La faillite ... nom commun bien pratique regroupant plein de sistuations différentes.
Prenons la Northern Rock. Elle n’est pas, au sens français, en faillite mais en cessation de paiement. Cela signifie qu’elle ne dispose plus des liquidités nécessaires pour assurer normalement son activité. En l’occurence, la NR dispose de fonds légèrement en dessous des ratios de sécurité, ce qui rend son activité impossible.
Faillite ne signifie pas nécessairement que l’entreprise doit plus d’argent qu’elle n’en a, mais simplement que ses échéances sont supérieures à ses liquidités.
Soit dit en passant, si l’Etat se voyait refuser ses emprunts par les banques, il serait en situation de cessation de paiement (il est obligé d’emprunter 60/70 milliards pour payer les échéances de la dette existante (amortissement), et 50/60 milliards au titre du budget, dont les intérêts de la dette).
@JPC
Il y a plusieurs mécanismes en jeu. Primo, la banque doit disposer d’une certaine quantité de fonds pour assurer le retrait des fonds par leurs propriétaires (8%). Par ailleurs, lorsque la banque autorise un crédit, elle doit disposer en compensation d’une fraction du crédit en garantie propre.
Enfin, pour la partie purement créée, l’emprunt est censé (normes prudentielles) disposer de garanties minimales. Ce qui fait que, même si ponctuellement le prêt n’est pas remboursé (la monnaie créée est détruite sur les fonds propres de la banque), globalement tout marche bien.
@Cug et @logan (mais j’ai déjà essayé de lui expliquer, donc je doute que ca serve de le refaire)
Pour qu’une banque prête, elle doit disposer d’une partie de ce qu’elle prête (en garantie). Elle emprunte, par ailleurs, une partie de ce qu’elle prete sur le marché interbancaire (auprès des autres banques qui injectent les fonds dont elles disposent sur ce marché ou auprès des banques centrales), enfin la dernière partie est couverte en partie par les fonds propres de la banque.
De fait, lorsqu’une banque fait un crédit, toute la "monnaie" créée n’est pas entièrement nouvelle.
Cug, comme logan, vous ne faites que reprendre une analyse qui a été démontée de nombreuses fois (on additionne des choux et des carottes en prétendant que tout est carotte).
Par ailleurs, dans le raisonnement initial de la création monétaire des banques, il est considéré que l’argent emprunté à gauche est déposé à droite et devient de l’argent permettant à son tour de "créer de la monnaie". C’est vrai, mais le mécanisme n’est pas illimité : il arrive un moment où les prêts ne sont plus créés (risque de la banque, fonds propres, fonds disponibles, garantie de l’emprunteur, de nombreux paramètres viennent rendre impossible le prêt). Cette limitation n’est pas prise en compte dans le raisonnement basique, alors que c’est le point fondamental du système : sa limitation.
Lisez l’autre article (du 23 juin je crois) sur le sujet. Vous y trouverez beaucoup d’éléments de réponses sur le fonctionnement actuel du système, sur les contraintes, sur les risques de la création étatique de la monnaie, etc...
Si avec tout cela, vous arrivez à faire une théorie complète (qui ne néglige pas l’amortissement de la dette existente même si cet amortissement n’apparait pas dans le budget), alors présentez là.
Avant que logan ne me ressorte les 12% de création monétaire par les banques privées, je lui rappellerai que les 12% de création en question correspondent à l’accroissement de la masse M3 qui est pour près de 60% de la monnaie scripturale (banques centrales pour la majeure partie, banques privées pour le reste), la quasi monnaie (banques privées) et les titres (banques privées, entreprises, fonds de placements, etc...). Donc que la totalité des 12% n’est pas imputables au banques privées.
On ajoutera aussi que la part "francaise" d’accroissement monétaire, de 216 milliards, a pour 60 milliards comme origine .......... les obligations d’Etat (par définition pas les banques privées donc).
Avant aussi que logan ne ressorte sa théorie sur les 60 milliards d’investissement qui permettent de rembourser la dette existante, qu’il complète sa démonstration en reprenant bien que le besoin de financement est Déficit + amortissement, et pas seulement déficit.
34% des fonds des associations proviennent des subventions publiques, donc Etat + Collectivités, lesquelles n’entre pas dans les calculs de l’auteur. Sur les 20 milliards en question combien viennent des collectivités locales, lesquelles je vous le rappelle, doivent avoir un budget à l’équilibre ?
Le rapport en question ne le dit pas. Donc avant d’en savoir plus, difficile de dire que l’Etat pourrait récupérer ces 20 milliards en totalité
Karg
Vous semblez ne pas avoir lu l’article des Echos.
Il n’est pas question de revoir le montant des niches, mais l’organisation de celles-ci. Il y en a 486, ce qui rend presque nécessaire un conseiller fiscal pour comprendre comment ça marche, alors qu’on pourrait les regrouper en une dizaine de grosse niche, sans pour autant diminuer les sommes correspondantes.
C’est la lisibilité de l’impôt dont il est question dans cet article des échos, pas la remise en cause du montant des niches.
Par ailleurs, sur l’inefficacité des niches, compte tenu du fait que de nombreuses niches concernent des électeurs pas si fortunés que la légende le laisse croire, il est inconcevable "électoralement parlant" de les remettre en cause. C’est ce sur quoi Donino vous réponds : on pourrait récupérer 8 milliards sur les 73.
Effectivement. Mais notre système était/est toujours un peu bancal.
On a emprunté au système beveridgien la protection de tous, les droits égaux pour tous (la sécu est un concept beveridgien, ce n’est pas une assurance qui ouvre des droits en fonction de ce qu’on a versé), et conservé le financement très bismarckien (l’essentiel vient du travail).
Pour le chomage, la retraite, les arrêts de travail, les accidents du travail, que les droits soient ouverts par le travail et en proportion des cotisations ne me choquent pas, pour peu qu’on compense un peu pour les plus malchanceux (c’est très bismarckien). Après tout pourquoi ma grand-mère devrait sur sa retraite financer les arrêts de travail de ses petits-enfants.
Mais pour le système de santé, comme les droits ne peuvent être différencier entre travailleurs et non travailleurs, donc uniquement ouverts par le travail, il faut peut être revoir le financement en conséquence (c’est plutôt beveridgien).
En plus, cela permet de laisser les entreprises tranquilles (après tout la sécu concerne les citoyens, pas les entreprises), et cela force les contribuables, et non plus les salariés, à prendre leur responsabilité dans la perception du financement de celle-ce. Il me semble que ce serait plus simple, plus lisible, plus solidaire.
Mais bon, c’est un vaste et surtout un autre débat que de réfléchir au transfert de certaines cotisations vers l’IR.
"la différence de prix entre une mutuelle en Suisse et une mutuelle en France est dû aux coûts en Suisse "
Oui. Et aussi au fait qu’une "mutuelle" suisse est avant tout une assurance à but lucratiif, pas une mutuelle au sens francais du terme (d’où les guillemets que j’avais mis, mais après j’ai laissé tombé :))
Par contre le remboursement au premier euro .... C’est un peu plus compliqué que ca.
En fait, vous ne touchez rien de la Lamal. Tout est versé par l’assureur complémentaire (qui gère cela pour le compte de la Lamal). Donc oui, vous touchez au premier euro .... si le soin est couvert par la Lamal, donc si vous allez voir le bon médecin, le bon hopital, ... selon le choix de votre contrat d’assurance obligatoire.
Ensuite, vous avez la franchise de départ (annuelle, allant jusqu’à 2500 CHF), qui définit votre tarif (plus la franchise est élevée, moins la prime est couteuse), les franchises par actes, le taux de remboursement en proportion du tarif définit par la Lamal (et pas en frais réels comme le croient certains), etc... Et puis vous avez la complémentaire (auprès du même assureur), laquelle vous rembourse en proportion, selon les cas, selon les praticiens (affiliés au réseau de votre assureur ou non), ...
Votre prime dépend pour partie (coplémentaire) de votre age et de vos antécédants médicaux (un diabétique "cotise" plus qu’un individu lambda). Et la partie complémentaire n’est pas obligatoire (si vous êtes trop couteux, la partie complémentaire vous vire, la partie obligatoire Lamal doit vous garder). Les tarifs des médecins ne sont pas nécessairement indiqués (ils sont souvent dépendant du temps, donc si vous mettez 15 minutes à vous déshabiller, ca vous coute plus cher que si vous arrivez au 3/4 à poil).
Donc c’est difficile de vraiment comparer le coût des deux systèmes. La plupart des français préfèrent redevenir frontaliers que de rester résident en raison du rapport coût/avantage du système de santé (sauf secteurs particuliers nécessitant d’être résident).
Avant de se faire taper dessus, les fontaliers n’ont pas droit à la Sécu, ils ne cotisent pas pour elle, mais ils ne sont pas remboursés non plus. Ils doivent prendre une assurance privée qui, si elle coute moins cher que la sécu+ mutuelle, peut elle aussi les "renvoyer" s’ils font trop usage de remboursements (donc de soin). Ce sont des assurances, donc à but lucratif, et les "trop malades" sont exclus.