelle, par exemple l’hédonisme des émissions de télé réalité m’intéresse moins car il n’incite pas à la réflexion ou à la discussion. Ceci dit, même si le communisme a échoué et appartient largement au passé, la pensée marxiste sous différentes formes dégradées est toujours présente dans notre culture.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 avril 2016 07:41

      @Bernard Mitjavile
      Le titre est trompeur « Alternative ». Où est l’alternative ?


    • baron 5 avril 2016 19:21

      Déjà, il faut féliciter l’auteur, parce que parvenir à démonter une pensé, qui a été analysé et approfondi par des centaines d’intellectuels de haut vol est un exploit ....

      Bref, même long ce texte est trop court pour ne serais ce qu’effleurer un début de compréhension et démontrer quoi ce soit.
      Il faurait aussi admettre que des spécialistes non Marxiste s’y sont cassé les dents.
      C’est un débat sans fin, seul l’histoire nous dira qui avait raison ou tort.
      Une chose est certaine, le capitalisme est en difficulté et l’observation met à mal les théories libérales capitalistes.
       Il n’est donc pas étonnant que certains prennent peurs en voyant leur monde s’effondrer et qu’ils aient encore plus peur de celui qui va naitre. 
      Le Marxiste lui est par définition patient, il n’a qu’à attendre que la pomme pourrit tombe d’elle même .... pour que ce mettent en place cette nouvelle société que certain nomme le communisme.
      Sans changement, nous aurons droit à un conflit majeur et pour la première fois dans l’histoire l’humanité à les moyens de s’autodétruire, ce qui ne laisse que peu d’alternative ....

      • tf1Groupie 5 avril 2016 20:40

        @baron
        « Le Marxiste lui est par définition patient » 

        C’est vrai que Cuba a attendu patiemment ... avant d’abandonner le communisme !  smiley  smiley  smiley

        Bon la Chine a été un peu moins patiente ; mais quand on s’est pris dans les dents les analyses du communisme par Mao, y a de quoi être impatient de sortir de cette merde.

        Je vous rassure : la Chine a quand même gardé la dictature, cet ingrédient essentiel qui fait la beauté du communisme.


      • rocla+ rocla+ 5 avril 2016 20:47

        @tf1Groupie


        Je sais pas ce que vous avez tout le temps après le communisme , 
        le communisme est uns des plus jolies religions du monde .

        Leurs curés sont très Fidel .


        Leur catéchisme aussi :

        Page 43 on peut lire  :

        ouvriers faites la grève , si vous ne savez pas pourquoi , c ’est pas grave , 
        du moment que  votre mouvement vient du fond du coeur  c ’est ce qui compte .

        Page 56  :

        Aimez vous les uns sur les autres sauf avec les salauds de patrons , 
        les patrons c ’est dégueulasse .

        Page 83 

        Adopte un âne , vous serez deux . 

        ETC...

      • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 avril 2016 10:17

        @rocla+
        J’apprécie votre humour et pense que c’est une bonne façon de faire passer des idées.


      • CN46400 CN46400 5 avril 2016 20:50

          C’est toujours plaisant de lire un long article sur Marx qui ne parle ni de la « lutte des classes » (moteur de l’histoire selon KM), ni de l’addiction au profit qui caractérise tout capitaliste (« élément mâle de la société » disait un ex pdg de Citroën). Il est d’ailleurs curieux de constater que toutes les critiques ici énoncées auraient, voici quelques siècles, pu être portées par un quelconque féodal contre le capitalisme. Ce qui, par l’absurde, valide toute les tentatives de dépassement du capitalisme passées comme futures.


          Mais le problème, avec Marx, c’est que quand on le critique sur des évènements plus récents de presque un siècle que lui-même, où sont impliqués des marxistes de la deux ou troisième génération. Par exemple, comment Marx aurait, après sa critique pointue des ateliers nationaux de Louis blanc, jugé l’accumulation primitive du capital tentée, et ratée, par Staline sur du travail forcé, dans un cadre strictement autarcique. Au passage, remarquons que le parallèle camps staliniens-camps nazi, qu’aucun critique anticommuniste ne peut relativiser est, ici, sans chiffres pourtant, encore présent. Comme si l’extorsion gratuite de plus value, but du Goulag, n’était pas suffisamment condamnable au yeux des scribes bourgeois, sans doute trop familier du vol de la force de travail, pour résister au trait d’égalité avec les camps d’extermination de Hitler ? Alors que nous savons tous, que si on pouvait faire plusieurs séjours dans les camps staliniens, la 1° sortie, et la dernière, des camps nazis passait toujours par une cheminée. Et qu’aucun démographe n’est parvenu à démontrer, sur la population soviétique, un effet mortifère comparable aux exterminations nazies de masse de certain peuples européens.

          Bien sûr, un bourgeois n’insistera jamais sur la récupération (Le vol.. disait Proudhon) par le propriétaire du capital mort du sur-travail qui distingue l’homme de l’animal incapable, lui, de produire plus que ce dont il a besoin pour vivre.
          
          Mais la bourgeoisie est complexée, c’est une « l’infime minorité » (KM), aussi tous ses moyens médiatiques sont convoqués pour nous vendre la dilution du capital dans le prolétariat (immense majorité" (KM). Fini les Bétancourt, mère et fille, les Tapie, Arnault, et consort ; quand elle parle aux prolos de AV la bourgeoisie ne connait plus ces gens là, non, nous sommes, alors, tous des capitalistes qui s’ignorent.
          
          Au fait, rendez-vous à la prochaine manif anti Khomri, la loi qui veut faire baisser encore le prix du travail pour le profit de qui ? Suivez mon regard !....
          

        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 10:07

          @CN46400
          Je comprends que mon article puisse être trouvé assez indigeste mais je parle de la lutte des classes, c’est même la conclusion en gras de la première partie : « Le but ultime de ces différentes « lois » était de présenter la lutte des classes (fruit de la contradiction entre les forces productives et les rapports de production) comme un phénomène objectif, matériel, naturel. Ainsi la lutte des classes devient-elle le moteur de l’histoire, le seul moyen effectif d’améliorer les conditions sociales et de rétablir la justice. »

          A mon avis, la lutte des classes est le concept fondamental du marxisme et tout le reste sert à le justifier. Il s’agit de préférer à la base la violence à la négociation et c’est ce que l’on voit tous les jours en France, qu’il s’agisse de la SNCF en grève ou des chauffeurs de taxis qui bloquent les accès à des villes (je ne prends pas partie sur le fond de chaque affaire). La violence est parfois nécessaire mais la justifier systématiquement conduit vers de gros problèmes.

        • CN46400 CN46400 6 avril 2016 10:42

          @Bernard Mitjavile


           OK je peux vous concéder que je me suis un peu avancé dans la rédaction de mon post, mais votre réaction soulève un autre problème, celui de la violence qui serait le corollaire obligé de la lutte des classe. En fait la lutte de la classe prolétarienne commence dès le jour de l’embauche, ou du débauchage, du prolétaire par le capitaliste polarisé par le sur-travail qu’il envisage de capter sur le nouvel embauché, ou bien qu’il abandonne quand il débauche. Le code du travail est là pour atténuer cette violence et humaniser quelque peu ces évènements (exact contraire de la démarche El Khomri). 

            En fait la lutte de classe n’est vraiment violente que lorsque l’existence sociale d’un des protagoniste, patron ou salarié, est en jeu. Donc assimiler grèves et manifestations publiques à de la violence sociale me parait un peu osé.

        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 14:26

          @CN46400 Il y a différentes formes de violence et je ne pense pas que l’on puisse s’opposer à toute forme de violence ou de réaction violente à la violence. Le problème avec l’idée de la lutte des classes, c’est quand Marx en fait « le moteur de l’histoire » (le Manifeste), c’est à dire d’abord qu’il ramène toutes sortes de conflits raciaux, nationaux ou autres à la lutte des classes, ce qui est faux, comme l’a montré entre mille autres exemples l’échec à la veille de 1914 des efforts de mobilisation des ouvriers contre les conflits entre nations européennes et qu’il a fait de cette dernière l’essence de toutes les luttes. C’est aussi lorsqu’il insiste sur l’idée que les intérêts des ouvriers et des patrons sont divergents par nature et non complémentaires. Dans des négociations, il y a des intérêts communs, d’autres divergents. Vouloir ramener les conflits sociaux aux conflits entre deux classes, l’une possédant les moyens de production, l’autre pas est à mon avis très réducteur. 


        • CN46400 CN46400 6 avril 2016 14:51

          @Bernard Mitjavile


          Le déclenchement de la guerre de 14 est un cas d’école pour les marxistes . Là où certain voient la cause dans l’assassinat de Sarajevo, les marxistes ont situé les responsabilités dans les bourgeoisies européennes, surtout allemande, française et anglaise avides d’étendre, ou de protéger leurs intérêts sur les divers empires coloniaux existants à l’époque. Finalement, quand on mesure l’étendue des dégâts humains de cette guerre on préfère que la cause soit bien plus large que l’assassinat d’un individu serait-il archiduc d’Autriche... Le marxisme c’est aussi le moyen de séparer le principal du secondaire ! 

        • Javascript Javascript 6 avril 2016 16:32

          @CN46400

          +1 comme on dit, et je me permet d’ajouter une citation au passage :


          « En dépit des apparences démocratiques en France, le peuple ne contrôle pas ses gouvernements. Un groupe étroit s’est emparé des conseils d’administration des grandes sociétés financières. Ces quelques hommes tiennent entre leurs mains les banques, les mines, les chemins de fer, les compagnies de navigation, bref, tout l’outillage économique de la France. Sans oublier la sidérurgie et les fabriques d’armes d’où ils tirent de croissants profits. Ils dominent le parlement et ont à leur solde la grande presse. La guerre ne leur fait pas peur, ils la considèrent même avec intérêt. (…) Nos banques ont gardé le souvenir des bénéfices énormes réalisés par elles en 1871. »

          Francis Delaisi, La guerre qui vient, 1911


        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 17:27

          @CN46400
          Tout à fait d’accord avec les marxistes qu’il faut chercher des causes plus large que l’attentat de Sarajevo. Mais le fait est que malgré les tentatives de diverses organisations communistes ou marxistes, les classes ouvrières des grands pays européens ont refusé d’entrer dans une logique de lutte des classes contre les capitalistes considérant, à tort ou à raison, que les intérêts nationaux prévalaient sur ceux de classe. D’autre part, comme vous le savez, c’est les milieux les plus réactionnaires allemands qui ont favorisé la Révolution en Russie par l’envoi de Lénine dans un wagon blindé et le soutien discret au coup d’état bolchevique. Tout cela ne cadre pas avec la vision marxiste de la lutte des classes comme aspect central de tous les conflits. Mais comme le disait Popper, le marxisme est une pseudo-science qui permet de tout expliquer après coup.


        • CN46400 CN46400 6 avril 2016 20:43

          @Bernard Mitjavile


          1- Les prolos de 1914 ne pouvaient pas mesurer les dégâts qui les attendaient sur les fronts de la guerre et puis Jaurés avait été assassiné précisément parcequ’il les mettait en garde.

          2-Lénine, exilé par le tsar, a négocié la traversée de l’Allemagne en wagon plombé (pas blindé). il est arrivé à St Peterbourg en avril 15, la révolution avait commencé, sans lui, en février. Je ne vois pas pourquoi il serait, moralement, interdit à un révolutionnaire de poursuivre son activité politique dans son pays en révolution....

        • CN46400 CN46400 6 avril 2016 20:47

          @Javascript


          Merci pour votre post, je ne connaissais ce Francis Delaisi !

        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 21:35

          @CN46400 Vous m’avez mal compris, je n’ai jamais dit qu’il serait interdit à un révolutionnaire de poursuivre son activité dans son pays ce qui serait plutôt ridicule. Je disais que les milieux réactionnaires allemands ont œuvré au déclenchement de la révolution en Russie. De leur point de vue, ils avaient raison car cela leur a permis de négocier avec les bolchevistes le traité de Brest-Litovsk avantageux pour l’Allemagne et désavantageux pour la Russie.

          Quant aux « prolos » comme vous dites, ils n’étaient pas les seuls à ne pas mesurer les dégâts à venir, personne ne les mesurait, si les gens avaient été vraiment conscients des dégâts à venir, ni la Russie, ni l’Allemagne, ni l’empire Austro-Hongrois, ni même la France ne se seraient lancés dans la guerre.

        • JC_Lavau JC_Lavau 6 avril 2016 22:31

          @CN46400. Le wagon n’était pas plombé. Pure légende.


        • CN46400 CN46400 7 avril 2016 08:00

          @Bernard Mitjavile


          Pour être bien sûr de ne rien comprendre aux révolution russes de 1917 il suffit de croire que Lénine, agent de l’Allemagne, en était le responsable et que le tsarisme était, comme celui de Louis 16 en 1789, à tous points de vue, un régime au dessus de toute critique.......

        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 avril 2016 08:58

          @CN46400
          Ce n’est pas ce que j’ai dit.


        • baron 5 avril 2016 20:57

          @tf1groupie


          Le principal problème pour les détracteurs c’est que le communisme n’a jamais été mis en oeuvre, pour la bonne et simple raison qu’il n’est pas le fait d’une décision, mais le résultat d’un processure.
          Ni Cuba, ni l’Urss n’ont pu être communiste, il ne le revendique d’ailleurs pas, il étaient socialiste.
          Le communisme est un monde sans état .....
          Voilà, pourquoi le Marxiste est patient, le communiste existera lorsque les économies et les états se seront effondrés.
          Il y a de plus en plus de monde de tout bord qui annonce l’effondrement du système actuel, il n’y a pas besoin d’être un grand prophète pour voir que ça ne durera plus très longtemps
           Reconnaissons à Marx d’avoir parfaitement décrit et expliqué la désintégration à venir du système capitaliste, il reste bien sur la possibilité d’un conflit et d’un monde à reconstruire pour relancer la machine.
          Il n’y a pas grand monde qui veuille se lancer dans cette aventure qui signera la fin toute ou parti de l’humanité sans espoir pour le capitalisme de repartir de zéro avec des ressources naturelles en grande partie déjà consommées.

          • tf1Groupie 5 avril 2016 21:56

            @baron

            Vous prêchez.

            Prétendre que Marx a parfaitement décrit quelque chose qui ne s’est pas produit et ne se produira peut-être jamais montre à quel point vous êtes dans la foi.

            Quant au discours de « dépannage » que nous sortent les irréductibles : « le communisme n’a jamais été mis en oeuvre ».
            Si il n’a jamais été mis en oeuvre comment le comparez-vous au capitalisme qui, parait-il, est en oeuvre depuis des siècles ?
            Comment peut-on parler avec autant d’aplomb de quelque chose qui n’a pas plus existé que les Licornes ?

            Et puis quand on voit les ravages qu’ont occasionné les « tentatives de mise en oeuvre », je n’ose imaginez l’horreur que serait un communisme « operationnel ».
            Rien qu’à essayer de le mettre en oeuvre c’est le cauchemar et la dictature.


          • berry 5 avril 2016 23:10

            @baron
            « Reconnaissons à Marx d’avoir parfaitement décrit et expliqué la désintégration à venir du système capitaliste »
            Au contraire, il s’est planté magistralement.
            Le PIB a du être multiplié par 20 ou 50 depuis son époque.
             
            « Le communiste existera lorsque les économies et les états se seront effondrés. »
            Alors il existait du temps de l’homme des cavernes ?
            Ca donne vachement envie !
             
            « Il y a de plus en plus de monde de tout bord qui annonce l’effondrement du système actuel, il n’y a pas besoin d’être un grand prophète pour voir que ça ne durera plus très longtemps »
            La vie ne s’est pas arrêtée en 1929, ni le capitalisme.
            La France a déjà connu plusieurs faillites dans son histoire, ça en fera une de plus, voilà tout.
             
            « le Marxiste est patient »
            Ah celle-là, elle est bonne !
            Il a intérêt à être patient, le marxiste, les lendemains qui chantent, il ne les verra jamais.
            Au bout de trois générations, les russes n’ont vu que la misère et l’oppression.
             
            Le Marxiste ne serait pas plutôt un peu con sur les bords ?


          • sls0 sls0 5 avril 2016 21:10

            Je ne suis pas sûr que Marx aurait été marxiste.

            Que le marxisme garde une forte emprise sur la pensée de gauche, sur le syndicalisme et les universitaires en France, c’est un endroit ou un âge où on est assez souvent idéaliste.
            Mon père était un idéaliste, résistant de la première heure, tout le toutim quoi, sans être marxiste, il en appréciait pas mal d’idées.
            Il était au courant des exactions du marxisme comme celles des religions et se doutait que les millions de morts au proche orient c’était plus pour faire plaisir à Wall Street que pour apporter la démocratie.

            Un action parfaite ne peut se faire que dans un monde parfait, hors il se trouve que l’on vit dans un monde imparfait, le plus correct possible ça doit pouvoir se faire.

            Le problème avec les extrêmes c’est qu’ils montrent le mauvais chez l’autre extrême sans regarder le mauvais chez eux. La voie du milieu serait de regarder ce qu’il y a de bien dans les deux extrêmes et d’en faire la synthèse.
            Il n’a rien d’incompatible entre ces biens venants de deux extrêmes.

            Dans ces deux extrêmes c’est des égoïsmes particuliers qui dévoient le système. Ceux qui se chamaillent au sujet d’idées c’est souvent pour le plus grand bénéfices de ces égoïstes.

            Bataillez vous les petits soldats des idées mais regardez qui vous défendez.
             


            • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 10:10

              @sls0
              La voie du milieu, c’est une position sage mais pas évidente à mettre en pratique. 

               

            • sarcastelle sarcastelle 5 avril 2016 21:19

              Je n’arrive plus à suivre l’auteur dans le dédale de sa pensée.

              La dernière fois, c’était croire en Dieu qui était scientifique. 
              Aujourd’hui c’est le marxisme qui n’est pas scientifique. 
              Oulala, c’est compliqué... smiley

              • Pere Plexe Pere Plexe 6 avril 2016 09:12

                @sarcastelle
                A moins qu’au contraire se soit simpliste...
                Détourner la science pour valider une croyance ou une pensé est une vieille tradition.
                Dans tous les camps, dans toutes les chapelles.


              • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 avril 2016 10:15

                @sarcastelle Vous simplifiez un peu. Ce que j’ai dit dans des articles précédents c’est que l’athéisme n’est pas une position plus scientifique que la croyance en un Dieu créateur, ce qui n’est pas contradictoire avec l’idée que le marxisme n’est pas scientifique malgré ses prétentions.

                Ce que je critique, c’est la prétention à être scientifique d’idéologie qui ne le sont pas. Karl Popper avait je crois dit la même chose sur la psychanalyse et le marxisme il y a plus d’un siècle.

              • Jo.Di Jo.Di 5 avril 2016 23:17


                « La théorie marxiste selon laquelle le taux de profit diminue lorsque l’on investit plus de capital est donc erronée. »
                Si, le taux de rentabilité en sous-développement est plus important qu’en pays développé, un étudiant de 1ère année d’économie sait ça. Les services « informatiques » cache l’énorme concentration du « capital existant », une centrale nucléaire juste pour le web en France ! Réseau électrique, de communication, industrie des métaux rares, de l’électronique etc ...
                Lyssenko n’est pas « marxiste » mais « staliniste », ce qui n’a rien à voir.
                Non, si Marx développe le matérialisme historique sur l’économie, c’est pour une raison « pratique », et de circonstances « historiques », utilisant le prolétariat comme classe révolutionnaire, par raison « matérialiste historique » justement, un hasard de son époque en fait.
                Mais il pose aussi le communiste comme « système » « ontologique », il affirme une utopie, dans le sens aristotélicien de construction de la Cité idéale
                Le propre du gauchisme est de gommer cette 2eme partie, pour ne voir que le Marx de « la taxation de la plus value »
                Marx nie les droits de l’homme comme les droits de la propriété inaliénable.
                Mais la chose la plus ignorée volontairement dans le marxisme est cette force de l’histoire, du subconscient des peuples.


                • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 6 avril 2016 08:02

                  @Jo.Di

                  « Le propre du gauchisme est de gommer cette 2eme partie, pour ne voir que le Marx de « la taxation de la plus value » »

                  Ah, ok !
                  Alors, c’est un article gauchiste ?

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