"Vous faites preuve d’une très grosse confusion à mon avis au niveau de votre "créer de la valeur"
Probablement. Je fais partie de ces idiots qui ont suivi les lecons d’Allais (d’ailleurs son livre est très intéressant, vous devriez le lire), Keynes, Schumpeter, Phelps, Hayek, .......
Cela dit, expliquez moi la confusion que je fais. Pour que je ne la fasse plus.Expliquez moi aussi comment on crée de la valeur en rachetant la dette par la dette. Je n’ai toujours pas compris cela, ce qui, en soit, prouve que je suis idiot.
"elle croît de 12% par an"
Vos sources ? ou est-ce vos propres estimations ?
Ne me citez pas Allais, ses articles ont été contesté. Il négligeait, dans son estimation de création de monnaie par les banques privées, le fait qu’une part non négligeable de cette monnaie "créée" selon Allais venaient en fait des fonds de la banque (donc de la monnaie prééxistante) et de la banque centrale (ce qui tendrait à prouver, si l’on suit bêtement le raisonnement d’Allais, que les banques centrales ne devraient plus avoir le droit de créer de la monnaie, cette tâche étant réservées aux banques centrales :))
Je vous remercie néanmoins de me redonner ce pseudo cours d’économie sur la monnaie et la valeur.
Lorsque les banques créent de la masse monétaire, elles créent de la richesse . Comment ? C’est le rôle du taux d’intérêt. La banque récupère plus qu’elle n’a prêtée. Lorsqu’elle détruit la monnaie créée, le surplus reste. C’est ce mécanisme que vous oubliez.
Par ailleurs la banque est obligée de détruire cette monnaie créée. Soit via le remboursement (on a vu qu’il créait de la richesse) soit en passant en perte cet argent. Dans ce deuxième cas, la monnaie est détruite, non pas via le remboursement, mais par l’accomplissement de la perte en fonds propres de la banque (l’argent réel de la banque vient remplacer l’argent virtuel créé).
Note : Une banque centrale ne dispose pas du second mécanisme, puisqu’elle n’a pas de fonds. Elle ne peut donc créer de la richesse que si le rendement est non nul.
Si la banque (centrale ou privée) prête sans intérêts, elle fait cadeau de cet argent (il n’y a pas création de valeur à ce niveau). La création de valeur porte alors sur la bonne volonté de l’emprunteur.
Si l’emprunteur décide de "faire bruler les billets" (en payant des dépenses non créatrices de valeurs, c’est à dire des dépenses qu’il aurait dû payer sans emprunter), alors la création de valeur est nulle. On a donc plus de monnaie pour la même valeur.
Si vous créez de la monnaie (emprunt à la banque centrale), vous devez donc impérativement créer de la valeur en face. Vous l’avez brillement rappelé.
Or vous avez convenu que la dette ancienne, qui n’est pas de la valeur, serait remplacée par la dette nouvelle, qui ne génère pas d’intérêts, et .... Un partie non négligeable de votre nouvelle dette ne serait pas créatrice de valeur (elle ne financerait pas de nouveaux hopitaux, mais permettrait de rembourser les dettes qui ont permis de les créer il y a 15 ou 20 ans). Sur les 2000 milliards de dettes que nous aurions dans 20/25 ans, 800 serait, dans votre démonstration, potentiellement créatrices de valeur.
Quid des 1200 milliards restants ? Ils disparaissent en fumée ?
Que vous annuliez la dette ou que vous la conserviez, les 1200 milliards de monnaie créée ne peuvent pas ne pas avoir d’impact sur l’économie.
"Que l’on dépense à créer des hopitaux ou à acheter des équipements pour créer ces hopitaux, cette création de monnaie sert derrière à créer de la richesse ..."
Que j’associe à :
"Donc oui je considère que l’on peut en 25 ans créer autour de 800 - 900 milliards d’euros, par cette méthode, sans danger pour la valeur de la monnaie ..."
C’est exactement les arguments utilisés par Fabius, par Roccard, par Chirac, par Bérégoy, par Villepin, par Fillon, .... Bref tous les premiers ministres, et tous les ministres des finances, pour justifier la continuité de la dette. La dette sert à l’investissement, ca génère de la richesse, et blablabla.
Au final, ce que vous proposez, c’est la solution utilisée depuis 20 ans par les politiques. On réemprunte à taux plus faible (on rembourse un emprunt à 7% par un emprunt à 4,4%, ca diminue les intérêts, mais ca ne fait que repousser le problème). Vous vous remplacez un emprunt à 4,4 par un emprunt à 0, mais qui en plus ne se fait pas sur de la monnaie existente (si encore c’était un prêt des français sur leurs deniers existants, ca ne serait pas de la création de monnaie, donc ce serait jouable. Mais les français accepteraient ils de prêter 1200 milliards sans intérêts, au risque (certitude) de voir leur argent perdre de la valeur).
Ca ne règle rien et, je pense, introduit un mécanisme dangereux de création monétaire.
Pour êter plus clair (je suis peut être trop flou pour vous).
Si vous estimez que l’amortissement est transparent parce qu’on réemprunte pour le payer, alors vous considérez qu’on peut s’affranchir du remboursement de cette dette actuelle !
Donc vous considérez qu’on peut créer 1200 milliards de monnaie sans contrepartie et sans effet néfaste sur l’inflation et l’économie.
Peut on vraiment injecter l’équivalent de 8,5 mois de PIB sans que cela n’ait d’effet ? Sérieusement ?
Si vous le pensez, relisez Allairs, même ses écrits les plus récents. Lisez les économistes opposés à Friedman, et voyez ce qu’ils pensent de la création monétaire consistant à faire apparaitre ex nihilo 2/3 d’une année d’activité supplémentaire.
Les déficits sont de 46 milliards, la dette nouvelle de 66 !!! Les 20 milliards, c’est "comme ça", "pour rigoler" ?
Ne dites pas non plus de bétises. La dette nouvelle depuis 2003, c’est 60 milliards par an. Les déficits n’ont jamais atteint le niveau de la nouvelle dette.
Donc on démarre à 60 milliards de dette nouvelle par an (contre 50 de déficit). Comme les intérêts diminuent, la dette nouvelle diminue d’autant chaque année. Une petite feuille excel vous permettra de calculer que ca ferait entre 800 et 1000 milliards de dette nouvelle d’ici 20 à 25 ans (selon la barre limite).
J’ai donc bien pris en compte le fait que mécaniquement, les intérêts disparaissant, le budget passe excédentaire d’une 10aine de milliards.
Quand à l’ancienne dette, qui selon vous n’intervient pas dans le raisonnement, au contraire. L’ancienne dette doit être remboursée, ce que l’on ne peut faire qu’en empruntant, vous semblez en convenir.
Depuis le début vous soutenez que la dette devra créer de la valeur pour ne pas générer d’inflation. Mais la dette remplacant l’ancienne dette ne crée pas de valeur, ce n’est pas de l’investissement.
Depuis le début vous raisonnez sur 60 milliards d’emprunts annuel, alors que vous devriez raisonner sur 120 milliards dont 60 seulement destinés aux investissements (et donc potentiellement créateur de valeur). C’est là que vous avez une faille que j’essaye de vous mettre devant les yeux, mais il semble que vous ne vouliez pas la voir !
Si vous empruntez, même à taux 0, pour remplacer la dette, ca ne crée pas de valeur, donc ca crée de l’inflation. Merci de l’avoir si justement souligné dans votre dernier commentaire.
Euh, non. Les ressources de l’Etat ne sont pas de 1000 milliards par an (soit 58% du PIB).
Les prélèvements sont de 44% du PIB environ, pas de 58. En ajoutant le déficit, on a donc un budget général de l’administration de 850 milliards environ (collectivités incluses donc puisque les 44% intègrent la TH, la TF, la TOM, ...).
Vous réglez donc le problème des intérêts (40 à 50 milliards). Et ce en 20 à 25 ans (c’est à dire le temps que l’ancienne dette soit remplacée par de la nouvelle).
On se place en euros constant, donc on suppose que tout évolue à la même vitesse (la croissance, l’inflation, les dépenses de l’Etat et des services sociaux, les recettes, ...).
Dans le même temps, l’ancienne dette se renouvelle (1200 milliards), et vous avez maintenu la création de nouvelle dette (60 milliards par an) pour des investissements. Même en prenant un accroissement dégressif (les intérêts chutant, on créera un peu moins de nouvelle dette), on se retrouve avec une dette de 2000/2200 milliards dans 25 ans.
Un budget à l’équilibre, oui, mais toujours une dette à rembourser.
En 2030, donc, nous aurons environ 110 milliards d’amortissement par an, que l’on aura pas (sauf si vous trouvez le moyen de dégager ces 110 milliards du budget). On aura gagné les intérêts (50 milliards par an) donc un budget excédentaire d’une 10aine de milliards. Super, il ne faudra que 2 siècles pour rembourser la dette.
Vous ne voyez toujours pas la faille ?
Revenons dans le monde réel. Vous allez me dire que non, tout n’évoluera pas à la même vitesse. Les recettes croitront plus vite que les dépenses. Impossible, vous avez vous même retiré cette possibilité de l’équation en nous disant que l’Etat ne pouvait pas modifier l’équilibre de son budget (ce que nous demandons).
Donc le problème est bien celui là : comment modifier l’équilibre du budget de manière à nous sortir de l’ornière ? Il y a des centaines de pistes, mais qui ne seront pas suivi parce qu’elles sont impopulaires. Vous avez des tas de petits aménagements qui avaient une justification, qui n’en ont plus forcément. Il suffit de chercher un peu dans les rapports de la cours des comptes.
Regardez un truc tout bête. Les autoroutes. Vus l’augmentation de leurs bénéfices, il est clair que, comme je l’avais dit sur vox à l’époque, elles ont été sous vendues.
Autre truc bête : les domaines. Pourquoi les appartements parisiens des domaines sont ils vendus 40% en dessous du prix du marché ? Vu la pénurie de logements en région parisienne, et vu les prix de vente, pourquoi l’Etat ne crée-t-il pas une structure pour y loger ces appartements qui entreraient dans le marché locatif ? Sans même réfléchir à en faire des logements sociaux, ils pourraient au moins être des logements normaux (avec loyer). Dans le quartier Opéra, les appartements vendus par les domaines, s’ils avaient été loués, auraient rapportés environ 16% par an (loyer annuel / prix de vente de l’appartement obtenu par les domaines). Les acheteurs doivent être content, le contribuable moins.
Pourquoi certains allègements de charges aux entreprises coûtent elles plus que le total des salaires des emplois créer ? Il doit bien y avoir moyen de contrôler ça.
Pourquoi défiscaliser les intérêts d’emprunts lorsque l’on voit que dans les pays qui ont fait cela, cela n’a fait qu’alimenter la bulle (et provoquer une chute plus brutale encore) ? C’est quand même 10% du déficit en régime de croisière (à partir de 2012, cela coutera 4 à 5 milliards, pour l’instant, comme la défiscalisation ne porte que sur les quelques mois, ca coute moins de 500 millions).
Etc...
Alors oui, malheureusement nos gouvernants ont tendance à régler le problème des dépenses en tapant sur les systèmes sociaux, ou sur le service public, ce qui est une connerie. Sur le service public, avant de réduire les effectifs en prenant des stats comptables, il serait peut être judicieux de réfléchir au boulot que ces services doivent effectuer (diminuer la charge avant de diminuer les postes, recaser des fonctionnaires dans d’autres services (formation, suppression des barrières entre les corps, ...))
Mais que les choix, la manière de rééquilibrer le budget soit discutable, ne doit pas faire perdre de vue le besoin de rééquilibrer le budget sans passer par un artifice comptable (l’emprunt à taux 0, ou l’emprunt à soit même sont des artifices comptables).