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Accueil du site > Actualités > Technologies > Le darwinisme quantique, idée savante ou signe de l’ignorance (...)

Le darwinisme quantique, idée savante ou signe de l’ignorance ?

Cette année, on fêtera les 80 ans de la mécanique quantique. Pourquoi 80 ans au fait ? Parce qu’on doit situer cette naissance en 1927, lors du fameux congrès Solvay en Belgique, lorsque Heisenberg, Bohr et ses acolytes eurent emporté l’interprétation contre leurs adversaires, Einstein en tête, déconcertés par les facéties du monde quantique. De quoi fut-il question ? D’épistémologie en fait. Que peut-on connaître d’une particule ? Celle-ci est potentiellement observable par un dispositif mais avant l’expérience, la particule n’est pas décrite classiquement, comme un état physique, mesuré avec des paramètres, mais comme un vecteur d’état. On dit aussi une superposition de fonctions d’onde. Cette représentation n’a aucune signification physique puisque c’est une addition de nombres complexes. Lors de l’expérience, les paramètres physiques sont obtenus en faisant agir des opérateurs mathématiques sur le vecteur d’état. Les valeurs propres de ces opérateurs, réelles, sont les valeurs des paramètres mesurables. Avant l’expérience, la particule est à l’image d’une roulette de casino qui tourne, après l’expérience, la particule correspond à la roulette arrêtée. Elle est dans l’état indiqué par la bille alors que le nombre inscrit sur la case correspond au paramètre observable mesuré. Ce qu’énonce l’interprétation de Bohr, c’est qu’on ne peut rien connaître de la particule quantique avant d’avoir effectuée la mesure. Autrement dit, tant que l’expérience n’a pas été réalisée, la particule est telle la bille sur la roulette en mouvement, se déplaçant sur les cases sans qu’on puisse rien savoir.

Le monde quantique est d’une étrangeté redoutable. Pratiquement tous les physiciens vous diront que le formalisme quantique est une boîte à outils infaillible, pratique au possible, très efficace et précise, facile à manipuler pour qui a reçu la formation adéquate et parfaitement adaptée pour réaliser des expériences et des calculs. Ils vous diront aussi que la signification du formalisme leur est complètement hermétique et que le Champollion des hiéroglyphes quantiques n’est pas encore né. Autrement dit, la physique quantique n’est intelligible, du point de vue du sens commun, que lorsqu’on expérimente. Tout est clair quand la bille prend place et que la roulette s’est arrêtée mais cette roulette, quand elle n’est pas observée, ne ressemble à rien de tangible. C’est d’ailleurs cette conjecture qui a servi de base pour que soit imaginé le chat de Schrödinger, à la fois mort et vivant. Avec mon allégorie du casino, c’est comme si le joueur de Schrödinger était à la fois riche de 36 millions d’euros ou bien ruiné. Tant que la roulette ne s’est pas arrêtée, on ne peut savoir quelle est sa fortune.

Cette situation étrange a suscité 80 ans de quêtes et des milliers de publications. Un livre ne suffirait pas pour raconter tout ce qu’ont pu imaginer les physiciens, et quelques philosophes, à propos des réalités quantiques, des particules, des théories quantiques des champs. S’agissant de la simple théorie quantique, on retiendra des tentatives dites réalistes, élaborées par de Broglie, Bohm et quelques autres, afin de redonner une signification physique à cette roulette quantique échappant à l’entendement. Ces tentatives ont pu donner un sens complémentaire au formalisme mais n’ont pas permis une percée expérimentale fulgurante et donc, les physiciens ont délaissé ces voies. Par ailleurs, ce schisme entre le monde des états superposés et le monde des particules observées persiste.

Dans le sillage de la conjecture du chat, une voie originale a été tentée. Il s’agit de la décohérence. Une question. Comment percevons-nous le monde classique, avec nos sens, étendu, observable, alors que le monde quantique échappe à cette représentation ? Une autre question en découle. Pourquoi est-il impossible d’observer des superpositions d’états quantiques ? L’hypothèse formulée par Zeh dans les années 1970, suivi par d’autres parmi lesquels Zureck et Omnès, serait que les superpositions quantiques disparaissent dès lors que le système quantique est inévitablement couplé avec l’environnement. Dite ainsi, cette proposition n’apporte pas grand-chose et ne fait qu’énoncer, avec des mots plus précis, le fait que le passage dans le monde observable est lié à la réduction de la fonction d’onde et donc, à la suppression des superpositions (la roulette s’arrête et la bille se place sur une case). Mais la physique ne se contente pas de dire, elle formule avec une rigueur mathématique les énoncés physiques. S’il est avéré que le système superposé se couple avec « l’environnement » alors, un processus réel est supposé et on peut l’expérimenter. Cela a été réalisé en 1997 par l’équipe de Serge Haroche. Brièvement, il s’agit de préparer un atome relativement stable dans une superposition de deux états, puis d’introduire une aiguille mésoscopique (la part environnementale) et de mesurer finement ce qui se passe. On peut voir alors la rupture de la superposition et mesurer le temps de décohérence d’autant plus court que l’aiguille est longue (on peut dire, que l’environnement est intense).

On en sait un peu plus sur la frontière entre notre monde et l’étrange univers des superpositions quantiques. Roland Omnès livre son point de vue. La décohérence est le seul processus physique qui a lieu lors de la mesure. Contrairement à ce qui a été longtemps cru, ce processus n’est pas lié à l’objet quantique mais à l’appareil de mesure (Omnès, Philosophie de la science contemporaine, p. 310, Folio). Pour ma part, j’interprète cela comme une description du monde physique comme champ d’expression. La décohérence, c’est le résultat des contraintes exercées par le champ d’expression vis-à-vis du champ quantique. D’un point de vue épistémologique, on peut y voir une réduction du schisme. Le monde quantique devient subordonné au champ d’expression, autrement dit, à l’environnement. Mais on peut ne pas se satisfaire de cette représentation accordant la primauté à l’environnement et continuer à questionner ce monde quantique en le réifiant comme un champ qui se tient derrière le champ d’expression (Dugué, L’Expressionnisme, chap. 7, L’Harmattan). Un champ du Procès, autrement dit, le royaume de la roulette de casino.

Tout autre est la démarche récemment exposée dans le New Scientist de juillet 2007 (traduit dans Courrier International du 23 août). Extraits :

-----------------

« Robin Blume-Kohout et son confrère Woljciech Zurek répondent qu’un univers objectif existe bel et bien, puisqu’un environnement extérieur est là pour en témoigner. Les deux chercheurs et leur équipe ont suggéré un mécanisme qui permet de supprimer l’intervention de l’observateur. Ils ont surnommé leur théorie le “darwinisme quantique” parce que, dans leur conception, l’environnement décide quelles sont les propriétés quantiques les plus aptes, celles qui, en dernier ressort, survivront pour être observées. Nous savons déjà que l’environnement affecte les particules quantiques comme pourrait en témoigner un physicien qui cherche à construire un ordinateur quantique. Ainsi, la chaleur ambiante peut très facilement perturber les fragiles états quantiques. “Au lieu de voir l’environnement comme quelque chose de négatif qui nous complique la tâche quand nous voulons mesurer des propriétés quantiques, nous nous sommes rendu compte que c’était précisément lui qui nous permettait de mesurer la réalité, explique Robin Blume-Kohout. Après tout, quand je veux mesurer les propriétés d’un ion, au labo, je ne tends pas la main pour le toucher. J’interagis avec le champ électromagnétique entre l’ion et moi, et c’est l’environnement qui me transmet l’information.” Dans la théorie du darwinisme quantique, un environnement donné rendra certaines propriétés quantiques plus stables que d’autres. Lorsque le système quantique interagit avec son environnement, de nombreuses copies de cet état stable, de cet état “plus apte”, sont créées partout dans cet environnement. “On peut concevoir l’environnement comme un témoin actif, comme un reporter qui ne se contente pas d’observer passivement mais qui choisit quelles informations il va rapporter”, précise le scientifique. Lorsque des hommes effectuent des mesures, ils interagissent plus vraisemblablement avec l’une de ces copies stables enregistrées plutôt que directement avec le véritable système quantique. Ce qui explique pourquoi de nombreux observateurs faisant des mesures chacun de leur côté obtiennent tous le même résultat. “C’est ainsi qu’une réalité objective émerge”, explique Robin Blume-Kohout. Pour mettre leur théorie à l’épreuve, Robin Blume-Kohout et Woljciech Zurek ont mis au point une simulation informatique d’un oscillateur quantique interagissant avec son environnement. »

« L’environnement s’est de fait comporté en arbitre de la réalité. Klaas Landsman, de l’université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas, aime beaucoup l’explication fournie par le darwinisme quantique. “La plupart des tentatives faites pour expliquer la réduction de la fonction d’onde relèvent de la philosophie ; celle-ci est une réponse très terre-à-terre qui repose sur des simulations et des calculs concrets, se félicite-t-il. Pour moi, c’est pour l’heure la réponse la plus satisfaisante.”  »

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Pour ma part, je reste radicalement insatisfait de ce darwinisme quantique qui me paraît être une manière d’évacuer le problème métaphysique. Comme le précise l’article au début, il s’agit d’une interprétation naturaliste accordant une primauté à l’environnement et ce, dans le sillage de la théorie darwinienne. La transposition de l’idée de sélection naturelle au monde physique me paraît illégitime mais n’est pas sans valeur heuristique pour qui veut aboutir à un syncrétisme épistémologique. En guise de conclusion, je ne vais pas ménager la science et voir dans le darwinisme quantique la rencontre de deux domaines composés de savoir et d’ignorance, celui du darwinisme, qui ne comprend rien à la vie, et celui d’une physique qui refuse d’entrer dans l’étrangeté méta-physique des réalités quantiques au profit d’une image terre-à-terre qui n’a rien de tangible d’un point de vue expérimental. Car il n’y a aucune expérience mais une simulation que d’aucuns, peu rigoureux, ont pris comme expérimentation. Par contre, la décohérence repose bien, quant à elle, sur de très habiles et astucieuses expérimentations, dignes de celles réalisées sur les inséparables photons par Alain Aspect en 1980. La physique reste encore un sujet d’étonnement et quelque part, elle est promise, comme la biologie ou l’anthropologie, à devenir le royaume des philosophes métaphysiciens qui auront le dernier mot sur ces questions ontologiques.


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43 réactions à cet article    


  • Gasty Gasty 6 septembre 2007 09:42

    « Le Chat » ???

    Y’a Dugué qui parle de nous mais j’ai pas bien compris ses valeurs quantiques. Quantiqué de croquettes ???


    • LE CHAT LE CHAT 6 septembre 2007 10:16

      @GASTY

      tous ces calculs c’est trop compliqué , y’avait un article là dessus dans courrier international et j’avoue que j’ai pas compris grand chose . je suis contre l’utilisation des chats pour l’expérimentation du darwinisme quantique en laboratoire ! les pauvres bêtes en deviennent traumatisées et finissent junkies ! smiley http://fr.news.yahoo.com/afp/20070901/tod-australie-animaux-chat-drogue-insoli-7f81b96_1.html


    • Marsupilami Marsupilami 6 septembre 2007 09:50

      @ Bernard

      Très bonne analyse. Le caractère ahurissant de ce « darwinisme quantique » ne t’a pas échappé. Faut vraiment être des Desperate epistemowifes au bord de la crise de nerfs scientiste pour imaginer des trucs pareils. A quand des Licornes de Schrödinger soit réelles, soit imaginaires capturées à l’aide de supercordes fantasmatiques ?


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 septembre 2007 10:13

        Je ne dirais pas ahurissant, l’idée est féconde, même si elle aboutit à une impasse. Une chose est sure, le monde est dédoublé


      • Marsupilami Marsupilami 6 septembre 2007 10:31

        Une idée féconde qui aboutit à une impasse, c’est franchement pas terrible. Je préfère voir dans ce monstrueux accouplement l’intuition balbutiante, et parasitée par les paradigmes scientistes, de ce dédoublement qui n’est probablement qu’un effet de nos dissociations analytiques incapables d’appréhender le réel autrement qu’en pièces détachées. Comme le note Aurélien ci-dessous, c’est assez ahurissant quand même de coupler l’extrême formalisme de la physique quantique avec le manque de formalisme du darwinisme. Est-ce l’effet d’un clin d’œil du réel qui nous signalerait qu’il est à la fois rationnel et irrationnel, continu et discontinu, formel et informel ? Mystère qu’on ne commencera à approcher que quand on quittera l’ornière épistémologique où s’est embourbée la physique mécaniste et matérialiste.


      • aurelien 6 septembre 2007 10:00

        Je resterai très prudent sur l’idée de la superposition des modèles quantiques à la biologie, d’autant que le darwinisme est loin d’être un formalisme lui-même.

        L’on ne parle d’ailleurs pas de quantisme mais de physique quantique.

        Attention donc aux mélanges de formes dans l’étude de la connaissance.

        Nous en sommes à un point où la biologie moderne est piégée par son réductionnisme mécaniciste et les directions de la recherche sont manipulées par des intérêts n’ayant que peu de rapport avec la science et la recherche fondamentale.

        Donc prudence sur ces questions, mais qui méritent d’être soulevées et approfondies.

        La biophysique est encore très peu entendue, débattue et vulgarisée dans l’espace public, alors de là à introduire les modèles les plus avancés de la physique quantique en biologie, il y a un gouffre.

        Que des mutations génétiques soient l’effet d’une fluctuation quantique au sein de la matière vivante est une question intéressante, masi les connaissances actuelles en la matière ne permettent pas de poser les fondements adéquats pour investiguer sur ces questions, d’autant plus au regard de la situation déplorable de la biologie fondamentale actuelle, complètement dévoyée par l’industrie et l’idéologie de l’économie de marché globale au niveau du vivant.


        • aurelien 6 septembre 2007 10:03

          Il n’ya pas assez de liens effectués entre le formalisme physico-chimique en biologie et le caractère quantique de la matière à l’heure actuelle.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 septembre 2007 10:15

          Vaste question épistémologique. Dans le cas du darwinisme quantique, c’est la biologie qui vient à l’aide de la MQ, comme l’indique l’article du NS.

          Ensuite, il y a l’apport de la MQ a la compréhension non mécaniste du vivant. Un sujet de recherche pour notre siècle, que j’aborderai peut être dans un prochain billet


        • yoda yoda 6 septembre 2007 10:23

          « Je resterai très prudent sur l’idée de la superposition des modèles quantiques à la biologie »

          Vous n’avez vu que le titre apparement... L’article parle de la superposition de modele de la biologie a la physique quantique et non l’inverse smiley


        • aurelien 6 septembre 2007 10:37

          Effectivement, je n’ai lu que le titre avant de réagir, je n’ai entamé la lecture qu’après mon premier commentaire.


        • Vincent Frédéric Stéphane 6 septembre 2007 10:01

          Bonjour et merci pour cet article. Connaissez vous la MCR de Mioara MUGUR-SCHACHTER ? Qu’en pensez-vous ?


          • Marsupilami Marsupilami 6 septembre 2007 10:15

            Un lien vers le site de Mioara MUGUR-SCHACHTER.

            Et en passant trois courtes citations :

            « si l’objet est irreprésentable, la physique est indicible. Pour éviter cette conclusion, il faut travailler à une modification de l’emploi de nos formes d’intuition, ce qui veut dire réfléchir au langage, à la genèse des concepts et à la manière dont sont fixées les frontières entre sujet et objet » (Werner Heisenberg).

            « J’ai l’impression que l’on doit avoir recours au refuge des analogies symboliques à un degré bien plus élevé que précédemment : ces derniers temps je me suis cassé la tête à essayer d’imaginer de telles analogies » (Werner Heisenberg).

            « Une tâche très importante et extraordinairement difficile de notre temps est de travailler à construire une nouvelle idée de réalité : l’idée de la réalité du symbole » (Wolfgang Pauli).

            Pas beaucoup de progression depuis...


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 septembre 2007 10:18

            C’est étrange, on m’a déjà posé la question.

            Je connais en effet la MCR, ayant pu lire le tiré à part de l’article de MMS paru en 1993. Pour l’instant, je n’ai pas un avis définitif et il faut dire que c’est loin d’être accessible, pour preuve, cette analyse que MMS a dû corriger

            http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/74/mms.htm


          • miteny 6 septembre 2007 10:28

            Vous oubliez Dieu malheureusement. A moins que vous ne croyiez pas en son existence ? Dans ce cas, vous allez pouvoir gagner 1000 Euros (si ça vous intéresse) en m’indiquant simplement l’erreur de ma démonstration : "Chaque personne constate que la douleur ne vient que de son corps. Donc chaque personne constate que la douleur ne vient pas de n’importe quel corps. Ainsi on peut en conclure que le fonctionnement du corps ne suffit pas à produire la douleur. Il faut donc postuler l’existence d’autre chose. Quelque chose qui n’est pas fabriquée par la matière."

            Personne n’a trouvé l’erreur encore... tout simplement parce qu’elle n’existe pas.


            • biztoback 6 septembre 2007 12:51

              Votre pensée est juste, mais je ne vois pas le rapport avec Dieu. Dévellopez un peu.


            • Gasty Gasty 6 septembre 2007 12:56

              @ nitendy

              En parlant de Dieu dans votre démonstration, je pense qu’il faut retirer toute connotation religieuse pour ne garder que l’instant unique, le temps zéro, le big Bang, le big bounce. Bref ce que l’on perçoit sans en savoir vraiment la signification finale.


            • ddacoudre ddacoudre 6 septembre 2007 19:07

              bonjour tu n’as pas été compris, poutant dieu est bien quantique même plus que cela car il est dans tous les endroits à la fois et à la foi. mais c’est quoi la matière ? Si l’on pouvait mettre un individu dans un accélérateur de particules au bout l’on aurait que des photos des traces de son passage, pour tant il serait toujours là avec sa douleur.

              cordialement.


            • stephanemot stephanemot 6 septembre 2007 11:35

              J’avoue avoir tiqué en voyant le titre de l’article. Pondre une théorie évoquant le darwinisme aux Etats-Unis dans le contexte actuel n’a rien d’innocent : la propagande créationniste fait rage, et on a probablement affaire à l’un ou l’autre de ces cas de figure :

              a) soit Wojciech Zurek et Robin Blume-Kohout sont des scientifiques sérieux et fatigués des attaques répétées des fondamentalistes contre la science en général et Darwin en particulier, et ils en profitent pour ajouter un nouvel hommage à ce dernier

              b) soit on a affaire à un nouvel écran de fumée des créationnistes , un nouveau leurre pour étendre artificiellement leur terrain de jeu à la physique quantique. Je faisais justement remarquer (cf lien vers article « En finir avec l’Intelligent Design » (1)) que le choix de Darwin comme cible prioritaire des fondamentalistes s’expliquait en partie au niveau marketing par l’exposition optimale : personne ne comprend rien à Einstein mais tout le monde comprend les grandes lignes des théories de l’évolution.

              Ce « Darwinisme quantique » m’a semblé pour le moins suspect : il est susceptible de servir de nouveau cheval de troie pour les créationnistes, qui une fois de plus jouent sur la confusion et les écrans de fumée.

              Je penche néanmoins a priori pour la première hypothèse, Robin Blume-Kohout passant visiblement pas mal de temps sur les fora à critiquer les impostures ID.

              Par ailleurs, New Scientist a également publié cet article dénonçant l’affligeante inculture des Américains et l’influence de la propagande fondamentaliste créationniste « Why doesn’t America believe in evolution ? » (http://www.newscientist.com/article.ns?id=dn9786 ).

              Cela n’empêche pas ce support de s’exposer parfois à des critiques du monde scientifique, et je suis tombé sur un article du Discovery Institute, le think tank fondamentaliste à la source de l’imposture de l’intelligent design, qui se félicitait de la publication d’un article de New Scientist évoquant les « travaux » du Biologic Institute, un laboratoire financé par... The Discovery Institute. Mais ces champions de la propagande sont experts dans ce type de techniques et il devient quasi impossible, même pour des supports sérieux, de filtrer le volume colossal de propagande déversé par ces fanatiques (cf polémique suite à une émission diffusée sur Arte).

              PS : pour revenir à l’article, ne mélangeons surtout pas les registres scientifiques et métaphysiques - c’est précisément la technique employée par les créationnistes pour diffuser leurs thèses fondamentalistes.

              (1) « En finir avec l’Intelligent Design » : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28677


              • ZEN ZEN 6 septembre 2007 12:41

                « ne mélangeons surtout pas les registres scientifiques et métaphysiques - c’est précisément la technique employée par les créationnistes pour diffuser leurs thèses fondamentalistes »

                Tout à fait d’accord avec Stéphane. Là-dessus, un retour à Kant, ardent promoteur de cette disctinction, est bien nécessaire.Il n’est nullement dépassé...


              • ZEN ZEN 6 septembre 2007 12:44

                .« La physique reste encore un sujet d’étonnement et quelque part, elle est promise, comme la biologie ou l’anthropologie, à devenir le royaume des philosophes métaphysiciens qui auront le dernier mot sur ces questions ontologiques. »

                Cette phrase est pour moi un non sens philosophique, désolé, Bernard...Il faut relire Kant et Wittgenstein...Tu connais déjà ma position là-dessus.Amicalement.


              • miteny 6 septembre 2007 11:40

                je vois que mon commentaire ne plaît pas. Comme s’il était plus intelligent de croire que nous descendons du proton !!

                Vraiment ce monde est fou. Parce que vous croyez vraiment être des scientifiques ? De toute façon la conclusion de cet article me donne raison : « ...le royaume des philosophes métaphysiciens qui auront le dernier mot sur ces questions ontologiques. »

                CQFD donc ?


                • jako jako 6 septembre 2007 18:15

                  ne soyez pas faché Mr -5 c’est pas grave surtout dans un sujet aussi polémique. Vous apportez un élément à la discussion c’est ce qui est important. smiley


                • Voltaire Voltaire 6 septembre 2007 13:05

                  Bigre ! Ce n’est pas le sujet le plus simple à aborder ! le problème est que les concepts qui sous-tendent la physique quantique n’ont pas de signification palpable ou logique pour notre cerveau. Celui-ci traite en effet l’information à partir des signaux envoyés par les différents sens. Or, parfois, ceux-ci ne reflêtent pas la réalité ; on arrive donc à un conflit entre données objectives et l’interprétation que notre cerveau doit en faire.

                  Comme l’auteur l’indique, les outils de la physique quantique permettent de parfaitement expliquer ou prédire l’état ou la transformation de la matière/énergie, mais ne sont pas « visualisables » par le cerveau, faute de repères. Ce sont donc des outils mathématiques, mais manque le décodeur pour effectuer la transition vers le monde physique (on peut mathématiquement imaginer un monde à n dimensions, ce n’est pas pour autant que l’on peut « visualiser » un monde en n dimensions quand n>4...).

                  Le « darwinisme » quantique me semble pourtant assez séduisant, d’un point de vue conceptuel, même si je comprend votre frustation métaphysique. Il permet en effet d’introduire un outil de transition, bien qu’encore imparfait et partiel, sur le passage quantique-réel.

                  Mais faut-il attendre d’outils scientifiques une aide métaphysique ?


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 septembre 2007 20:08

                    En effet, c’est le statut des réalités quantiques qu’on voudrait faire coller au monde du sens commun mais est-ce légitime ? Car quelle est l’origine de ce monde quantique, son essence ? Je ne le dirai pas ici.

                    Quant à la métaphysique, elle se sert de la science autant qu’elle servira la science.


                  • Taupine 6 septembre 2007 15:53

                    Le darwinisme quantique est une des rares théories scientifiques qui tente d’expliquer scientifiquement ( dans la mesure ou on réfute les positions de l’écoles de Copenhague) un des problèmes majeures de la mesure d’état quantique.

                    Il s’agit de la réduction du paquet d’onde, le fait qu’un état quantique isolé en état de superposition ( Le fameux chat mort vivant) passent en un instant très court dans un état de non superposition ( Au moment ou on ouvre la boite du chat ).

                    Le darwinisme quantique est une simple analogie à la théorie de l’évolution. Les membres de la population de départ ( Les états possibles du système quantique) évoluant (se réduisant) en fonction de l’environnement poru aboutir à une sélection ( Un seul état ).

                    Il ne s’agit ni de créationisme ni de intelligent design ici mais juste d’un nom donner pour illustrer une théorie ( Plus simple de comprendre darwin que les phénomèes de décohérence et de réduction du paquet d’onde) et peut être aussi un clin d’oeil à Darwin en ces temps troublé pour lui au USA.


                    • Halman Halman 6 septembre 2007 17:04

                      Je ne peux que diriger vers l’excellent article publié par Automatesintelligents.com sur le blog :

                      http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/

                      11 juillet 2007 Pourquoi les lois fondamentales de la physique paraissent-elles ajustées pour permettre la vie et la conscience ?


                      • mclerc 6 septembre 2007 18:03

                        Bon Gu !Ce que je dois être bête pour n’avoir rien compris à ce pathos. smiley


                        • ZEN ZEN 6 septembre 2007 19:21

                          @mlerc

                          Aucun complexe à avoir. Moi non plus je n’ai jamais rien compris à la mécanique quantique. Problème difficile s’il en est, comme le suggérait Voltaire plus haut, car échappant à toute intuition, ne pouvant être saisi que par des outils mathématiques très élaborés. Peu de scientifiques sont capables d’en donner une explication suffisamment claire..Quant au darwinisme appliqué à cette discipline, je me demande si l’auteur a compris...


                          • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 septembre 2007 20:11

                            L’auteur a d’autant plus compris qu’il livre une sorte de mini historique de la question, où un maillon essentiel est la décohérence, qui établit l’interaction entre le monde des superpositions d’état et le monde physique lié au sens et à l’étendue. Le darwinisme quantique n’est qu’une hypothèse supplémentaire ajoutée à la décohérence


                          • dan 6 septembre 2007 20:43

                            Je ne puis être d’accord avec la conclusion de l’auteur car comme l’a fait remarquer un internaute il faut sé parer la philosophie avec la science.Par contre je suis d’accord avec Taupine que darwinisme quantique n’est qu’une expression qui a peu de rapport avec la théorie de l’évolution mais juste un clin d’oeil à Darwin---------------En fait il met en rapport les formules mathématiques propres à l’objet quantique représenté par le paquet d’ondes avec l’espace physique environnant ce qui est proprement conforme au principe de non localisation de la particule quantique représenté par une onde qui occupe tout l’espace,et il n’y a rien d’étonnant à ce que cette onde soit soumise à l’influence directe de l’environnement physique,je dirais plus,ce « darwinisme »quantique est conforme au principe du déterminisme scientifique.Dans la théorie de l’évolution la sélection se fait au hazard des circonstances,dansle « darwinisme »quantique la manifestation physique est permise suivant les conditions physiques bien déterminées suivant donc des lois scientiques du déterminisme causal,il n’ y a pas de hazard.---------Donc cette théorie du « darwinisme » quantique si elle est vérifée montre qu’il n’y a rien de métaphysique ou de magique dans les phénomènes quantiques qui obéïssent bien au principe général du déterminisme scientifique,ce que l’on sait déjà puisque la méca quantique est une science exacte.L’indétermination probabiliste se trouve seulement dans ’appariel mathématique axiomatique de la théorie.


                            • dan 6 septembre 2007 21:31

                              Car il ne faut pas confondre la théorie scientifique et l’espace du réel,celle là n’est là que pour circonscrire le réel dans une formulation mathématique pour essayer le plus possible de se rapprocher des structures du réel,mais le réel transcende toujours la théorie scientifique.Toute théorie scientifique n’est qu’une approche du réel et il ya toujours un principe d’incertitude qui sépare la vérité absolue du réel et la véritée relative de la théorie,il y a un déterminisme absolue dans les phénomènes physiques du réel,et il y a un certain indéterminisme mesuré par la probalité dans les formules mathématiques essayant de décrire le phénomène.C’est pourquoi l’appareil mathématique axiomatique de la méca quantique contient des formules probabiliste.La confusion entre les deux domaines produit les divaguations et les extrapolations délirantes que nous connaissons pour cette théorie quantique.-------Cette confusion et ces divagations s’élabore plus précisément dans la confusion entre la particule physique classique et la particule quantique qui n’est qu’une pure abstraction représentée par une onde,l’onde associée de De Broglie,et une onde occupe tout l’espace contrairement à la particule physique classique qui est localisée dans une petite région de l’espace.La particule classique ne peut pas occuper plusieurs lieux à la fois alors qu’une particule quantique le peut et d’ailleurs elle occupe tous les lieux de l’espace étant une onde.Mais occuper tous les lieux de l’espace ne signifie pas qu’elle manifeste sa présence de la même manière partout,c’est dans les régions où d’après le calcul mathématique sa densité de probalité de présence est la plus forte que son existence se manifeste le plus.Or le calcul de probalité permet d’envisager plusieurs densités de probalités dans des régions différentes ce qui provoque la manifestation de la particule quantique dans plusieurs régions à la fois.Une onde peut êtr représenté par une courbe sinusoïdale,du moins sa densité de probabilité,chaque sommet de la courbe représente une manifestation localisée d’existence.


                              • Arnaud Villanova 6 septembre 2007 21:36

                                Bonsoir à tous, quelques remarques.

                                D’abord, merci à Bernard pour cette veille scientifique de qualité. Ensuite, quoi que l’on puisse penser de cette nouvelle théorie, elle a le mérite de proposer une idée sérieuse pour faire avancer un problème fondamental. Le simple fait d’y réfléchir et d’essayer vaut d’être salué.

                                Pour continuer, j’ai cru déceler chez certains d’entre vous, dont Voltaire, une confiance absolue en la mécanique quantique. Certes, rarement une théorie aura été aussi prédictive et elle n’a pour l’instant jamais été mise en défaut malgré parfois des prédictions très surprenantes, mais elle ne reste qu’une théorie, sujette à une éventuelle réfutation. Je rappelle que le doute est, avant la certitude, l’ami des hommes en général et celui du scientifique en particulier.

                                Enfin, je lis partout « il ne faut pas mélanger ceci et celà ». Je suis d’accord, on a vite fait de raconter n’importe quoi. Néanmoins, toutes les disciplines qui s’intéressent à la « réalité », pour peu que ce concept ait un sens et que ce dernier nous soit accessible, devraient, à un moment ou à un autre, converger et cesser d’être cloisonnées.

                                En tout cas, merci pour ces réflexions qui changent des articles sur le 11 septembre ou sur la dernière émission de TV.


                                • ddacoudre ddacoudre 6 septembre 2007 21:53

                                  Bonjour. Ce n’est pas courant de trouver ce genre d’article sur agora, j’ai lu qu’il avait suscité des réflexions intelligentes, j’espère y apporter ma contribution.

                                  En effet, l’homme en découvrant ses facultés s’est installé en maître du monde, illustre produit de grands nombres de Dieux. Ces mêmes facultés l’ont poussé et entraîné en levant les yeux à comprendre son monde, et décrypter en partie l’Univers qui l’entourait. Bien que Tous nous n’ayons pas encore admis que nous en étions une totale partie en tant qu’Être d’une espèce.

                                  Des hommes ont consacré leur temps à comprendre le fonctionnement de cet Univers, et ils nous ont laissé des traces de leur quête par un savoir se précisant sans relâche. De telle manière qu’aujourd’hui ces traces nous donnent les ou des clefs pour concevoir y appartenir. Ainsi nous avons mis en évidence que notre propre existence est régie par des « Règles », et nous ne pouvons plus les ignorer. Leur validité n’en demeure pas moins toujours conditionnée à la compréhension et aux définitions, que nous en avons donné dans la limite imposée par notre condition humaine. Condition humaine qui nous pousse à élaborer un monde que nous croyons maîtriser ; pourtant nous percevons assez exactement qu’il existe un infini objectif auquel nous n’avons pas accès ; du moins c’est comme cela que nous le formulons.

                                  Toutes les lois que les sciences définissent n’expliquent pas tout, mais ces lois aident à plus de compréhension, elles relèvent de notre regard et de notre technologie, mais ne sont pas indépendantes de notre activité culturelle véhiculant un grand nombre de valeurs mystiques et relatives, issue de nos représentations nées du conflit conventionnel permanent de l’inné et du culturel.

                                  Ces offrent un caractère de crédibilité de valeurs scientifiques réfutables, car elles sont traduites dans un langage mathématique universel. Langage qui s’offre aujourd’hui à la critique et qui donne lieu à des débats philosophiques.

                                  Je considère donc, que les « Forces ou énergies ou flux » qui composent l’Univers, combinent toutes choses. Toutes choses de ce que nous sommes, et que nous assemblons (et non pas créons qui laisse sous entendre que nous partons de rien), même si nous ne pouvons encore en définir certaines, et peut-être ne jamais accéder à l’indéfinissable.

                                  En conséquence, en observant les lois que nous connaissons de cet univers, il est plus aisé de comprendre ce que nous sommes et faisons. Cet effort intellectuel consiste à s’observer, comme étant ces forces, étant dans ces forces, et étant le produit de ces forces, et non soumis à ces forces. D’une autre manière, si nous considérons que l’univers est la circulation d’une information depuis son origine, nous sommes cette information dans l’information, et produisant de l’information, et non pas seulement soumis à l’information. La nuance est fondamentale car elle modifie l’image, la représentation que nous pouvons avoir de notre « monde cérébral » à partir du « monde sensible ». Parce que, au lieu d’y être soumis, qui peut être interprété comme une condition irréversible, nous serions sous condition de la connaissance de l’organisation de ces forces, de cette information. Nous serions un Être « conditionnel », conditionné à ce qu’il est capable d’en comprendre.

                                  Aujourd’hui nous ne pouvons pas sérieusement penser être tenu en dehors que l’existence de ces lois. (La longueur d’ondes de notre regard nous donne accès à un monde différant des ultras violet ou des rayons X. C’est en tenant compte arbitrairement de ces lois et en observant que certains de nos comportements s’y conforment, que je pense que nous sommes à la fois des êtres analyseurs et synthétiseurs (des décodeurs et des encodeurs), individualistes et collectivistes. Des Etres connaissant la difficulté d’accéder à la « synthèse finale », « à la compréhension finale », « aux raisons de cet univers » dont nous mesurons et cherchons les limites. Tout cela, comme les scientifiques livrent à la recherche d’une loi d’unification pour comprendre notre Univers.

                                  Il est donc une évidence pour moi de considérer la distinction que nous faisons entre le naturel et le culturel, comme purement conventionnelle, car cela résulte d’une sensation à considérer que nos innovations donnant lieu à des réalisations échapperaient à la « nature », à ses « forces », parce que nous réaliserions des produits qui supposent d’associer, d’assembler ou de combiner une quantité innombrable de connaissances de découvertes de savoir faire que nous nous transmettons.

                                  Purement conventionnelle, car il n’y a pas « décohérence » entre les deux car cette opposition ne donne pas une valeur nulle, même si nous n’avons pas défini une loi d’unification.

                                  Nous pouvons le comprendre par la capacité combinatoire de l’intelligence associative dont notre cerveau est doté. Et lorsque celui-ci reçoit les informations envoyées par les cellules de notre organisme qui ont enregistré une ou des perturbations de son environnement, notre structure cérébrale commande alors les comportements qui satisferont à cette ou ces perturbations.

                                  C’est ainsi que nous donnons corps à toutes choses matérielles ou abstraites par projection de la pensée symbolique, lorsque les événements favorisent leurs émergences en perturbant notre organisme. Dans ce prolongement ayant conscience de la limite de notre regard, et ayant également par des moyens techniques mis en évidence certaines lois, nous ne pouvons pas contester quelles ne soient pas issus d’autres chose que de la perturbation de notre organisme relayé par le cerveau.

                                  Y compris des perturbations liées à des événements environnementaux dont nous ignorons tout. Ce culturel que nous définissons, appartient donc entièrement au naturel, parce qu’il se trouve dans l’univers, et que celui-ci le constitue, et qu’il est bien le produit d’une structure inné qui favorise l’aptitude à l’adaptation. Nous faisons cette distinction parce que notre regard, par sa structure sa forme et sa nature, est limité, et donne au cerveau les images de notre monde sensible que celui-ci redistribuera à tout l’organisme. Partant de là nos concepts, induit par notre représentation du monde, considèrent comme naturel ce qui est en l’état matériel dans la nature, ou reconnu héréditairement transmissible, ou se manifestant par des régularités observables à notre échelle (la vie, la mort, la pensée, se nourrir etc....). Cela relève du fait que, pour exister nous sommes exemptés, dispensés de connaître, de comprendre et d’établir des repères. Des repères de liens de compréhension normalisateurs, régulateurs de l’émergence d’un Homme qui se dit Créateur.

                                  Pour exister nous n’avons pas besoin de comprendre notre monde sensible, c’est « l’état que nous qualifions à tort ou raison d’animalier ». Également peut-être cela relève-t-il aussi du fait d’une approche eschatologique de l’Homme créé, ou à notre ignorance due à nos difficultés à retrouver, ou à vouloir chercher le « réel » dans l’image que nous en construisons. Il faut être convaincu pour penser autrement que l’Univers permet toute chose que nous inventons. Telle la voiture qui ne nous paraît pas issue de l’univers parce que nous disons que nous la créons, et ce n’est pas parce que nous réalisons de tels assemblages qu’ils ne sont pas naturels, car tout événement est déterminé par ce qui l’a précédé.

                                  Alors il n’y a pas de décohérences entre Darwin et la mécanique quantique ni avec la biologie n’y avec rien de ce que nous pensons. C’est seulement notre insuffisance à comprendre le Tout qui nous oblige à sérier les événements et naturellement cette « sériélisation » aura sa propre influence sur nos analyses.

                                  Nous devons pour le comprendre, le décrypter, réunir et assembler les pièces détachées de « la connaissance et du savoir » que nous découvrons. Nous en prenons conscience au fur et à mesure en sélectionnant les pièces de ce puzzle qu’est la vie, même si la pièce théâtrale finale est jouée (la mort).

                                  Ce futur, nous le portons dans la capacité de modélisation du plus petit élément infinitésimal qui, associé à d’autres donnera la perception de l’image future. Même si nous savons que le futur n’est qu’une capacité de projection cérébrale, dont la réalité repose sur la perception du temps en fonction de la vitesse à laquelle nous pensons que tout se déplace, suivant trois flèches, celle thermodynamique (sens dans lequel l’entropie croît), psychologique (direction suivant laquelle nous sentons le temps passer), cosmologique (direction du sens dans lequel l’univers se dilate).

                                  Ceci implique que nous soyons au fait des innovations et s’ajustent, car nous le savons, la connaissance est aussi faite de méconnaissances d’où elle surgit. Et dans ce magasin là, celui de la méconnaissance dont nous n’avons aucune idée, si nous y accédions sans connaissance bornée, structurée nous sombrerions très certainement dans la folie faute d’avoir les capacités cérébrales suffisamment organisées pour y faire face. C’est pourtant cela qui attend les hommes de demain, car ils ne feront pas face au monde quantique et à la génétique avec l’enseignement seulement mercantiliste.

                                  Par analogie, notre monde ressemblerait à un puzzle en expansion où chaque pièce se renouvelle, se multiplie, varie de forme, de couleur, de place, et modèlerait une image sans cesse changeante.

                                  Un puzzle que nous n’avons aucune chance de lire dans son ensemble par notre seul regard, et même si nous nous situions dans une position hypothétique d’observateur, nous ne pourrions observer et comprendre que le passé, car le temps de décoder ce que nous observons, l’image que nous définissons n’existe plus.

                                  Si bien que l’étroitesse de notre regard ne nous permet d’exister que par défaut tout en étant partie intégrante du monde objectif. Monde objectif que nous devons percevoir par nos sens, et c’est cet apparent paradoxe qui a certainement donné naissance à la récurrente querelle des matérialistes et des spiritualistes qui n’étaient certainement pas des philosophes métaphysiciens.

                                  Je serais certainement décédé quand cela se produira si nous ne détruisons pas tout avant mais je crois qu’à l’instar de l’imprimerie qui a marqué une étape importante dans la diffusion du savoir et de l’information, la connaissance des sciences de la physique, par la mécanique quantique, va marquer une autre étape dans le développement sociétal de notre civilisation. Il nous faudra regarder beaucoup de nos relations, ou « requalifier » beaucoup de nos relations sous son auspice, inventer d’autres mots, alors que d’autres rejoindrons les dictionnaires des mots rares et précieux, en mémoire du passé.

                                  Cordialement.


                                  • Forest Ent Forest Ent 6 septembre 2007 22:29

                                    Voui. La mécanique quantique est une théorie aussi confirmée qu’on peut l’être, et tout aussi inexpliquée. Elle est en contradiction manifeste avec d’autres comme la relativité, et ne se conforme en aucun point au bon sens ou à l’intuition. Il y a encore bien des mystères qui nous dépassent ici bas. Ca fera du boulot pour les chercheurs de demain.


                                    • Barbathoustra Barbathoustra 7 septembre 2007 00:21

                                      La dialectique, appelée également logomachie ; en abolisant les points de référence, et avec elle la possibilité de résistance, permet de toute façon de démontrer absolument n’importe quoi selon les besoins du moment et/ou l’interet de ses démonstrateurs. C’est la logique de l’absurde ou l’absurde de la logique, c’est comme vous préférez. Et vous n’aurez pas encore finit de rédiger la fin de non recevoir du darwinnisme quantique que d’autres théories encore plus farfelues auront déjà vu le jour. Bon courage !


                                      • ddacoudre ddacoudre 7 septembre 2007 23:18

                                        Bonjour barathoustra. Dis moi ce qui n’est pas de la logomachie, ton point de vue en est. De plus je partage ton point de vue, mais toutes ces théories que nous avons élaborées et donc chacune porte un absolu ou elle s’écroule y compris la relativité comme la mécanique quantique. C’est a la fois dramatique car cela ne nous laisse aucune espérance et fabuleux car cela nous pousse à agir.

                                        La différence nous la mesurons entre l’homme préhistorique qui mesurer son monde à la pierre taillée et nous qui le mesurons avec un cyclotron. Chacune de ses mesures ont été défini par un vocabulaire qui c’est diffusé d’une génération à l’autre en évoluant sans cesse pour préciser nos perception sensorielle.

                                        Sauf ce n’est pas nous qui maîtrisons l’évolution n’en déplaise aux créationnistes leur foi s’éteindra comme celles de tous ces dieux fait de bois et de pierre. Ces hommes d’entant savaient qu’ils s’adressaient à des bout de bois et des pierres, ce n’était qu’une traduction sensorielle de leur perception du monde, comme en science physique et quantique nous le faisons avec un langage mathématique.

                                        Toujours est-il que ces bouts de bois et de pierres ont donné des civilisations comme nos mots et nos chiffres donne les nôtres. Cela sans que nous puissions empêche cela sauf quand ce processus atteindra son absolu ou il s’écroulera de lui-même. Pour saisir ceci il y a deux approches la première s’inspire de la découverte de Max Planck.

                                        Je vais m’attarder un instant sur l’incertitude car c’est un principe fondamental pour les scientifiques, et ceci l’est aussi dans notre existence de mortel avec laquelle nous vivons au quotidien. Lorsqu’en 1900, Max Planck, un chercheur allemand, suggéra que la lumière, les rayons X, et les autres ondes ne puissent être émises que par paquets, il les appela des « quanta », et avec lui naissait la mécanique quantique. Ensuite, en 1926, un autre allemand, Werner Heisenberg, essaya de mesurer avec exactitude un quanta. Pour ce faire, il faut éclairer un quanta, et les ondes de cette lumière incidente seront éparpillées par la particule à mesurer, indiquant ainsi sa position. Cependant, comme la lumière suivant l’hypothèse de Planck fait appel à un « quanta », celui-ci dérangera la particule à mesurer, et modifiera sa vitesse de façon imprévisible. Et plus on recommencera la tentative de mesure, plus on accroîtra l’imprécision. Il démontra ainsi que l’incertitude de la position de la particule, multipliée par l’incertitude de sa vitesse, multipliée par sa masse ne peut jamais être plus petite qu’une certaine quantité que l’on nomme « la constante de Planck ». Cette démonstration est appelée le « principe de l’incertitude ». Hawkins a écrit à ce sujet, « le principe d’incertitude a eu de profonde répercussion sur la façon dont nous envisageons le monde ; même si ses implications n’ont pas été entièrement admises par nombre de philosophes et font l’objet de polémique.

                                        Le principe de l’incertitude indique la fin du rêve d’une théorie de la science, d’un modèle de l’univers complètement déterminé élaboré par Laplace. Comment à partir de cela prédire les événements futurs avec exactitude si l’on n’est même pas capable de mesurer l’état présent de l’univers avec précision ? Ainsi le principe d’incertitude de Heisenberg est une propriété fondamentale inéluctable du monde d’aujourd’hui ». Nous comprenons donc très bien que, si Heisenberg avait eu toute la connaissance et les informations nécessaires pour effectuer sa mesure il ne s’en serait pas privé. Ainsi, cette incertitude est liée aux moyens de notre connaissance, et dans sa méconnaissance il utilisa cette incertitude pour en faire une valeur indicative. Ce que nous pouvons retenir de cet exemple c’est que comme un quanta qui mesure un autre quanta ne suffit pas à définir avec exactitude, dans la même mesure la position et la vitesse d’un quanta, il est peu probable que l’homme se mesurant par lui-même puisse se définir avec précision, mais il ne nous est pas interdit d’en connaître sa valeur moyenne.

                                        Ainsi l’incertitude peut être utilisée pour définir une certitude moyenne. Ceci en attendant que les informations que nous recueillons sur nous puissent trouver des définitions précises et exactes, de telle manière que la définition ne soit pas l’objet d’erreurs dans l’interprétation des événements, et c’est là un défi des plus difficile, voire, l’optimisme me pousse à ne pas dire impossible car quelque par il doit y avoir la solution. C’est pour cela que lorsque nous sommes heureux d’avoir trouvé une solution à un problème c’est parce que nous sommes ignorants des effets à long termes dans son substrat.

                                        Le deuxième moyen et d’imaginer que chacune de nos perceptions ont une valeur que nous ignorons en dehors de l’émotion qu’elle suscite. Nous pouvons indiquez que sa valeur peu aller pour couvrir toutes les possibilités de Zéro à l’infinie. Si bien que lorsque sur cette échelle de grandeur nous définissons notre perception par un mot, et que ce mot vaut pour toute la communauté humaine, il est faut pour tous ou peut-être vrai que pour un seul. Car de fait sa définition castre la valeur de l’émotion de tout ce qu’il y a avant pour aller vers le zéro et de tout ce qu’il y a après pour arriver à l’infini. C’est donc cette incertitude de la valeur réelle du mot, qui diffère pour chaque sujet qui nous permet d’échapper au déterminisme de croire que le hasard dirige notre existence et devant l’impossibilité de cerner toutes les valeurs de zéro à l’infini nous voyons avec évidence des probabilités aléatoires. Laplace n’avait pas tors de penser que notre monde est déterminé, sauf que nous nous ne pourrions pas vivre ce déterminisme, dont nous portons une fraction avec l’inné qui inclus cette partie aléatoire qu’est la culture pour s’adapter au mieux à quoi ? Je l’ignore est c’est là toute la majesté des théories logomachiques.

                                        Cordialement.


                                      • vachefolle vachefolle 18 septembre 2007 22:50

                                        Effectivement il y a cette notion d’incertitude. Une image tres simple est celle de l’appareil photo et d’un coureur. Si vous prenez un coureur en photo il sera flou. Si vous prenez une photo tres rapide vous parviendrez a obtenir une photo moins floue, mais vous aurez du mal a evaluer sa vitesse. A la limite sur une photo ou le coureur serait fixe, et donc sa position parfaitement connue, vous n’aurez aucune idée de sa vitesse.


                                      • 1984 1984 7 septembre 2007 04:48

                                        Le début de l’article est très bien fait. Jusqu’ici, j’avoue que je n’avais pas très bien compris les phrases du style « tout objet physique est bien à la fois une onde et un corpuscule, mais ces deux aspects, mutuellement exclusifs, ne peuvent être observés simultanément[1]. Si l’on observe une propriété ondulatoire, l’aspect corpusculaire disparaît. Réciproquement, si l’on observe une propriété corpusculaire, l’aspect ondulatoire disparaît. » cf. Wikipédia. Maintenant, avec la métaphore de la roulette, ca devient un peu plus clair.

                                        Par contre, je regrette que la suite de l’article devienne moins accessible. Vous avez réussi à me donner envie de lire la suite, mais je ne maitrise pas les bases nécessaires pour comprendre. Vu l’heure qu’il est, je réessayerais demain, mais j’espère que le profane quantique que je suis ne restera pas sur sa faim ^_^


                                        • stephanemot stephanemot 7 septembre 2007 13:52

                                          Les lecteurs d’AgoraVox sont en droit de se demander pourquoi cet article a été publié.

                                          Bernard Dugué, l’auteur de ce remarquable exemple de propagande ID, est un « chercheur » qui assure sur son site perso (http://www.u-blog.net/Fulcanel...) une promotion éhontée pour ces doctrines fondamentalistes avec des liens à visiter« comme »ID blog« , »Intelligent Design« , »Dembski blog" (théoricien de l’ID)...

                                          Interpellé sur le sujet, il confirme : « Quant aux liens vers Dembski et l’ID, je me félicite de les avoir mis et je me battrai pour que ces ID puissent être publiées »


                                          • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 16:44

                                            Stéphane, votre rage paranoïaque vous aveugle,

                                            Vous n’avez même pas saisi la paraphrase de Voltaire qui disait, je ne suis pas d’accord avec vos idées mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer

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